Adyghee Le salon littéraire de l'ivresse des mots

04 décembre 2021

Moi les hommes je les déteste - Pauline Harmange

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Quatrième de couverture :

"Je vois dans la misandrie une porte de sortie. Une manière d'exister en dehors du passage clouté, une manière de dire non à chaque respiration. Détester les hommes, en tant que groupe social et souvent en tant qu'individus aussi, m'apporte beaucoup de joie... et pas  seulement parce que je suis une vieille sorcière folle à chats.

Si oin devenait toutes misandres, on pourrait former une grande et belle sarabande. On se rendrait compte (et ce serait peut être un peut douloureux au début) qu'on n'a vraiment pas beoin de hommes. On pourrait, je crois, libérer un pouvoir insoupçonné  celui, en planant très loin au-dessus du regard des hommes et des exigences masculines, de nous révéler à nous-mêmes".

 

Editions : Seuil - ISBN : 978 2 02 147683 5 - Broché : 90 pages -  Parution : Octobre 2020 - Prix : 12 €

Mon avis : ChezVolodia

Le titre de ce petit livre ou devrais-je dire fascicule ne peut qu'interpeller. D'autant qu'au verso, il est précisé qu'il avait été menacé d'interdiction. Quid? La censure aurait-elle peu d'humour, ou bien ce livre était-il un brûlot envers la gent masculine. Je ne pouvais que le livre afin de m'en assurer moi-même.

Je ne savais quoi penser en en commençant la lecture. Bonne surprise, si le titre est sarcastique, son contenu ne l'est pas. Les constatations de l'auteure, femme réfléchie et féministe, sont intéressantes sans pour autant verser dans le militantisme à tous crins, elles nous incitent à la réflexion.

S'il est vrai que les sociétés ont été créées par les hommes pour les hommes, jusqu'à il n'y a pas si longtemps les femmes en étaient totalement exclues, infantilisées et soumises, au père, frère, etc... De nos jours, même si ce n'est pas la panacée et bien qu'elles se disent invibilisées, en raison d'une évolution lente peut être, mais qui ne fait que croître, leur permet d'exister et de s'exprimer en tant que telle (du moins dans les pays occidentaux).

Dans son livre l'auteure met en parallèle les misandres et les misogynes tout en soulignant que les conséquences en dangerosité ne sont pas les mêmes. Et que ces deux termes ont pour racines communes le sexisme. Ce que je ne peut qu'approuver. Idem quant à ces réflexions sur la médiocrité de certains hommes leur permettant d'évoluer dans le monde du travail au détriment de femmes plus qualifiées, et la responsabilité de la charge mentale dans le couple, incombant majoritairement à la femme (notamment la gestion des enfants).

Si une grande partie de ces réflexions sont justes, il est à noter que certaines femmes ont leur part dans ces attitudes égoïstes, violentes, arrogantes, voire indifférentes. Beaucoup d'entre elles mettent également beaucop de pression sur les épaules masculines. Elles considèrent  qu'un homme se doit d'être fort pour les protéger, leur assurer une sécurité financière, et lorsqu'elles l'ont, sont prêtes à supporter des "abominations" pour les garder.

Les enfants ça se fait à deux. Si les femmes (et les hommes) élevaient leur garçon non comme un dieu à qui tout est toléré sinon permis, mais comme un être se devant de respecteur leur soeur, leurs copines, et leur accordait moins ou autant d'attentions et de restrictions qu'à leur soeur, les mentalités changerait pour beaucoup. Dans ma famille ont m'a toujours dit qu'un homme se jugeait à table et/ou au lit. Si votre mari, ou votre compagnon se permet de satisfaire ses envies qu'elles qu'elles soient avant vous (sa femme ou sa famille), si lorsque vous dormez, il vous "viole", désolé mais vous avez épousé (ou vous vivez avec ) un porc et il y a peu de chance que cela s'arrange. En vieillissant les défauts s'accentuent. A vous de voir si vous le tolérez... !

Quant à la culture du viol, malheureusement, elle existe depuis la nuit des temps et ne disparaîtra pas. Elle est la résultante de pauvres types et de minables" dangereux sans aucune doute, pour lesquels la justice se doit d'être sans pitié. Ce pouvoir de domination qu'on certains hommes sur leur compagne, par impossibilité de communiquer par des mots leur ressenti, pour asservir des peuples en violant et mutilant leurs femmes porteuses présentes et/ou futures d'enfants susceptibles de remettre en cause ledit asservisement. S'approprier le corps de l'autre pour le soumettre, le réduire à néant, le transformer en chose qu'on utilise puis qu'on jette résulte d'une stratégie utilisée par toutes les armées. 

