Adyghee Le salon littéraire de l'ivresse des mots

18 janvier 2018

Entre frères de Sang - Ernst Haffner

Entre frères de sang

Quatrième de couverture :

Berlin 1930. L'Allemagne est en pleine dépression  économique et sociale. A la suite de la première guerre mondiale , des milliers de jeunes se sont retrouvés à la rue. Abandonnés, orphelins, fugueurs... Tous ont vécu la même injustice. Tous ont les mêmes ennemis : le froid, la faim, la police. La maladie souvent.

Ensemble cependant, ils sont plus forts. Ils sont frères de sang ; comme Jonny et sa bande, prêts à en découdre pour survivre dans ce Berlin dont ils ont fait leur territoire.

Erns Haffner nous plonge au coeur de la misère allemande  des années 1930 avec un réalisme troublant, presque visionnaire.

 

Editions : Presses de la Cité - ISBN : 978 2 258 10949 0 - Broché : 270 pages - Prix : 20 euros.

 

Mon avis : Volodia

Ce livre est un témoignage. Ce qui en fait tout sa valeur c'est qu'il a été écrit au moment même ou se passait ces évènements. Non seulement il explique les conséquences de la première guerre mondiale déclenchée par l'Allemagne, et ce qui en résultera à la défaite de celle-ci, à savoir entre autres, d'énormes dommages de guerre à rembourser aux pays vainqueurs, principale cause de la dépression économique.

Dans cette Allemagne où le Mark ne vaut plus rien, où le moindre bien de la vie courante se vend à des prix prohibitifs. Le gouvernement impuissant, tente de juguler le chômage et de remédier au désespoir de sa population. Pour protéger les jeunes jusqu'à leur majorité, soit 21 ans, sont créés des foyers qui en principe se doivent de les nourrir, leur fournir un éventuel avenir. 

Mais il n'en est rien. Dans ces écoles de la vie règnent  le mépris des dirigeants, la violence et, la faim, pour finir à la sortie de ceux-ci par une inscription au bureau de l'emploi sans espoir d'en trouver un. Pour y échapper, et trouver un semblant de liberté, beaucoup de ces jeunes s'enfuient. Pour survivre, sans papiers, encore mineurs, sans bagages tant intellectuels que professionnels, ils en sont réduits aux rapines, à la prostitution. Certains essayent de s'en sortir honnêtement, mais peu y réussissent.

L'Ordre Nouveau et sa politique qui se mettent en place, leurs offriront une nouvelle opportunité d'avenir, certains en profiteront et y adhèreront corps et âme en entrant dans la S.A.

Si j'ai aimé ce livre, je n'ai pas trouvé comme il est indiqué que ce soit un chef d'oeuvre. à moins que le fait d'avoir été réalisé "sur le vif', lui procure ce statut, car bien évidemment l'auteur ne pouvait s'imaginer ce qu'il adviendrait quelques années plus tard. Ce livre se lit plutôt comme un reportage.

Pour ma part, j'ai essayé de le lire comme si je ne connaissais pas les évènement des autres pays, mais malheureusement ma lecture a été parasitée par le recul et ma vision de cette époque ou les mêmes drames se produisaient. : Etats Unis, Famine organisée par Staline en Ukraine et en Russie, en Espagne, en Italie et plus tard en 1934, avec la crise Polonaise.

 

 

propos de l'Auteur :

Nous ne savons rien ou si peu de chose : Ernst Haffner a-t-il été Journaliste, Travailleur Social dans le Berlin des années 1930 ? Son livre "Entre Fères de Sang" a remporté un immense succès en 1932, avant d'être condamné par les nazis à être  brûlé publiquement lors des autodafés de livres. Réédité quatre vingts ans après, sa voix a toujours la même force.

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08 janvier 2018

Le Chant du Peuple Juif assassiné - Yitshok Katzenelson

le_chant_du__peuple_juif_assassin_Ecrit en Yiddish en 1943 dans le camp de Vittel et miraculeusement Sauvé, Le Chant du Peuple Juif Assassiné est un témoignage unique sur la barbarie nazie et le ghetto de Varsovie. C'est aussi et surtout un chef-d'oeuvre absolu qui interpellera à jamais les générations futures par sa beauté littéraire comme par sa bouleversante humanité.

