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Adyghee Le salon littéraire de l'ivresse des mots

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Adyghee Le salon littéraire de l'ivresse des mots

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10 septembre 2014

Mémoires d'une femme de ménage - Isaure avec Bertrand Ferrier

MémoiresQuatrième de couverture :

Armée d’un bac + 5, Isaure choisit un métier déconcertant : femme de ménage. Elle range, nettoie, arrange ; écoute les confidences des uns, encaisse les avanies des autres. Et en profite pour régler ses comptes avec le système, tout en lucidité et cruauté.

Avec sa verve corrosive et son insolence décapante, cette non conformiste dégraisse de fond en comble de mode de vie de ses employeurs.

 

Editions : Points (Grasset) - ISBN : 9 782757 829929 - Poche : 184 pages - Prix : 6,30 €

 

Mon avis : Volodia

Oui bon, un énième livre qui se veut satirique et drôle sur un autre emploi du tertiaire, nous avions eu  Anna Sam avec les Tribulations d’une Caissière, Absolument débordée de Zoé Shepard qui enchaîne avec « Ta carrière est finie ».

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Isaure manque cruellement de modestie. Oui, on a compris qu’elle a un bac + 5, et préfère faire du ménage ne supportant pas de travailler avec d’autres personnes et se voulant maître de son emploi du temps pour avoir un Long Week End, et pouvoir se lever tard  tous les jours de la semaine : 11 h étant le plus tôt qu’elle puisse faire.

A part cela, il ressort que l’intéressée ne soit pas d’un milieu favorisé, et qu’elle ait enchaînée les études pour retarder au maximum son entrée dans la vie active. Ce qu’elle va bien pourtant devoir exécuter bon gré malgré, poussée par sa mère qui l’oblige à se bouger pour rechercher un emploi, collant pour elle des affichettes au supermarché.

Madame Mère ayant appris à sa fille à faire le ménage, Isaure y excelle décelant chez ses futurs employeurs les causes de leur laisser aller domestique. Une fois embauchée, elle les regarde vivre. Elle accepte sans broncher leurs exigences, leurs réflexions parfois acerbes, sans toutefois en penser moins, jusqu‘au moment ou lassés (ée) les uns de l‘autre et vice versa, elle finit par aller voir ailleurs, révisant à la baisse ses prétentions en fonction des aléas de sa situation pécuniaire.

Isaure a de la chance, elle a presque toujours eu des employeurs qui ne rechignaient pas à la payer au tarif demandé, souvent supérieur à celui de la profession, et là quand je dis chance ce n’est pas anodin.  En effet, il est très rare que des particuliers se montrent sinon généreux du moins conscient que l’argent versé est durement gagné et  que lorsqu’on n’a pas les moyens  d’avoir une femme de ménage et bien on fait comme beaucoup, on s’en passe !

Le livre n’est pas très intéressant en lui-même, lI m’a fait sourire, mais sans plus. L’humour citronné et les expressions et/ou termes employés nous confirme, si nous en avions douté, le bagage intellectuelle de la demoiselle. Certaines descriptions m‘ont amusé. Mais ce qui m’a déplu, c’est son ton condescendant vis-à-vis de ses employeurs et des quelques collègues de la profession qu’il lui est arrivé de croiser. Bref, un livre ni agréable ni désagréable, mais qui  n’apporte rien et  qui ne laissera pas un souvenir impérissable !

Digressions :

Hum je me demande pourquoi Isaure si elle existe vraiment, qui a un bac + 5, et n'arrête pas de le répéter au fil des pages, a eu besoin de Bertrand Ferrier qui lui est éditeur et écrivain, pour réaliser ce livre ? Son bagage intellectuelle devrait lui permettre de d'écrire elle-même. Mais existe-t-elle réellement ou est-ce un personnage ? 

Quant à Bertrand Ferrier, Editeur et Ecrivain, je le verrais parfaitement créer ce personnage en vue d'une mystification, à moins qu'il n'ait servi que d'Editeur ?

Isaure à un blog mais en le lisant j'ai eu un doute sur son existence réelle, je vous mets le lien à vous de juger : http://leblogdelabonne.canalblog.com/

 

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3 septembre 2014

Quand les lumières s'éteignent - Erika Mann

9782253169314-TQuatrième de couverture :

Dans ce document d'époque, unique en son genre, Erika Mann observe le destin des habitants d'une petite ville allemande, de l'arrivée au pouvoir de Hitler  la toute puissance du régime nazi.

