L'ivresse des mots

26 mars 2012

Le Shetetl - Rachel Ertel

9782228906296Depuis le Moyen Age jusq'uà l'extermination nazie, un milieu juif unique au monde a existé. De la Baltique à la mer Noire, du Dniepr à l'Oder, enraciné dans les vastes plaines de Pologne, accroché aux flancs des Carpathes, blotti dans le vallées, le shtetl (bourgade, en yiddish) fut un lieu de vie religieuse, sociale, politique et culturelle foisonnante.

Grâce à son autonomie, à la solidarité de ses membres,  la diersité de sa vie associative, le shtetl a permis l'éclosion et la pénétration des idéologies modernes : Haskala, sionisme, nationalisme culturel, socialisme dans ses diverses tendances. Malgré la misère, le chômage et la discrimination, sa population - surtout sa jeunesse - a multiplié les partis politiques, les écoles juives séculières, les bibliothèques, les troupes théâtrales, les associations éducatives et culturelles. Par son inventivité, le shtetl demeure une source d'inspiration que ce livre nous restitue dans ce qu'elle a d'irremplaçable.

Editions : Payot rivages - ISBN : 978 2 228 906296 - Broché 377 pages - Prix : 23 euros

Mon avis : Volodia 

Ce livre restitue un monde disparu, à une époque ou si les juifs étaient persécutés, misérables et miséreux, où le yiddish était la seule parlée par tous, ils n'en étaient pas moins riche d'un optimisme et d'une foi en l'avenir leur permettant d'absorber toutes les idées nouvelles susceptibles d'améliorer leur condition.

Pour tous ceux qui ont envie de pénétrer un peu plus dans le monde yiddish.

 

A propos de l'auteur :

echecs-journees-patrimoine-rachel-ertel-speci-L-2

Rachel Ertel est née en Lithuanie polonaise, dans un shetetl.

Professeur émérite à l'université Paris 7, traductrice, elle est la plus grande spécialiste française de la culture yiddish.

 

Posté par chezVolodia à 13:43 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,


Venge-moi ! - Patrick Cauvin

VENGE MOIQuatrième de couverture :

"Tout à commencé le soir de sa mort.

 Elle a attendu le dernier instant pour me révéler son secret et me confier une mission  : la venger.

J'ai accepté car l'on ne refuse rien à unemère mourante.

 Et j'ai plongé dans un passé efffroyable..."

Une enfance, une adolescence à huit clos dans l'ombre étouffante d'une mère rescapée de la déportation et qui ressasse inlassablement ses souvenirs : la dénonciation, la disparition de son époux...

Un suspense surprenant où Cauvin jongle brillamment avec le pire jusqu'au dénouement inattendu, inexorable.

Editions : Albin Michel - Broché 204 pages - ISBN : 978 2 226 17710 0 - Prix : 16 euros

Mon avis : Volodia

Je m'attendais à beaucoup de choses mais certainement pas  un tel dénouement. La jalousie, l'amour, la vengeance par delà la mort d'une femme bafouée qui se servit de son fils comme d'un bras armé plus de 40 ans après et  dont la vengeance parfaite finira dans le sang pour ceux qui avaient brisé sa vie.

L'intrigue est habilement menée et le suspens est constant, quant au dénouement, il est effroyable.

Posté par chezVolodia à 13:18 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,
05 janvier 2012

Journal du ghetto - Janusz Korczak

001046898Enfermé dans le ghetto de Varsovie, où il a été contraint de se réfugier avec les petits pensionnaires de l'orphelinat qu'il a fondé, Janusz Korczak entreprend en mai 1942 - quelques mois avant d'être déporté avec ses pupilles à Treblinka pour y mourir dans les chambres à gaz - la rédaction de son journal.

C'est le témoignage bouleversant d'humanité et de dignité que ce pédagogue hors pair qui a été miraculeusement conservé et que l'on peut ainsi lire. Dans l'adversité, la fièvre et l'angoisse la plus extrême, Korczak y décrit l'enfer du ghetto. Au passage, il montre quel écrivain il était, doté d'un humour cinglant et d'une plume remarquablement sensible.

