Adyghee Le salon littéraire de l'ivresse des mots

27 mai 2020

Au commencement - Chaïm Potok

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Quatrième de couverture :

"Comme si Dieu revenait à la mode, comme si le monde avait besoi de foi, de famille et de valeur morales, les romans profondement religieux de Chaîm Potok trouvent une large audience, même dans un public non juif. Ce rabbin best-seller incarne la Renaissance juive, qui est un phénomène social autant que littéraire. 

Longtemps, le roman juif fut un roman de la solitude, - Chaim Potok, au contraire, trouve dans la foi et la communtauté juive, des raisons d'espérance qu'il affirme depuis quinze ans en sept romans traduits dans le monde entier et maintenant adaptés au cinéma.

Ce succès s'exlique ;: dans cet archipel de solitudes qu'est le monde moderne, les communautés juives, celles d'Israël ou de Brooklyn, fascinent tous les orphelins de Dieu".

Editions : Buchet/Chastel 10/18 - ISBN : 9 782264 010216 - Poche : 410 pages - Prix : 7,30 €

Mon avis : ChezVolodia

Tous les commencements sont difficiles, c'est ce que lui murmure sa mère et son père, lorsqu'il est alité. Car Davey (David) a été malade la plus grande partie de son enfance. Fils d'immigrants juifs polonais, à la sensibilité exacerbée, il vit dans un immeuble populaire et cosmopolyte de Brooklyn ou les enfants jouent soit dans la cour de leur immeuble, soit dans la rue.

Son quotidien est rythmé par la maladie, les sorties avec son cousin Saül, un peu plus âgé et très religieux, et la peur viscérale de son voisin Eddie Kulanski, dont la famille polonaise et catholique n'a que haine et mépris pour les Lurie.

Cette enfance plus ou moins paisible prendra fin lors de la crise de 1929. Lorsque sa famille est obligée de déménager dans un quartier plus modeste à l'autre bout de la ville. ll y fera l'apprentissage d'un monde en plein désarroi, avant de prendre conscience de l'horreur de la guerre et de la barbarie nazie.

L'enfant fragile deviendra un grand théologien au prix d'une rupture avec une tradition religieuse dont les enseignements ne lui paraissent pas suffisamment approfondis. Il s'exposera à perdre ce qui est le plus cher : l'affection et la compréhension des siens, l'approbation de ses maîtres et de ses propres certitudes.

À travers le New York de la Dépression, Chaïm Potok évoque ici avec une minutieuse tendresse les joies et les peines d’une famille juive. Cette vaste fresque se termine par un déchirant pèlerinage de David à Bergen-Belsen, l’un des camps où se mêlent à tout jamais les racines et les cendres du peuple juif.

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Le poids de la grâce - Joseph Roth

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Quatrième de couverture :

L'oeuvre de Joseph Roth est faite d'ironie, de dérision, d'humour et d'une infinie compassion pour ses personnages. Une grande liberté d'expression alliée à une précision méticuleuse, une extrême rigueur, en font l'un des plus grand prosateurs de la langue allemande.

Il a ce goût viennois de la plaisanterie, de la pointe amère et sceptique. Mais il a aussi un côté "prophète" qui s'exprime en particulier dans "Le Poids de la grâce", et qui l'apparente parfois à Isaac B.Singer".

13 romans, 8 récits, 3 volumes d'essais et de reportages et un millier d'articles... Voilà ce qui nous reste aujourd'hui de Joseph Roth

A un enfant ui lui posa un jour la question : "Pourquoi, écris-tu toujours ?" il répondit simplement : "pour que le printemps revienne".

Editions : Biblio Le Livre Poche - ISBN : 9 782253 035565

Mon avis : ChezVolodia

Dans ce livre nous suivons le destin de Mendel Singer. Simple, pauvre et pieux. Son respect de la loi divine lui fait accueillir d'un coeur égal les bienfaits et les épreuves.

Marié avec Déborah et père de quatre enfants, Mendel est maître d'école. Le dernier né Ménouhim est lourdement handicapé. Le sort semble s'acharner sur cette famille avec le fils aîné qui s'engage dans l'armée, et le second qui s'exile en Amérique pour y faire fortune afin d'y rapatrier sa famille.