En dix nouvelles entrelacées, toutes basées sur les faits réels, se dresse le tableau d'un société confrontée à la terreur, à la dénonciation et à l'antisémitisme.

Editions : Le Livre de Poche - ISBN : 9 78 2253 169314 - Poche : 357 pages - Prix : 6,60 €

 Mon avis : Volodia

Au travers de ce livre Erika Mann nous montre comment s'installe un régime totalitaire. Comment se distille et se répand le poison auprès des masses.

Il semble que toutes les couches de la Société aient été touchées, en premier : tout ce et ceux qui porte (nt) atteinte au nouveau régime, puis viennent les commerçant, les artisans, jugés improductifs et que l'on reconvertira de force en ouvriers d'usine ou agricole. Les paysans qui devront donner  quasiment toutes leurs productions au nouveau Ministère créé (encore un nouveau) celui de l'Alimentation, avant de voir leur ferme saisie pour être transformée en terrain de manoeuvre et/ou camps de concentration et qui n'auront d'autres ressources pour ne pas mourir de faim que de s'expatrier en ville. Les citadins mis dans l'obligation, par l'Agence Locale pour l'Emploi (et oui déjà...) d'accepter des postes extrémement mal rémunérés, dans des familles pauvres, mais faisant "honneur" au Parti avec leur moyenne de 4 enfants à charge. Et enfin, les membres du Parti eux-mêmes, ceux de la première heure, opposants plus ou moins passifs mais lucides qu'on destituera voire, emprisonnera sous des prétextes futiles et/ou fallacieux.

Et enfin pour tous ceux qui voudront et/ou devront s'expatrier, que ce soit volontairement ou contraints et forcés, ils  se devront non seulement de laisser tous leurs biens à la Nation Allemande, mais également payer d'énormes taxes (en fait des rançons extorquées sous forme de divers chantages) avant de pouvoir obtenir les "fameux tampons" permettant de quitter le pays.

Erika Mann nous livre ceci par l'intermédiaire de lettres émises par des Allemands qui ont eu à faire aux différents organismes mis en place par l'Ordre Nouveau. Elles mettent en lumière les différentes obligations que la population a dû affronter pour "rentrer dans le moule" désiré par le Mouvement Nazi :  Une course effrenée, avec obligation d'effectuer des exercices d'entraînement de défense civile pour tous, la nuit, le jour, le dimanche et ce malgré l'âge, la maladie avec pour seul objectif : la guerre, l'agrandissement de l'espace vital de la nation allemande, la revanche à prendre sur les britanniques et les français qui ont imposé d'énormes indemnités en réparation aux dommages de la guerre de 1914-1918 et ont précipité l'Allemagne dans une crise économique dont on doit sortir impérativement.

Ce livre met en lumière  le mécanisme d'adhésion à plus ou moins long terme d'une population exsangue par la crise économique qui perdure depuis 1922.  Le fait d'adhérer au Parti, permet d'avoir un travail, un logement, une baisse du prix de la lumière et du chauffage, un prêt si l'on veut se marier, etc... Grâce à l'Ordre Nouveau le chômage a été réduit, passant en quatre ans de 6 millions à 1 million, diverses aides sociales ont vu le jour, repas chaud subventionnés, etc... Comment le peuple n'aurait-il pas pu accepter ? Alors bien sûr, beaucoup ont profité de l'Ordre Nouveau, par lâcheté, par peur et par opportunisme.

Je n'ai pu m'empêcher de repenser au livre " 14 rue Adolph Hitler Strass" qui lui bien que ce soit un roman qui raconte la vie et le destin des habitants d'une rue de la Ruhr montrait fort bien ces mécanismes de dépersonnalisation. Evidemment le Livre d'Erika Mann est plus intéressant dans la mesure ou il relate les faits réels, qu'elle a pu constater dans une certaine mesure bien que déjà réfugiée en Suisse.

3 août 2014

Monsieur Proust - Céleste Albaret

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Quatrième de couverture :

Céleste Albaret fut la gouvernante et la seule confidente de Marcel Proust pendant les huit dernières années de son existence, durant lesquelles il acheva l’écriture de son chef-d’œuvre – elle est d’ailleurs une des clefs du personnage de Françoise dans « La Recherche ».