Editions : Pavillons poche Robert Laffont - ISBN : 9 782221 126899 - 187 pages - Prix : 7,90 euros

 

Mon avis : Volodia

Certains pourront penser qu'il s'agit une énième fois de la Shoa  et de ses horreurs et que nos oreilles en ont été rabattues de mille et une façons. Je réponds non,  chaque témoignage est unique car il concerne une vie, une personne avec ses propres angoisses, ses propres peurs. Car si les ambitions peuvent être communes et/ou semblables, la peur, elle, est unique pour chacun et revêt différents visages.

L'intérêt de ce livre est qu'il en peu faisant état du journal tenu par ce grand humaniste qu'était Janusz Korczak. On trouve des biographies de lui,  des livres ventant ses principes et méthodes d'éducation mais un journal écrit de sa main, c'est le premier que je lis.

Par ailleur, malgré toute l'empathie qu'il peut avoir sur le sort réservé à son peuple, et tout son dévouement, pour les enfants qui lui sont confiés ou qu'il ramasse dans la rue, il reste lucide tant sur leurs qualités que sur leurs défauts... Il est a noter que tant que l'orphelinat exista dans le ghetto aucun enfant n'y mourrut de faim, et peu du thypus qui faisaient des ravages dans le ghetto. Janusz Korczak força les portes des plus riches - ce qui parait une gageure dans le ghetto - et exigea du Judenrat des supplément de nourriture, de chauffage et de médicaments.

Lors de l'évacuation de l'horphelinat, il faut également préciser qu'un officier allemand a proposé à Janusz Korczak, un sauf conduit qui lui aurait permis de sauver sa vie, et qu'il a refusé pour ne pas abandonner "ses enfants" dans la mort.

 

JanusczA propos de l'auteur :

Henryk Goldszmit dit Janusz Korczak (Varsovie 1878 - Tréblinka 1942) fut une figure légendaire du ghetto de Varsovie, et bien plus encore.

Médecin, éducteur, écrivain de talent, il a voué toute son existence à la cause des enfants, et il peut être considéré comme le grand précurseur de la Convention Internationale pour la protection de l'enfance. Il a créé à Varsovie deux orphelinats pilotes organisés en république d'enfants et utilisé dès le début du XXème siècle tous les médias - presse, radio - pour faire reconnaître les enfants comme sujets de droit et les  défendre en toutes circonstances.

Posté par chezVolodia à 20:06 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
17 décembre 2011

La nuit aux étoiles - Shobhaa Dé

L'histoire :

26819524_5854402Venue du Sud de l'Inde jusqu'à Bombay pour y devenir actrice, la ravissante Aasha Rani voit à présent son étoile briller au firmament du ciel de Bollywood. Star de cinéma adulée, son parcours a pourtant commencé sous d'assez sordides auspices : célèbre producteur de films à Madras, son père a quitté sa famille pour une lolita, abandonnant ses deux filles aux mains de leur mère, femme ambitieuse et intrigante.

Celle-ci n'a pas tardé à pousser Aasha, alors âgée de quinze ans à peine, dans le lit de divers producteurs, distributeurs et acteurs influents, avec l'espoir de lui faire obenir le rôle susceptible de lancer sa carrière. Comment la jeune fille pourrait-elle, en effet, faire exception à la règle qui veut qu'en Inde - où les vedettes du septième art sont vénérées à l'image de véritables dieux - innombrables sont les jeunes gens qui rêvent d'entrer au panthéon de Bollywood ? Hélas pour elle, après avoir glorieusement franchi le seuil d'un faux royaume aussi convoité qu'il est cruel à ses sujets, Aasha commet la tragique erreur de tomber amoureuse...