Quant aux réunions, assemblées, manifestations de femmes squattées par les hommes qui bien que les jugeant "futiles et ridicules, s'y incrustent sans crier gare, y mettent leur grain de sels de façon préremptoire, une solution  : les mettre dehors sans état d'âme. Pourquoi ne pas créer comme au Royaume Unis, des clubs réservés aux femmes ou vous pourriez, mesdames, vous retrouver, pour lire, discuter et pratiquer des activités sportives ou autres sans le regard voyeur ou désapprobateur des hommes ? Je ne crois pas que la France serait hostile à de tels clubs....

En fait toutes ou presque les attitudes dénoncées par Pauline Harmange pourraient trouver une solution avec un peu d'organisation et de compréhension du pouvoir en place. Je sais que de tels endroits existent dans des pays d'Asie et d'Orient, mais on en arrive à une séparation assez stricte des sexes. Quid de la mixité, de la laïcité, et de l'égalité....

Pauline Harmange

A propos de l'auteur :

Pauline Harmange est née le 06/12/1994 d'un père professeur de français et d'une mère professeur de latin.

Autrice et militante féministe. Membre fasociation d'accoimpagnement de victimes de viols et d'agression sexuelle. Elle écrit sur le blog "un invincible été".

 

 

 

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05 mai 2021

Combats et métamorphoses d'une femme - Edouard Louis

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Quatrième de couverture :

Pendant une grande partie de sa vie, ma mère a vécu dans la pauvreté et la nécessité, à l'écart de tout, écrasée et parfois même humiliée par la violence masculine. Son existence semblait délimitée pour toujours par cette double domination, la domination de classe et celle liée à sa condition de femme.

Pourtant un jour, à quarante-cinq ans, elle s'est révoltée contre cette vie, elle a fui et petit à petit, elle a constitué sa liberté. Ce livre est l'histoire de cette métamorphose.

 Editions : Seuil - ISBN : 978 2 02 121254 6 - Broché : 117 pages - Parution avril 2021 - Prix : 14 euros.

 Mon avis : ChezVolodia

Dans ce livre, Edouard Louis nous parle de sa mère. Ses espoirs tôt déçus  de respect et d’indépendance dans son couple, dans la société.

Il l’a regarde vivre, en a parfois honte parce qu’elle est soumise, même lorsque son mari l’humilie en public en la traitant de « grosse vache », parce qu’elle ne parle pas comme il le faudrait en raison d’un manque d’éducation après avoir trop tôt quitté les bancs de l’école,  parce qu’elle supporte tout et n’importe quoi sans se rebeller, trouvant moult prétextes à son inertie.  

La mère est issue d’un milieu d’ouvriers d’usine. La famille du père est plus chaotique, en marge de la société (chômage, prison, alcoolisme) car même dans la pauvreté, il y a des degrés et on se raccroche comme on peut, et à n’importe quoi afin de ne pas être tout en bas de l’échelle sociale.

Mariée jeune et maltraitée par un premier mari alcoolique et violent, elle se retrouve bloquée à la maison avec deux enfants alors qu’elle n’a pas 20ans. Elle n’aura guère plus de chance avec son second époux, avec lequel elle aura Edouard Louis, puis des jumeaux non désirés, qu’elle souhaite dans un premier temps « faire passer », mais qu’elle finit  par accepter bon gré, malgré, par décision du père qui espérait grâce à leur venue divers aides des services sociaux.

Cinq enfants, encore de quoi rester dans la passivité, sans argent, sans point de chute en cas de départ du domicile conjugal, sans perspective d’avenir. Tout est fait pour la maintenir dans la précarité, la fatalité anéantissant toutes velléités d’indépendance.

La famille étant tombée dans la misère, le père ne pouvant plus travailler, suite à un accident,  elle prend un emploi d’aide à domicile faisant la toilette de vieilles  dames ce qu’elle n’aimait pas, mais lui permettait de joindre les deux bouts et d’avoir un peu d’argent à elle.

A 45 ans, ses enfants étant grands elle décide que cela suffit et se sépare de son mari. Si lui sombre dans la déchéance, elle, revit. Elle reprend son métier d’aide à domicile qu’à présent elle apprécie car il devient un des instruments de sa libération. Une rencontre avec un autre homme, puis son départ sur Paris afin de vivre avec lui  suffit à la transformer, lui redonnant le goût de s’habiller, de se maquiller de redevenir une femme. Ce nouveau bonheur lui a donné une jeunesse qu’elle n’avait jamais eue.

