Adyghee Le salon littéraire de l'ivresse des mots

19 septembre 2017

Qu'elle était belle cette utopie - Jacques Rossi

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Quatrième de couverture :

"Six heures du matin. Toutes les baraques vomissent des flots de détenus fatigués, gris, usés.  Résignés, ils se dirigent vers le portail. Là les attendent des hommes armés et des chiens., pour les escorter jusqu'aux chantiers. Tous ensemble, nous allons ajouter une nouvelle pierre au radieux édifices du communisme"

Le XXème siècle a tenté de donner corps à l'utopie communiste.  Des dizaines de millions de personnes ont été victimes de cette expérience. Certains avaient cru en cette utopie de tout leur coeur.

Comme l'auteur de ce livre, un européen. Contrairement à tant d'autres, il a eu la chance de survivre et d'en réchapper. Il s'appelait Jacques Rossi. Il a réussi à faire paraître de son vivant deux ouvrages auxquels il a consacré ses dernières années : "Le manuel du goulag" et ces" instantanés" de la vie dans les prisons et les camps soviétiques.

Si ces  récits témoignent d'une curiosité insatiable et d'un sens de l'observation non dénué d'humour, ils illustrent aussi la leçon que Jacques Rossi a su tirer de la réalité à laquelle il a été confronté : on doit savoir garder les yeux ouverts, remettre en question les idéologies qui déterminent notre vision du monde et, s'il le faut, avoir le courage de renoncer à ses illusions.

Editions : Interférences - ISBN : 978 2 909589 34 3 - Broché : 196 pages - Prix : 15 euros.

 

Mon avis  : Volodia

Ce livre est un témoignage sur la réalité Communiste. Celui de la paranoïa de son dictateur en l’occurrence Staline, qui entraîne avec lui non seulement des civils complètement étrangers à ses délires, mais également les plus fidèles partisans du Communisme.

La marche forcée vers la collectivisation de tous les biens, qu’ils soient industriels, privés. La transformation d’intellectuels et de grands industriels en ouvriers et/ou paysans. La nationalisation de l’Asie Centrale, La famine organisée en Ukraine pour nourrir la Russie puis, la colonisation des Pays Baltes (l’Estonie, la Lituanie et de la Lettonie) en 1940.

Jacques Rossi est français d’origine. Sa mère s’est remarié avec un Polonais, et de fait il a passé sa jeunesse en Pologne. Très impliquée dans cette nouvelle Politique, il devient agent du Komintern. Suite à la répression de 1937, il se retrouve après un simulacre de procès condamné à 8 ans de travaux forcée puis, sans raison aucune, prolongé de 25 ans de goulag. Il y décrit les conditions particulièrement pénibles tant psychiquement que physiquement de ses années de détention et ce bien avant que l’Europe ne découvre les camps de concentration institués par le Régime Nazi pour anéantir les opposants, celui-ci se serait semble-t-il inspiré des goulags Stalinien pour créer ses camps d’internement.

Malgré le froid, la faim, le travail éprouvant et insoutenable par -50°, la promiscuité avec les droits communs qui font la loi, l’imbécillité criminel du système, il refuse la fatalité, de se « laisser briser ». Il observe avec et essaie de comprendre l’incompréhensible.

Je recommande particulièrement ce livre. Ce voyage intense au sein d’une utopie qui a fait mourir des millions de personnes, en éliminant son propre peuple le transformant tour à tour d’innocent en bourreau et vice versa, et qui malgré la faillite reconnue de son régime totalitaire, continue de propager ses idées par la manipulation et l’aliénation des masses

 

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16 août 2017

Les gardiens des livres - Mikhaïl Ossorguine

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Moscou 1919, sur les décombres d'une Russie meurtrie par la guerre civile et la révolution, on brûle les livres pour se chauffer, on les troque contre de la farine et des harengs. 

A l'instigation  de Mikhaïl Ossorguine, journaliste et romancier, une poignée d'intellectuels va pourtant fonder une librairie qui deviendra légendaire.