Jour après jour, elle assista dans sa vie, son travail et son long martyre, ce grand malade génial qui se tua volontairement à la tâche. Après la mort de Proust en 1922, elle a longtemps refusé de livrer ses souvenirs. Puis, à quatre-vingt-deux ans, elle a décidé de rendre ce dernier devoir à celui qui lui disait « ce sont vos belles petites mains qui me fermeront les yeux »…

 

Editions : Robert Laffont – ISBN : 9 782221 141441 – Poche : 450 page – Prix : 10,90 €.

 

Mon avis : Volodia 

Céleste Albaret qui fut la femme de confiance et confidente de Marcel Proust décide par l’intermédiaire de ce livre de remettre les pendules à l’heure. Car pour en dire des choses sur Mr Marcel, on en a dit et souvent inventées. 

Témoin privilégié et discret de l’intimité de son maître, elle l’aimait sans arrière pensée, d’un amour inconditionnel.  Tyrannique, despotique, il lui arrivait d’appeler à toute heure du jour et/ou de la nuit pour qu’elle aille lui porter un pli, lui acheter tel ou tel produit chez tel fournisseur et  pas un autre, à l’heure ou bien évidemment les magasins sont fermés. Reste qu'il était d'une grande gentillesse et d'une grande bonté.

Ne supportant ni le bruit, ni la lumière, il vit (elle aussi par la même occasion) reclus dans un appartement dont les rideaux sont constamment fermés, et particulièrement dans sa chambre tapissée de liège pour insonoriser les bruits provenant du dehors, embrumée par les fumigations.  

Asthmatique véritable et non malade imaginaire comme certains ont aimé à le penser. Ne supportant pas les fleurs, le parfum, les plumes d’oreillers, et tout ce qui pouvait être nocif pour ses bronches, il vivait dans la terreur quotidienne du moindre microbe.  

On l’a dit snob, mais à la lecture de ces souvenirs on constate que s’il allait dans « le monde » c’était non seulement pour s’imprégner d’une époque qui disparaissait, mais également pour mieux observer les personnages qui l’entourait afin d’en décrire avec un sens aigu les traits de caractères, voire s’en gausser un peu. Quant à sa sensibilité exacerbée  n'est-elle pas le propre des grands écrivains ?

Alors bien sûr à la lecture de ce livre, on ne trouvera rien qui puisse porter ombrage au Dieu Marcel dont Céleste Albaret a dressé un autel à sa dévotion. Reste que ce livre, même s’il est partial, reste un témoignage de grande valeur, à mon sens, puisque qu'il est fait des souvenirs d’une personne qui a partagé l’intimité la plus grande avec l’écrivain, et qui l’a aimé d’un amour dévoué et totalement désintéressé. 

29 juillet 2014

Nestor rend les armes - Clara Dupont-Monod

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Quatrième de couverture :

Nestor est argentin. Arrivé en France pendant la dictature, il y a retrouvé Mélina, une compatriote qu’il a épousée. La vie était douce avec elle, jusqu’au  drame qui les a séparés.

Depuis, solitaire, épuisé par la vie, en colère, Nestor s’est laissé enfermer dans la rassurante forteresse de sa propre chair et est devenu obèse. 

Alice, médecin dans l’hôpital où Nestor se rend tous les jours, parviendra peut-être, à force de patience et de tendresse, à conjuguer sa solitude à celle de ce patient peut ordinaire. 

L’écrivain se garde de conclure : trois issues s’offrent au lecteur, comme s’il était impossible qu’une histoire aussi improbable et bouleversante finisse mal. 

Editions : Le livre de poche - ISBN :  978 2 253 16656 6 - Poche 123 pages - Prix : 5,60 euros

 

Mon avis : Volodia

Dans ce livre  Clara Dupont-Monod dresse le portrait de Nestor, un homme en marge de la Société. Un homme d'excès, un homme qui n'a pas peur des outrances, prêt à vivre avec un corps et une mémoire démesurés. Il mange trop, crie en dormant, ne passe pas les portes, rencontre les plus grandes difficultés à marcher et ne fait aucun effort pour se lier.