J’ai beaucoup aimé ce livre. Edouard Louis a gagné en maturité. Je n’ai pas ressenti comme dans ses précédents écrits de honte ou de volonté de revanche agressive sur son passé difficile. Ses sentiments envers sa mère semblent apaisés.  Reste toujours des contestations dans la véracité de ce récit selon le maire et les habitants de son village, il semble que la vérité soit assez éloignée de la réalité. Toujours est-il que même si cette histoire ne « colle pas » avec celle de sa mère, elle peut être un hommage à toutes ces femmes humbles, asservies, rabaissées, humiliées par la société et dans leur vie de couple parce qu’ignorante et  n’ayant pas de défense, celles qu'on croise tous les jours mais qu'on ne voit pas car sans existence.    

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18 avril 2021

Edi Dubien -L'homme aux Mille Natures

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Quatrième de couverture : Sans

 Il y a quelques temps déjà, j'ai fait la découverte d'un artiste peintre-sculpteur  de grand talent  et dont on parle peu encore sauf dans les milieux initiés, mais qui peu à peu fait sa place auprès du grand public. 

Edi Dubien ou plus exactement Edi Dominique Dubien, c'est son nom, est un artiste peintre-scupteur autoditacte. Dominique est née en 1963 dans le genre féminin, il a vécu une seconde naissance en 2014 lorsqu'il a été reconnu officiellement en tant qu'homme par la société, après un changement d'identité. Il a alors pris le prénom de Edi, tout en conservant Dominique ne voulant pas totalement disparaître.

L'oeuvre d'Edi Dubien s'articule autour de sa propre histoire, ses accomplissements, sur sa vision du monde, ses désastres, ses réussites et ses possibilités.

A travers elle, il nous parle d'enfance, d'amour et de nature. Ses oeuvres composées d'enfants et d'adolescents uniquement masculins, auxquels il mêle et entremêle la nature, sont empreintes de douceur. Mais il ne faut pas si fier, si l'on regarde plus intensément ses peintures on s'aperçoit que toute innocence et naîveté ont disparu au profit  d'une certaine gravité, de solitude et d'une profonde souffrance.

La complexité Edi Dubien se révèle à travers la féminisation de ses portraits, passerelle entre les genres, abolissant l'identité sexuelle afin d'encourager la diffusion du modèle dit naturel des comportements ?

Ce qui est certain c'est qu'Edi Dubien veut faire passer à travers ses oeuvres un message militant, qu'il soit LGBTQI ou écologique. Il a réalisé sa première exposition au Musée d'Art Contemporain de Lyon du 07/10/2020 au 21/02/2021.

Dans ce livre, un interview de l'artiste permet de mieux le cerner, lui, ainsi que son parcours et son oeuvre que je ne saurais l'expliquer moi-même. Toujours est-il que mon ressenti en voyant ses oeuvres a été suffisamment agréable et fort pour vous présenter ce livre de bonne facture, avec de nombreuses photos de ses oeuvres, et vous inciter à vous le procurer. 

A titre d'information, vous pourrez trouver dans la rubrique beaux livres de ce blog quelques photos du livre présenté.

Editions : Lienart - ISBN : 978 2359 063370 - Broché : 216 pages - Prix : 25 euros.

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31 décembre 2020

La Fraternité - Takis Würger

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Quatrième de couverture :

A la mort de ses parents, il ne reste au jeune Hans que sa passion pour la boxe.

Des années plus tard, sa vie solitaire change brusquement lorsque sa tante lui propose de lui offrir une bourse pour la prestigieuse université de Cambridge. Mais à une seule condition : résoudre un crime mystérieux commis au sein du Pitt Club, un club très sélect de jeunes gens de la Haute Société réservé aux Hommes.

Une mystérieuse  Charlotte va l'aider à se faire introniser dans cette société secrète. Derrière les lourdes portes de la légendaire fraternité, Hans devra souvent prêcher le faux pour savoir le vrai. Mais est-il prêt à tout pour découvrir la vérité ?

 

Editions : 10/18 - ISBN : 978 2 264 07375 4 - Poche : 263 pages - Publication : Octobre 2019 - Prix : 7,50 €

 

Mon ressenti : Indiangay

Dans ce livre sont regroupés tous les clichés existants sur la jeunesse privilégiée et fortunée des prestigieuses universités britanniques, censées former l'élite de la nation.

Les Fraternités, sélectives, à l'intérieur desquelles d'autres plus secrètes  et connues des seuls initiés, ne recrutant ses membres qu'en fonctiion de leurs discrétion et de leur loyauté à toutes épreuves envers les membres qui la composent, et ce quel qu'en soit les turpitudes.

