Adyghee Le salon littéraire de l'ivresse des mots

27 mars 2017

Le vendeur de sari - Rupa Bajwa

9782290087084FS

Quatrième de couverture :

Orphelin depuis l'âge de 6 ans, Ramchand est un jeune vendeur de sari dévoué qui passe ses journées à rouler et dérouler des kilomètres d'étoffes à l'intention des femmes aisées d'Amritsar.

Eprouvant en secret une immense honte face à l'éducation de ces riches clientes, il fait un jour l'acquisition de deux grammaires anglaises, et se prend à rêver d'une vie meilleure. Ainsi armé, il aspire à changer l'ordre établi. Mais ces efforts, en lui ouvrant de nouveaux horizons vont le confronter à l'injustice et à la cruauté du monde. 

Editions : J'ai Lu - ISBN : 978 2 290 08708 4 - Poche 286 pages - Prix : 6,70 € 

Mon ressenti : Indiangay

L'univers de Ramchand tourne autour du magasin de saris ou il est vendeur depuis de nombreuses années et sa chambre sordide située dans un quartier populaire et populeux d'Amristar.

Bien que les vicissitudes de la vie ne l'aient pas épargné  -orphelin à 6 ans, recueilli par son oncle plus soucieux de s'accaparer son héritage que de son éducation, puis chassé à 15 ans à la mort de celui-ci, par son épouse  qui ne pouvait continuer à assumer sa charge. Conscient de la chance d'avoir trouvé du travail, il se satisfait de la routine qui s'est peu à peu installée, même si une certaine lassitude le gagne.

Sa seule distraction est d'aller au cinéma, le dimanche avec ses copains qui sont également des "sari-walla" dans le même magasin. Un jour son employeur lui demande d'aller au domicile d'une des familles les plus riches de la ville pour présenter des saris  devant constituer le trousseau de mariage de la fille ainée en passe de se marier prochainement. L'occasion pour lui  de sortir enfin du quotidien, de s'évader et de "pénétrer" dans le monde des privilégiés  indiens. Stupéfait, il y découvre le paradis, la beauté  des choses.

Ce sera un déclic qui se prendra à rêver d'une vie meilleure. Afin de s'élever socialement et conscient que l'instruction en est la base (lui qui sait à peine lire), il acquiert une vieille grammaire anglaise, afin de connaître des mots et leur sens pour accéder plus facilement à la lecture. Il étudiera consencieusement et laborieusement, le soir après son travail, pour faire honneur à son père qui souhaitait l'inscrire dans une école anglophone.

Quelque temps plus tard Ramchand est dépêché par son employeur, au domicile d'un de ses collègues  absent depuis plusieurs jours sans explication. Il y découvrira un univers encore plus sordide que le sien, où règne la misère et la crasse, la violence et l'injustice..

Cette visite le marquera durablement au point qu'il finira dans un accès de folie par s'en prendre à son employeur et ses collègues de travail. Mais comme tout à une fin et parce qu'il a eur de perdre  le peu de sécurité matérielle qu'il a, il finira par faire amende honorable, allant jusqu'à s'humilier et tomber à genoux devant son employeur se faire pardonner. Il sauverera ainsi son emploi et retrouvera  l'estime de tous les sari-walla.

J'ai adoré ce livre qui dépeint fort bien les clivages sociaux de la société indienne moderne. Le grouillement des villes indiennes, le fossé qui sépare les riches commerçants d'une part et les intellectuels non fortunés de l'autre. Rina jeune fille moderne va épouser un militaire et non un riche marchand. Elle se veut être une passerelle entre ces deux mondes.

Car en Inde, quelle que soit la ville, être pauvre est considéré comme une tare. La position sociale d'une famille est sujet à bien des rivalités et la préparation d'un mariage une façon d'étaler ses richesses, idem le gaspillage  et l'inévitable gaspillage des mets qui résulte d'un buffet sont une véritable insulte à la pauvreté de la majorité.

Et puis, il faut bien le dire, la fierté des humbles  d'être invités à des festivités organisées par des notables. L'émouvante admiration des gens du peuple pour tout ce qu'il trouve beau : une carte de visite imitation en papier glacé, des maisons avec des véritables portes et fenêtres, des parcs, des jardins, des piscines avec de l'eau bleu comme sur des catalogues, le tout avec vu dégagée sans détritus et foule grouillante, vulgaire et criarde. Toute ces obséquiosités dont les pauvres font preuve avec les riches les conforte dans l'idée qu'ils leur sont supérieurs.

 

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09 mars 2017

La Confrérie des Chasseurs de livres -Raphaël Jerusalmy

 

La confrérie des chasseurs de livres

Quatrième de couverture :

Le roman de Raphaël Jerusalmy commence là où calent les livres d'histoire : François Villon, premier poète des temps modernes et brigand notoire, croupit dans les geoôles de louis XI en attendant son execution quant il reçoit la visite d'un émissaire du roi.