A travers l'émouvant destin d'une jeune femme, La Nuit aux étoiles révèle la brutale réalité qui se cache bien souvent derrière le luxe tapageur du cinéma indien, peuplé d'individus peu recommandables - jusqu'à la propre soeur de l'héroïne, qui jalouse du succès de son aînée, s'emploie à devenir sa pire ennemie...

Invitation à pénétrer dans les coulisses d'un mon régi par l'ambition et la corruption, ce roman, qu'illumine le personnage d'une jeune femme en lutte pour tenter, dans l'adversité, de rester elle-même et de conserver sa part d'innocence et de liberté, se mue, au rythme d'un récit captivant, en une dénonciation subversive des mythologies destructrics qui gouvernent le monde contemporain.

Editions : Actes Sude - ISBN : 978-2-7427-8957-3 - Broché 310 pages - Prix : 23 euros

 

shobhaa_D_A popos de l'auteure :

Après avoir étudié la psychologie, Shohbhaa Dé s'est lancée dans le journalisme : elle a fondé et dirigé trois magazines dont l'un consacré au cinéma.

Icône de la culture populaire en Inde, Shobhaa Dé y est appréciée non seulement en tant qu'écrivain, mais aussi en tant que femme ayant su anticiper les profonds chanements de la société actuelle, allant même jusqu'à participer activement à ces derniers. Elle fait désormais autorité en matière de questions de société dont celles qui ont trait à la conditions des femmes.

Auteur de quinze livres et traduite dans le nombreuses langues, elle fait partie des éditorialistes les plus lus en Inde et constitue une figure incontournable de la scène médiatiques. Elle vit à Bombay avec son mari et leurs six enfants.

Posté par Indiangay à 13:10 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
28 novembre 2011

Le ruban - Jean Feixas

Le_ruban

Le siècle extravagant de la prostitution de rue.

De 1850 à 1950, la prostitution de la rue (le ruban en argot, c'est le trottoir) connut un période étrangement sublimée. Les filles qui, jusque-là, s'étaient faites discrètes et les proxénètes, toujours furtifs,  revendiquèrent à grands cris leur état, en narguant effrontément la police.

Ils revêtirent un véritable uniforme du métier, avec des codes stricts. Ils se tatouèrent fièrement, portant en bandoulière profession de foi et casier judiciaire. Ils fréquentèrent les aquariums, des cafés et bals spécifiques, de hauts lieux où se risquaient le bourgeois admiratif et son épouse frissonnante. On leur accorda des vertus essentielles, de courage, de sens de l'honneur et même de fidélité !

Un courant qui inspira les artistes, et parmi les plus grands (peintres, poêtes et écrivains), emportant tout sens critique, charriant autant d'ordures que de pépites. Un surprenant témoignage social.

Editions :  Jean-Claude Jegawsewitch. ISBN : 9 782350 132891 - 361 pages - prix : 35 euros.

Mon avis : Volodia

Cet ouvrage est étonamment documenté avec de nombreuses illustrations et photographies d'époque. Il est d'une lecture agréable chaque page s'ouvrant sur une illustration et/ou une photo. Nous faisons connaissance avec différents types de souteneurs et de prostituées. Nous y apprenons la signification des sobriquets, y perfectionnons ou y apprenons des mots d'argot, nous familiarisons avec les codes en vigueur et  nous remémorons les goualantes entendues ça et là et fredonnées par nos arrières-grands parents. 

Mais par-delà une certaine "nostalgie" d'une époque révolue (du moins en partie) nous y voyons évoqué les causes réelles de la prostitution et surtout le cortège de maladies et de maux qu'elle engendre.

feixasgde_495645A propos de l'auteur :

Jean Feixas d'origine catalane, a été avocat au barreau de Toulouse, dessinateur de presse et commissaire divisionnaire. Il est depuis toujours collectionneur d'insolite et d'insolent.