"...Il s'agit pour le bourreau, avant même de tuer les corps, de tuer la pudeur, cette chose que seuls dans l'univers animal les hommes connaissent :

Dans la rue, il n'y a plus de honte,

A se coucher, enflé, bouffi et bientôt putréfié.

Légions nous sommes à mourrir ainsi ensemble,

A mourir en gros, en gros, en gros,

Le mourir, non pas la mort, mais le mourir, cet acte solitaire, sans partage possible, est amenéà s'exhiber en horribles anatomies que seule la poésie peut transcender :

J'ai enjambé des corps gelés,

Arbres terrassés

Les bras tendus

Dans une terreur muette

 

 Editions : Zulma - ISBN 9 782843 044083 - Broché 150 pages - Prix : 9,50 euros.

 

Mon avis : Volodia

Je connaissais bien évidemment Yitskhok Katzenelson, poête oh combien célèbre pour ses oeuvres et résistant du ghetto de Varsovie, mais jusqu'ici je n'avais pu lire son oeuvre celle-ci n'étant pas rééditée.

Ce recueil, est le reflet, mis en poêmes de ce qui se passa pendant cette période sombre mais également le récit d'une partie de la vie du poête.

 

imagesCA35Y6ZXYitskhok Katzenelson est né en 1886 en Biélorussie dans une famille de lettrés. Dès 1904, il publia ses poêmes à Varsovie, où parurent la plupart de ses oeuvres.

En 1910, il reprit l'école paternelle qu'il dirigea jusqu'en 1939. Entre-temps, il voyagera en Europe, en Palestine, et en Amérique.

Il vécut et lutta trois années dans le ghetto de Varsovie, bientôt anéanti par les nazis. Interné au camp pour "personnalités" de Vittel, il fut déporté en avril 1944 à Auschwitz où il fut gazé dès son arrivée.

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07 janvier 2018

Qu'elle était belle cette utopie - Jacques Rossi

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Quatrième de couverture :

"Six heures du matin. Toutes les baraques vomissent des flots de détenus fatigués, gris, usés.  Résignés, ils se dirigent vers le portail. Là les attendent des hommes armés et des chiens., pour les escorter jusqu'aux chantiers. Tous ensemble, nous allons ajouter une nouvelle pierre au radieux édifices du Communisme.

Le XXème siècle a tenté de donner corps à l'utopie communiste.  Des dizaines de millions de personnes ont été victimes de cette expérience. Certains avaient cru en cette utopie de tout leur coeur.

Comme l'auteur de ce livre, un européen. Contrairement à tant d'autres, il a eu la chance de survivre et d'en réchapper. Il s'appelait Jacques Rossi. Il a réussi à faire paraître de son vivant deux ouvrages auxquels il a consacré ses dernières années : "Le manuel du goulag" et ces" instantanés" de la vie dans les prisons et les camps soviétiques.

Si ces  récits témoignent d'une curiosité insatiable et d'un sens de l'observation non dénué d'humour, ils illustrent aussi la leçon que Jacques Rossi a su tirer de la réalité à laquelle il a été confronté : on doit savoir garder les yeux ouverts, remettre en question les idéologies qui déterminent notre vision du monde et, s'il le faut, avoir le courage de renoncer à ses illusions.

Editions : Interférences - ISBN : 978 2 909589 34 3 - Broché : 196 pages - Prix : 15 euros.

 

Mon avis  : Volodia

Ce livre est un témoignage sur la réalité Communiste. Celui de la paranoïa de son dictateur en l’occurrence Staline, qui entraîne avec lui non seulement des civils complètement étrangers à ses délires, mais également les plus fidèles partisans du Communisme.

La marche forcée vers la collectivisation de tous les biens, qu’ils soient industriels, privés. La transformation d’intellectuels et de grands industriels en ouvriers et/ou paysans. La nationalisation de l’Asie Centrale, La famine organisée en Ukraine pour nourrir la Russie puis, la colonisation des Pays Baltes (l’Estonie, la Lituanie et de la Lettonie) en 1940.