Hans, jeune étudiant allemand y fait son entrée, sous couvert d'une fausse identité procurée par sa tante Alex, à charge pour lui d'élucider une ténébreuse affaire. Grâce à Charlotte, étudiante en Histoire de l'Art et ayant pour directeur de Thèse Alex, il reçoit une invitation du Pitt Club qui regroupe une majorité d'étudiants qui comme lui s'adonnent à la boxe. Ils sont d'ailleurs reconnaissables à leur blazer bleu pâle brodé d'un lion rouge sur la poitrine.

Il y fait la connaissance de Billy, également boxeur qui vient de se prendre une raclée tout en se faisant traiter de pd, et qui n'a guère d'illusions sur ses pseudos élites. Josh le meneur, grande gueule, précédé d'une réputatiion scandaleuse tout autant que sulfureuse. Angus le père de Charlotte qui lui aussi en son temps à fait parti du Pitt Club. Parrmi ceux qui désirent absolument être membre du Pitt Club, on trouve Peter, étudiant chinois, fils unique d'un homme d'affaires richissisme, dont le snobisme est prêt à toutes les bassesses pour se faire "pistonner".

Pour gagner le droit de porter le fameux blazer bleu pâle, les boxeurs de Cambridge doivent battre ceux d'Oxford sur le ring. Après bien des péripéties et la victoire de Cambridge, Hans se voit autoriser à porter ledit blazer en même qu'il se voit proposer d'intéger, après intronisation, la très secrète confrérie "Papillon", se trouvant à l'intérieur-même de celle du Pitt Club et composée seulement de cinq membres.

Cette histoire est celle d'une vengeance et bien qu'au premier abord on devine rapidement qui sont les supposés suspects et le mobile reste que non en fait, les pistes sont brouillées et les raisons et conséquences de ladite vengeance engendrent un suspens particulièrement haletant. J'ai trouvé ce livre captivant avec une fin inattendue malgré les apparences. Au départ, je trouvais Hans un peu "mou", en ce sens qu'il se laissait manipuler benoîtement, sans réelle motivation. Mais au fur et  à mesure du récit et de sa relation avec Charlotte, il se reprend et s'implique dans la recherche de la vérité.

J'ai bien aimé également la manière dont l'auteur laisse ses personnages nous raconter leur histoire. Je me permets de recommander ce livre, au motif que l'auteur nous propose un roman à la frontière du roman policier, du roman d'amour et du roman d'apprentissage, ce qui je crois est assez rare. 

07 décembre 2020

Savonarole - Pierre Antonetti

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Quatrième de couverture :

Tout le monde connaît le nom de Savonarole, passé dans le langage courant, mais on ne sait pas assez l'importance et la vie passionnée de ce moine exalté, assoiffé de pureté, adoré par les uns, haï par les autres, salué parfois comme un précurseur du protestantisme, dénoncé souvent comme un dangereux fanatique animé par un idéalisme inhumain, totalitaire.

Le cadre et les protagonistes : la Florence divisée de Pierre de Médicis, fils de Laurent, l'Italie bouillonnante de passions et d'énergie, le pape Alexandre VI Borgia, père de César et de Lucrèce, jouisseur et sceptique, Charles VIII le roi de France rêvant de " son " royaume de Naples. Savonarole se dresse pour réclamer une réforme de l'Eglise et de la société, dans le sens d'une pureté sans concessions.

Par ses sermons, ses prédictions de catastrophes, ses visions inspirées des prophètes de l'Ancien Testament, il enflamme les foules, devient pendant quatre ans (1494-1498) le roi sans couronne de Florence, instituant une république théocratique.

La chasse aux vices, le redressement des moeurs sur fond d'embrigadement d'enfants transformés souvent en délateurs et de " jugements de Dieu ", sont couronnés par le fameux " brûlement des vanités ". Il prophétise le succès de sa mission, annonce inlassablement que les pires fléaux s'abattront sur l'Italie (sauf Florence) s'il n'est pas entendu, prédit et souhaite le triomphe du roi très chrétien Charles VIII. Il défie le pape, est excommunié, se campe en envoyé de Dieu prêt au martyr. Mais, en prison, il s'effondre.

Au terme d'un procès sans gloire, il finit sur le bûcher, " prophète désarmé ", abandonné de tous, dans la crainte et la dérision. C'est une aventure pleine d'enseignements pour notre temps - où se rallument les bûchers de l'intolérance - que Pierre Antonetti, en spécialiste chevronné d'histoire florentine, fait revivre pour le plaisir et l'édification du lecteur contemporain.

