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Adyghee Le salon littéraire de l'ivresse des mots

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Adyghee Le salon littéraire de l'ivresse des mots

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13 octobre 2013

Certaines n'avaient jamais vu la mer - Julie Otsuka

imagesCAUNVBBSQuatrième de couverture :

Ces Japonaises ont tout abandonné au  début du XXème siècle pour épouser aux Etats-Unis, sur la foi d'un portrait, un inconnu. Celui dont elles ont tant rêvé, qui va tant les décevoir.

Choeur vibrant, leurs voix s'élèvent  pour raconter l'exil : la nuit de noces, les journées aux champs, la langue revêche, l'humiliation, les joies aussi. Puis le silence de la guerre. Et l'oubli.

 

Editions : 10/18 - ISBN : 978 2 264 060053 2 - Poche 142 pages - Prix : 6,60 euros

 

Mon avis : Indiangay

Ce livre est une véritable ode à toutes ces femmes inconnues, anonymes, à ces destins brisés par des illustions de vie meilleure.

L'auteure nous conte des faits qui se sont déroulés pendant une période de l'histoire, assez méconnue, je pense par certains d'entre-nous : l'immigration japonaise de la fin du 19ème au début du 20ème siècle aux Etats Unis. Pour donner plus de poids aux mots et à ces destins, elle ne choisit pas d'en écrire un, mais d'en évoquer l'ensemble, en employant un pronom personnel : nous, ce nous qui lui permet de s'inclure dans le vécu de son peuple.

Au travers ces destins de femme immigrées se dévoilent toutes les illusions et désillusions d'un voyage dont elles espéraient qu'il les mènerait vers une vie meilleure, retrouver des maris qui les avaient fait venir, et dont elles pensaient qu'ils avaient "réussi", qu'ils avaient une position social et qui leur promettaient tant de belles choses.

Hélas, la réalité fût toute autre. La désillusion commença dès l'arrivée à destination. Aucun n'avait la situation décrite. Ils n'étaient que de pauvres êtres piétinés, considérés malgré les années comme d'éternels étrangers. Ils attendaient tout de ces femmes qu'ils avaient "achetées". Elles, ces pauvres filles dont la plupart venaient de la campagne, étaient vierges et pour certaines encore enfant ont fait une croix sur leurs illusions, on tout supporté de leur époux et de la société pour ne pas être renvoyées au Japon, pour s'éviter ainsi qu'à leur famille la honte suprême d'être répudiées.

Dans ce fil de litanies, on sent le courage, la détermination de ces femmes à vouloir s'intégrer dans ce pays étranger, quitte pour cela à subir et accepter toutes les humiliations de leur condition, rejet, pauvreté, racisme, servilité jusqu'au mépris de leurs propres enfants, porteurs de tous les espoirs - dont celui d'être un jour propriétaire d'une terre, signe s'intégration et synonyme de petite aisance - . Ces enfants désirés ou non, souvent nombreux et négligés dans leur enfance au profit du travail envers les propriétaires terriens. Ces enfants objets de douleurs, nés et élevés dans cette Amérique ont pris le parti de couper les ponts avec une culture qui leur est devenue étrangère et de fait ont honte de leurs parents qui n'ont pu s'adapter à la "langue barbare", et n'ont pu trouver de place où être respectés dans cette société en pleine évolution.

Mais lorsque le Japon attaque Pearl Harbor, les générations se trouveront unies dans un même destin, une même incompréhension, un même désespoir. Considérés comme ennemis, potentiellement comme des espions, des familles entières seront déportées, tous âges confondus dans des camps d'internement dont on ne sait rien, et encore moins où ils se situent.

Le récit aurait pu continuer là, mais il s'est arrêté et je suis resté sur ma faim me demandant ce qu'il était advenu de ces personnes ???

 

 

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9 octobre 2013

Le petit monde de la rue Krochmalna - Isaac Bashevis Singer

cvt_Le-petit-monde-de-la-rue-Krochmalna_2010Quatrième de couverture :

"Ce soir-là, il plut et le cocher dut remonter la capote du droshky. Marx pris Tsirele dans ses bras et l'embrasse. Il la sentait trembler contre lui comme un petit oiseau. Le souffle court, elle le repoussa, le visage cramoisi. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas éprouvé un tel désir pour une femme, un désir clair et violent, comme dans sa jeunesse..."