Gardiens des livres passés et à venir, ils recueillent patiemment les débris des bibliothèques éparpillées ou pillées, ils diffusent, sous forme de manuscrits enluminés, les livres qui continuent à s'écrire, ils aident les poètes, écrivains et philosophes à survivre tant matériellement que moralement, en leur offrant, outre des secours concrets, un refuge contre le prosaïsme d'un quotidien misérable.

Deux plaquettes manuscrites d'Aleixeï Rémizov et de Marina Tsvétaïeva illustrent la curieuse histoire de ces libraires éditeurs racontée par un bibliophile.

Editions : Interférences - ISBN  : 978 2 909589 01 5 - Broché 114 pages - Prix : 21,30 euros

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20 avril 2017

Chercher Proust - Michel Uras

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Quatrième de couverture : 

J’ai toujours eu un problème avec Proust.

Dès le départ, j’ai su qu’il me ferait mal. Au-dessus de mon lit d’adolescent, à côté du poster de mon footballeur préféré, Marcel trônait, fier, sûr de lui, la tête incliné sur ma droite, reposant contre sa main. Il me fixait. Quand je regardais trop mon idole sportive, j’avais l’impression que Proust me rappelait à l’ordre : « Jacques Bartel, cessez de scruter cet idiot, je suis là, moi, seul être valable et bientôt, vous pourrez vous targuez d’avoir une aussi belle moustache que moi. »

J’ai donc grandi sous le regard de mon maître.  

Editions : Le Livre de Poche – ISBN : 9 782253 177593 – 211 pages – Prix : 6,10 euros

Existe également en Broché aux Editions Christophe Lucquin.

Mon avis : Volodia  

Ou comment passer à côté de sa vie !

Jacques Bartel héros et narrateur de cet histoire, nous raconte son engouement pour Marcel Proust, au point d’y consacrer toute son adolescence, et une grande partie de sa vie. 

- quitte à faire s’interroger sa mère sur son orientation sexuelle, lasser ses amis (ies) en imposant Marcel dans toutes ses conversations, et être abandonné par la femme qu’il aime et qui n’en peut plus de voir Proust s’immiscer leur couple – 

Il devient « chercheur » dans une Association Proustienne, à savoir qu’en bonne groupie, il est occupé à disséquer la moindre phrase dudit Marcel, avec l’espoir d’y trouver un sens inconnu du grand public , à rechercher des écrits, des photos, bref toutes choses ayant appartenu ou ayant fait partie de l’univers de son idole, se rendant jusqu’au Père Lachaise nettoyer la tombe de celle-ci, et s’offusquant de la méconnaissance, par la jeune génération, de ce génial écrivain. 

Ce livre est assez jouissif, très bien écrit, à  la première personne du singulier, sur le ton de l’autodérision et de l’humour citronné : 

« Proust était habitué à ce faste, ses amis, tous très riches, eux aussi. Si je m’étais trouvé à une table voisine de la leur, qu’aurais-je pensé ? Je l’imagine : quel attroupement de bourgeois ! Quel amoncellement de nobles décrépis !

Voyez ce vieux compte à moitié endormi sur sa table, il n’a même pas la force de soulever sa fourchette…Quant aux femmes, deux ou trois vieilles princesses quasi séniles. L’incontinence régnant, elles se relaient pour aller constater l’ampleur des dégâts aux toilettes… » 

Intéressante l’idée d’appliquer les questionnaires de Proust aux personnages, et qu’aurait donné le fameux passage de la madeleine si celle-ci avait été remplacée par un hamburger ? 

Il ne se passe pas grand-chose dans ce livre, simplement le récit d’une vie qui aurait pu être toute autre sans cette fichue passion !

 

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27 mars 2017

Le vendeur de sari - Rupa Bajwa

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Quatrième de couverture :

Orphelin depuis l'âge de 6 ans, Ramchand est un jeune vendeur de sari dévoué qui passe ses journées à rouler et dérouler des kilomètres d'étoffes à l'intention des femmes aisées d'Amritsar.