 

Edition : Perrin - ISBN : 2 262 00855 - EAN :  9782262008550 - Broché - 303 pages - parution : 01/02/1991 - Prix : 20,58 € (existe en livre de poche du même auteur)

Mon avis : ChezVolodia

Savonarole est né en 1452 à Ferrare.  Il intègre l’ordre des Dominicains à l’âge de 22 ans.  Prédicateur mystique, voire halluciné, haranguant les foules qui se pressent de plus en plus nombreuses pour écouter ses sermons, il rêve de conduire les hommes sur la voie de la foi et les faire revenir aux valeurs chrétiennes. 

Savonarole arrive à Florence en 1485. En 1491, il devint prieur du couvent San Marco à Florence. Bon prédicateur,  il captive les foules lorsqu’il s’emporte contra la richesse et les mœurs corrompus des puissants.  Ce qui lui vaut l’admiration du « petit peuple ».

En 1494, Il connaît sont heure de gloire lorsque la ville sombre  dans la profonde crise déclenchée par Pierre de Médicis.  Le Dominicain n’avait-il pas prédit que la ville serait condamnée à la chute si elle ne se purifiait pas de ses péchés ? Alors que si Florence se purifiait, et si ses habitants vivaient dans la crainte de Dieu, elle deviendrait plus riche et plus puissante que jamais, et étendrait encore son pouvoir…Lorsque le Conseil de la ville choisit Savonarole pour négocier avec Charles VIII, il réussit à éviter la conquête et la destruction de Florence. L’allégresse n’eut pas de limite, et le Dominicain réalise enfin son rêve d’une « cité de Dieu ».

Savonarole règne sur Florence d’une main de fer. Beaucoup croyaient aux prophéties du prêcheur charismatique et quiconque pensait autrement préférait se taire, car sa vie était en jeu. A l’apogée de son influence, Il instaure à Florence un Etat Théocratique. Il appuie son pouvoir sur une police composée d’enfants dont la mission est de traquer le vice dans toute la ville. Jeux de hasard, tenues provocantes, plaisirs de la chair… tout crime de lèse-vertu est susceptible d’être puni de mort.  Il va même jusqu’à contester l’autorité d’Alexandre VI Borgia, le pape le plus débauché de l’histoire du Vatican et exige sa destitution.  S’en était trop, la fin devint inéluctable. Savonarole fut excommunié à Florence le 25 juin 1497 – exclusion à la fois de l’Eglise et de la communauté des croyants-. Dès lors se opposants relevèrent la tête. En 1498 le couvent Saint Marc ou s’était retiré Savonarole fut pris d’assaut par une foule en colère.  Lors de son procès Savonarole fut accusé d’hérésie et condamné au bûcher.

Ce livre est destiné aux amoureux d'histoire. Il nous raconte de manière très complète un épisode de l’histoire d’Italie, et d'un moine charismatique devenu vindicatif et criminel au fil des années.  

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24 juillet 2020

TOPKAPI

 

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L'histoire :

Le palais de Topkapi a été la résidence principale des sultants ottomans de la fin du XVème siècle à la révolution turque de 1924. Jusqu'en 1453, date de la conquête de Constantinople par Mehmet II, leurs capitales étaient Bursa et Edirne, et ils continurent à y séjourner de temps à autre. Mais à partir de 1453, le coeur de leur empire fut Constantinople ou Istanbul - joyeusement déformé par les historiens otommans du XVIIème siècle en "Islambol" (ville où les musulmans sont nombreux).

Le grand palais des empereurs bizantins ayant disparu depuis des siècles, il ne subsistait aucun édifice spacieux capable de satisfaire aisément les besoins de magnificence de Mehmet le Conquérant. A Istanbul, il résida d'abord à l'Eski Saray entre les ruines du Forum Tauri des Bizantins et les marchés qui descendaient jusqu'à la Corne d'Or. Peu après 1470, il quitta cette résidence pour l'acropole de l'ancienne Byzance, une terrasse dominant la mer de Marmara et la Corne d'Or, d'où la vue s'étend jusqu'au Bosphore. Ce lieu devait par la suite être appelé le palais de Topkapi, ou palais de la Porte du canon. Composé de plusieurs bâtiments, le Topkapi devint la résidence des sultans, avec des cuisines gigantesques, des salles d'audience, des salons de réception grandioses et des appartements séparés pour les femmes.

Le palais était le coeur symbolique et effectif de l'empire, son centre religieux, le diège de l'administration, le trésor et un vaste entrepôt pour le butin. Il devint bientôt quasi autonome avec ses mosquées, ses écoles, ses bains, ses ateliers impériaux, ses jardins, ses bibliothèques et ses prisons. Dans son enceinte se trouvaient la Monnaie, la chancellerie, l'arsenal (abrité dans l'église byzantine de Sainte-Irène située dans la première cour du palais) et une châsse contenant des reliques rapportées de La Mecque et de Médine par Selim 1er (1512-1520). L'ensemble était administré  grâce à un personnel considérable logé en partie au palais  domestiques, serviteurs et servantes, gardes, médecins, artisans et petits fonctionnaires de toute sorte.