Quand Mendel quitte son shettlet de Russie pour rejoindre son fils, il est contraint d'abandonner Ménouhim non sans culpabilité et remord, mais les conditions d'immigration à Ellis Island sont intraitables. Les malheurs s'enchainent et Mendel y voit une punition de Dieu. Son fil aîné est tué à la guerre, son épouse Déborah décède et sa fille devient folle.

Désespéré et exploité par des coreligionnaires sans scrupules, il perd la foi et vit misérablement son exil, jusqu'au miracle ....

Cette histoire reflète le destin de beaucoup d'immigrants vers ce qu'il croyait la "terre promise" loin des pogroms, mais qui était en contradiction avec leurs règles de vie et les laissait souvent démuni dans l'abondance.

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Paris le jour, Paris la nuit - Sébastien Mercier et Restif de la Bretonne

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Quatrième de couverture !

Tableau de Paris,  Le Nouveau Paris : Sébatien Mercier

Un vieux centre médiéval et des quartiers neufs sans cesse gagnés sur les campagnes avoisinantes, une concentration de misère et un étalage de luxe : Paris au XVIIIème siècle est une ville de contrastes. L'administration royale tente de contrôler le brassage des populations tandis que philosophes et architectes rêvent d'une cité moderne, aérée et hygiénique.

A la veille de la Révolution, Louis Sébastien Mercier, Parisien de souche, et Restif de la Bretonne, venu de sa bourgogne natale, disent leur fascination pour cette ville tentaculaire. Piétons de Paris, ils observent en voyeurs les rites sociaux et la violence, la maladie et la mort qui rôdent, la prostitution et tous les petits trafics.

Le Tableau de Paris nous fait découvrir, au hasard des errances de Sébastien Mercier, tous les aspects de la vie urbaine.

 

Les Nuits de Paris : Restif de la Bretonne

nous plongent dans un Paris souterrains, digne des Mille et Une nuits. La révolution achève de bouleverser une ville dont ils ont compris qu'elle est faite de mouvements plus que de maisons, d'habitudes plus que de règles écrites, d'échanges plus que de pierres.

Premier reporters de la capitale, Mercier et Restif inventent une sensibilité au phénomène urbain qui reste sans doute aujourd'hui la nôtre.

Editions : Bouquins - EAN : 9 782221 056738 - ISBN : 2 221 05673 6 - Broché : 1371 pages - Prix : 31,50 euros

 

Mon avis : Chez Volodia

Mercier et Restif nous décrivent quartier par quartier ce qui s'y passe, ses habitants, ses commerçants et le fait que Paris surnommée Ville des Lumières était un immense cloaque ou se croisait hommes et animaux dans un incessant balai.

Les rues de Paris, illustraient les métiers qui s'y exercaient, métiers dont certains noms sont restés, tels : "tueurs"  pour ceux qui conduisaient dans les rues de Paris, les boeufs devant être abattus. Grisettes pour les jeunes filles sans naissance, ni fortune, devant travailler de leurs mains pour assurer leur subsistance. Boueurs pour les enleveurs d'immondices, etc...

Car bien évidemment, nous sommes loin du Paris que nous connaissons de nos jours. Les immondices s'amoncellent dans les rues. Les hommes se soulagent dans tous les coins de portes. Les animaux égorgés en pleine rue, etc....

La nuit, Paris est un véritable coupe gorge, c'est la royaume des souteneurs, des filles publiques que l'on va chercher aux Tuileries, aux Halles, des Beaux Boulevards (bld du Temple, etc...), des criminels en tout genre. Tout un monde vivant en marge de la Société et assez pittoresque, il faut bien l'avouer.

Ce livre s'adresse à tous les amoureux d'histoire, curieux de ce qui se passait dans la ville des lumières supposée la plus moderne et plus belle d'Europe. Les faits qui nous sont relatés le sont de manière très vivante, avec le regard des habitants des lieux que sont Mercier et Restif. Ils nous restituent ce qu'ils voient, sans porter de jugement, en spectateurs.

J'ai beaucoup aimé ce livre qui malgré le nombre de pages se lit presque d'une traite tellent son intérêt est grand.