Rebelle, méfiant, il passe pourtant un marché avec l'évêque de Paris, et accepte une mission secrète qui consiste d'abord à convaincre un libraire et imprimeur de Mayence de venir s'installer à Paris. Un premier pas sur un chemin escarpé qui mènera notre poète, flanqué de son fidèle acolyte coquillard maître Colin, jusqu'aux entrailles les plus fantasmatiques de la Jérusalem d'en bas, dans un vaste jeu d'alliances, de complots et de contre-complots.

Aussi joueur qu'érudit, Raphël Jérusalmy met en scène un François Villon vif et intrépide contra le toute-puissance des dogmes et des armes, pour faire triompher l'humanisme et la liberté.

 

Editions : Actes Sud - ISBN : 978 2330 051186 1 - Poche : 320 pages - Prix : 8,70 €

 

Mon avis : Volodia 

Dans la présentation de ce livre tout était fait pour me plaire. Le titre, la jacquette, l’époque à laquelle se déroule l’intrigue, mettant en scène une mystérieuse confrérie de chercheurs de livres  et François Villon poète et brigand dont on ne sait ce qu’il est advenu suite à son bannissement du royaume de Louis XI. Aussi me suis-je rué sur ledit livre !  

Ma lecture a commencé sur les chapeaux de roues et s’est maintenue avec un égal intérêt jusqu’au milieu du livre, car quoi de plus intéressant que cette confrérie qui s’ingénie à rechercher, trouver et conserver des livres que l’on croyait disparu.  

Mon ardeur s’est refroidie lors de l’arrivée en terre sainte, où le récit s’est à mon sens un peu enlisé dans les sables du désert, en raison de circonvolutions, qui peuvent paraître nécessaires à l’auteur mais un peu longuettes et difficiles à suivre pour le lecteur.  A noter toutefois que l'auteur a "un passé" dans les Services Secrets, ceci expliquant sans doute cela... !

En substance, il s’agit pour François Villon de rapporter les dernières paroles du Christ,  dont le manuscrit est en la possession  de la Confrérie, qui elle, fait passer des livres frappés d’interdits en fraude dans divers pays d’Europe afin de contrecarrer voire, briser la chrétienté, car il est bien connu que les idées et les mots sont bien plus forts que les armes et les guerres. 

Dans ce livre  ou se  mêle et s'entremêle, le roi de France, le Pape, les Médicis, François Villon et Colin un "coquillard", des rabbins, des moines, des Ottomans, complots et contre complots qui se jouent en France, en Italie et en Terre Sainte, François Villon, par moment se montre quelque peu passif dans des évènements ou il devrait être partie prenante, ce qui ne correspond pas vraiment à l'idée que je m'en fais. mais bon !  

Je ne peux toutefois m’empêcher de penser par devers-moi que ce roman pourrait donner du grain à moudre aux adeptes du mythe les « protocoles des Sages de Sion » …. !

 

 

 

Raphael jerusalmy

A propos de l'auteur : 

Diplomé de l'ENS et de la Sorbonne, Raphaêl Jerusalmy a fait carrrière au sein des services de renseignements militaires israéliens avant de mener des actions humanitaires puis de devenir marchand de livres anciens à Tel-Aviv. Il est également l'auteur de Sauver Mozart, (Actes Sud 2012, prix Emmanuel-Roblès 2013) et de Denis Diderot : "Non à l'ignorance (Actes Sud Junior 2015).

 

  

 

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19 février 2017

Loin des bras - Metin Arditi

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Quatrième de couverture :

L'institut Alderson, pensionnat suisse pour gosses de riches, traverse une période difficile et pourrait changer de propriétaire. Aussi le cénacle  des professeurs vit-il des jours angoissés. Ici, chacun panse une blessure  ou dissimule un secret : un deuil, le vice du jeu, le déshonneur d'avoir été "collabo", la lâcheté déguisée en pacifisme, l'opprobe antisémite, des amours "contre nature", le sentiment d'avoir été abandonné... Dans ce refuge de solitudes et de destins brisés, la paroi des silences se fendille peu à peu, laissant à nu des êtres qui doutent autant d'aimer les autres que de s'aimer seux-même. Durant ces quelques mois de crise, relatés au fil d'une construction kaléidoscopique rythmée, chacun des personnages devra assumer ses faiblesses.

Metin Arditi est un conteur hors pair et son roman est de ceux qui captivent. Le théâtre, la danse, la littérature nourrissent un récit bondissant, aux ramifications multiples, qui pourtant jamais ne s'écarte de sa magistrale orchestration.

 

Editions : Babel - ISBN : 978 2 7427 9945 - Poche : 426 pages - Prix : 9,70 euros

 

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A propos de l'auteur :

Originaire de Turquie, Metin Arditi habite la Suisse où il préside la fondation "Les Instruments de la Paix". Il est notamment l'auteur chez Actes Sud de "La Fille des Louganis" (2007), Le Turquetto ('2011, prix Pages des Librairs, prix Culture et Bibliothèques pour tous, prix Jean Giono...) et Prince d'Orchestre (2012).