Nestor est un obèse loin d'être sympathique. Il s'est laissé aller, suite à un drame que l'auteure va nous dévoiler au fil des pages. Sa sortie journalière se résume aux aller-retour qu'il fait pour se rendre de chez lui à l'hôpital et vice versa, au chevet de femme dans le coma depuis plusieurs années suite à un accident. Auparavant, très proche de son épouse, il s'en est éloigné inexorablement depuis le drame qui les a frappé. Au point de la haîr et d'être indifférent à sa possible mort. La jeune femme médecin qui soigne son épouse, intriguée, tente de saisir le mystère  de ce gros père.

L'auteure nous fait nous interroger sur les motifs qui poussent des personnes à se laisser aller ainsi, à trouver une compensation dans la nourriture. Elle nous fait prendre conscience de la réalité du gros, de tous ses maux qui l'handicap, qu'ils soient physiques ou moraux, sur le regard peu amène que nous portons sur ces personnes hors norme, sur le jugement que parfois, sans pitié nous osons poser, sur ceux que nous trouvons monstrueux et qui souvent  nous inspirent une certaine répugnance pour ne pas parler de dégoût. 

 

22 juin 2014

14 Adolf-Hitler-Strasse - Max Pierre Schaeffer

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Quatrième de couverture :

Lorsque Hitler prend le pouvoir le 30 juin 1933, la Wesler-Strasse est une rue secondaire paisible d’une grand ville de la Ruhr. Elle est aussitôt rebaptisée Adolf-Hitler Strasse.

Lorsque le 8 mai 1945, le IIIème Reich capitule sans conditions, la petite rue n’est plus que cendres. Aucune maison ne reste debout.

La destinée de ses habitants s’accomplit au cours de ces douze années terribles. Ce sont des ouvriers, des employés, des fonctionnaires, des commerçants, des artisans et des ménagères. Il y a parmi eux des socialistes, des communistes, des juifs, des nazis, des catholiques et un pasteur qui s’occupe de la jeunesse. Partisans ou victimes de Hitler, attentistes ou héros, leur histoire se confond avec celle de la maison qui se trouve au 14, Adolf-Hitler Strasse.

Une grand fresque romanesque de la vie quotidienne sous le IIIème Reich qui nous en apprend plus sur cette époque que bien des ouvrages historiques.

 

Editions : Albin Miche - Broché - Prix : 13,80 euros

 

Mon avis : Volodia

L’intérêt de ce roman historique réside dans l’étude des mécanismes ayant mené des personnes qui Allemandes à part entière vivant en bonne entente, se sont retrouvées, pour les unes bourreaux et les autres boucs émissaires d’un système politique induit par un fou furieux.

Nous assistons, sur une période de 10 ans à la monté du totalitarisme, de la peur, de l’opportunisme, de l’exclusion, de la lâcheté de tout un peuple envers ses propres ressortissants, mais également à l’indifférence voire à l’incrédulité des autres pays face à ce qui se passait sous leurs yeux.

Toutes les personnes ne rentrant pas dans le moule du National Socialisme sont soient rééduquées dans les premiers camps concentrationnaires qui se sont ouverts, soient tout simplement broyées au nom de la race, de la grande Allemagne.

J’ai aimé ce livre, qui nous décrit au fil des mois la vie de plusieurs personnes, et notamment de la famille Katz ainsi que les conséquences économique et sociales et pour finir le destin tragique des habitants de cette rue qui pour finir seront tous réunis dans le malheur et la destruction de leur pays.

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7 mai 2014

Gloire des Princes - Louanges des Dieux - Cité de la Musique

Gloire des princes

Quatrième de couverture :

A partir du XIIIème siècle, l'Inde du Nord fut le théâtre  d'une histoire mouvementée faite de conquêtes successives, dont elle sut s'enrichir en préservant ses valeurs originelles. La musique jouée à la cour du Sultanat de Delhi était alors essentiellement arabo-persane, importée par des musiciens étrangers. 

Avec l'expansion de légémonie musulmane sur une partie de la péninsule, la culture dominante s'adapta aux diverses identités régionales, et progressivement émergea aux cours des siècles suivants une expression musicale issue de la rencontre des mondes indiens et persan.

Durant la période Moghole, les arts en général et la musique en particulier connurent un épanouissement et un raffinement exceptionnels. Ce livre "Gloire des Princes et Louange des Dieux" est  consacré au riche patrimoine musical de l'Hindoustan depuis le XIVème siècle jusqu'au début du XXème siècle. Les instruments de musique, manuscrits,  peintures et dessins qui le composent révèlent le dynamisme et la créativité sans cesse renouvelés d'une remarquable tradition artistique.