 

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24 avril 2020

Le fou du roi - Mahi Binebine

 

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Quatrième de couverture :

"Je suis né dans une famille shakespearienne. Entre un père coutisan du roi pendant quarante ans et un frère banni dans une geôle du sud. Il faut imaginer un palais royal effrayant et fascinant, où le favori peut être châtié pour rien, où les jalousie s'attisent quand la nuit tombe.

Un conteur d'histoires sait que le pouvoir est un côté de la porte, et la liberté de l'autre. Car, pour rester au service de Sa Majesté, mon père à renoncé à sa femmes et ses enfants. Il a abandonné mon frère à ses fantômes. Son fils, mon frère, dont l'absence a hanté vingt ans ma famille. Quelles sont les raisons du "fou" et celles du père ?

Destin terriblement solitaire, esclavage consenti... Tout est-il dérisoire en ce bas monde ? Mon père avait un étrange goût de la vie. Cela fait des années que je cherche à le raconter. Cette histoire, je vous la soumets, elle a la fantaisie du conte lointain et la gravité d'un drame humain".

Editions : Stock - ISBN : 978 2 234 08265 6 - Broché : 168 pages - Prix : 18 €

Mon avis : Indiangay

Ce livre nous raconte l’ascension fulgurante d’un jeune homme  né pauvre,  et l’envers d’une vie de luxe au service du commandeur des croyants

Marrakech au Maroc, le roi se meurt, Les esclaves et autres serviteurs fuient le palais, emportant avec eux tout ce que leurs bras peuvent contenir. Le souverain le sait et s’y résigne fataliste. Seul reste à son côté, son serviteur dévoué, son amuseur à l’imagination intarissable, son théologien attitré, depuis 35 ans.

Mohamed ben Mohamed issue de la plus basse classe sociale de Marrakech ne se doutait pas qu’un jour, il serait amené à côtoyer les élus. Ce qui le fit passer des ténèbres à la lumière, est son incroyable mémoire qui le faisait retenir tout ce qu’il entendait et, restituer à la virgule prêt tout ce qu’il lisait.

Par instinct il se mit  à tirer profit de ce don, et en acquis un autre celui de savoir observer tout ce qui se passait autour de lui et distiller  au bon moment au travers de pirouettes, sous couvert de calembours citronnés et bien dosés, les failles de chacun des personnages qui se croyaient à l’abri de quolibets ou de représailles en vertu de leur fonction.

Manier le verbe et le mot n’est pas donné à tout le monde, seul le bouffon attitré peut se moquer du roi et de ses courtisans, bien que la satire constitue toujours un péril pour l’artiste. Le bouffon procure ce que les princes recherchent partout et à tout prix : l’amusement, le sourire, l’éclat de rire et le plaisir. 

Dans ce livre, le bouffon n’est pas contrefait, ni atteint d’une défiance mental. Il a simplement trouvé, grâce à son père,  à échapper à la misère. Craint, mais jalousé, il se doit pour conserver sa position d’être toujours aux aguets pour déjouer les « croche-pied », et les manigances politiques des courtisans, tout en amusant son maître, car sans lui point d’existence.

En échange, il l’amuse, lui offre sa fidélité, son obséquiosité et la flagornerie qui va avec. Une disgrâce de son maître signifiant une mort sociale avant peut être, la mort physique.

Dans ce livre, nous assistons au mariage sans amour du bouffon, ordonné par le roi, à sa déchéance sociale – temporaire - suite à l’emprisonnement de son fils pour attentat, et à la désagrégation de sa famille. Témoin privilégié d’événements historiques qui vont modifier le pays en profondeur, il restera près du souverain jusqu’à sa mort.

Mahi Binebine a écrit son livre à la première personne. Il a endossé la livrée de cet esclave doré (qu’a été son père) du palais, vivant en huit clos avec les bouffons de sa majesté et dont le destin ressemble à celui des courtisanes du harem.  Qu’il ait méprisé ou détesté  son père, c’est librement que celui-ci avait choisi de se mettre au service du roi (Hassann II,  monarque absolu). 