 

Mon avis : Volodia

Tout ou presque est mentionné dans la quatrième de couverture. L'intérêt de ce livre est qu'il est au contraire de bien des livres relatant la vie à l'intérieur de lycées, collèges ou pensionnats, plus centré sur la vie des professeurs, les élèves n'étant que des figurants faisant office de ciment les liant les uns aux autres pour la cohérence du récit.

Dans ce roman l'auteur met en exergue le quotidien de la directrice, madame Alderson pour conserver le niveau d'excellence de son établissement, malgré les difficultés financières dues au fil des années à la défection des élèves, et les relations ambiguës qu'elle entretient avec sa propre soeur, ravalée aux tâches subalternes, voire ingrates. Sa motivation et ses efforts, pour maintenir un semblant de cohésion entre les professeurs qu'elle sollicite régulièrement pour donner des heures de cours, ou enseigner d'autres matières que celles dans lesquelles ils sont spécialisés, sans autre rémunération, et ce par mesure d'économie. Tâches supplémentaires qu'ils acceptent étant conscients qu'ailleurs ils ne trouveraient pas leur place. Leurs vies, les relations qu'ils entretiennent entre-eux, toutes en surface, avec à l'intérieur d'eux-mêmes, le sentiment de valoir mieux que leurs confrères. Leurs angloisses qu'un passé peu glorieux pour certains, d'humiliations pour d'autres, mais plein de certitudes, ressurgissent. Leur inquiétude quant à leur devenir suite à la vente de l'Institut.... 

J'ai beaucoup aimé ce livre dans lequel Melin Arditi, met ses personnages à nus dans tout ce qu'ils ont d'humain.

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22 janvier 2017

Bakst des Ballets russes à la Haute Couture

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Léon Bakst est né en 1866 et décédé en 924, est l'auteur d'un oeuvre qui a révolutionné son époque, tous genres confondus : le théâtre, la danse et la mote. Il a été le principal collaborateur de Diaghilev pour les Ballets russes à Paris, Londres et Monte-Carlo.

Ce livre se veut un portrait exhaustif d'un artiste total d'origine russe devenu une figure du Tout Paris, d'un peintre qui a su former Chagall et qui a été l'ami de Picasso Matisse ou Modigliani. Avec ses créations fiévreuses, dominées par l'érotisme des corps, coçues e dialogue avec Debussy, Ravel ou encore Nijinski, il a reçu les éloges appuyées de Proust, Cocteau ou Nabokov et a continué d'inspirer les créateurs tels que Yves Saint Laurent ou Karl Lagerfels.

 

Editions : BNF - ISBN : 9 782226 321527 - Broché : 191 pages - Prix : 39 €

 

Mon avis : Indiangay

Ce livre est une référence pour tout danseur, il permet d'avoir une biographie fort complète de ce créateur de génie, ainsi que des photos des costumes réalisés pour des ballets, je pense notamment aux plus célèbres d'entre-eux tels "L'après-midi d'un Faune, Le Sacre du Printemps, la Légende de Joseph, Le Ballet de Carathis, la Belle au Bois Dormant et bien d'autres, mais également aux décors et pièces de théâtre tel le Dieu Bleu, Pherséphone, etc....

La facture de ce livre est de toute beauté. Le papier est glacé, les pages pourvues de nombreuses photos couleurs, qui illustrent et agrémentent les textes, séparés par : sa biographie dans un premier temps, puis, sa rencontre avec Diaghilev, ses débuts de créations pour les Ballets russes, ses créations théâtrales, et enfin toute l'élégance qu'il apporta à la mode, mélangeant les matières, les dessins, les couleurs, les styles en leur donnant cette somptuosité toute orientale.

Ce superbe livre a été réalisé sous le direction de Mathias Auclair, Sarah Barbedette et Stéphane Barsac en collaboration également avec l'Opéra de Paris et est un magnifique témoignage et hommage à un créateur hors pair..

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18 novembre 2016

La compagnie des Tripolitaines - Kamal Ben Hameda

la_compagnie_des_tripolitainesQuatrième de couverture :

A Tripoli, dans les années soixante, on fête la circoncision du narrateur. Pourtant le jeune garçon ne peut se résoudre à quitter le royaume régi par sa mère et ses amies, Fella la « mangeuse d’hommes », Nafissa qui fume et qui boit, Jamila la sensuelle… Toute tripolitaines d’origine arabe, berbère, africaine, italienne, juive.

De ses errances d’une femme à l’autre, dans une société où l’on ne mâche pas ses mots et où le regard porté sur les hommes est sans concession, le petit mâle en devenir forge sa sensibilité. C’est un monde débridé et puritain, une Lybie hors temps qui s’exprime dans cette ronde de portraits de femmes.