Jacques Rossi est français d’origine. Sa mère s’est remariée avec un Polonais, et de fait il a passé sa jeunesse en Pologne. Très impliquée dans cette nouvelle Politique, il devient agent du Komintern. Suite à la répression de 1937, il se retrouve après un simulacre de procès condamné à 8 ans de travaux forcée puis, sans raison aucune, prolongé de 25 ans de goulag. Il y décrit les conditions particulièrement pénibles tant psychiquement que physiquement de ses années de détention et ce bien avant que l’Europe ne découvre les camps de concentration institués par le Régime Nazi pour anéantir les opposants, celui-ci se serait semble-t-il inspiré des goulags Stalinien pour créer ses camps d’internement.

Malgré le froid, la faim, le travail éprouvant et insoutenable par -50°, la promiscuité avec les droits communs qui font la loi, l’imbécilité criminel du système, il refuse la fatalité, de se « laisser briser ». Il observe avec et essaie de comprendre l’incompréhensible.

Je recommande particulièrement ce livre. Ce voyage intense au sein d’une utopie qui a fait mourir des millions de personnes, en éliminant son propre peuple le transformant tour à tour d’innocent en bourreau et vice versa, et qui malgré la faillite reconnue de son régime totalitaire, continue de propager ses idées par la manipulation et l’aliénation des masses

 

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06 janvier 2018

Les gardiens des livres - Mikhaïl Ossorguine

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Moscou 1919, sur les décombres d'une Russie meurtrie par la guerre civile et la révolution, on brûle les livres pour se chauffer, on les troque contre de la farine et des harengs. 

A l'instigation  de Mikhaïl Ossorguine, journaliste et romancier, une poignée d'intellectuels va pourtant fonder une librairie qui deviendra légendaire.

Gardiens des livres passés et à venir, ils recueillent patiemment les débris des bibliothèques éparpillées ou pillées, ils diffusent, sous forme de manuscrits enluminés, les livres qui continuent à s'écrire, ils aident les poètes, écrivains et philosophes à survivre tant matériellement que moralement, en leur offrant, outre des secours concrets, un refuge contre le prosaïsme d'un quotidien misérable.

Deux plaquettes manuscrites d'Aleixeï Rémizov et de Marina Tsvétaïeva illustrent la curieuse histoire de ces libraires éditeurs racontée par un bibliophile.

Editions : Interférences - ISBN  : 978 2 909589 01 5 - Broché 114 pages - Prix : 21, 30 euros.

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20 décembre 2017

Pinjar le Squelette - Amrita Pritam

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Quatrième de couverture :

1935, l’empire des Indes britanniques se prépare aux violents évènements de la partition qui secoueront le pays en 1947. Le gujarat, province située à l’Ouest, se verra coupé en deux, entre Pakistan et Inde, musulmans et hindous.

Le squelette est le roman d’une vie réinventée par Pouro au fil de ses rencontres avec des femmes comme elle, cruellement frappées par le destin. Ces femmes, à qui Pouro apporte aide et affection ont nom Kammo, la petite travailleuse, orpheline exploitée et maltraitée par sa tante. Taro, « étoile » brillante d’intelligence, d’instruction et de révolte, unie contre son gré par ses parents à un homme déjà marié : la « Folle » famélique, violée par des villageois, qui meurt en couches et dont Pouro et Rashida adoptent le bébé : Lajo enfin, la « Pudique », épouse du frère de Pouro et sœur de son ancien fiancé hindou Ram Chand, kidnappée pendant les exodes croisées de la partition et que Pouro et Rashida parviendront à arracher à son ravisseur et à faire rejoindre sa famille en Inde. 

 

Editions : KailasH – ISBN : 2 84268 037 5 – Broché 170 pages – Prix : 12 €

 

Mon ressenti : Indiangay

Amrita Pritam met en scène l’histoire de Pouro dont le nom signifie « La Plénitude »  issue d’une riche famille indhue du Penjab Occidental est enlevée, en 1930,  à la veille de ses noces par un muslim, en représailles d’une lointaine humiliation subie par ses ancêtres et perpétrée par des usuriers indhus.