C'est précisément pour retrouver sa jeunesse que Max Barabander, un ancien truand qui a fait fortune en Argentine, revient rue Krochmalna. Entre Tsirelé, la fille du rabbbin, Reyzl Kork, l'entremetteuse, Basha, la petite servante, Theresa la sorciere. Il hésite... Les ménagères, les étudiantes, les tailleurs, les boulangers, les voleurs, les enfants, le rabbin, tout le petit monde de la Varsovie juive d'autrefois revit ici à nouveau;

"ces hommes, ces femmes à l'existence banale, presque médiocre parfois, mais soudain illuminée du dedans par toutes les magies de l'esprit'. (Jean d'Ormesson).

 

Editions : Folio - ISBN : 978 2 07 038733 5 - Poche : 266 pages - Prix : 7,70 euros

 

Mon avis : Volodia

Isaac Bashevis Singer met un scène un homme, Max Barabander, qui n’est ni méchant, ni totalement incroyant. Né dans le quartier juif de Varsovie, il a fait fortune en Argentine par des moyens douteux. A la mort de son fils, et afin de se reconstruire son médecin lui recommande de voyager.

Ce qu’il fait, et, après avoir traversé divers pays dont l’Angleterre, la France, l’Autriche. Il revient en Pologne avec le but précis de se recueillir sur la tombe de ses parents qu’il a «oublié» depuis plus de 20 ans.

Ne parlant pas le Polonais (comme la plupart des juifs de l’époque) Il échoue dans le quartier juif de Varsovie, plus précisément là ou il été élevé et a fait ses premiers pas de « voyou » dans  la rue, miséreuse Krochmalna. Dans ce microcosme ou tout le monde se connaît, et peu enclin à la morale, Max Barabender entreprend de séduire simultanément : la fille du rabbin, la femme du chef de la pègre locale, Thérésa la «sorcière», et une jeune servante qu’il compte initier à la prostitution en Argentine.

Bien conscient de l’immoralité de ses actes et certain qu’en retour  il ne pourra échapper au châtiment divin, Max Barabander, ne peut s’empêcher de se mettre dans des situations impossibles, se précipitant, ainsi que ceux qu’il côtoie  dans l’abîme….

L’intérêt de ce livre n'en est pas tant l'histoire, qui à mon sens, n'est pas une des meilleures écrites par cet auteur, mais le fait qu’il fait revivre ce qu’on appelait le yiddisland avant la Shoah, un monde ou bien que vivant côte à côte les goys et les juifs appartenaient à deux mondes bien différents.

Un état dans l’état existait. Des Polonais détestant les juifs au motif qu’ils avaient «crucifié» le Christ. Les juifs ne parlant que le yiddish, avec leurs propres lois, leurs tzaddikkim (guides), leurs rabbins miraculeux,  et se méfiant des «gentils» prompts à organiser des pogroms.

Deux mondes s’affrontaient : le traditionnel avec des vieux craignant dieu et suivant ses préceptes à la lettre. Une jeunesse que tentait la modernité, lui faisant abandonner les traditions. Mais pour tous la pauvreté engendrant la misère avec leurs cortèges de maux, de désordre et de corruption. Tous ayant pour ennemi commun : le policier qu’il fallait soudoyer pour simplement subsister.

 

Digression :

Je ne partage pas l'avis de Monsieur d'Ormesson lorsqu'il qualifie la vie de ces habitants de "presque banale", médiocre parfois. Qui connait la vie des juifs de Pologne surtout à la fin du 19ème, début du 20ème siècle ne peut se permettre de la qualifier de banale. 

La rue Krochmalna comme la rue Nalewski étaient des rues miséreuses parmi les rues les plus pauvres du quartier juif. On y habitait et y travaillait dans les caves. Les enfants marchaient pieds nus et le pain lorsqu'il y en avait était ramolli à la fontaine. Ces deux rues furent englobées dans le ghetto et furent un point stratégique lors de son insurrection.

8 septembre 2013

A Berlin - Joseph Roth

9782251210131Quatrième de couverture :

En 1920, Roth, le correspondant allemand le plus réputé de son époque, arriva à Berlin. Ses articles influencèrent toute une génération d'écrivains, parmi lesquels Thomas Mann. Ces textes, traduits et réunis ici pour la première fois, se font l'écho des violents paroxysmes sociaux et politiques qui menaçaient sans cesse l'existence de cette fragile démocratie qu'était la République de Weimar.