Au-delà des contraintes de la bienséance, comme dans l’intimité d’un gynécée, explosent leurs bravades et leurs malices, leurs vengeances et parfois leurs révoltes.

Editions : Elyzad - ISBN : 978 9973 58 034 7 - Pages :109 - Prix : 14,90 euros

 

Critiques de Marina Da Sylva, le Monde  Diplomatique :

Kamal Ben Hameda revient de loin. D’un monde clos et ourlé d’interdits. Où la première ligne de barbelés est celle qui sépare le monde des hommes et celui des femmes.

 

Mon avis : Indiangay

A travers ce livre, j’ai pu constater combien l’Orient musulman et juif peut être proche du monde indhu. J’y ai retrouvé  parfaitement décrits tous les privilèges dévolus comme naturel aux hommes et les obligations et contraintes réservées aux femmes, dont je dois l‘avouer je n‘ai pris conscience qu‘à mon installation en Europe tellement ces traditions sont ancrées en nous.

Je me suis revu petit garçon élevé par des femmes (mère, aya, grand-mère) toujours dans les bras (et dans les jambes) des unes et des autres, enfant roi puisque mâle, fils unique et doublé du titre d’hétitier, paré de toutes les vertus avérées, pressenties et/ou imaginées.

L’auteur est non seulement fin observateur, mais fin rapporteur. Rien ne lui échappe et c’est avec émotion que j’ai renoué avec ce monde, qui se veut clos et hermétique à la gente masculine. Ce monde de femmes qui se racontent, inaccessible, secret, et qui a toujours fasciné l‘Occident.

Ce livre est plein de confidences, de femmes mais également de souvenirs, de sentiments et d'émotions d'un petit garçon qui découvre le monde qui l'entoure. 

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04 octobre 2016

Olam - Mark Zborowsky et Elisabeth Herzog

49315751_p"Ami lecteur, la ville des petites gens où je te mène se trouve juste au centre de cette "zone bienheureuse" ou l'on a entassé les juifs les uns sur les autres, comme des harengs dans un tonneau, en leur ordonnant de croître et de prospérer... Cachée dans un coins loin, très loin, isolée du monde, cette ville est assise, telle une orpheline, rêveuse, ensorcelée, repliée sur elle-même. indifférente aux bonnes choses que les hommes se sont donnés la peine de créer et pour lesquelles ils ont trouvé des noms tels que "culture", "progrès", "civilisation". Ainsi parle, et avec humour, Chalom Aleichem, le grand écrivain.

Olam : une oeuvre exceptionnelle qui sera lue par les juifs français avec une immense nostalgie, une langue précise, sans emphase, une volonté d'être compris de tous. Le lecteur est plongé au sein d'une de ces centaines de bourgades d'Europe centrale où le peuple juif a vécu pendant cinq siècles en marge des peuples Polonais, Austro-Hongrois et Russe. Civilisation du passé ; la haine nazie l'a détruite dans l'horreur.

L'existence de ces millions de juifs était essentiellement sous le signe de la tradition biblique, l'ordre divin décidanT des moindres faits et gestes. Le peuple du shtetl, civilisation du livre et du verbe, a privilégié, quelles que fussent les circonstances, l'étude de la Torah. Femmes et travailleurs, en cette société pyramidale, hiérarchisée, acceptaient leur indigence. Ils savaient que les meilLeurs de leurs fils étudiaient la parole sacrée dans l'entourage de rabbis, parfois charismatiques.

Ce livre est actuel. Tout ce que l'on voit s'affirmer dans le monde juif contemporain, ses contradictions, préexiste dans ces petits shtetl. Les cours des tsaddikim hassidiques, l'humour yiddish, perpétué par les Marx Brothers et Woody Allen ; jusqu'au Bund et au sionisme, réaction d'opposants au shtetl, partis vivre dans les villes à l'écart de ce corset religieux aux règles rigides. Le shtetl est une microcosme de la judéité ashkénaze dont on sait le rôle pionnier en Israëll avec la branche allemande.

Olam est aussi la rue juive : vivre ensemble, les fêtes, les marchés, les cris des mères, les querelles domestiques, la peur continuelle enfin du pogrom.

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15 août 2016

De l'Aube au crépuscule de Rabindranath Tagore

 

9782757812075

Quatrième de couverture :

"Je suis parvenu aux confins

de l'éternité où rien ne

peut se dissiper - ni l'espoir,

ni l'extase, ni la vision

d'un visage entrevu derrière les larmes"

 

Les poêmes de Rabrindranath Tagore sont autant de prières et de dialogues avec le divin. Ils célèbrent la vie, malgré les tragédies qu'elle engendre, et magnifient un monde en constant changement de couleurs, de sons et d'harmonies.

L'accessibilité de ces vers, leur portée spirituelle, situent l'oeuvre de Tagore au croisement de la poésie lyrique et des grands textes de la sagesse orientale.