Beaucoup de ces instruments n'ont encore jamais été exposés et leur association ici, avec quelques uns des chefs-d'oeuvre de la peinture indienne constitue un évènement, dont témoigne cet ouvrage.

 

Diffusé par : Le Seuil pour le compte des Musées Nationaux - Cité de la Musique - ISBN : 9 782711 846689 - Broché : 239 pages - Prix : 22 euros.

 

Mon avis : Indiangay

Ce livre est une petit merveille, il permet de connaître et de visualiser des instruments anciens dont nous faisons encore usage de nos jours, accompagnés de textes explicatifs agrémentés pour certains de photos, de peintures et de miniatures où lesdits instruments sont utilisés.

Le livre en lui-même est de facture soignée, tout en papier glacier, agrémenté de nombreuses planches en couleur. Chaque période de l'histoire faisant l'objet d'une explication et d'un "intercalaire" spécifique permettant une lecture fluide et fort agréable.

 

4 avril 2014

Fleur de Tonnerre - Jean Teulé

Fleur de tonnerreQuatrième de Couverture :

Ce fut une enfant adorable, une jeune fille charmante, une femme compatissante et dévouée. Elle a traversé la Bretagne de part en part, tuant avec détermination tous ceux qui croisèrent son chemin : les hommes, les femmes, les vieillards, les enfants et mêmes les nourrissons.

Elle s'appelait Hélène Jégado, et le bourreau qui lui trancha la tête le 26 février 1852 sur la place du Champs-de-Mars de Rennes ne sut jamais qu'il venait d'exécuter la plus terrifiante meurtrière de tous les temps.

Sous la plume acérée de Jean Teulé, Hélène reprend vie et accomplit son destin, funeste et fascinant.

 

Editions : Pocket - ISBN : 9 782266 244466 - Poche : 260 pages - Prix : 6,20 €

 

Mon avis : Volodia

Comme à son habitude, c'est avec une verve inimitable et un humour grinçant que Jean Teulé nous conte le parcours meurtrier  d' Hélène Jégado, dans la première moitié du 19ème siècle sous l'Empire de Napoléon.

Cette jeune nobliaude sans fortune, parlant très peu le français, placée comme servante, n'aura de cesse de parcourir la Bretagne, empoisonnant, sans que l'on sache réellement pourquoi,  les membres des familles chez qui elle exerce comme cuisinière, y compris les 2 hommes qu'elle aura et qui l'auront aimé, reprenant la route son oeuvre achevée.

Nourrie de légendes et de croyances celtiques depuis sa plus tendre enfance, elle s'identifie à l'Ankou, le voleur d'âme, qui vient avec sa grande faux et sa charrette grinçante prendre possession de la vie de ceux et celles qui croisent son chemin. Pendant les 40 ans que durera son périple elle se rendra coupable d'une soixantaine d'assassinats avant que la justice ne l'arrête. Jean Teulé à l'art de "rentrer" dans ses personnages et nous offre un procès haut en couleur.

Un petit reproche toutefois, après quelques premières pages, il n'y a plus de surprise, la suite est convenue, nous savons que, dès son arrivée dans une maison, les décès surviendront, par le biais d'une soupe aux herbes, de ragoûts et de petits gâteaux, car c'est une excellente cuisinière que notre Fleur de Tonnerre. Donc, même si j'ai apprécié ce livre, surtout en raison du ton qui y était donné, jaurais aimé être tenu en haleine tout au long du récit.

26 janvier 2014

Chroniques d'un enfant du hammam - Karim Nasseri

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Quatrième de couverture :

Chassé du hammam des femmes, je ne me suis pas rué au hammam des hommmes. Dans chaque rgard, je ne pouvais m'empêcher de déceler une menace. De penser à mon père. Ou au fquih. Je ne voulais pas qu'ils anéantissent ce qui restait de mon enfance.

Je n'arriverai jamais à me libérer de cette violence. Elle hante mes jours et mes nuits. C'est comme ça. Il faut vivre avec, jusqu'au dernier souffle.