Roth s'aventura à Berlin jusqu'au coeur de la cité, ce que ne fit aucun autre écrivain allemand de son temps, tenant la chronique de la vie qu'y penaient ses habitants oubliés, les infirmes de guerre, les immigrants juifs, les criminels, la faune qui hantaient les bains publics, sans compter tous les cadavres anonymes qui remplissaient les morgues, et dépeignant aussi les aspects plus fantaisistes de la capitale, les jardins publics et l'industrie naissante du spectacle.

Un des premiers à comprendre la menace nazie, Roth évoqua un paysage de banqueroute morale et de beauté débauchée, dressant au passage un remarquable portrait de la ville, à un moment critique de son histoire.

Roth saisit et résume à lui seul l'Europe de ces temps incertains qui précédèrent le grand effondrement d'un continent et l'annihilation d'une civilisation.

Editions : Les Belles Lettres - ISBN : 978 2 251 21013 1 - broché 214 pages - Prix :13,50 euros

 

Joseph rothA propos de l'auteur :

Joseph Roth est né en Galicie en 1894, sous le règne de l'empereur François-Joseph, dans une famille juive modeste de langue allemande.

Au début de la première guerre mondiale, il travaille dans le service de presse des armées impériales. Après guerre, il devient choniqueur à Vienne et à Berlin : ses articles, très demandés, traduisent un regard lucide sur son époque et un monde qui disparaît - ainsi celui du Yiddischland de la Mitteleuropa.

Parrallèlement, il entame, une brillante carière de romancier. Son oeuvre la plus connue est la "Marche de Radtzky", publié en 1932, histoire de quatre générations d'une famille sous la Monarchie austro-hongroise finissante où tranparaît la nostalgie monarchiste de l'auteur.

Exilé en France, dès l'arrivée au pouvoir des nazis - qui détruisent ses livres -, il s'installe à Paris en 1934. Malade, alcoolique et sans ressources, il y meurt le 27 mai 1939.

 

28 juin 2013

Hanna Arendt - Elisabeth Young-Bruehl

9782818501832FSQuatrième de couverture :

Biographie de référence de l'auteur qui forgea le concept de totalitarisme, ce livre retrace l'itinéraire de celle qui, obligée de fuir le nazisme en 1933, trouva finalement refuge à New york, comme de nombreux juifs allemands.

La vie de Hannah Arendt éclaire de nombreux pans de sa pensée, attachée à penser l'évènement. Si la brève liaison qu'elle eut avec Heidegger est désormais bien connue, d'autres aspects de son existence le sont moins ; son engagement sioniste sous l'égide e Kurt Blumenfels, sont mariage avec Günther Stern puis avec Heinrich Blücher, sa longue amitié avec cette grande conscience allemande que fut le philosophe Karl Jaspers et, aux Etats-Unis, avec la romancière Mary Mc Carthy ou avec le pôète W.H; Auden.

Elle commenta passionnément les évènements dont elle fut le contmporain, s'attachant  en dégager le sens : la création de l'Etat d'Israël, les mouvements pour les droits civils aux Etats-Unis,, le procès Eichmann, la guerre du Vietnam, la révolte des jeunes des années 1960.

Elle sut ainsi accueillir la nouveauté sans décrier le monde, et y trouva de quoi forger les concepts qui font de sa philosophie politique une des oeuvres les plus importantes du XXème siècle.

 

Editions : Calmann-Lévy Collections Pluriel - ISBN : 978 2 8185 0183 2 - Poche - 12 €

 

20 mai 2013

Le Montespan - Jean Teulé

9782266231657Quatrième de couverture :

Le jour où Louis XIV  jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun à Versailles, félicita le mari. C'était mal connaître Loui-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan.

Sous la plume de Jean Teulé et le crayon de Philippe Bertrand, Louis-Henri revit pour le plus grand plaisir de milliers de lecteurs, ornant son carrosse de cornes gigantesques et menant une guerre sans merci pour récupérer sa femme ! 

Editions : Pocket - ISBN : 978 2 266 23166 7 - 361 pages - Prix : 8,10 euros.

 Mon avis : Volodia

On ne s'ennuie pas avec Jean Teulé. C'est tambour battant pour ne pas dire au pas de charge et dans un langage aussi fleuri qu'imagé qu'il nous conte cette histoire de moeurs et d'amour fou, très drôle au demeurant, d'un mari cocu par la plus haute autorité de l'Etat qui n'est autre que le roi Louis XIV, dans une France  dont le pleuple est écrasé de misère et de maux de toutes sortes, alors qu'à Versailles règne le luxe, le stupre, la servitude au plus bas de ce qu'elle a d'aliénant.