Eprouvant en secret une immense honte face à l'éducation de ces riches clientes, il fait un jour l'acquisition de deux grammaires anglaises, et se prend à rêver d'une vie meilleure. Ainsi armé, il aspire à changer l'ordre établi. Mais ces efforts, en lui ouvrant de nouveaux horizons vont le confronter à l'injustice et à la cruauté du monde. 

Editions : J'ai Lu - ISBN : 978 2 290 08708 4 - Poche 286 pages - Prix : 6,70 € 

Mon ressenti : Indiangay

L'univers de Ramchand tourne autour du magasin de saris ou il est vendeur depuis de nombreuses années et sa chambre sordide située dans un quartier populaire et populeux d'Amristar.

Bien que les vicissitudes de la vie ne l'aient pas épargné  -orphelin à 6 ans, recueilli par son oncle plus soucieux de s'accaparer son héritage que de son éducation, puis chassé à 15 ans à la mort de celui-ci, par son épouse  qui ne pouvait continuer à assumer sa charge. Conscient de la chance d'avoir trouvé du travail, il se satisfait de la routine qui s'est peu à peu installée, même si une certaine lassitude le gagne.

Sa seule distraction est d'aller au cinéma, le dimanche avec ses copains qui sont également des "sari-walla" dans le même magasin. Un jour son employeur lui demande d'aller au domicile d'une des familles les plus riches de la ville pour présenter des saris  devant constituer le trousseau de mariage de la fille ainée en passe de se marier prochainement. L'occasion pour lui  de sortir enfin du quotidien, de s'évader et de "pénétrer" dans le monde des privilégiés  indiens. Stupéfait, il y découvre le paradis, la beauté  des choses.

Ce sera un déclic qui se prendra à rêver d'une vie meilleure. Afin de s'élever socialement et conscient que l'instruction en est la base (lui qui sait à peine lire), il acquiert une vieille grammaire anglaise, afin de connaître des mots et leur sens pour accéder plus facilement à la lecture. Il étudiera consencieusement et laborieusement, le soir après son travail, pour faire honneur à son père qui souhaitait l'inscrire dans une école anglophone.

Quelque temps plus tard Ramchand est dépêché par son employeur, au domicile d'un de ses collègues  absent depuis plusieurs jours sans explication. Il y découvrira un univers encore plus sordide que le sien, où règne la misère et la crasse, la violence et l'injustice..

Cette visite le marquera durablement au point qu'il finira dans un accès de folie par s'en prendre à son employeur et ses collègues de travail. Mais comme tout à une fin et parce qu'il a eur de perdre  le peu de sécurité matérielle qu'il a, il finira par faire amende honorable, allant jusqu'à s'humilier et tomber à genoux devant son employeur se faire pardonner. Il sauverera ainsi son emploi et retrouvera  l'estime de tous les sari-walla.

J'ai adoré ce livre qui dépeint fort bien les clivages sociaux de la société indienne moderne. Le grouillement des villes indiennes, le fossé qui sépare les riches commerçants d'une part et les intellectuels non fortunés de l'autre. Rina jeune fille moderne va épouser un militaire et non un riche marchand. Elle se veut être une passerelle entre ces deux mondes.

Car en Inde, quelle que soit la ville, être pauvre est considéré comme une tare. La position sociale d'une famille est sujet à bien des rivalités et la préparation d'un mariage une façon d'étaler ses richesses, idem le gaspillage  et l'inévitable gaspillage des mets qui résulte d'un buffet sont une véritable insulte à la pauvreté de la majorité.

Et puis, il faut bien le dire, la fierté des humbles  d'être invités à des festivités organisées par des notables. L'émouvante admiration des gens du peuple pour tout ce qu'il trouve beau : une carte de visite imitation en papier glacé, des maisons avec des véritables portes et fenêtres, des parcs, des jardins, des piscines avec de l'eau bleu comme sur des catalogues, le tout avec vu dégagée sans détritus et foule grouillante, vulgaire et criarde. Toute ces obséquiosités dont les pauvres font preuve avec les riches les conforte dans l'idée qu'ils leur sont supérieurs.