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A propos de l'auteur :

Mahi Binebine est le peintre le plus connu au Maroc aujourd'hui. D'abord professeur de mathématiques, peintre, sculpteur, romancier, il a publié neuf romans. Les Etoiles de Sidi Moumen (Flammarion, 2010 ; J'ai lu, 2013) a été traduit dans une dizaine de langues et adapté au cinéma par Nabil Ayouch (Les Chevaux de Dieu, primé à Cannes).

 

22 avril 2020

Paris vu et vécu par les écrivains - Françoise Besse

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Quatrième de couverture :

Balzac à Passy, Proust à la plaine Monceau, Colette au Palais Royal, Hemingway à Montparnasse, Sartre et Beauvoir à Saint-Germain-des-Prés... Au fil des siècles, dix, cent ou mille mains se sont relayées pour tresser la légende de la capitale. La ville de chair et de pierre, la ville de jour et de nuit, la ville comme un monde à découvrir... s'offre en une source d'inspiration, inépuisable. De Hugo à Modiano, mystérieux, poétique ou tourmenté, Paris est un roman.

Editions : Parigramme - ISBN : 978 2 84096 996 9 - Broché : 127 pages - Prix : 14,90 euros

Mon avis : ChezVolodia

Depuis des siècles Paris fascine, que ce soit par ses monuments, son romantisme vrai ou supposé, mais surtout par son rayonnement international. La centralisation du pouvoir absolu a accru son importance et son primat sur les autres, notamment dans les domaines artistique et littéraires.

Paris, ville de paraître, porteuse d'espoirs, cosmopolite. On y vient de partout dans le monde pour y trouver une liberté d'expression, qu'elle soit intellectuelle ou morale - impossible ou difficile à assumer "ailleurs" - pour nouer avec le succès, se faire un nom et côtoyer, à défaut de fréquenter, l'élite intellectuelle et mondaine de la capitale.

Ce livre est un recueil de pensées, d'impressions, de visions de la capitale laissées par des écrivains, qu'ils soient Français ou étrangers. Paris a été pour tous une source d'inspiration et de création, qu'ils aient vécu dans les beaux quartiers ou dans d'autres plus populaires. En voici, vingt exemples où l'on voit que l'héritage parisien devient littérature et que Paris à soi seul est un vaste roman. 

C'est avec délice que je me suis laissé entraîné à la suite de ces écrivains à arpenter les rues de Paris, mais je n'ai hélas pu ressentir les émotions qui les avaient traversé, Paris ayant énormément changé. Toutefois, des réminiscences de sensations, d'odeurs, d'ambiance de certains quartiers de Paris, connus dans mon enfance subsistent en ma mémoire. 

Le Paris des monuments et des beaux quartiers changent peu. Par contre le Paris, populaire se transforme au fil des ans. Des quartiers deviennent à la mode alors qu'hier ils étaient snobés, décriés, et délaissés par les gens bien nés. D'autres, par contre ne changent pas ou difficilement malgré de nouvelles habitations, d'élargissement des rues. Quant à l'ambiance, pour la majorité des quartiers, elle finit par se ressembler, idem les commerces et les individus, en cause, le mercantilisme conquérant de notre époque. Mais toujours, reste une certaine élégance et un charme de son passé.

Ce livre est de très bonne facture, sa lecture en est très agréable. Une délimitation des pages est faite pour chaque écrivain, ainsi que de nombreux textes et photos des endroits fréquentés à l'époque concernée. 

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29 août 2019

Entrez dans la danse - Jean Teulé

Entrez dans la danse pocket

Quatrième de couverture :

Une étrange épidémie a eu lieu dernièrement et s’est répandue dans Strasbourg de telle sorte que, dans leur folie beaucoup se mirent à danser et ne cessèrent jour et nuit, pendant deux mois, sans interruption, jusqu’à tomber inconscient. Beaucoup sont morts.

Editions : Pocket - ISBN : 978 2 266 26916 0 - Poche 148 - Prix : 5,95 euros

Mon avis : Volodia

Alsace 1518 et plus précisément Strasbourg le 12 juillet. Ville fortifiée avec hors des remparts des champs ravagés par des périodes de grands froids, des inondations, la sécheresse ayant détruites toutes les récoltes et entourant une maladrerie.