 

Editions : Points - ISBN : 9 782757 812075 - Poche : 108 pages - Prix : 6,80 €

 

Mon avis : Indiangay

La traduction de ces poêmes est telle, qu'à mon sens, elle en altère le lyrisme rythmique, le naturel méditadif et la contemplation philosophique.

 

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A propos de l'auteur :

Rabindranath Tagore, est non seulement un des plus grands sinon le plus grand poête indien, mais également un gourou très respecté et recherché.

Né en 1861, mort en 1941, Rabindranath Tagore  publia des romans, des récits, des essais en plus de ses très nombreux poêmes. Il était aussi compositeur, dramaturge, acteur, peintre et philosophe. Le rayonnement universel de son oeuvre lui valut le Prix Nobel de littérature en 1913. 

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01 juin 2016

Le faste des Morts - Kenzaburô Ôé

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Quatrième de couverture :

Les trois nouvelles qui composent Le faste des morts appartiennent à la première période littéraire de Kenzaburô Ôé. Il avait alors une vingtaine d’années, et était à peine plus âgé que les personnages qu’il met en scène.

Ces jeunes, et moins jeunes, antihéros, confrontés à une situation extrême, réelle ou métaphorique, subissent la violence sous ses diverses formes : la mort, la nausée, la mauvaise foi, la manipulation, la culpabilité.

Dans une morgue, une maison de redressement, une famille en décomposition, un lycée ou un groupuscule d’extrême droite, les rapports de force, l’humiliation, la fascination et la domination sexuelle et politique règnent et brouillent l’univers mental des jeunes antihéros.

Ces textes de Kenzaburô Ôé donnent à voir l’œuvre à venir, dans sa richesse, et sa cohérence. Il n’a alors que vingt-deux ans et fait preuve d’une maîtrise surprenante, associée à une véritable vision du monde.

 

Editions : Folio – ISBN : 978 2 07 034739 1 – Poche 195 pages – Prix : 7,10 €

 

Mon avis : Indiangay

Le faste des morts :

Met en scène deux jeunes étudiants, le garçon en littérature, la fille ? qui pour gagner quelque argent ont répondu à une annonce de l’université de médecine, pour un travail d’une journée, un peu particulier : Il s’agit de déplacer des cadavres destinés à la dissection, d’une cuve de formol à une autre plus récente, certains y baignant depuis plusieurs années.

Ces jeunes gens sont soumis à l’autorité du vieux gardien de la morgue qui leur apprend comment manipuler les cadavres sans trop de dommages, et qui n’hésitent pas à les rabrouer s’ils posent trop de questions et/ou se montrent maladroits. La fille enceinte devant étiqueter les morts avec de nouveaux numéros, qu’elle doit leur fixer à la cheville, et le garçon à l’aide d’une longue perche, doit les rapprocher du bord de la cuve initiale pour les transborder dans l’autre cuve.

Une fois cette corvée terminée, arrivent des employés de pompes funèbres qui leur dit que leur travail n’a servi à rien, les morts devant être incinérés. Qu’il s’agit d’une erreur du secrétariat. Survient pour les jeunes gens l’angoisse de savoir s’ils malgré cette erreur ne leur incombant pas, ils vont pouvoir être payés pour les heures effectuées ou bien s’ils vont « discuter » pour avoir gain de cause.

L’intérêt de ce récit en soi très original, est dû à la description de ces morts qui apparaissent et/ou disparaissent dans les profondeurs de la cuve, selon leur degré d’ancienneté, laissant apparaître pour les uns, leurs têtes qui s’entrechoquent, qui semblent se parler, se répondre, pour les autres certaines parties de leurs corps, paraissant douées d’une vie propre.  En lisant ce récit on s’imagine fort bien se trouver nous-même devant cette vision d’horreur avec ces miasmes flottant dans l’espace.

 

Le ramier :

L’action se déroule dans une maison de redressement. Elle met en exergue la situation des jeunes garçons qui, en raison des conditions particulièrement dures d’internement passent de victimes à bourreaux en tuant, par plaisir et pour affirmer leur domination sur les nouveaux, les plus faibles, de petits animaux.

Dans ce récit sont parfaitement évoqués, de manière assez crue – mais c’est souvent le propre des livres écrits par des japonais – toutes les caractéristiques du genre : brimades et sadismes des éducateurs, désirs sexuels assouvis par ces jeunes après d’autres jeunes plus graciles, plus faibles, soumis. Dans cet univers, seule la loi du plus fort règne et est respectée par tous !

 

Seventeen :

Relate l’histoire d’un jeune homme de 17ans, mal dans sa peau, qui se cherche obnubilé par son corps et se livrant à l’onanisme, qui finit après une réunion politique ou il s’était rendu pour faire la « claque », par être subjugué et par adhéré à une idéologie d’extrême droite, dans laquelle il finira par trouver sa voie.