Reniée par sa famille suite de cet évènement, Pouro, privée de tout ce qui faisait la chair de son existence :  son village, sa famille, son mariage tout proche, sa religion, son nom, se résigne à son mariage forcé avec Rashida, et sa conversion à l’Islam.

Sa grossesse qui ne lui inspirait que du dégoût puis, la naissance de son enfant et la bonté de son époux, qui malgré ce qu’il a fait est amoureux d’elle font que contre toute attente, elle s’attache à lui. Se résignant à son destin et poursuivant sa destinée inattendue Pouro devenue Hamida, n’aura de cesse d’aider toutes les femmes qui croiseront son chemin et ce, jusqu’en 1947 année de la partition de l’Inde.

Ce livre dégage une grande douceur et ce malgré les évènements tragiques qui nous sont relatés. Il évoque malheureusement le destin de bien des femmes de notre pays qui sont prises et utilisées comme de vulgaires marchandises, leur docilité apparente, mais aussi leurs révoltes intériorisées font d’elles des femmes fortes qui leur permet d’accepter avec fatalité le destin qui leur a été tracé.

Indhu moi-même je dois avouer avoir été  sensible au portrait dressé de Rashida qui transgresse tous les tabous, les clivages liés à la religion,  à son environnement, pour aider son épouse à accomplir les tâches qu’elle s’est fixée.

 

 

Amrita

A propos de l'Auteur !

Amrita Pritam est née en  1919 à Gujaranwala, dans le Penjab aujourd’hui Pakistannais.

Ce roman est le premier d’Amrita Pritam qui en a écrit une trentaine et qui a obtenu en 1982 un prestigieux prix littéraire. Elle s’imposa non seulement par sa thématique hardie, mais aussi par sa singularité littéraire.

 

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23 novembre 2017

Le bouquiniste Mendel - Stefan Zweig

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Quatrième de couverture :

Dans la Vienne du début du siècle, il n'est pas un bibliophile qui ne connaisse Jakob Mendel, catalogue vivant de l'ensemble du savoir imprimé. Monomaniaque à la mémoire prodigieuse, affreusement peu doué en affaires, il est affligé d'une boulimie bibliographique qui fait de lui un homme précieux.

Perpétuellement installé à la table d'un café du vieux Vienne dont il a fait son quartier général, il délivre ses expertises érudites à tous les amateurs ou spécialistes qui ont le bon sens de venir le consulter.

La Première Guerre mondiale va mettre sens dessus dessous l'univers de Mendel et le récipiter brutalement dans le monde des vivants, dont il n'a jamais rien appris.

 

Editions : Sillage - ISBN : 979 10 918996 04 7 - Broché : 60 pages - Prix : 6,50 euros. 

Mon avis : Volodia

Pour échapper à une averse, le narrateur se réfugie dans un café du Vieux Vienne, et là, il se souvient avoir déjà fréquenté cet endroit et y avoir fait la connaissance de Jakob Mendel.

Colporteur de son état, et Bouquiniste sans échoppe car trop pauvre pour acheter une patente, il faisait domicilier son courrier et donnait "consultation" là ou il avait pris ses quartiers, de 7h30 le matin jusque très tard le soir, au Café Gluck. Doué d'une mémoire prodigieuse, il passait ses journées attablé à une petite table carrée, près du téléphone, et il compulsait tous les livres et catalogues qui paraissaient au jour le jour. Il se faisait l'intermédiaire entre vendeurs et acquéreurs.

Cette lecture quotidienne avait fait de lui une véritable encyclopédie des ouvrages édités.  Peu doué pour les affaires, car l'argent ne tenait aucune place dans sa vie, il portait toujours la même veste élimée. Matin et soir il buvait une tasse de lait accompagné de deux petits pains et au déjeuner une légère collation apportée par le restaurant d'en face. Il ne jouait ni ne fumait. Ni les hommes, ni leurs passions ne l'intéressait.