A l’intérieur, une ville exsangue et ravagée, par des maux de toutes sortes : Peste, choléra, syphilis, lèpre, famine. Cette dernière conduisant les plus modestes de ses habitants à des infanticides et pour certains au cannibalisme.

Une jeune femme vient de commettre l’irréparable en jetant d’un pont son nourrisson. Eperdue de douleur, elle rentre chez elle et se met à tambouriner des ongles en cadence, puis se sont ses sabots qui s’entrechoquent avant, que mue par une force irrépressible, elle se mette à tournoyer bras relevés gracieusement, en avançant dans la rue. bientôt suivie par des voisins, puis les habitants des rues environnantes. Ils finirent par milliers à danser par les rues sans pouvoir s’arrêter, malgré leur état d’épuisement et les blessures contractées suite à ces sarabandes infernales. Aucune cause ne semble responsable ni satisfaire le Responsable de la ville, les médecins et l’évêque représentant de l’église. L’ergot du seigle, l’épilepsie, la folie furent un temps envisagée puis abandonnées. Reste la possession soutenue par l’évèque.

Pour endiguer ce contagieux fléau, les représentants de l’église se mirent à vendre des indulgences pour le paradis, des amulettes et autres bondieuseries, alors que pour l’administrateur de la ville, il suffirait que l’église ouvre ses greniers à blés et fasse preuve de générosité pour que les habitants, leur faim rassassiée, reviennent à leur état normal. Mais que nenni, l’église tient la bourse bien serrée, toute à ses privilèges et à sa supériorité sur un peuple qu’elle méprise. S’ensuivirent des mesures plus saugrenues et criminelles les unes que les autres avec la menace dans le lointain d’une invasion turque.

Finalement, l’administrateur de la ville arrive à faire plier l’évêque en lui laissant imaginer l'implication que serait la conversion de Strasbourg à la nouvelle religion introduite, au même moment, par Luther, et par la-même la perte des deniers par l’église catholique, et qui allègerait de fait son escarcelle.

Ce livre est plaisant à lire, bien que par moment j’ai trouvé que le récit partait un peu dans tous les sens. Il fallait la verve et l’humour citronné de Jean Teulé pour nous bailler cette absurdité. Petit bémol, j’aurai bien aimé également connaître la cause de cette folie, mais il semble que personne à ce jour n’ait d’explication, et je reste un peu sur ma faim sur une histoire qui se finit en queue de poisson. 

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22 mai 2019

A l'origine notre père obscur - Kaoutar Harchi

 

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Quatrième de couverture :

Enfermée depuis toujours dans la "maison des femmes" - où maris, frères et pères mettent à l'isolement épouses, soeurs, et filles coupables, ou soupçonnées, d'avoir failli à loi patriarcale -, une enfant a grandi en témoin impuissant de l'aliénation de sa mère et en victime de son désamour. Le jour où elle parvient à s'échapper, la jeune fille aspire à rejoindre enfin son père dont elle a rêvé en secret sa vie durant. Mais dans la pénombre de la demeure paternelle la guette un nouveau cauchemar d'opression et de folie.

Entre cris et chuchotemets, de portes closes en périlleux silences, Kouatar Harchi écrit à l'encre de la tragédie et de la compassion la fable cruelle de qui tente de s'inventer, loin des clôture disciplinaires érigées par le groupe, un ailleurs de lumière.

Editions : Babel - ISBN : 978-2-330-06675-8 - Poche : 164 pages - Prix : 6,80 euros

Mon avis : Indiangay

J’ai beaucoup aimé ce livre ou les femmes sont tour à tour bourreaux et victimes. Victimes de médisances chuchotées d‘abord entre elles, puis propagées en rumeur par d’autres femmes prisonnières de l’ennui et de la frustration des hommes. Hommes tiraillés eux-mêmes par des désirs intenses au point d’en devenir pervers, soumis à une tradition d’un autre âge que les uns et les autres perpétuent de peur de voir leur faible pouvoir leur échapper, voir disparaître.