 

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09 mars 2017

La Confrérie des Chasseurs de livres -Raphaël Jerusalmy

 

La confrérie des chasseurs de livres

Quatrième de couverture :

Le roman de Raphaël Jerusalmy commence là où calent les livres d'histoire : François Villon, premier poète des temps modernes et brigand notoire, croupit dans les geôles de louis XI en attendant son execution quant il reçoit la visite d'un émissaire du roi.

Rebelle, méfiant, il passe pourtant un marché avec l'évêque de Paris, et accepte une mission secrète qui consiste d'abord à convaincre un libraire et imprimeur de Mayence de venir s'installer à Paris. Un premier pas sur un chemin escarpé qui mènera notre poète, flanqué de son fidèle acolyte coquillard maître Colin, jusqu'aux entrailles les plus fantasmatiques de la Jérusalem d'en bas, dans un vaste jeu d'alliances, de complots et de contre-complots.

Aussi joueur qu'érudit, Raphël Jérusalmy met en scène un François Villon vif et intrépide contra le toute-puissance des dogmes et des armes, pour faire triompher l'humanisme et la liberté.

 

Editions : Actes Sud - ISBN : 978 2330 051186 1 - Poche : 320 pages - Prix : 8,70 €

 

Mon avis : Volodia 

Dans la présentation de ce livre tout était fait pour me plaire. Le titre, la jacquette, l’époque à laquelle se déroule l’intrigue, mettant en scène une mystérieuse confrérie de chercheurs de livres  et François Villon poète et brigand dont on ne sait ce qu’il est advenu suite à son bannissement du royaume de Louis XI. Aussi me suis-je rué sur ledit livre !  

Ma lecture a commencé sur les chapeaux de roues et s’est maintenue avec un égal intérêt jusqu’au milieu du livre, car quoi de plus intéressant que cette confrérie qui s’ingénie à rechercher, trouver et conserver des livres que l’on croyait disparu.  

Mon ardeur s’est refroidie lors de l’arrivée en terre sainte, où le récit s’est à mon sens un peu enlisé dans les sables du désert, en raison de circonvolutions, qui peuvent paraître nécessaires à l’auteur mais un peu longuettes et difficiles à suivre pour le lecteur.  A noter toutefois que l'auteur a "un passé" dans les Services Secrets, ceci expliquant sans doute cela... !

En substance, il s’agit pour François Villon de rapporter les dernières paroles du Christ,  dont le manuscrit est en la possession  de la Confrérie, qui elle, fait passer des livres frappés d’interdits en fraude dans divers pays d’Europe afin de contrecarrer voire, briser la chrétienté, car il est bien connu que les idées et les mots sont bien plus forts que les armes et les guerres. 

Dans ce livre  ou se  mêle et s'entremêle, le roi de France, le Pape, les Médicis, François Villon et Colin un "coquillard", des rabbins, des moines, des Ottomans, complots et contre complots qui se jouent en France, en Italie et en Terre Sainte, François Villon, par moment se montre quelque peu passif dans des évènements ou il devrait être partie prenante, ce qui ne correspond pas vraiment à l'idée que je m'en fais. mais bon !  

Je ne peux toutefois m’empêcher de penser par devers-moi que ce roman pourrait donner du grain à moudre aux adeptes du mythe les « protocoles des Sages de Sion » …. !

 

 

 

Raphael jerusalmy

A propos de l'auteur : 

Diplomé de l'ENS et de la Sorbonne, Raphaêl Jerusalmy a fait carrrière au sein des services de renseignements militaires israéliens avant de mener des actions humanitaires puis de devenir marchand de livres anciens à Tel-Aviv. Il est également l'auteur de Sauver Mozart, (Actes Sud 2012, prix Emmanuel-Roblès 2013) et de Denis Diderot : "Non à l'ignorance (Actes Sud Junior 2015).