Les premiers pavillons ont disparu car ils étaient en bois, selons l'usage ottoman, mais celui qui abrite aujourd'hui le trésor, construit en 873 sur un soubassement élevé, était en pierre de taille. De même que les trois portails grandioses du palais, leur fonction était d'mpressionner et de fournir un cadre architecturale approprié aux cérémonies et au faste du sultan et de la cour. Leurs bâtiments ajoutés au XVème et XVIIème siècles marient habilement force et délicatesse ; marbres opulents, panneaux dde faïence, volets de bois incrustés, portes et boiseries ornées de superbes calligraphies. Si chaque pavillon est le fruit du caprice ou de l'imagination d'un sultan, l'ensemble rprésente une certaine unité, qui place Topkapi parmi les palais les plus impressionnants conservés en Europe et en Asie.  Depuis 1924, date de sa transformation en musée, le Topkapi Sarayi a été soigneusement restauré et ouvert au public. 

Cet ouvrage appartient à une série de cinq volumes consacrés à l'architecture, aux manuscrits et miniatures, aux costumes et tissus brodés, aux objets d'art et aux tapis. Dans chacun de ces volumes vous trouverez la signification et l'histoire particulière de ces objets, en plus de nombreuses photos. 

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Ces livres sont présentés en coffret, leurs jaquettes est de tissu vert pâle et ont été édités par les Editions du Jaguar de 1 à 2 200 exemplaires. Chaque volume comporte une ISBN ainsi qu'un numéro d'édition :

. Architecture : ISBN : 2 86950 085 8 - N° 464

. Manuscrits et miniatures : ISBN : 2 86950 015 0 - N° 382

. Costumes brodés et miniatures : ISBN : 2 86950 035 3 - N° 2186

. Objets d'art : ISBN : 2 86950 046 3 - N° 288

. Tapis : ISBN : 286950 066 X - N° 1016

Editions : Du Jaguar

Mon avis : ChezVolodia

Ce sont des ouvrages magnifiques, comprenant non seulement l'histoire de Topkapi mais également celles de leurs habitants, sultans, esclaves, eunuques, organisation du harem. La signification des motifs architecturaux, mais également de ceux brodés sur les costumes, celle des estampilles et des sceaux, l'histoire des oeuvres d'oeuvres d'art, leur acquisation ou butin de guerre.... bref tout un monde disparu se reconstitue devant nos yeux.

Vous pouvez trouver ces livres souvent dépareillés, sur des sites de ventes en ligne pour un prix s'échelonnant entre 30, 35 voire 40 euros pièces.

Si vous souhaitez voir quelques photos figurant à l'intérieur de chaque volume, direction album photos du blog

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15 juillet 2020

L'enfance au Moyen Age -Pierre Riché - Danièle Alexandre-Bidon

 

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Pendant des décennies, l'enfant du moyen âge reste éloigné des préoccupations des historiens. On allait répétant que les sources étaient muettes à son sujet ou ne donnaient de lui que des représentations déformées. L'enfant n'aurait été rien d'autre qu'un adulte en réduction, un être en soi sans intérêt, et la civilisation médiévale serait demeurée étrangère à l'idée même d'éducation.

Pourtant, à l'étranger d'abord, puis récemment en France, l'étude de l'enfance au moyen âge a permis de reconsidérer en profondeur cette vision des choses. Première synthèse écrite en français à l'occasion d'une exposition organisée par la BNF (Bibliothèque Nationale de France) cet ouvrage voudrait cerner de la manière la plus rigoureuse, l'histoire de l'enfant occidental entre le VIIème siècle et la fin du XVème siècle.

Après avoir évoqué les débats souvent passionnés qui ont eu notamment pour thèmes la définition de l'enfance et les principes de son éducation, les auteurs présentent l'enfant médiéval dans sa famille, avant et au moment de sa naissance, entouré des soins de sa mère et de sa nourrice ; puis viennent ses années d'apprentissage à l'extérieur du cercle familial et au sein de l'école monastique ou urbaine. Suivront les travaux des champs ou à la ville et les obligations de la vie quotidienne au service d'enseignement. Sont aussi pris en compte l'enfance malheureuse et les remèdes que l'époque tenta de lui apporter, l'éducation religieuse et le rôle de l'enfant dans la liturgie.

A noter : Un petit paragraphe sur l'enfant juif, son éducation, les rapports entre enfants juifs et chrétiens.