Dans ce livre, il est question d’une femme jeune encore, et de sa fille, née dans cette maison des femmes qui voit sa mère s’enfoncer dans la dépression puis, la folie en cherchant à comprendre pourquoi son époux, dont elle est toujours amoureuse et n'a de cesse d'espérer le retour l’a punie de cette manière, l’a recluse au milieu de ces femmes avec lesquelles elle n’a aucun point commun.

Cette enfant grandie dans la promiscuité avec les autres femmes, la maison a beau être grande, toutes les pièces, sont toujours occupées par des femmes qui préparent les repas, d’autres qui bavassent dans la salle commune, d’autres encore qui font leurs ablutions dans la salle des bains. Seul répit, la chambre sans fenêtre qu’elle partage avec sa mère et le toit terrasse où elle peut voir à l’horizon, la place du village ou s’écoule le temps et la vie.

A la mort de « la » mère, adorée, puis désaimée au fur et à mesure des années et de son désintérêt pour elle, elle ose franchir le seuil de la porte, pour aller rencontrer son père. Elle quitte une maison lourde de secrets, pour en retrouver une autre ou sévissent les mères, sœurs, belles sœurs de celui- ci. Elle rencontrera également le fils de son père, son demi-frère, non marié, âgé d’une quanrantaine d’anné, manipulateur et pervers. Et c’est par l’intermédiaire d’une servante, qu’elle comprendra la machination mise en place pour perdre sa mère, en raison d’une vengeance instituée par le fils de son mari et dont elle a été la victime inconsciente.

Cette histoire aurait pu se dérouler dans n’importe quel pays , au Magrheb, en Orient, en Asie du Sud est ou Méridionale, dans n’importe quels endroits où la séparation des sexes est très marquée, obligeant les hommes et les femmes à vivre entre eux, presque en vase clos, ou les clans sont déjà définis, et ou seuls les indéfectibles liens du couple ont lieu dans l’intimité d’une chambre close, ou la femme peut espérer être l’égale voir prendre le pouvoir sur son époux au détriment de tout et de tous.  

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06 mai 2019

Kamasutra des grenouilles - Tomi Ungerer

 

KAMASUTRA DES GRENOUILLES

Je viens de découvrir ce bestiaire érotique, très drôle au demeurant, sans texte et composé uniquement de dessins de ravissantes grenouilles dessinées à l'encre de Chine et rehaussés de touches d'encre de couleurs remarquables de réalisme et de vivacité.

L'artiste avec sa verve légendaire a décidé de représenter la grenouille dans une veine moins classique. Puisque l'animal est réputé pour ses moeurs amoureuses. Pourquoi ne pas en faire l'acteur principal d'un nouveau Kamasutra ? De part sa souplesse, le corps de notre batracien se prête admirablement aux audacieux et acrobatiques  imaginés dans le livre indien. Solitaire, en duo, à trois et même en groupe, voici les grenouilles de Tomi Ungerer qui se livrent à de joyeuses bacchanales et qui déclanchent le rire. 

"... Jeune grenouille agile, libre et entreprenante cherche partenaire (s) de jeux - sport, nature, gastronomie, acrobatie, musique et fête-, dans un esprit d'échange, d'ouverture et de plaisir partagé..."

Elles ont la peau aussi lisse qu'une émeraude, sans poils ni écailles. Leurs yeux d'une langueur lascive sont soulignés d'une bouche béante de voracité lubrique. Ce sont surtout leurs jambes, fines, nerveusement élancées, toujours prêtes à la détente, qui sont provocantes. La nature, hélas, ne les a pas assez mises en valeurs, avec des bas noirs et porte-jarretelles. Ces jambes, donc, aboutissent sur de petites fesses de nymphettes Lolita, frétillantes, frissonnantes au moindre frôlement d'un brin d'herbe, d'une libellule ou d'un courant d'air. Il est donc évident que la grenouille a été pour moi.              - Tomi  Ungerer.

 

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Mon avis : Volodia

Ce petit opuscule est original, délicieux, drôle, irrévérencieux à souhait. Il ne comporte aucun texte, et est composé de 16 planches y compris la page de garde et la quatrième de couverture. Les dessins sont superbes, et suffisamment explicitent tant dans les mises en situations que par la drôlerie.