Toutefois, cet isolement l'avait tenu éloigné des évènements extérieurs qui tourmentaient le monde.  Suite à un malentendu, où il est considéré comme espion à la solde des Russes, n'ayant jamais demandé la nationalité autrichienne, il est envoyé dans un camps d'apatrides sans ses précieux journaux, magazines et livres. Là il végètera deux ans totalement démuni tant matériellement qu'intellectuellement. Grâce à l'intervention d'un personnage haut placé qu'il a aidé autrefois, il sera libéré mais il ne subsistera rien de l'ancien Jakob Mendel. Son incarcération l'aura transformé en être apathique, sa mémoire se sera volatilisée au point qu'il ne reconnaîtra même pas ses anciens amis et qu'il oubliera peu de temps après avoir été formulé ce pourquoi on l'a sollicité.

Le Café Gluck ayant été vendu entre-temps, et transformé en endroit plus attrayant, le colporteur fait tache. Seule la dame pipi se souvient encore de lui et l'aide de temps à autres. Suite à un vol de petits pains, il est expulsé comme un malpropre du seul endroit qui le reliait encore à son passé et tombera dans une déchéance dont il ne se relèvera pas.

J'ai beaucoup aimé cette nouvelle, qui nous conte l'évolution d'un monde - ou tout va plus vite, ou on n'a plus le temps - et la disparition d'un autre, fait lui d'humanité. 

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15 novembre 2017

Le Dybbuk - Shalom An-Sky

9782851813237FSL'histoire se passe au milieu du 19ème siècle dans une bourgade d'Europe de l'Est, et se situe dans le milieu des Juifs hassidiques.

Nyssen et Sender se sont liés d’une profonde amitié lors d’une rencontre de Hassidim autour d'un puissant Tsadik vivant aux frontières de la Pologne et de la Lithuanie. Ils décident de se lier durablement par un serment solennel : Si leurs épouses, enceintes au même moment devaient respectivement donner naissance à une fille et un garçon, ils marieraient entre-eux leurs enfants respectifs. Mais Nyssen meurt avant même la naissance de son fils. Quant à Sender, il oublie bientôt la promesse et souhaite marier sa fille au prospère Ménaché.

Les deux jeunes gens ayant grandi séparément ignorent tout du lien secret qui devrait les unir. Chonen, étudiant pauvre, erre sur les routes de yeshiva en yeshiva, rayonnant du feu extatique de son désir d’apprendre. Il finit par arriver dans la ville ou réside Sender qui préparait les noces de sa fille et s'assit à sa table. Mais Sender qui était devenu riche ne voulut pas reconnaître le fils de Nyssen. C’est alors que ce qui était joué se déjoue et que ce qui était dénoué se noue. Le destin va emprunter d’autres voies…

De désespoir Chonen va se plonger dans la Kabbale pour faire fléchir le cœur de Sender. Mais, incapable de maîtriser les puissances qu’il a réveillé, il subit le châtiment réservé à celui qui fait un mauvais usage des formules sacrées, et tombe foudroyé. Son âme restant captive, et condamnée à errer entre deux mondes.

Léa devra épouser le fiancé choisi par son père. Imprudemment, elle se rend au cimetière pour inviter Chonen - vers qui son regard s'était portée à la synagogue et dont elle était tombée amoureuse - à la célébration de ses noces. C’est l’occasion que le dibbouk saisit pour posséder son corps. Léa porte désormais deux âmes en elle, et le moment venu de la cérémonie nuptiale, c’est la voix de Hanan qu’on entend jaillir de sa bouche et hurler, au milieu de la consternation générale, son refus du consentement solennel.

Les tzaddikim firent maintes séances d'exorcisme afin de faire sortir le dybbuk du corps de Léa, puis, à l’issue d’une terrifiant affrontement de forces invisibles, le juge finit par triompher et obtient la séparation des deux âmes, au détriment de Léa qui décidé à suivre son bien-aimé le rejoindra "entre-deux mondes". 

 

Edtions : l'Arche - ISBN : 978 285181 2470 7 - Broché - Prix 21 euros. 

 

Mon avis : Volodia

Le Dybbuk est un drame en 3 actes, rédigé en yiddish par Shloïme Zaïve Rappoport et créée à Vilna en 1917. Il s'inspire du folklore yiddish. C'est la tragédie de l'amour impossible. avec en substance on ne doit pas promettre ce qui n'est pas encore né.