Le texte des auteurs est accompagné et prolongé par une iconographie brillante puisée à des sources internationales.

Editions : Seuil : ISBN : 2020195054 et 978 2020 195058 - 215 pages

Mon avis : ChezVolodia  

Superbe livre, très complet tant dans ses textes que par ses illustrations, constituées de photos, de bois et d'enluminures qui nous présente une certaine vision de l'enfant au moyen âge.

Contrairement à notre époque actuelle, ou le règne est celui de l'enfant roi. Au moyen âge l'enfant appartenait à ses parents, et n'était pas considéré automatiquement comme pur et innocent, mais plutôt pareil à une cire molle que l'on peut façonner dans un sens ou dans l'autre.

Les premières impressions reçues par l'enfant étant considérées comme indélébiles et les clercs particulièrement soucieux de préserver l'innocence des enfants, ceux-ci vivant dans l'intimité de leurs parents étaient témoins de leur vie de couple.

Dans la catégorie Album beaux livres, vous trouverez quelques illustrations figurant dans ce livre

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27 mai 2020

Au commencement - Chaïm Potok

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Quatrième de couverture :

"Comme si Dieu revenait à la mode, comme si le monde avait besoin de foi, de famille et de valeurs morales, les romans profondement religieux de Chaîm Potok trouvent une large audience, même dans un public non juif. Ce rabbin best-seller incarne la Renaissance juive, qui est un phénomène social autant que littéraire. 

Longtemps, le roman juif fut un roman de la solitude, - Chaim Potok, au contraire, trouve dans la foi et la communauté juive, des raisons d'espérance qu'il affirme depuis quinze ans en sept romans traduits dans le monde entier et maintenant adaptés au cinéma.

Ce succès s'explique, dans cet archipel de solitudes qu'est le monde moderne, les communautés juives, celles d'Israël ou de Brooklyn, fascinent tous les orphelins de Dieu".

Editions : Buchet/Chastel 10/18 - ISBN : 9 782264 010216 - Poche : 410 pages - Prix : 7,30 €

Mon avis : ChezVolodia

Tous les commencements sont difficiles, c'est ce que lui murmure sa mère et son père, lorsqu'il est alité. Car Davey (David) a été malade la plus grande partie de son enfance. Fils d'immigrants juifs polonais, à la sensibilité exacerbée, il vit dans un immeuble populaire et cosmopolite de Brooklyn ou les enfants jouent soit dans la cour de leur immeuble, soit dans la rue.

Son quotidien est rythmé par la maladie, les sorties avec son cousin Saül, un peu plus âgé et très religieux, et la peur viscérale de son voisin Eddie Kulanski, dont la famille polonaise et catholique n'a que haine et mépris pour les Lurie.

Cette enfance plus ou moins paisible prendra fin lors de la crise de 1929. Lorsque sa famille est obligée de déménager dans un quartier plus modeste à l'autre bout de la ville. ll y fera l'apprentissage d'un monde en plein désarroi, avant de prendre conscience de l'horreur de la guerre et de la barbarie nazie.

L'enfant fragile deviendra un grand théologien au prix d'une rupture avec une tradition religieuse dont les enseignements ne lui paraissent pas suffisamment approfondis. Il s'exposera à perdre ce qui est le plus cher : l'affection et la compréhension des siens, l'approbation de ses maîtres et de ses propres certitudes.

À travers le New York de la Dépression, Chaïm Potok évoque ici avec une minutieuse tendresse les joies et les peines d’une famille juive. Cette vaste fresque se termine par un déchirant pèlerinage de David à Bergen-Belsen, l’un des camps où se mêlent à tout jamais les racines et les cendres du peuple juif.

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Le poids de la grâce - Joseph Roth

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Quatrième de couverture :

L'oeuvre de Joseph Roth est faite d'ironie, de dérision, d'humour et d'une infinie compassion pour ses personnages. Une grande liberté d'expression alliée à une précision méticuleuse, une extrême rigueur, en font l'un des plus grand prosateurs de la langue allemande.

Il a ce goût viennois de la plaisanterie, de la pointe amère et sceptique. Mais il a aussi un côté "prophète" qui s'exprime en particulier dans "Le Poids de la grâce", et qui l'apparente parfois à Isaac B.Singer".

13 romans, 8 récits, 3 volumes d'essais et de reportages et un millier d'articles... Voilà ce qui nous reste aujourd'hui de Joseph Roth

A un enfant ui lui posa un jour la question : "Pourquoi, écris-tu toujours ?" il répondit simplement : "pour que le printemps revienne".