Il semblerait que cette dernière nouvelle aurait dû être suivie d’une deuxième partie toutefois, cette histoire étant tirée de faits réels et Ôé s’étant vu menacé de mort, la rédaction due présenter des excuses et Ôé décida de ne plus jamais publier la deuxième partie de ladite histoire.

De ces trois nouvelles aucune n’a de fin caractérisée, le lecteur est libre de l’imaginer selon ce qu’elles lui inspirent ! Pour ma part, j’ai été fasciné par la description de la première nouvelle : Le faste des morts les autres histoires ayant été plus ou moins développées, et avec un égal talent, dans d’autres ouvrages. Ôé n’avait que 22 ans lorsqu’il a écrits ses nouvelles, ce qui montre une maturité, une finesse d’esprit, une sensibilité extrême, que l’on retrouve montrées dans la perméabilité des sentiments éprouvés par ses différents personnages, au gré des situations vécues. 

22 mai 2016

Nous irons ensemble - François-Xavier DAVID

1461139_10201711529403776_1001120385_nQuatrième de couverture :

 "Tu es venu, sans me prévenir, c'est drôle comme il m'est plus facile de t'écrire, alors que, lorsque tu es là, près de moi, je suis incapable de te parler. [...] Je n'ai jamais descendu des escaliers aussi vite, je n'ai même pas fait attention à la façon dont j'étais vêtu, alors que ma belle-soeur était au dehors; juste un caleçon court de coton blanc et un polo de la même couleur, même si octobre a déjà presque fini son parcours, il ne fait pas si froid! Et tes bras m'ont tenu chaud, tout de suite, j'étais bien."

Editions : Sté des Ecrivains : ISBN Numérique : 9782342016109 - Prix livre papier broché ; 25,95 euros, 518 pages - Prix ebook 12,99 euros.


 
Critique journalistique

Un roman épistolaire très riche, couvrant une période de l'histoire prolifique en événements historiques. Cet aspect, auquel il faut ajouter la sexualité et l'identité des deux protagonistes, donne tout son intérêt au récit. Le choix, surprenant au début, du format de la correspondance, permet ici l'expression directe des sentiments et de l'émotion, qui affleure alors de façon presque palpable à chaque page. Au final, "Nous irons ensemble" déborde d'un humanisme héroïque, et on se laisse très vite prendre par l'émouvante histoire de ces deux jeunes hommes.
 
Mon avis : Volodia

C’est avec bien du retard que je me décide à mettre mon ressenti sur ce livre qui pour cet auteur est le premier et qui en attend des retours avec anxiété.

Au premier abord, je me suis demandé si j’aurais le courage de l’ouvrir et surtout de le lire en entier compte tenu du pavé : + de 500 pages quand même, doublé de la crainte d’avoir à lire un livre, dont on ne dit rien, non qu'il soit mauvais, mais plus simplement médiocre et sans intérêt. De plus, une fois lu, je me suis posé la question de savoir comment mettre mes impressions de façon honnête. Sans me laisser influencer par ma sympathie, mon amitié (même virtuelle) vis-à-vis de l’auteur. Sans l’encenser, ni pour autant livrer son livre aux gémonies s’il ne m’a pas plus. Le peiner, le froisser, voire le blesser par un avis (et non, je le précise une critique, car qui suis-je, moi ? pour juger du travail intellectuel et imaginatif d’un auteur), marquant une éventuelle déception. Rendre compte sincèrement d’un premier travail d’écrivain pour lequel il a « planché dur ».

Comment rendre compte d’un livre sans en dévoiler, même partiellement le contenu ? Désolé mais je me sens obligé d’en passer par là. Ce roman, s’étend sur une période allant de la première guerre mondiale à un peu plus loin que la fin de la seconde guerre mondiale.

François-Xavier David nous conte en premier lieu, l’histoire de deux hommes : L’un juif d’origine allemande : Lior, l’autre français et catholique : Julien. Ils se rencontrent sur un champ de bataille pendant la 1ère guerre mondiale. Lior combattant dans l’armée française est blessé et Julien séminariste est infirmier. Un attachement se crée sans que Lior dévoile le sentiment plus profond qu’il ressent pour Julien. A la fin de la guerre nos deux héros qui ont tissé des liens d’une sympathie assez poussée restent en contact et c’est tout « naturellement » que celle-ci se transforme en amitié, puis en amour. Donc ce livre mérite d’être placé dans le rayon  sentimental « gay ».  Bien que ce ne soit pas que cela.

Dès ces premières pages j’ai un peu tiqué. En effet, s’il  est tout à fait concevable qu’un juif et un séminariste se retrouvent sur le  champs de bataille, il l’est un peu moins quant à leur amitié. En effet, compte tenu de l’époque et de l’éducation de l’un comme de l’autre (les juifs étant élevés dans la méfiance des goys et les séminaristes dans celle des juifs; N’oublions pas qu’à l’époque on enseignait que les juifs avaient tué le Christ, et donc se justifiait la notion de peuple traite et honni). De plus, au début du siècle flottait encore dans l’air des relents d’antisémitisme non seulement de principe mais dus également à l’affaire Dreyfus (1894 – 1906) même si celui-ci avait été innocenté.