 

Editions : Denoël - ISBN : 9 782207 246849 - Broché : 108 pages - Prix : 12,05 €

 

Mon avis : Indiangay

L'auteur nous raconte la vie d'un enfant d'un petit village du Maroc dans les années 1970 dont l'enfance est marquée par la violence de son père, marchands de chevaux et d'ânes, la méchanceté gratuite d'un oncle, la perversité du faqhir de l'école Coranique, le despostisme et la toute puissance d'un malfrat local.

Dans ce village sans eau ni électricité, ou la pauvreté et la corruption règnent en maîtres, les habitants survivent essentiellement grâce aux trafics de 'kif", de savonnettes françaises, de couvertures espagnoles, d'alcool, de montres japonaises, sans oublier les produits alimentaires.

Les marchandises passaient le plus souvent les frontières à dos d'ânes, si bien que chaque maison y compris la sienne était pourvue d'un immense étable, que Idriss (le nom de notre héros) était obligé de récurer, malgré les morsures et les saletés envoyées par ces animaux,  sous les humiliations et les coups de son père, surnommé le Dictateur. Il ne trouve de réconfort qu'auprès de sa mère et sa grand-mère, femmes soumises comme toutes au village, et de Staline appelé ainsi parcequ'il était communiste et homme "lettré".

Lorsque sa tante Rachida l'emmène au hammam des femmes bien qu'il ait déjà 13 ans, il ne peut s'empêcher de contempler à travers l'atmosphère humide, sale, chaude et brumeuse, ses corps dénudés, les petites grenades et les gorges de loup. Il ressent ses premiers émois pour une toute jeune fille de 12 ans et pour un geste déplacé, se retrouve chassé de cet endroit de liberté, ou s'échangent les confidences les plus intimes.

L'histoire prend fin lorsque le père qui avait abandonné la mère et suivi une autre femme en Algérie se retrouve expulsé de ce pays avec 30 000 autres marocains par le Président Boumédienne, en riposte à la Marche Verte lancée par Hassan II.

Plus de contrebande, plus d'argent. Même la pluie se mit à faire défaut. "....Le village se couvrit de poussière et les mendiants proliférèrent...."

Ce livre est plein de sensibilité. Celle de l'enfant  et de la femme bafoués et humiliés. La description sensuelle des journées au hammam. La déchéance d'un père violent et du malfrat local tout puissant.

 

23 novembre 2013

Les larmes de Machiavel - Raphaël cardetti

 

 

Les larmes de MachiavelQuatrième de couverture :

En ce début d'année 1498, les brumes hivernales pèsent plus que de raison sur le gigantesque dôme de la cathédrale Santa Maria del Fiore, plongeant Florence dans l'humidité glaciale. Mais, pour l'heure, les habitants ont d'autres préoccupations : depuis la chute des Médicis, la vindicte populaire gronde, avivée par les sermons du charismatique moine Savonarole, et la découverte de cadavres atrocement mutilés échauffe davantage encore les esprits.

Témoin d'un des meurtres, Niccolô Machiavel, jeune secrétaire de la chancellerie, met à profit sa connaissance des rouages politiques pour mener son enquête et se trouver bientôt plonté au coeur du plus grand scandale de l'époque. Sous nos yeux se dessine alors une comédie macabre qui pourrait bien réduire en cendres la fragile paix d'une ville où les hommes sont tour à tout pions, fous ou cavaliers.

 

Editions : Belfond - ISBN : 978 2 714 43967 3 - Broché (existe en poche)  297 pages - Prix 21 €

 

Mon avis : Volodia

J'ai aimé ce livre, même si j'en ai été un peu déçu par ailleurs. En effet, je m'attendais à une page d'histoire, bien que ce livre soit positionné dans la catégorie roman, relatant un épisode historique dans l'Italie de la Renaissance, que ce soit par rapport aux arts ou à la politique. Or, il s'agit en réalité d'une intrigue policière, très bonne du reste, dont l'auteur joue de façon ambiguë avec le nom de Machiavel.