Dybbuk (ou Dibbouk) est un terme créé par les kabbalistes à partir de l’expression «dybbuk me ruach raa» qui signifie « possession par un esprit malin».

Bientôt le dybbuk commence à fonctionner de façon autonome. Renvoyant à l’esprit lui-même. Selon les croyances : il s’agit soit d’une âme damnée, qui s’insinue dans le corps d’un vivant pour expier ses péchés, soit de l’âme d’une victime de l’injustice qui entre dans le corps d’un proche pour réclamer la réparation de l’offense.

L'âme juive est exaltée dans cette pièce très représentative de la communauté hassidique mystique et superstitieuse, qui ne vivait que dans les shetlets repliée sur elle-même,  ou le tzaddik (homme saint) qui dirigeait la communauté avait tous pouvoirs.

 

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13 novembre 2017

Sur les traces du Yiddishland - Alain Guillemoles

Yuddischland_livreQuatrième de couverture :

On l'appelait le Yiddishland. Au centre de l'Europe, à cheval sur la Pologne, la Lituanie, l'Ukraine, la Roumanie et la Hongrie, ce continent n'ayant ni centre ni vrais contours était peuplé de plus de onze millions de Juifs.

Avant la Seconde Guerre mondiade, ils formaient des minorités importantes et bien établies. Puis ce continent à disparu, comme l'Atlantide. Aujourd'hui, que reste-t-il des connumautés juives dans ces pays ? Comment y conserve-t-on le souvenir de leur présence ? Quel regard porte-t-on sur leur disparition ? Si des résidus d'antisémitisme subsistent, on ressent aussi de la nostalgie, de la curiosité et même une certaine idéalisation de ce passé.

Ce livre est le récit d'un voyage sur les route du Yiddishland d'aujourd'hui, à la recherche de ce qu'il en reste et de ceux qui tentent de le faire renaître ou, tout au moins, d'en perpétuer la mémoire.

Editions : Les Petits Matins - ISBN : 978 2 915 87982 7 - Broché 187 pages - Prix : 27 €

 

Mon avis : Volodia

Tout d'abord la couverture du livre : Celle-ci est illustrée par le mémorial aux victimes juives jetées vivantes dans le Danube. Présentation soignée et agréable, les pages sont de papier glacé, comportant de nombreuses photos actuelles prises dans les villes où s'élevaient d'importantes cours rabbiniques et ou régna en maître, le Hassidisme, le mouvement Musar, le Yiddish.

Intéressant également, le comparatif entre les vieux juifs rescapés et les populations de ces pays, qui quoi que l'on en pense aimeraient voir tous les juifs hors de leur frontière et peu importe la façon dont ils en sortent du moment qu'ils disparaissent...

J'aime et j'admire le courage ou l'inconscience de ceux qui sont restés, de ceux qui sont revenus et ceux venant de "pitchipoï" qui s'y installent pour être plus prêt de leurs rebbes et du très célèbre tzadik rabbi Nahman. En lisant ce livre, je me rappelais mon voyage en Ukraine en Janvier 2010 pour une raison particulière, qui m'a fait me recueillir au ravin de Babi Yar. J'ai parcouru avec mes ancètres les grandes cours rabbiniques de Ouman, Bratslav, Berditchev et Munkacevo ou flottaient toutes les âmes des tzadikkims disparus. Les mélodies klezmer me revenaient en mémoire et j'aurai aimé, pouvoir danser lors de Simrath Torah, vêtu d'un caftan et coiffé d'un schtreimel d'où dépasseraient les païs. Retrouver pour  un instant le monde disparu de mes ancêtres, mais c'était impossible, trop de malheurs sont encore vivaces.

De la tristesse toutefois, de voir que des lieux saints aient été transformés en lieux profanes, que les populations juive et  non juive n'ont pratiquement pas de contact et que bien que les murs des quartiers juifs et des ghettos n'existent plus en réels, ils subsistent dans les mémoires des uns et des autres. Le passé n'est pas enseveli dans les mémoires et je me rends compte que les juifs sont toujours les boucs émissaires de tous les malheurs qui s'abattent sur les pays concernés. Hum oui, le mythe du juif riche est coriace !