La malpropreté  de l'époque fait frémir, quant aux moeurs et à la servilité des courtisans elle laisse sans voix !

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29 avril 2013

Interdit - Karine Tuil

9782253133377-TQuatrième de couverture :

"Je m'appelle Saül Weissmann, mais ne vous fiez pas à mon nom qui n'est pas juif en dépit des apparences. J'ai été, pendant soixante-dix ans, un imposteur pour les autres et pour moi-même".

Ainsi commence la confession du narrateur, un vieux survivant d'auschwitz qui apprend de la bouche d'un rabbin qu'il n'est pas juif selon la Loi de Moïse. Rejeté par les siens, Saül Weissmann se retrouve en proie à une véritable crise identitaire qui va faire surgir son double isssu de la négation de sa judéité.

S'engage alors un dialogue difficile entre ce juif et ce non juif qui cohabitent en lui : quelle identité Weissmann doit-il revendiquer ?

 

Editions : Le Livre de Poche - ISBN : 978 2 253 13337 7 - 140 pages - prix : 5,60 euros.


Mon avis : Volodia

Tout commence lorsque Saül Wissermann à l’idée saugrenue de vouloir se marier à 70 ans, avec Simone 40 ans, rencontrée 3 mois auparavant lors d’une sortie organisée par les randonneurs juifs de France. Simone, vieille fille aussi vilaine physiquement que le pêché et juive très pieuse, veut une cérémonie religieuse. En foi de quoi, le couple se rend chez le rabbin en vue d’organiser le mariage.

 Là les complications commencent. Le rabbin, blanc bec de 25 ans, sûr de lui et fier de ses cinq ans d’études pour l’obtention de son rabbinat, s’ingénie avec insistance, à leur demander l’acte de mariage religieux de leurs parents respectifs, attestant de leur judaïté. Ce que Simone, prévoyante lui remet sans problème, alors que Saül n’a aucun papiers. Ceux-ci ayant disparus ainsi que toute sa famille dans les crématoires d’Auschwitz. De fait, Il ne peut fournir ni document, ni les quatre témoins nécessaires pour justifier de sa judéité. Le mariage ne peut avoir lieu.

S’ensuit une situation kafkaïenne, ou Le rabbin s’entête, et malgré les explications de Saül sur sa circoncision, sa déportation, sa récitation par cœur du Kaddish, il lui affirme qu’il n’est pas juif ! En effet, selon la loi religieuse, c’est par la mère que se transmet la religion. Ne pouvant le prouver, il est considéré comme non juif pour la loi religieuse, alors que pour la loi civile européenne et israélienne il est considéré comme juif. Suite à cette révélation, Simone refuse de l’épouser civilement et le rejette, de même que son père du domicile duquel il se fait jeter manu militari.

Désemparé, en pleine crise identitaire, Saül Wissermann se débat avec sa double personnalité. Le juif et le non juif, qui s’épient et se querellent l’un et l’autre sans cesse….

Je ne vous en dis pas plus hormis que ce livre est un petit bijou. L’auteure manie la théorie de l’absurde et l’humour citronné avec brio. On s’amuse beaucoup à sa lecture.

 

10 avril 2013

On ne tue pas les gens - Alain Defossé

DEFOSS~1Quatrième de couverture :

"Je n'ai pas vu une seule chemise bleue, pas une voiture bleue, par un seul uniforme. Personne ne m'a interrogé, ni le lendemain, ni après, ni depuis. Pourtant j'étais au bar ce soir-là. J'ai passé la soirée au bar ce soir-là. Ce soir-là, j'ai été le dernier à quitter le bar et les protagonistes de l'affaire, vivants et morts. Je me suis tu. Cela fait dix ans que je me tais".

"Ce soir-là", Alain Defossé est le témoin d'une soirée qui se conclura par un meurtre. Tout à la fois récit intime, autoportrait impudique et enquête au suspense angoissant, on ne tue pas les gens est un livre puissantn habité par l'urgence à raconter enfin cette inquiétante nuit de juillet 1999.

Editions : Flammarion - ISBN : 9 782981 255852 - Broché 143 pages - Prix  15 euros

 

Mon avis : Indiangay

J'ai beaucoup aimé ce livre dans lequel Alain Defossé nous relate un crime survenu 10 ans auparavant - par rapport à l'époque ou il écrit ce livre - Un crime dont il n'a pas vraiement été le témoin, puisque celui-ci s'est produit alors qu'il venait de sortir du bar.