Editions : Musées de la Ville de Strasbourg - ISBN : 978 2 3512 5119 5 - Broché : 6 pages - 9 €. 

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26 novembre 2018

Le collège de Buchy - Jérémie Lefebvre

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Quatrième de couverture  :

Jérémie Lefebvre se saisit de la condition de souffre-douleur, lui arrache ses titres de noblesse et en dévoile l'ambiguïté acharnée, les beautés horribles, la tristesse à pleurer de rire. Avec une écriture de premier de la classe retravaillée au cutter, il pousse la problématique du harcèlement scolaire jusqu'aux frontières de la folie et livre un roman haineux, drôle, bouleversant, d'un noir incandescent. 

Editions : Lunatique - ISBN : 1090424590  - Broché 118 pages – Prix : 12 euros 

Mon avis : ChezVolodia 

Jérémie Lefebvre se remémore ses années de collège. Souvenirs douloureux, et indélébiles d’un harcèlement scolaire. 

Orphelin, élevé par sa grand-mère, fervents catholiques à la limite de la bigoterie, il s’est trouvé en butte à la bêtise et à la méchanceté d’autres collégiens issus de milieux plus populaires, plus turbulents et vindicatifs. 

Les causes de ce harcèlement, on ne peut que les supposer : issu d’un milieu bourgeois, timide, bon élève, n’ayant pas le verbe ou les poings pour le faire stopper, il s’est trouvé pris dans un engrenage dominants-dominé. Il a suffi d’un meneur, et la meute qui a suivi ont fait de ses années un cauchemar sans cesse renouvelé. 

Bien évidemment les humiliations, la violence verbale ont été exercées à l’insu des adultes, ou dans leur indifférence générale, jugeant sans doute qu’il s’agissait d’histoires d’enfants. La grand-mère  spectatrice impuissante essaie de réconforter son petit-fils en l’emmenant en pèlerinage d’où il revient sous le charme, durant plusieurs jours, du prêche entendu,  puis à terme le calvaire reprend, malgré le fait que la vieille dame se soit déplacée pour avertir le proviseur de ce qui se passe. 

Les séquelles de ce harcèlement sont toujours présentes dans le cœur de l’auteur, qui malgré ce livre assez noir, trouve une certaine forme d’humour acide dans l’expression de son ressentiment vis-à-vis de ses persécuteurs. 

Le coup de grâce viendra de son propre fils, lorsqu’il s’apercevra au cours d’un trajet en bus, que celui-ci à un comportement de harceleur envers un de ses camarades. La boucle est bouclée. 

Ce livre est la résultante d’une souffrance, qui ne s’est pas éteinte, malgré les années. De nos jours, on parle de plus en plus du harcèlement. Pourquoi maintenant ? Les violences entre élèves ont toujours existé, elles sont unes et multiples. 

Auparavant, dans un passé pas si lointain toutefois, elles étaient induites par une différence plus flagrante : Port de lunettes, obésité, handicap physique ou mental, couleur de peau, religion,  etc… A l’heure actuelle, plus insidueuses, elles se sont déplacées vers d’autres formes de différences : Milieu social, qualité de l’élève (plus le bon que le mauvais),  tenues vestimentaires, la rumeur, et plus nouveau : l’orientation sexuelle.  Le phénomène est amplifié par l’accès aux nouvelles technologies : téléphone portable, vidéo, internet qui font que le harcelé n’a aucun moyen de souffler, de trouver une relative tranquillité dans son espace privé, et qui souvent n’arrivant pas à y mettre fin, fini par se supprimer en désespoir de cause estimant que mort il sera enfin libéré. 

Le plus terrible c’est que pris individuellement, la composante de cette meute de harceleurs est qu’ils sont et/peuvent être chacun de nous. Et qu’on les retrouve souvent à l’âge adulte, et  pour diverses raisons dans notre entourage et/ou milieu professionnel…  et cela donne à réfléchir !

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28 octobre 2018

Qui a tué mon père - Edouard Louis

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Quatrième de couverture :

"L"histoire de ton corps accuse l'histoire politique."