En fermant ce livre, j'ai fermé la porte de mon passé et repris ma route d'apikhor. Ce livre a le pouvoir de ressusciter ce qui a été et de nous le faire ressentir avec acuité. Mais n'est-ce pas l'intérêt d'un livre. Y entrer, s'y oublier pour revivre des émotions enfouies au plus profond de soi.

 

arton3892A propos de l'auteur :

Journaliste au quotitien La Croix, Alain Guillemoles est spécialiste de l'Europe Centrale et de l'Ex-URSS. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont, aux Editions Les Petits Matins : Même la neige était orange. La révolution ukrainienne et Gazprom, le nouvel empire, avec Alla Lazareva

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20 avril 2017

Chercher Proust - Michel Uras

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Quatrième de couverture : 

J’ai toujours eu un problème avec Proust.

Dès le départ, j’ai su qu’il me ferait mal. Au-dessus de mon lit d’adolescent, à côté du poster de mon footballeur préféré, Marcel trônait, fier, sûr de lui, la tête incliné sur ma droite, reposant contre sa main. Il me fixait. Quand je regardais trop mon idole sportive, j’avais l’impression que Proust me rappelait à l’ordre : « Jacques Bartel, cessez de scruter cet idiot, je suis là, moi, seul être valable et bientôt, vous pourrez vous targuez d’avoir une aussi belle moustache que moi. »

J’ai donc grandi sous le regard de mon maître.  

Editions : Le Livre de Poche – ISBN : 9 782253 177593 – 211 pages – Prix : 6,10 euros

Existe également en Broché aux Editions Christophe Lucquin.

Mon avis : Volodia  

Ou comment passer à côté de sa vie !

Jacques Bartel héros et narrateur de cet histoire, nous raconte son engouement pour Marcel Proust, au point d’y consacrer toute son adolescence, et une grande partie de sa vie. 

- quitte à faire s’interroger sa mère sur son orientation sexuelle, lasser ses amis (ies) en imposant Marcel dans toutes ses conversations, et être abandonné par la femme qu’il aime et qui n’en peut plus de voir Proust s’immiscer leur couple – 

Il devient « chercheur » dans une Association Proustienne, à savoir qu’en bonne groupie, il est occupé à disséquer la moindre phrase dudit Marcel, avec l’espoir d’y trouver un sens inconnu du grand public , à rechercher des écrits, des photos, bref toutes choses ayant appartenu ou ayant fait partie de l’univers de son idole, se rendant jusqu’au Père Lachaise nettoyer la tombe de celle-ci, et s’offusquant de la méconnaissance, par la jeune génération, de ce génial écrivain. 

Ce livre est assez jouissif, très bien écrit, à  la première personne du singulier, sur le ton de l’autodérision et de l’humour citronné : 

« Proust était habitué à ce faste, ses amis, tous très riches, eux aussi. Si je m’étais trouvé à une table voisine de la leur, qu’aurais-je pensé ? Je l’imagine : quel attroupement de bourgeois ! Quel amoncellement de nobles décrépis !

Voyez ce vieux compte à moitié endormi sur sa table, il n’a même pas la force de soulever sa fourchette…Quant aux femmes, deux ou trois vieilles princesses quasi séniles. L’incontinence régnant, elles se relaient pour aller constater l’ampleur des dégâts aux toilettes… » 

Intéressante l’idée d’appliquer les questionnaires de Proust aux personnages, et qu’aurait donné le fameux passage de la madeleine si celle-ci avait été remplacée par un hamburger ? 

Il ne se passe pas grand-chose dans ce livre, simplement le récit d’une vie qui aurait pu être toute autre sans cette fichue passion !

 

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27 mars 2017

Le vendeur de sari - Rupa Bajwa

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Quatrième de couverture :

Orphelin depuis l'âge de 6 ans, Ramchand est un jeune vendeur de sari dévoué qui passe ses journées à rouler et dérouler des kilomètres d'étoffes à l'intention des femmes aisées d'Amritsar.