Posté par chezVolodia à 13:46 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,


09 novembre 2011

Zebunissa - Annie Krieger-Krynicki

ZebunissaQuatrième de couverture :

Née au coeur des Indes en 1638, la princesse Zebunissa fut une contemporaine de Louis XIV. Fille d'un souverain, le Grand Moghol Aurang Zeb, elle grandit dans un faste qui éblouissait les visiteurs étrangers. Dans cette cour moghole raffinée et cruelle, elle devint célèbre par sa beauté et son érudition. Protectrice des poètes et des soufis, poète, elle-même, Zebunissa dépassa ses rivaux par l'originalité de son inspiration sensuelle et ardente. Toute sa vie elle chercha l'absolu de l'amour physique et mystique, avec obstination, passion et violence.

Mêlée aux intrigues pour la conquête du pouvoir, entraînée par son frère préféré, l'ambitieux Akbar, dans une conspiration désastreuse contre leur père, devenu despotique et intolérant à l'égard des Hindous, elle fut enfermée dans l'îlot-forteresse de Salimgarth. Par une étrange fatalité, sa prison n'était séparée que par un bras de la rivière Yamuna du palais de Delhi dont son amant infidèle était devenu le gouverneur. Dans l'attente exaspérée de sa délivrance, le coeur en pièces dans sa poitrine, elle lança vers lui les cris d'amour les plus passionnés et les plus désespérés de la littérture.

Sous le nom de plume de Makhfi ("la cachée"), elle devint aussi célèbre que Louise Labbée ou Marceline Desbordes-Valmore en France. Ses vers, qui chantent le désir inlassable, le plaisir, l'amour trompeur, les roses ensanglantées et la fatalité, flottent aujourd'hui sur les lèvres des femmes de l'Inde et du Pakistan.

Editions : Mercure de France - ISBN : 2 7152 1617 3 - Broché 343 pages - Prix : 125 frs

Mon avis : Indiangay

J'ai beaucoup aimé ce livre qui faire revivre sous nos yeux les fastes des plus grandes Cours Mogholes qui étaient alors à leur apogée telles celles de Lahore, Lucknow. Fin stratège, Aurang Zeb a su pacifier les états et régions qu'il occupait en faisant des alliances avec les mâhârajas régnants. Prenant pour lui-même, et donnant pour épouses à ses fils des princesses indhues.

Les indhus était à cette époque trop occupés à se faire la guerre entre-eux de régions à régions pour mettre en place une politique commune qui aurait pu repousser ces envahisseurs venus d'afghanistan.

Cette histoire romanesque qui se déroule à la cour du grand moghol, en plus de nous faire participer aux destins des Nawabs et à celui de Zébunissa, nous montre qu'en plus d'être de grands guerriers et pour certains des mystiques, ils s'attachaient aussi à être des mécènes pour les arts et les lettres, sans compter leur don pour l'architecture (canaux d'irrigation, le Taj Mahal, Fatepur Sikri, etc).

A l'intérieur de cet ouvrage  figurent des  cartes qui permettent de voir comment se décomposait le pays à cette époque : les royaumes, les sultânats. Sont mentionnés les zones de guerre, les territoires conquis. Par ailleurs, une généalogie des Grands Moghols est représentée ce qui est me semble-t-il indispensable pour les situer dans la bonne époque.

Nous voyageons dans le temps, de façon ludique car ce livre à le mérite de n'être pas seulement une leçon d'histoire ce qui aurait pu vite devenir fastidieux. J'en ai trouvé l'écriture agréable.

Posté par Indiangay à 20:51 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,
30 octobre 2011

Charly 9 - Jean Teulé

9782260018247Quatrième de couverture :

Charles IX fut de tous nos rois de France l'un des plus calamiteux.

A 22ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint Barthélemy, qui épouvanta  l'Europe entière. Abasourdi par l'énormité de son crime, il sombra dans la folie. Courant le lapin et le cerf dans les salles du Louvre, fabricant de la fausse monnaie pour remplir les caisses désespérément vides du royaume, il accumula les initiatives désastreuses.

Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de. Pourtant, il avait un bon fond.