 

Editions : Seuil - ISBN : 9 782021 399431 - Broché 185 pages - Prix :  12 €

Mon avis : Volodia 

Nouveau livre ou devrais-je dire presque un opuscule d’Edouard Louis. Si j’ai aimé son premier livre, et sous certaines réserves le second, je reste dubitatif quant au troisième. 

Dans ce dernier, si j’apprécie l’hommage que l’auteur rend à son père, j’ai un peu de mal avec une certaine forme de dualité qu’il adopte vis-à-vis de celui-ci. En effet, dans ses précédents livres il menait « à charge » contre son père  - lui reprochant sa brutalité, ses excès - et qu’il comprend dans ce présent livre…. Je suis également déçu par les poncifs dont il nous abreuve et qui semble être sa marque de fabrique. Je comprends que son but au fil de ses livres est de dénoncer la condition ouvrière et les injustices qu’elle subit au travers de la vie de sa famille. Mais qu’il me pardonne, sa situation familiale (du moins celle qu’il décrit dans ses livres) fait plus penser à celle de cas sociaux que d’ouvriers. 

A l’écouter et le lire, on a l’impression que les ouvriers n’ont d’autre choix que d’accepter cette fatalité, de supporter leur condition et de noyer leur chagrin dans l’alcoolisme, l’inculture, le populisme, le racisme et j’en passe. Je m’insurge en faux. La classe ouvrière a énormément évolué depuis la fin du XIXème et première moitié du XXème siècle. Les ouvriers d’aujourd’hui ne sont plus ostracisés et cantonnés aux frontières de la société dans laquelle ils évoluent et l’ascenseur social n’est pas bloqué au rez-de-chaussée pour qui s’en donne les moyens, lui-même en est la preuve. 

Certes il sera beaucoup plus difficile d’accéder à un autre statut, si on est né dans une famille d’ouvriers depuis plusieurs générations (piété filiale oblige parfois) et qu’en plus, on vive dans une région où il n’y a rien d’autre que l’usine du coin qui fait travailler 2 ou 3000 personnes. Mais à force de volonté, il est possible d’accéder à autre chose. Je n’emploie pas le terme évoluer car cela reviendrait à considérer qu’être ouvrier est une condition inférieure à l’égard d’autres semblant plus valorisantes. Or pour moi, il faut de tout pour qu’une société fonctionne, de même qu’il faut des dirigeants et d’autres qui suivent et obéissent pour participer à son évolution et/ou à son amélioration. Quant à la culture, rien n'empêche quiconque de fréquenter une bibliothèque, pratiquement toutes les villes de province, voir les quartiers de Paris ou desdites villes ont une médiathèque gratuite, reste qu'après c'est un choix que nul ne peut prendre pour vous. Encore, faut-il avoir l'intelligence et être conscient de certains manques....! car le fossé qui s'épare les deux (culture et intelligence) est au moins aussi large que le Grand Canyon..!

Dans ce livre Edouard Louis tire à boulets rouge sur les dirigeants et gouvernements successifs responsables selon lui du maintien au bas de l’échelle sociale des ouvriers et de  sa politique de sa paupérisation. C’est un livre engagé, en forme de « J’accuse » mais bien qu’il ose nommer par leur nom ceux qu’il estime coupable, Edouard Louis n’est pas Emile Zola et j’ai envie de lui rappeler qu’il ne suffit pas d’écrire des livres à faire pleurer dans les chaumières pour être crédible. 

Je reproche à Edouard Louis d’avoir, et c’est un comble, ostracisé :

. toute une région en faisant passer ses habitants pour des gens primaires, bêtes et incultes.

. la classe ouvrière pour lui ôter toute volonté d’être à même de décider de son propre destin.

. d’utiliser « ces pauvres » qu’il se veut si ardemment défendre, mais dont il se sert pour matière à écrire.

Je vais même aller plus loin. Sous couvert de dénoncer l’injustice sociale des classes laborieuses, il se permet de les mépriser en leur prêtant un langage populaire à la limite de l’analphabétisme, un esprit obtus, raciste, etc… heureux lui d’avoir échappé à cette crasse ignorance.

Edouard Louis aurait pu faire une force de son expérience et il se complait dans les rancoeurs, la vengeance et c'est dommage !

 

Posté par chezVolodia à 18:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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