 

  

 

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19 février 2017

Loin des bras - Metin Arditi

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Quatrième de couverture :

L'institut Alderson, pensionnat suisse pour gosses de riches, traverse une période difficile et pourrait changer de propriétaire. Aussi le cénacle  des professeurs vit-il des jours angoissés. Ici, chacun panse une blessure  ou dissimule un secret : un deuil, le vice du jeu, le déshonneur d'avoir été "collabo", la lâcheté déguisée en pacifisme, l'opprobe antisémite, des amours "contre nature", le sentiment d'avoir été abandonné... Dans ce refuge de solitudes et de destins brisés, la paroi des silences se fendille peu à peu, laissant à nu des êtres qui doutent autant d'aimer les autres que de s'aimer eux-même. Durant ces quelques mois de crise, relatés au fil d'une construction kaléidoscopique rythmée, chacun des personnages devra assumer ses faiblesses.

Metin Arditi est un conteur hors pair et son roman est de ceux qui captivent. Le théâtre, la danse, la littérature nourrissent un récit bondissant, aux ramifications multiples, qui pourtant jamais ne s'écarte de sa magistrale orchestration.

 

Editions : Babel - ISBN : 978 2 7427 9945 - Poche : 426 pages - Prix : 9,70 euros

 

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A propos de l'auteur :

Originaire de Turquie, Metin Arditi habite la Suisse où il préside la fondation "Les Instruments de la Paix". Il est notamment l'auteur chez Actes Sud de "La Fille des Louganis" (2007), Le Turquetto ('2011, prix Pages des Librairs, prix Culture et Bibliothèques pour tous, prix Jean Giono...) et Prince d'Orchestre (2012).

 

Mon avis : Volodia

Tout ou presque est mentionné dans la quatrième de couverture. L'intérêt de ce livre est qu'il est au contraire de bien des livres relatant la vie à l'intérieur de lycées, collèges ou pensionnats, plus centré sur la vie des professeurs, les élèves n'étant que des figurants faisant office de ciment les liant les uns aux autres pour la cohérence du récit.

Dans ce roman l'auteur met en exergue le quotidien de la directrice, madame Alderson pour conserver le niveau d'excellence de son établissement, malgré les difficultés financières dues au fil des années à la défection des élèves, et les relations ambiguës qu'elle entretient avec sa propre soeur, ravalée aux tâches subalternes, voire ingrates. Sa motivation et ses efforts, pour maintenir un semblant de cohésion entre les professeurs qu'elle sollicite régulièrement pour donner des heures de cours, ou enseigner d'autres matières que celles dans lesquelles ils sont spécialisés, sans autre rémunération, et ce par mesure d'économie. Tâches supplémentaires qu'ils acceptent étant conscients qu'ailleurs ils ne trouveraient pas leur place. Leurs vies, les relations qu'ils entretiennent entre-eux, toutes en surface, avec à l'intérieur d'eux-mêmes, le sentiment de valoir mieux que leurs confrères. Leurs angloisses qu'un passé peu glorieux pour certains, d'humiliations pour d'autres, mais plein de certitudes, ressurgissent. Leur inquiétude quant à leur devenir suite à la vente de l'Institut.... 

J'ai beaucoup aimé ce livre dans lequel Melin Arditi, met ses personnages à nus dans tout ce qu'ils ont d'humain.

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22 janvier 2017

Bakst des Ballets russes à la Haute Couture

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Léon Bakst est né en 1866 et décédé en 924, est l'auteur d'un oeuvre qui a révolutionné son époque, tous genres confondus : le théâtre, la danse et la mote. Il a été le principal collaborateur de Diaghilev pour les Ballets russes à Paris, Londres et Monte-Carlo.

Ce livre se veut un portrait exhaustif d'un artiste total d'origine russe devenu une figure du Tout Paris, d'un peintre qui a su former Chagall et qui a été l'ami de Picasso Matisse ou Modigliani. Avec ses créations fiévreuses, dominées par l'érotisme des corps, coçues e dialogue avec Debussy, Ravel ou encore Nijinski, il a reçu les éloges appuyées de Proust, Cocteau ou Nabokov et a continué d'inspirer les créateurs tels que Yves Saint Laurent ou Karl Lagerfels.