Editions : Julliard - ISBN : 9 782260 018247 - Broché 232 pages - Prix : 19 €

 

Mon avis : Volodia

Je crains d'être partial étant un véribale fan de Jean Teulé. Qui comme toujours nous livre avec ce livre, un récit bref, efficace, inspiré de personnes réelles et de faits rigoureusement documentés.

Grâce à son talent et sa verve, il nous restitue cet épisode de l'histoire dans toute son horreur, mais sans pathos inutile.

Posté par chezVolodia à 18:41 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,

Le moine - Lewis

Le_moineQuatrième de couverture :

Chef-d'Oeuvre du roman gothique anglais, Le Moine (1796) met en scène la déchéance d'un capucin suprêmement vertueux, pris dans les rets d'une tentatrice diabolique. Pêché de la chair, magie noire, visions infernales, transgression, damnation : rédigé par une jeune homme de vingt ans à peine, ce récit sulfureux, où le fantastique se mêle à l'horreur et où le désire règne en maître, créa le scandale avant d'être érigé en objet de culte par des générations d'écrivains.

On ne compte plus les romantiques qui comme Hoffmann, Coleridge et Victor Hugo, s'en inspirèrent : Charles Dickens alla jusqu'à acheter le manuscrit aux enchèques : André Breton en fit un modèle pour le surréalisme et, Antonin Artaud, qui en proposa une réécriture libre, salua l'envoutante "sorcellerie verbale" de Lewis  : "Je continuerai à tenir pour une oeuvre essentiele, le Moine, qui bouscule cette réalité à pleins bras, qui traîne devant moi des sorciers, des apparitions et des larves, avec le naturel le plous parfait, et qui fait enfin du surnaturel une réalité comme les autres".

Editions : GF Flammarion : ISBN : 978 2 0812 5561 6 - Poche 457 pages - Prix : 8;89 €

Mon avis : Volodia

Le Moine dont l’intrigue est difficile à résumer tant elle est peu liénéaire, raconte la déchéance du religieux le plus fanatique et irréprochable que Madrid ait connu.

De modèle de pureté et de vertu, Ambrosio va peu à peu céder à ses penchants les plus obscurs et découvrir le vice et le crime. Il est donc constamment question de bien et de mal dans ce livre. Cependant,  ce qui devrait faire l’objet du jugement de valeur le plus appuyé et du manichéismes le plus terre à terre, la conduite du moine est finalement contée d’une manière très neutre, renforçant de beaucoup le force de l’impression que laisse le moine sur son lecteur : Ambrosio n’est-il pas finalement un être humain tout à fait banal, à l’image de tous les autres ?


Posté par chezVolodia à 13:39 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
17 octobre 2011

Sur les traces du Yiddishland - Alain Guillemoles

Yuddischland_livreQuatrième de couverture :

On l'appelait le Yiddishland. Au centre de l'Europe, à cheval sur la Pologne, la Lituanie, l'Ukraine, la Roumanie et la Hongrie, ce continent n'ayant ni centre ni vrais contours était peuplé de plus de onze millions de Juifs.

Avant la Seconde Guerre mondiade, ils formaient des minorités importantes et bien établies. Puis ce continent à disparu, comme l'Atlantide. Aujourd'hui, que reste-t-il des connumautés juives dans ces pays ? Comment y conserve-t-on le souvenir de leur présence ? Quel regard porte-t-on sur leur disparition ? Si des résidus d'antisémitisme subsistent, on ressent aussi de la nostalgie, de la curiosité et même une certaine idéalisation de ce passé.

Ce livre est le récit d'un voyage sur les route du Yiddishland d'aujourd'hui, à la recherche de ce qu'il en reste et de ceux qui tentent de le faire renaître ou, tout au moins, d'en perpétuer la mémoire.