Cependant,  l'auteur, présent sur les lieux durant toute la soirée met en exergue les éléments qui ont pu y conduire. Au fil de son récit, on sent l'atmosphère s'alourdir, peser comme une menace. Alain Defossé ne sait d'ailleurs pas au juste pourquoi, 10 ans après, il nous raconte ce fait divers : ".... le désir d'écrire, de témoigner, le désir tout court..." et peut être aussi remettre les faits dans son contexte et dénoncer "l'arrangement" qui est fait de ce crime par une célèbre émission de télévision ainsi que les contres-vérités assénées par les médias ?

Bien que ce ne soit que le second livre que je lis de cet auteur, je trouve qu'Alain Defossé excelle dans l'art dans se remémorer des impressions, des émotions, des sentiments. La description qu'il fait de la petite ville de province et de ses habitants, ainsi que des protagonistes de l'histoire, ou se sont déroulés les faits, et ou il a choisi de poser ses valises en quête de "tranquillité, de silence"  est empreinte d'une vérité qu'il a su déceler et oser écrire.

J'apprécie également sa façon de présenter son récit : les circonstances ayant menées à ce drame sont écrites en italique, tandis que les souvenirs parfois intimes de l'auteur sur sa vie, son entourage, son portrait de la ville, sont imprimés "normalement". De plus, il n'hésite pas à aligner les mots, les adjectifs, à faire des redites de certaines phrases afin d'en souligner l'importance et/ou l'intensité.

Bref, il ne me reste plus qu'à continuer à aller à la découverte des oeuvres de cet auteur.

 

7 avril 2013

L'homme en habit - Alain Defossé

l'homme en habitQuatrième de couverture :

"Soixante ans plus tard, cette rencontre est tout ce que Maurice est venu nous dire de sa vie et de sa mort, avec des doigts invisibles, la seule chose prononçable. Celle qui l'a maintenu en veille, en attente d'une oreille. Les ondes concentriques s'étendent à l'infini du loyau de cette rencontre, c'est le choc glacé d'un coup de foudre dans l'eau étale du temps".

Editions : Du Rocher - ISBN : 978 2 268 06285 3 - 93 pages - Prix : 5 euros

 

Mon avis : Indiangay

Le livre met en scène, deux jeunes gens, le narrateur et Michel, qu’unit une profonde amitié et qui ont pour jeux, les morts, les esprits.

Au cours d’une séance de spiritisme, leur apparait, un esprit qu’ils baptiseront Maurice. Maurice Vivier,  dandy des années 20, âgé d’une quarantaine d’années, marié et jouisseur de tous les plaisirs de la vie.  Au fur et à mesure de ses visite, il racontera son histoire dont son amour en pleine guerre d‘occupation, pour un jeune allemand prénommé Werner (blond comme il se doit) qui le conduira à sa perte.

Parallèlement à l’histoire de Maurice, nous découvrons celle du narrateur et de son ami Michel. Ces histoires en flash back mêlant passé et présent semblent intéragirent entre elles.

L’histoire de Maurice et de Werner se termine lorsque lorsque ce dernier meurt de drogue après la mise à sac de l’appartement de Maurice. Celle du narrateur et de Michel, lorsque ce dernier «déclare ne plus avoir le temps» pour lui et décède de maladie en Afrique*.

*(Petite rectification faite après contact de l'auteur : Michel décède en France, après avoir contracté une maladie en Afrique)

L’atmosphère de ce livre est mélancolique et empreinte de poésie. A noter toutefois, quelques lignes crues, qui à mon sens choquent dans la douceur de ce livre, et qui auraient peut être pu être exprimées d’une autre façon si l’on tenait à souligner la force de l‘intention, la force du texte. J'ai  par ailleurs, beaucoup aimé le style d'écriture, la tournure des phrases, même si au départ cela m'a surpris.

20 février 2013

Le goût de l'humour juif - Textes choisis et présentés par Franck Médioni

humour juifQuatrième de couverture :

"Il n' a pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain" écrit Henri Bergson.

Les histoires juives qui forment ce recueil révèlent l'être juif dans sa complexité et sa singularité. Dans leur désenchantement joyeux, leur autodérision enjouée, leur désillusion sans ressentiment, leur lucidité sans haine, elles sont profondément humaines,irrésistibles et pétillantes d'intelligence.

 

Editions : Mercure de France - ISBN : 9 782715 231948 - Poche 146 pages - Prix 6,90 €

 

Mon avis : Volodia

Ce recueil présente des textes de plusieurs personnalités du monde juif, qu'ils soient cinéastes, artistes comiques professionnels, écrivains, tels  : Woody Allen, les frères Marx, Kafka, Wolinsky.