Editions : Biblio Le Livre Poche - ISBN : 9 782253 035565

Mon avis : ChezVolodia

Dans ce livre nous suivons le destin de Mendel Singer. Simple, pauvre et pieux. Son respect de la loi divine lui fait accueillir d'un coeur égal les bienfaits et les épreuves.

Marié avec Déborah et père de quatre enfants, Mendel est maître d'école. Le dernier né Ménouhim est lourdement handicapé. Le sort semble s'acharner sur cette famille avec le fils aîné qui s'engage dans l'armée, et le second qui s'exile en Amérique pour y faire fortune afin d'y rapatrier sa famille.

Quand Mendel quitte son shettlet de Russie pour rejoindre son fils, il est contraint d'abandonner Ménouhim non sans culpabilité et remord, mais les conditions d'immigration à Ellis Island sont intraitables. Les malheurs s'enchainent et Mendel y voit une punition de Dieu. Son fil aîné est tué à la guerre, son épouse Déborah décède et sa fille devient folle.

Désespéré et exploité par des coreligionnaires sans scrupules, il perd la foi et vit misérablement son exil, jusqu'au miracle ....

Cette histoire reflète le destin de beaucoup d'immigrants vers ce qu'il croyait la "terre promise" loin des pogroms, mais qui était en contradiction avec leurs règles de vie et les laissait souvent démuni dans l'abondance.

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Paris le jour, Paris la nuit - Sébastien Mercier et Restif de la Bretonne

9782221056738

Quatrième de couverture !

Tableau de Paris,  Le Nouveau Paris : Sébatien Mercier

Un vieux centre médiéval et des quartiers neufs sans cesse gagnés sur les campagnes avoisinantes, une concentration de misère et un étalage de luxe : Paris au XVIIIème siècle est une ville de contrastes. L'administration royale tente de contrôler le brassage des populations tandis que philosophes et architectes rêvent d'une cité moderne, aérée et hygiénique.

A la veille de la Révolution, Louis Sébastien Mercier, Parisien de souche, et Restif de la Bretonne, venu de sa bourgogne natale, disent leur fascination pour cette ville tentaculaire. Piétons de Paris, ils observent en voyeurs les rites sociaux et la violence, la maladie et la mort qui rôdent, la prostitution et tous les petits trafics.

Le Tableau de Paris nous fait découvrir, au hasard des errances de Sébastien Mercier, tous les aspects de la vie urbaine.

 

Les Nuits de Paris : Restif de la Bretonne

nous plongent dans un Paris souterrains, digne des Mille et Une nuits. La révolution achève de bouleverser une ville dont ils ont compris qu'elle est faite de mouvements plus que de maisons, d'habitudes plus que de règles écrites, d'échanges plus que de pierres.

Premier reporters de la capitale, Mercier et Restif inventent une sensibilité au phénomène urbain qui reste sans doute aujourd'hui la nôtre.

Editions : Bouquins - EAN : 9 782221 056738 - ISBN : 2 221 05673 6 - Broché : 1371 pages - Prix : 31,50 euros

 

Mon avis : Chez Volodia

Mercier et Restif nous décrivent quartier par quartier ce qui s'y passe, ses habitants, ses commerçants et le fait que Paris surnommée Ville des Lumières était un immense cloaque ou se croisait hommes et animaux dans un incessant balai.

Les rues de Paris, illustraient les métiers qui s'y exercaient, métiers dont certains noms sont restés, tels : "tueurs"  pour ceux qui conduisaient dans les rues de Paris, les boeufs devant être abattus. Grisettes pour les jeunes filles sans naissance, ni fortune, devant travailler de leurs mains pour assurer leur subsistance. Boueurs pour les enleveurs d'immondices, etc...

Car bien évidemment, nous sommes loin du Paris que nous connaissons de nos jours. Les immondices s'amoncellent dans les rues. Les hommes se soulagent dans tous les coins de portes. Les animaux égorgés en pleine rue, etc....

La nuit, Paris est un véritable coupe gorge, c'est la royaume des souteneurs, des filles publiques que l'on va chercher aux Tuileries, aux Halles, des Beaux Boulevards (bld du Temple, etc...), des criminels en tout genre. Tout un monde vivant en marge de la Société et assez pittoresque, il faut bien l'avouer.

Ce livre s'adresse à tous les amoureux d'histoire, curieux de ce qui se passait dans la ville des lumières supposée la plus moderne et plus belle d'Europe. Les faits qui nous sont relatés le sont de manière très vivante, avec le regard des habitants des lieux que sont Mercier et Restif. Ils nous restituent ce qu'ils voient, sans porter de jugement, en spectateurs.

J'ai beaucoup aimé ce livre qui malgré le nombre de pages se lit presque d'une traite tellent son intérêt est grand.

 

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