Eprouvant en secret une immense honte face à l'éducation de ces riches clientes, il fait un jour l'acquisition de deux grammaires anglaises, et se prend à rêver d'une vie meilleure. Ainsi armé, il aspire à changer l'ordre établi. Mais ces efforts, en lui ouvrant de nouveaux horizons vont le confronter à l'injustice et à la cruauté du monde. 

Editions : J'ai Lu - ISBN : 978 2 290 08708 4 - Poche 286 pages - Prix : 6,70 € 

Mon ressenti : Indiangay

L'univers de Ramchand tourne autour du magasin de saris ou il est vendeur depuis de nombreuses années et sa chambre sordide située dans un quartier populaire et populeux d'Amristar.

Bien que les vicissitudes de la vie ne l'aient pas épargné  -orphelin à 6 ans, recueilli par son oncle plus soucieux de s'accaparer son héritage que de son éducation, puis chassé à 15 ans à la mort de celui-ci, par son épouse  qui ne pouvait continuer à assumer sa charge. Conscient de la chance d'avoir trouvé du travail, il se satisfait de la routine qui s'est peu à peu installée, même si une certaine lassitude le gagne.

Sa seule distraction est d'aller au cinéma, le dimanche avec ses copains qui sont également des "sari-walla" dans le même magasin. Un jour son employeur lui demande d'aller au domicile d'une des familles les plus riches de la ville pour présenter des saris  devant constituer le trousseau de mariage de la fille ainée en passe de se marier prochainement. L'occasion pour lui  de sortir enfin du quotidien, de s'évader et de "pénétrer" dans le monde des privilégiés  indiens. Stupéfait, il y découvre le paradis, la beauté  des choses.

Ce sera un déclic qui se prendra à rêver d'une vie meilleure. Afin de s'élever socialement et conscient que l'instruction en est la base (lui qui sait à peine lire), il acquiert une vieille grammaire anglaise, afin de connaître des mots et leur sens pour accéder plus facilement à la lecture. Il étudiera consencieusement et laborieusement, le soir après son travail, pour faire honneur à son père qui souhaitait l'inscrire dans une école anglophone.

Quelque temps plus tard Ramchand est dépêché par son employeur, au domicile d'un de ses collègues  absent depuis plusieurs jours sans explication. Il y découvrira un univers encore plus sordide que le sien, où règne la misère et la crasse, la violence et l'injustice..

Cette visite le marquera durablement au point qu'il finira dans un accès de folie par s'en prendre à son employeur et ses collègues de travail. Mais comme tout à une fin et parce qu'il a eur de perdre  le peu de sécurité matérielle qu'il a, il finira par faire amende honorable, allant jusqu'à s'humilier et tomber à genoux devant son employeur se faire pardonner. Il sauverera ainsi son emploi et retrouvera  l'estime de tous les sari-walla.

J'ai adoré ce livre qui dépeint fort bien les clivages sociaux de la société indienne moderne. Le grouillement des villes indiennes, le fossé qui sépare les riches commerçants d'une part et les intellectuels non fortunés de l'autre. Rina jeune fille moderne va épouser un militaire et non un riche marchand. Elle se veut être une passerelle entre ces deux mondes.

Car en Inde, quelle que soit la ville, être pauvre est considéré comme une tare. La position sociale d'une famille est sujet à bien des rivalités et la préparation d'un mariage une façon d'étaler ses richesses, idem le gaspillage  et l'inévitable gaspillage des mets qui résulte d'un buffet sont une véritable insulte à la pauvreté de la majorité.

Et puis, il faut bien le dire, la fierté des humbles  d'être invités à des festivités organisées par des notables. L'émouvante admiration des gens du peuple pour tout ce qu'il trouve beau : une carte de visite imitation en papier glacé, des maisons avec des véritables portes et fenêtres, des parcs, des jardins, des piscines avec de l'eau bleu comme sur des catalogues, le tout avec vu dégagée sans détritus et foule grouillante, vulgaire et criarde. Toute ces obséquiosités dont les pauvres font preuve avec les riches les conforte dans l'idée qu'ils leur sont supérieurs.

 

Posté par Indiangay à 20:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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