Ces historiettes sont réparties en catégories :

- La famille, les mères, l'amour (quoi de plus envahissant qu'une famille juive et surtout une mère juive).-

- Dieu, la religion, la mort spécialement dans le milieu hassidique et les shetlets.

- L'argent, les affaires hum oui, c'est bien connu, les juifs ne parlent que de cela...

- Les goys, les antisémites, ennemis héréditaires ressurgissent à chaque crise économique et/ou politique.

Particulièrement réaliste, jouissif ce livre devrait plaire autant aux juifs qu'aux goys. Ce qui est un exploit sans précédant, plaire aux deux communautés en les confortant dans leurs opinions et leurs préjugés.. Le rêve.

10 février 2013

Le miniaturiste - Kunal Basu

Le miniaturisteQuatrième de couverture :

Bihzâd peignait en secret l'objet de son amour ; dans son antre du kitab-khana, là où des centaines d'artistes illustraient minutieusement la vie et la gloire de l'empereur Akbar, lui se consacrait à sa passion interdite. Yeux en amande, teint d'ivoire, lèvres contre lèvres sous un ciel bleu lapis bruissant d'oiseaux.

En cette fin du XVIème siècle, le très puissant Akbar règne sur l'empire d'Indoustan et Bihzâd est destiné à succéder à son père à la tête de l'atelier des artistes impériaux. La rébellion de Bihzad l'entraînera bien loin des palais ciselés de grès rose, par-delà les déserts embrasés d'Asie Centrale, aux confins de l'empire d'Akbar.

Dans un récit qui épouse toute la magie des contes orientaux, tout en abondant en détails d'une précision historique sans faille, Le miniaturiste ressuscite les couleurs éblouissantes et les ombres de la cour des empereurs moghols, à travers le regard d'un artiste qui a vu ce que personne ne devrait voir. L'invisible au sein du visible, un monde réel et imparfait caché au sein de la délicate et trompeuse harmonie des miniatures persanes.

Editions : Picquier poche - ISBN : 978 2 8097 0372 6 - pages : 391 - Prix :8,60 €

 

Mon avis : Indiangay

J'ai aimé ce livre bien qu'il relate ce qu'on retrouve souvent dans les livres indiens, les fastes de l'Inde sous la domination musulmane. Mais je ne suis pas sûr d'être impartial.

Cette histoire se passe à la fin du XVIème siècle, à l'apogée de la domination Moghole, dernier empire islamique en Hindoustan. Bihzad persan, élévé sans contrainte scolaire par son père, est destiné à prendre sa suite dans le kitab-Khana, ateliers de dessins et de miniaturistes impériaux.

Ne sachant ni lire, ni écrire, Bihzad a consacré toute son intelligence, sa dextérité à son art. Entré dans les ateliers impériaux, entourés de philosophes, de savants, de musiciens et choisi par l'empereur pour illustrer sa biographie, Bizhad ne peut se résoudre comme le veut la règle à ne peindre qu'un monde idéal sans commune mesure avec la réalité. Bizhad ne peut reproduire la réalité sans ses "ombres" qui peu à peu finiront par l'engloutir.

Un jour, au cours d'une chasse impériale alors qu'il était perché sur un arbre, il aperçoit l'empereur Akbar et en tombe amoureux. Il passe alors ses nuits à peindre l'objet le représentant en situation d'amant.

Objet de Jalousie de l'Afghan Adili surnommé le Perroquet, alors qu'ils sont rivaux pour la succession au kitab-khan, il verra ses dessins secrets, qu'ils croyaient perdus (en réalité volés), et son amour coupable pour l'empereur révéler.

Condamné à l'exil il fuit aux confins de l'empire, dans le désert où se croisent marchands et guerriers de pays frontaliers. Réfugié dans un caravansérail, il entre à la cour de Hadji Uzbek dont il épouse la fille. Il y découvre l'horreur et la cruauté, renonce à son art, tombe dans le désespoir et la misère pour renaître à la vue, à la vie et à la création.

Le miniaturiste nous explique l'organisation et le fonctionnement des ateliers d'artistes au service de l'Empereur, les rivalités intestines, les distractions et la vie des courtisans, les arts et la guerre, les oppositions religieuses entre indhus, muslims, soufis, chrétiens. C'est également une réflexion sur la création artistique.

 

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