Par ailleurs, il m’a été assez difficile de dissocier la façon de parler de Lior et de Julien tant leurs expressions paraissaient semblables. Dans les premières pages, c’est surtout Lior qui parle et ce qu’il dit, je l’aurais plutôt mis dans la bouche de Julien. Mais bon …L’idée de nous présenter l’histoire et ses protagonistes par des échanges de lettres, adressées aux uns et aux autres est originale et permet une lecture aérée, et plus qu’agréable du récit tout en séparant distinctement les évènements.

Au fil des pages nous faisons connaissances avec les familles respectives, et les amis de ces jeunes gens, qui là, se montrent plus que tolérantes envers une amitié qui les faisaient qualifier à l’époque et par la Société d’infâmes. Ce qui en 1929 me paraît hautement improbable surtout dans les milieux ou ils ont grandi. Déjà qu’à notre époque mariage mixte, plus homosexualité ça pose problème alors à l’époque, je n’ose l’imaginer.

Toujours est-il que c’est la vie de ces deux hommes entre les deux guerres et à travers eux, celle de leur famille qui nous est contée avec beaucoup de péripéties, d’évènements heureux mais le plus souvent malheureux (hum peut être un peu trop de mélo qui font douter, que dans une vie même très dense, une telle sucession d’évènements funestes soient possibles), mais avec beaucoup de sensibilité, de profondeur de sentiments : qu’ils soient amoureux ou simplement de tendresse, de gentillesse envers les uns comme avec les autres. De prise en compte de l’opinion et du ressenti d’autrui parfaitement évoqués, dans une écriture déliée, magnifique de simplicité, mais oh combien, riche en émotions.

Alors bien sûr il y a de petites erreurs, la rue Cambon se trouve dans le 1er arrondissement et ne fait absolument pas le prolongement de la rue du Bac qui elle, se situe dans le 7ème arrondissement de Paris. Mais l’auteur qui n’est pas Parisien est tout à fait excusable.

En 1923 il n’existait pas à Paris d’école, et encore moins de cours du soir gratuits pour les étrangers qui souhaitaient apprendre le français, surtout pour les juifs qui même si cela avait existé, arrivaient chassés de l’Est par les pogroms avec femme et enfants et dont les préoccupations premières étaient surtout trouver de quoi se loger et du travail pour se nourrir. Difficile également pour eux de posséder un magasin de tissu rue du bac qui déjà à cette époque était une rue résidentielle en plein quartier goy et catholique.

D’autres improbabilités également : En 1941, Lior écrit à sa sœur en lui racontant qu’un de ses amis est « résistant « . Allant même jusqu’à lui donner le nom du réseau. Déjà l’acheminement du courrier par la poste était aléatoire, celui-ci pouvant être ouvert par n’importe qui, autorité ou erreur de destinataire,  Il était plus que très dangereux et non recommandé de se confier ainsi. D’autant plus mentionner, le nom d’un réseau de résistance,  c’est une hérésie qui frise l’inconscience d’autant que les noms des fameux réseaux n’étaient connus que des participants et encore pas de tous, certains ne connaissaient que leur proche contact.

Pour Yaâquov le cousin de Lior, arrivé en France. Impossible de tenir un commerce pendant la guerre et même de circuler. Les juifs étrangers et d’autant plus allemand ont été internés dans des camps  d’apatrides d’abord en 1940 puis de concentration en 1941.

Par ailleurs, Jurguën tombé amoureux d’un juif allemand, engagé dans la gestapo, pour combattre le régime nazi de l’intérieur et sauver des personnes. Hum, difficile à croire, quand on sait que la quasi-totalité du peuple allemand était pour Hitler qui les avait sorti de la crise économique de 1922, en offrant du travail à ceux qui s’inscrivaient au parti, un logement et diverses aides sociales. Que les juifs étaient mis au ban de la société allemande depuis 1933 et que pour entrer dans la Gestapo qui était la police secrète allemande, il fallait déjà avoir fait ses preuves et montrer fidélité au régime.

Sur la situation des déportés au triangle rose, l’auteur s’est plus servi de ce qui se dit au niveau lgbt,  sans faire à mon sens un véritable travail de recherches personnelles. De plus lorsqu’une personne s’évadait d’un camp, après la torture utilisée pour faire avouer les complices, la mort par exécution publique s’ensuivait automatiquement. De même les grandes marches lors de la « l’évacuation des camps », personne n’était abandonné en arrière. Une balle dans la nuque réglait son compte au malheureux afin de ne pas laisser de témoin. Car l’objectif de ses marches de la mort était de ne pas laisser de trace, ne pas laisser de témoins des atrocités commises afin qu’on ne puisse rien reprocher au peuple allemand.