 

Editions : BNF - ISBN : 9 782226 321527 - Broché : 191 pages - Prix : 39 €

 

Mon avis : Indiangay

Ce livre est une référence pour tout danseur, il permet d'avoir une biographie fort complète de ce créateur de génie, ainsi que des photos des costumes réalisés pour des ballets, je pense notamment aux plus célèbres d'entre-eux tels "L'après-midi d'un Faune, Le Sacre du Printemps, la Légende de Joseph, Le Ballet de Carathis, la Belle au Bois Dormant et bien d'autres, mais également aux décors et pièces de théâtre tel le Dieu Bleu, Pherséphone, etc....

La facture de ce livre est de toute beauté. Le papier est glacé, les pages pourvues de nombreuses photos couleurs, qui illustrent et agrémentent les textes, séparés par : sa biographie dans un premier temps, puis, sa rencontre avec Diaghilev, ses débuts de créations pour les Ballets russes, ses créations théâtrales, et enfin toute l'élégance qu'il apporta à la mode, mélangeant les matières, les dessins, les couleurs, les styles en leur donnant cette somptuosité toute orientale.

Ce superbe livre a été réalisé sous le direction de Mathias Auclair, Sarah Barbedette et Stéphane Barsac en collaboration également avec l'Opéra de Paris et est un magnifique témoignage et hommage à un créateur hors pair..

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18 novembre 2016

La compagnie des Tripolitaines - Kamal Ben Hameda

la_compagnie_des_tripolitainesQuatrième de couverture :

A Tripoli, dans les années soixante, on fête la circoncision du narrateur. Pourtant le jeune garçon ne peut se résoudre à quitter le royaume régi par sa mère et ses amies, Fella la « mangeuse d’hommes », Nafissa qui fume et qui boit, Jamila la sensuelle… Toute tripolitaines d’origine arabe, berbère, africaine, italienne, juive.

De ses errances d’une femme à l’autre, dans une société où l’on ne mâche pas ses mots et où le regard porté sur les hommes est sans concession, le petit mâle en devenir forge sa sensibilité. C’est un monde débridé et puritain, une Lybie hors temps qui s’exprime dans cette ronde de portraits de femmes.

Au-delà des contraintes de la bienséance, comme dans l’intimité d’un gynécée, explosent leurs bravades et leurs malices, leurs vengeances et parfois leurs révoltes.

Editions : Elyzad - ISBN : 978 9973 58 034 7 - Pages :109 - Prix : 14,90 euros

 

Critiques de Marina Da Sylva, le Monde  Diplomatique :

Kamal Ben Hameda revient de loin. D’un monde clos et ourlé d’interdits. Où la première ligne de barbelés est celle qui sépare le monde des hommes et celui des femmes.

 

Mon avis : Indiangay

A travers ce livre, j’ai pu constater combien l’Orient musulman et juif peut être proche du monde indhu. J’y ai retrouvé  parfaitement décrits tous les privilèges dévolus comme naturel aux hommes et les obligations et contraintes réservées aux femmes, dont je dois l‘avouer je n‘ai pris conscience qu‘à mon installation en Europe tellement ces traditions sont ancrées en nous.

Je me suis revu petit garçon élevé par des femmes (mère, aya, grand-mère) toujours dans les bras (et dans les jambes) des unes et des autres, enfant roi puisque mâle, fils unique et doublé du titre d’hétitier, paré de toutes les vertus avérées, pressenties et/ou imaginées.

L’auteur est non seulement fin observateur, mais fin rapporteur. Rien ne lui échappe et c’est avec émotion que j’ai renoué avec ce monde, qui se veut clos et hermétique à la gente masculine. Ce monde de femmes qui se racontent, inaccessible, secret, et qui a toujours fasciné l‘Occident.