Le climat de l'époque est assez bien rendu. Les Français aux portes de l'Italie, Pise révoltée contre la mainmise de Florence avec les autres villes prêtent à se soulever également contre l'allégeance due à la toute puissance Florence. Elle-même épuisée par 10 ans de guerre, et devant se garder des agitateurs publics comme le Cardinal de Saint Malo, représentant du Pape venu proposer au Gonfalonier Soderini une alliance avec la France contre monnaie sonnante et trébuchante, un moine dominicain en rupture de ban avec Rome à qui il reproche la corruption et une dégradation des moeurs et entraînant par la flamme de ses sermons toute une foule de petites gens et en particulier une jeunesse toujours prompte à balayer l'ancien régime pour en adopter un nouveau plus conforme à ses aspirations.

Les premières pages de ce récit commencent par un enlèvement et une description de scènes de torture difficilement soutenable. Bien que sachant l'époque cruelle, je ne vois pas vraiment l'utilité de détailler les sévices subis par les suppliciés et c'est ainsi tout le long du livre. A croire que l'auteur s'en délecte, ce qui met à mon sens un peu en retrait l'intrigue du livre. Ceci dit, j'ai été également un peu frustré de ne pas avoir plus de détails sur les fastes de cette époque, l'action décrite se passant principalement dans un grenier contenant des archives, un atelier crasseux, des tavernes et des maisons closes, des caves et des souterrains sordides.

Ceci mis à part, l'histoire est passionnante et vous tient en haleine du début à la fin et si vers la fin du livre j'ai cru entrevoir la machination et reconnaître le ou les coupables, reste que le dénouement m'a laissé pantois.

De fait, j'ai passé un très bon moment avec ce livre à partir de l'instant ou j'ai cessé de le voir comme un livre historique et que je l'ai lu comme un polar.

J'ai mis ce livre dans ce log littérature lgbt, au motif que le personnage de Soderini avait une préférence pour la "plastique" masculine et "... que rien ne lui plaisait temps que de tenir dans les bras, le corps délicat d'un  damoiseau tout juste sorti de l'adolescence ou celui, plus solidement charpenté d'un homme déjà mûr". Mais la description des préférences et des moeurs du Gonfalonier Soderini s'arrête là. De fait, je vais également parler de ce livre en littérature générale.

 

Raphaël Cardetti

A propos de l'auteur :

Raphaël Cardetti est né en 1973. Spécialiste de la Renaissance florentine, il vit à Paris et enseigne la littérature italienne à l'université.

"Les Larmes de Machiavel" est son premier roman.

 

7 novembre 2013

Gustav Klimt - Vers un renouvellement de la modernité

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Bien que très apprécié du grand public, Gustav Klimt reste un peintre mystérieux, fascinant, sans doute parce qu'il incarne mieux que personne l'esprit fin de siècle qui fit la grandeur de Vienne.

Portraits de femmes symboliques, allégories luxuriantes, recherche grahique et sophistication de la ligne, des couleurs, son oeuvre foisonne. Si l'érotisme et la séduction l'ont souvent mené du côté du scandale, il reste l'emblème d'un raffinement suprême et s'impose comme l'un des grands pionniers de l'art moderne.

A travers de nombreux croquis, dessins et tableaux, cette étude donne à voir la genèse des chefs-d'oeuvres de Klimt, ses influences et ses magnifiques audaces.

 

Editions : Lamartinière - ISBN : 9 782732  427829 - Broché : 238 pages, notes comprises - Prix 44,97 euros.

 

Mon avis : Volodia

Comme tous les livres édités par la Martinière,  celui-ci est d'une très bonne facture, la présentation en est soignée, les pages sont cousues et non collées ce qui permet de nombreuses consultations sans risquer de se retrouver avec des pages "volantes".

De nombreuses photos noir et blanc (artiste dans son atelier, modèles, architecture) et illustrations couleurs (tableaux) émaillent le texte, page après page ce qui est très plaisant et peut éviter une certaine lassitude pour des sujets sur lesquels nous serions moins réceptifs.

Une biographie de l'auteur, nous permet de connaître le milieu familial et intellectuel dans lequel il a évolué, ainsi que les influences subies par divers mouvements artistiques, et la représentation de l'art en Autriche et surtout à Vienne, à une époque en pleine mutation car partout dans les pays européens, l'évolution est en marche, que ce soit dans la politique, l'industrialisation, l'architecture, etc...

Ce livre ne se contente pas de nous présenter les oeuvres de Klimt, et de nous les expliquer plus finement que ce que nos yeux pourraient y voir, mais également pourquoi elles ont été réalisées et dans quel contexte. De quelle façon elles ont été perçues par les critiques et le public.

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