J’ai bien d’autres digressions  à formuler mais le but n’est pas là, rétablir des vérités dans ce livre qui se présente comme un roman est tout aussi déplacées que les incongruités qu’il soulève. Car oui, l’auteur le précise c’est un roman, même s’il n’est pas vraiment classable dans cette catégorie puisqu’on y trouve de l’amour, des rebondissements presque à suspens, des faits historiques rigoureusement exacts pour certains et d’autres qui le sont moins, de l’inceste et de la folie. Ce livre est passionnant, riche culturellement mais également dans sa vision d’autrui, d’espoir et de confiance en l’humain. La fin m’a fait penser à un film qui s’intitulait les eaux mêlées, tiré du livre de Roger Ikor… !

Ce livre est classé lgbt, mais peut être lu par tout un chacun, tellement ce livre est beau et bien écrit .il s’en dégage beaucoup de sensibilité, de délicatesse, loin de toutes allusions et descriptions scabreuses qui malheureusement alimentent la plupart des livres de cette catégorie. Je me suis plongé dans ce livre et n’ai pu relever mon nez qu’une fois achevé. Je souhaite à François Xavier une belle carrière d’écrivain, même si elle est difficile à mener.

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04 mai 2016

Onysos le Furieux - suivi du Tigre bleu de l'Euphrate - Laurent Gaudé

onysos le furieux

Quatrième de couverture :

Assis sur un quai de métro New Yorkais, un vieillard entame le récit de sa vie : de sa naissance dans les monts Zagros à la prise de Babylone, de sa fuite en Egypte à son arrivée dans la cité d’Illion, son existence fut une succession de pleurs et de cris de jouissance, d’orgies et d’incendies. Mi-homme, mi-dieu, Onysos se rappelle, le temps d’une nuit, à la mémoire des hommes. 

Alexandre va mourir. Après avoir vaincu le grand Darius, après avoir construit des villes et fondé un immense empire, le voici terrassé par la fièvre. Sans peur, il contemple la mort et l’invite à entendre ce que fut son épopée, aiguillonnée par son désir de ne jamais interrompre sa course vers l’inconnu, de rester fidèle à cette soif intérieure que rien ne peut étancher. 

Ces deux textes au croisement du récit, du monologue théâtral et du poème signent l’attachement de Laurent Gaudé à l’épopée antique – qu’elle soit mythologique ou historique – en composant deux figures de héros magnifiques confrontés à la fin, à la perte, au temps. 

Editions : Babes – ISBN :9 782330 039417 – Poche : 139 pages – Prix : 6,80 €

 

Mon avis : Volodia 

Il s’agit en réalité de pièces de théâtre, mais s’agissant de longs monologues, cela ne m’a guère gêné dans ma lecture, d’autant qu’elles sont merveilleusement bien écrites et empreintes d’une grande poésie. Bref, j’adore !

Onysos le Furieux :  

Vieux, le visage sale, maigre et crasseux, Onysos installé sur le quai d’un métro de New York s’adresse à celui qui l’observe. Dans un long monologue, aux allures épiques, il emonter le fil du temps, traverser les millénaires, et retrouver la ville de Tepe Saras là où tout a  commencé. Il va évoquer sa vie pleine de fureur et de violences, mais également de douceur. Au fur et à mesure de l’avancée de son récit, dès qu’une oreille attentive l’écoute, les rides de son visage s’estompent, son torse et ses membres retrouvent leur vigueur. 

Engendré par le maître des Dieux, et à peine sorti du ventre de sa mère Ino, le nouveau-né est massacré et démenbré par un groupe d’hommes qui ont ensuite dévoré sa chair. Ayant oublié de se repaître de son cœur, Yonisos renaît prêt à se venger.  Désormais, il détruira tout sur son passage. 

New York représente la nouvelle Babylone avec ses murs de métro détrempés, ses affiches déchirées et ses détritus jonchant le sol. Dans ce récit à double sens, on retrouver par instants l’homme d’aujourd’hui et celui d’hier, toujours paria et dieu des laissés pour compte, mais qui saurait aujourd’hui encore, faire trembler le monde.

 

Le Tigre de l’Euphrate : 

Monologue évoquant les derniers instants d’un conquérant qui a soumis une grande partie du monde connu, à 27 ans pour mourir à 33. 

Alexandre voit défiler sa vie, ses conquêtes, son rêve de grandeur. Il interpelle la mort qui l’écoute revivre une dernière fois l’ivresse de ses épopées, et évoquer, ses choix, ses regrets.  

laurent gaudé

A propos de l’auteur 

Romancier, dramaturge né en 1972, Laurent Gaudé a reçu en 2004 le prix Goncourt pour son roman « Le Soleil des Scorta ». Son œuvre traduite dans le monde entier, est publiée par Actes – Sud. 

Posté par chezVolodia à 19:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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