Ce livre est plein de confidences, de femmes mais également de souvenirs, de sentiments et d'émotions d'un petit garçon qui découvre le monde qui l'entoure. 

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04 octobre 2016

Olam - Mark Zborowsky et Elisabeth Herzog

49315751_p"Ami lecteur, la ville des petites gens où je te mène se trouve juste au centre de cette "zone bienheureuse" ou l'on a entassé les juifs les uns sur les autres, comme des harengs dans un tonneau, en leur ordonnant de croître et de prospérer... Cachée dans un coins loin, très loin, isolée du monde, cette ville est assise, telle une orpheline, rêveuse, ensorcelée, repliée sur elle-même. indifférente aux bonnes choses que les hommes se sont donnés la peine de créer et pour lesquelles ils ont trouvé des noms tels que "culture", "progrès", "civilisation". Ainsi parle, et avec humour, Chalom Aleichem, le grand écrivain.

Olam : une oeuvre exceptionnelle qui sera lue par les juifs français avec une immense nostalgie, une langue précise, sans emphase, une volonté d'être compris de tous. Le lecteur est plongé au sein d'une de ces centaines de bourgades d'Europe centrale où le peuple juif a vécu pendant cinq siècles en marge des peuples Polonais, Austro-Hongrois et Russe. Civilisation du passé ; la haine nazie l'a détruite dans l'horreur.

L'existence de ces millions de juifs était essentiellement sous le signe de la tradition biblique, l'ordre divin décidanT des moindres faits et gestes. Le peuple du shtetl, civilisation du livre et du verbe, a privilégié, quelles que fussent les circonstances, l'étude de la Torah. Femmes et travailleurs, en cette société pyramidale, hiérarchisée, acceptaient leur indigence. Ils savaient que les meilleurs de leurs fils étudiaient la parole sacrée dans l'entourage de rabbis, parfois charismatiques.

Ce livre est actuel. Tout ce que l'on voit s'affirmer dans le monde juif contemporain, ses contradictions, préexiste dans ces petits shtetl. Les cours des tsaddikim hassidiques, l'humour yiddish, perpétué par les Marx Brothers et Woody Allen ; jusqu'au Bund et au sionisme, réaction d'opposants au shtetl, partis vivre dans les villes à l'écart de ce corset religieux aux règles rigides. Le shtetl est une microcosme de la judéité ashkénaze dont on sait le rôle pionnier en Israëll avec la branche allemande.

Olam est aussi la rue juive : vivre ensemble, les fêtes, les marchés, les cris des mères, les querelles domestiques, la peur continuelle enfin du pogrom.

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15 août 2016

De l'Aube au crépuscule de Rabindranath Tagore

 

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Quatrième de couverture :

"Je suis parvenu aux confins

de l'éternité où rien ne

peut se dissiper - ni l'espoir,

ni l'extase, ni la vision

d'un visage entrevu derrière les larmes"

 

Les poêmes de Rabrindranath Tagore sont autant de prières et de dialogues avec le divin. Ils célèbrent la vie, malgré les tragédies qu'elle engendre, et magnifient un monde en constant changement de couleurs, de sons et d'harmonies.

L'accessibilité de ces vers, leur portée spirituelle, situent l'oeuvre de Tagore au croisement de la poésie lyrique et des grands textes de la sagesse orientale.

 

Editions : Points - ISBN : 9 782757 812075 - Poche : 108 pages - Prix : 6,80 €

 

Mon avis : Indiangay

La traduction de ces poêmes est telle, qu'à mon sens, elle en altère le lyrisme rythmique, le naturel méditadif et la contemplation philosophique.

 

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A propos de l'auteur :

Rabindranath Tagore, est non seulement un des plus grands sinon le plus grand poête indien, mais également un gourou très respecté et recherché.

Né en 1861, mort en 1941, Rabindranath Tagore  publia des romans, des récits, des essais en plus de ses très nombreux poêmes. Il était aussi compositeur, dramaturge, acteur, peintre et philosophe. Le rayonnement universel de son oeuvre lui valut le Prix Nobel de littérature en 1913. 

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