Editions : Les Petits Matins - ISBN : 978 2 915 87982 7 - Broché 187 pages - Prix : 27 €

 

Mon avis : Volodia

Tout d'abord la couverture du livre : Celle-ci est illustrée par le mémorial aux victimes juives jetés vivantes dans le Danube. Présentation soignée et agréable, les pages sont de papier glacé, comportant de nombreuses photos actuelles prises dans les villes où s'élevaient d'importantes cours rabbiniques et ou régna en maître, le Hassidisme, le mouvement Musar, le Yiddish.

Intéressant également, le comparatif entre les vieux juifs rescapés et les populations de ces pays, qui quoi que l'on en pense aimeraient voir tous les juifs hors de leur frontière et peu importe la façon dont ils en sortent du moment qu'ils disparaissent...

J'aime et j'admire le courage ou l'inconscience de ceux qui sont restés, de ceux qui sont revenus et ceux venant de "pitchipoï" qui s'y installent pour être plus prêt de leurs rebbes et du très célèbre tzadik rabbi Nahman. En lisant ce livre, je me rappelais mon voyage en Ukraine en Janvier 2010 pour une raison particulière, qui m'a fait me recueillir au ravin de Baby Yar. J'ai parcouru avec mes ancètres les grandes cours rabbiniques de Ouman, Bratslav, Berditchev et Munkacevo ou flottaient toutes les âmes des tzadikkims disparus. Les mélodies klezmer me revenaient en mémoire et j'aurai aimé, pouvoir danser avec la Torah, vêtu d'un caftan et coiffé d'un schtreimel d'où dépasseraient les païs. Retrouver pour  un instant un monde disparu.

De la tristesse toutefois, de voir que des lieux saints aient été transformés en lieux profanes, que les populations juive et  non juive n'ont pratiquement pas de contact et que bien que les murs des quartiers juifs et des ghettos n'existent plus en réels, ils subsistent dans les mémoires des uns et des autres. Le passé n'est pas enseveli dans les mémoire et je me rends compte que les juifs sont toujours les boucs émissaires de tous les malheurs qui s'abattent sur les pays concernés. Hum oui, le mythe du juif riche est coriace !

En fermant ce livre, j'ai fermé la porte de mon passé et repris ma route d'apikorsim. Ce livre a le pouvoir de ressusciter ce qui a été et de nous le faire ressentir avec acuité. Mais n'est-ce pas l'intérêt d'un livre. Y entrer, s'y oublier pour revivre des émotions enfouies au plus profond de soi.

 

arton3892A propos de l'auteur :

Journaliste au quotitien La Croix, Alain Guillemoles est spécialiste de l'Europe Centrale et de l'Ex-URSS. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont, aux Editions Les Petits Matins : Même la neige était orange. La révolution ukrainienne et Gazprom, le nouvel empire, avec Alla Lazareva

Posté par chezVolodia à 20:46 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
15 octobre 2011

Mordre au travers - Virginie Despentes

Mordre_au_travers"Nue devant la glace elle regardait ce gros corps, cette montagne de graisse. Il ne ressemblait à rien. Même pas une femme, rien qu'un gros sac.

A mi-voix elle se répètait : "Salle grosse truie, putain de sale grosse truie, grosse vache." Les yeux pleins de larmes, parce qu'il s'agissait bien d'elle".

Evocations tranchantes d'un quotidien noir, de drames intimes ou de rêves inquiétants... Ces nouvelles disent violemment la femme dans son désir ou refus du désir, dans ses colères, ses hontes inavouées, ses excès d'amour, ou sa folie meurtrière...La femme blessée, humiliée ou bien vengeresse et autodestructrice.

Le femme humaine... Trop humaine ?

Editions : Librio - ISBN : 9 782290 011546 - Broché 123 pages - Prix : 2 euros

Mon avis : Volodia

J'aime la façon d'écrire de cette auteure. Son style est insicif, lapidaire. Sa plume est trempée dans l'acide. Pour elle un chat est un chat et elle ne s'embarrasse pas de métaphores et/ou de circonvolutions pour décrire des situation, des sentiments, des ressentis. A savourer ! 

Posté par chezVolodia à 18:40 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags :