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Adyghee Le salon littéraire de l'ivresse des mots
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Adyghee Le salon littéraire de l'ivresse des mots

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28 novembre 2011

Le ruban - Jean Feixas

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Le siècle extravagant de la prostitution de rue.

De 1850 à 1950, la prostitution de la rue (le ruban en argot, c'est le trottoir) connut un période étrangement sublimée. Les filles qui, jusque-là, s'étaient faites discrètes et les proxénètes, toujours furtifs,  revendiquèrent à grands cris leur état, en narguant effrontément la police.

Ils revêtirent un véritable uniforme du métier, avec des codes stricts. Ils se tatouèrent fièrement, portant en bandoulière profession de foi et casier judiciaire. Ils fréquentèrent les aquariums, des cafés et bals spécifiques, de hauts lieux où se risquaient le bourgeois admiratif et son épouse frissonnante. On leur accorda des vertus essentielles, de courage, de sens de l'honneur et même de fidélité !

Un courant qui inspira les artistes, et parmi les plus grands (peintres, poêtes et écrivains), emportant tout sens critique, charriant autant d'ordures que de pépites. Un surprenant témoignage social.

Editions :  Jean-Claude Jegawsewitch. ISBN : 9 782350 132891 - 361 pages - prix : 35 euros.

Mon avis : Volodia

Cet ouvrage est étonnamment documenté avec de nombreuses illustrations et photographies d'époque. Il est d'une lecture agréable chaque page s'ouvrant sur une illustration et/ou une photo. Nous faisons connaissance avec différents types de souteneurs et de prostituées. Nous y apprenons la signification des sobriquets, y perfectionnons ou y apprenons des mots d'argot, nous familiarisons avec les codes en vigueur et  nous remémorons les goualantes entendues ça et là et fredonnées par nos arrières-grands parents. 

Mais par-delà une certaine "nostalgie" d'une époque révolue (du moins en partie) nous y voyons évoqué les causes réelles de la prostitution et surtout le cortège de maladies et de maux qu'elle engendre.

feixasgde_495645A propos de l'auteur :

Jean Feixas d'origine catalane, a été avocat au barreau de Toulouse, dessinateur de presse et commissaire divisionnaire. Il est depuis toujours collectionneur d'insolite et d'insolent.

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30 octobre 2011

Le moine - Lewis

Le_moineQuatrième de couverture :

Chef-d'Oeuvre du roman gothique anglais, Le Moine (1796) met en scène la déchéance d'un capucin suprêmement vertueux, pris dans les rets d'une tentatrice diabolique. Pêché de la chair, magie noire, visions infernales, transgression, damnation : rédigé par un jeune homme de vingt ans à peine, ce récit sulfureux, où le fantastique se mêle à l'horreur et où le désire règne en maître, créa le scandale avant d'être érigé en objet de culte par des générations d'écrivains.

On ne compte plus les romantiques qui comme Hoffmann, Coleridge et Victor Hugo, s'en inspirèrent : Charles Dickens alla jusqu'à acheter le manuscrit aux enchères : André Breton en fit un modèle pour le surréalisme et, Antonin Artaud, qui en proposa une réécriture libre, salua l'envoutante "sorcellerie verbale" de Lewis  : "Je continuerai à tenir pour une oeuvre essentielle, le Moine, qui bouscule cette réalité à pleins bras, qui traîne devant moi des sorciers, des apparitions et des larves, avec le naturel le plus parfait, et qui fait enfin du surnaturel une réalité comme les autres".

Editions : GF Flammarion : ISBN : 978 2 0812 5561 6 - Poche 457 pages - Prix : 8;89 €

Mon avis : Volodia

Le Moine dont l’intrigue est difficile à résumer tant elle est peu liénéaire, raconte la déchéance du religieux le plus fanatique et irréprochable que Madrid ait connu.

De modèle de pureté et de vertu, Ambrosio va peu à peu céder à ses penchants les plus obscurs et découvrir le vice et le crime. Il est donc constamment question de bien et de mal dans ce livre. Cependant,  ce qui devrait faire l’objet du jugement de valeur le plus appuyé et du manichéisme le plus terre-à-terre, la conduite du moine est finalement contée d’une manière très neutre, renforçant de beaucoup la force de l’impression que laisse le moine sur son lecteur : Ambrosio n’est-il pas finalement un être humain tout à fait banal, à l’image de tous les autres ?

 

30 décembre 2012

Le nom de la rose - Umberto Eco

imagesCAU6PJWKQuatrième de couverture :

Rien ne va plus dans la chrétienté. Rebelles à toute autorité, des bandes d'hérétiques sillonnent les royaumes. En arrrivant dans le havre de sérénité et de neutralité qu'est l'abbaye située entre Provence et Ligurie, en l'an de grâce et de disgrâce 1327, l'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville, accompagné de son secrétaire, se voit prié par l'abbé de découvrir qui a poussé un des moines  se fracasser les os au pied des vénérable murailles.

Crimes, stupre, vice, hérésie, tout va alors advenir en l'espace de sept jours.

 

Editions : Le Livre de Poche - ISBN : 978 2 253 03313 4 - Prix : 6,95 €.

 

Mon avis : Indiangay

Dans ce monde clos qu'est un monastère, surtout à cette époque, il est évident vu la nature humaine que les conflits et les secrets règnent en maitre.  Dans ce monastère, les moines vivent pour et par les livres qu'ils s'évertuent à recopier  à longueur de journée.  Lorsque six d'entre eux meurent, Guillaume de Baskerville s'évertue à percer le secret de leur lutte intestine et muette ne prouvant et décryptant leur jalousie, leur désir et leur peur.

Un film a été tiré de ce livre qui a été particulièrement fidèle et donc réussi.

11 novembre 2012

Dans la ville d'or et d'argent - Kenizé Mourad

9782253161745Quatrième de couverture :

1856, la Compagnie des anglaises des Indes orientales décide de s'emparer d'Awadh, un Etat indépendant et prospère du nord de l'Inde, et d'exiler son souverain.

La population se soulève. A sa tête, Hazrat  Mahal, la quatrième épouse du roi, épaulée par le Rajh Jai Lal et des Cipayes, soldats indiens de l'armée britannique, ralliés à sa cause.

Lucknow, la capitale du royaume, appelée "la ville d'or et d'argent", est le foyer de cette première guerre nationale. Peu à peu l'embrasement se généralise. Deux ans durant, Hazrat Mahal sera l'âme de cette révolte.

Vaste fresque historique sur fond de passion amoureuse entre la bégum et l'intrépide Jai Lal, dans la ville d'or et d'argent relate le destin d'une femme héroïque et méconnue, qui, la première, traça la voie de la libération des Indes.

 

Editions : Le  livre de poche - ISBN : 978 2 253 16174 5 - Poche 493 pages - Prix : 7,60 euros

Mon avis : Indiangay

Ce livre explique fort bien comment une Société privée, comme l'était la Compagnie Anglaise des Indes est arrivée, à déposséder les souverains régnants de leurs pouvoirs et surtout de leurs richesses sous des motifs fallacieux, résultant pour la plupart d'un choc culturel et religieux. Et comment, sous couvert d'apporter plus de justice au peuple, plus humanité on en est arrivé à l'humilier, à le spolier jusqu'à lui dénier le droit de s'autogérer

Kenizé mouradA propos de l'auteure :

Née à Paris en 1940, Kenizé Mourad est la fille d’une princesse ottomane, elle-même petite-fille du sultan Mourad V, et d’un rajah indien. Grand reporter au Nouvel Observateur dès 1970, elle a couvert la révolution iranienne, la guerre du Liban et a effectué de nombreux séjours en Inde et au Pakistan. En 1983, elle abandonne le journalisme pour se consacrer à l’écriture. Dans deux
romans célèbres, De la part de la princesse morte et Les jardins de Badalpour, elle raconte l’histoire de sa famille. Après un long silence, elle renoue avec la veine de ses best-sellers.

11 septembre 2010

Absolument Débordée ! Zoé Shepard

Ou le paradoxe du Fonctionnaire.

84689979Histoire : Embauchée après huit années d'étues spérieures dans une mairie de province, Zoé Shepard a vite déchanté.

Plongée dans un univers où incompétence rime avec flogornerie, ses journées sont rythmées par des réunions où aucune décision n'est jamais prise, des rapports qu'elle doit rédiger en dix jours (quand deux heures suffisent), des pots de bienvenue, de départ, d'anniversaire.

Sans oublier les séminaires "de formation", les heures à potiner à la cantine et à la machine à café, les chefs "débordés" par les jeux en ligne, les préoccupantes interrogations de tous les destinations de vacances et autres RTT...

Chargée de mission dans un service fourre-tout, truqueuse patentée de notes admnistratives, G.O. pour délégations étrangères et hocheuse de tête en réunin, Zoé Shepart raconte avec un humour mordant ses tribulations de fonctionnaire désespérée dns un univers bien pire que tout ce que vous pouviez imaginer.

Editions : Albin Michel - ISBN : 978 2 226 20602 2 - Broché 301 pages - Prix : 19 €

Mon avis Volodia :

Pour ce qui est du style, j'y adhère complètement, pour l'histoire j'ose penser qu'il s'agit plus d'une fiction, d'un pastiche, que d'une réalité supposée. Car si dans certains services d'administrations, il existe comme partout nombre de cossards, ils ne sont pas plus nombreux que dans des entreprises dites privées, que ce soit de grands groupes ou autres.

Il en résulte un livre très drôle si pris au premier degré, mais en même temps, un peu nauséabond dans la mesure où il fait passer l'administration et donc le gouvernement qui recrute ses ouailles, après des concours souvent très difficiles et au nombre de places limitées, pour une entité incapable de sélectionner de candidats valables (dont elle fait partie ne l'oublions pas) mais qui veut se démarquer des autres en se donnant le beau rôle, par la dénonciation sous forme d'un humour corrosif d'une gabegie sans nom. Pas très sympathique non plus envers ses collègues qu'elle dépeint tantôt comme des arrivistes dont les dents raclent le sol et/ou carrément comme des incapables juste bon à traîner leur flemme dans les couloirs.

J'ai appris que depuis la parution de son livre, certains s'étant reconnus elle avait fait l'objet d'une mise à pied de 4 mois. Ce qui tendrait à dire que les personnages tant décriés étaient tout de même reconnaissables et,  soit il y aurait un fond de vérité dans les faits évoqués dans son roman, soit, les personnes et l'administration concernées se sont senties humiliées par de telles aberrations et comme elles n'ont pas d'humour, elles n'ont pu les accepter.

Cette dame porte plainte au tribunal administratif contre la sanction. Mais n'envisage pas de démissionner d'un "tel cloaque" ou, bien évidemment, elle seule peut redresser la barre et ou après tout on n'est pas si mal....

Ce livre devrait mettre en joie tous les aigris de la vie et tous ceux qui a un moment de la leur on eu des soucis avec une quelconque administration et/ou un fonctionnaire anonyme.

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3 février 2010

Petites étincelles de sagesse juive - Victor Malka

9782226178497"Il en est qui pensent qu'il est difficile d'arriver à être un ange. En vérité, ce qui est difficile c'est d'arriver à être un homme".

C'est par le partage de telles pensées, autant que par l'étude des textes, que se transmet la sagesse juive.

Dans cette petite anthologie, Victor Malka nous fait découvrir cette littérature orale, au plein sens du terme, qui nous éclaire avec légèreté sur les grandes questions de la vie : justice, miséricorde, prière, rires et larmes, aventure spirituelle... Les pères de la tradition juive, des maître du Talmud aux rebbes hassidiques en passant par les philosophes espagnols se sont penchés sur ces thèmes pour proposer à leurs fidèles ces préceptes de vie.

Aujourd'hui encore, dans toutes les synagogues du monde, ces paroles sont répétées et commentées au gré de l'heure et de l'humeur, comme on se transmettrait, dans la crainte et le tremblement des braises ardentes.

 

16 février 2010

Mashi - Rabindranath Tagore

038"Le sentiment que m'inspirait la jeune veuve dont la demeure avoisinait la mienne, était un sentiment de vénération. C'est du moins ce que j'affirmais à mes camarades et ce que je me répétais. Nabin lui-même, mon ami le plus intime, ignorait mon véritable état d'âme. Et j'éprouvais une sorte de fierté à pouvoir conserver à ma passion toute sa pureté en la reléguant dans les recoins les plus profonds de mon coeur. Ma voisine ressemblait à une fleur de Séphali mouillée par la rosée et tombée prématurément. Trop pure et trop resplendissante pour la couche fleurie de l'hymen, elle était consacrée au ciel.

Mais semblable à un torrent qui descent de la montagne, une passion ne se laisse pas enfermer au lieu de sa naissance ; elle cherche à se frayer une issue. C'est pourquoi je m'efforçais de traduire mes émotions en poèmes. Mais la plume rétive refusait de profaner l'objet de mon adoration".

Editions : Gallimard/unesco - Connaissance de l'Orient - ISBN : 9 782070 723065 - Pages 218 - Prix : 6,90 euros

26 septembre 2010

Dictionnaire des injures littéraires - Pierre Chalmin

18353Les entrées de ce dictionnaire se caractérisent par trois principes :

La notoriété de l'injurié,

La qualité de celui qui injurie,

Et la tournure humoristique, outrancière ou d'une absolue mauvaise foi de l'insulte.

Editions : l'Editeur - ISBN : 9 782362 010057 - Broché 721 pages - Prix : 29€

 

Mon avis : Volodia

Ce livre est un petit bijou, un régal pour l'esprit, à se procurer absolument. Il est toujours intéressant de savoir qui hait qui, est jaloux de qui, qui pense quoi de qui. L'injure littéraire comme moyen d'extermination d'un rival. D'un humour corrosif, j'adore.

Quelques exemples :

Le génie peut évidemment se passer d'avoir du goût, exemple Beethoven (Claude Debussy).

de Beigbeder frédéric : De pubard déconneur dans l'ombre des vrais écrivains qu'il  admirait dans les années 80, il est devenu mafieux cocaïné, un type  qui a à son actif un nombre imposant de crimes contre la littérature (Marc-Edouard Nabe).

de Baudelaire : Le saint Vincent de Paul des croûtes trouvées, une mouche à merde en fait d'art. (Edmond et Jules de Goncourt) et encore : Baudelaire réunit la pauvreté du chiffonnier, le sarcasme du mendiant, le désespoir du parasite (Walter Benjamin).

Et tout le livre est ainsi, ou comment remettre à sa place de façon plus ou moins élégante les importuns et ceux que l'on déteste. 

6 juin 2010

Theodor Herzl - Serge-Allan Rozemblum

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Quatrième de couverture :

Ecrivain et homme d'action, né en 1860 en Hongrie, Theodor Herzl est la figure emblématique du mouvement sioniste.

Journaliste, correspondant à Paris du prestigieux quotidien viennois Neue Freie Presse, Herzl assiste au procès du capitaine Dreyfus dans une époque marquée par la recrudescence de l'antisémitisme allemand et des pogroms en Russie.

Avec la publication en 1896 de l'Etat des Juifs, puis l'organisation du premier congrès sioniste à Bâle un an plus tard, Theodor Herzl lance le long processus qui aboutit en mai 1948 à la proclamation de l'Etat d'Israël.

Homme d'Etat sans Etat, il défend son projet dans toute l'Europe, à la recherche d'appuis politiques et financiers. Reçu par les plus hautes autorités de l'Empire Ottoman et par Guillaume I, il fait le siège des représentants influents de la communauté juive européenne.

Dans cette biographie minutieuse, après une longue enquête aux Centre des Archives Sionistes de Jérusalem, Serge-Allan Rozenblum retrace la vie passionnée de Herzl à travers une lecture jusque-là inédite de son abondante correspondance, de ses journaux, de ses notes, et des témoignages de ses contemporains.

Il révèle un personnage d'une grande culture, auteur de nombreuses pièces de théâtre, romancier, poète qui rêvait d'une "Palestine idéale reconquise sur les déserts et les rochers".

Herzl meurt épuisé, le 03 juillet 1904, après quelques années d'un engagement sans répit.

 

Mon avis : Volodia

Si l'on connait tous le nom de Theodor Herzl, on n'en connait pas pour autant sa vie et ses motivations. J'ai beaucoup appris de ce livre. Sur cet homme qui était pour son époque un utopiste et pour ce qui s'est passé par la suite... un visionnaire. Car combien était conscient de leur sort de juif , ceux d'Europe Centrale, mais combien l'avait oublié comme ceux d'Europe y compris de l'Est.

Les pogroms incessants en Galicie, en Lithuanie, en Pologne, en Ruthénie carpatique et en Russie faisaient qu'au lieu de se fondre dans la population, la plupart de ces juifs (pauvres très souvent) vivaient en complète autarcie, en marge du pays ou il résidait. Faisant un Etat dans l'Etat complètement hermétique au monde extérieur. D'un autre côté, même s'ils l'avaient voulu, et pour certains qui essayaient de "s'assimiler" on ne leur en laissait pas le temps, promulgation de lois restrictives en ce qui concernait le lieu de résidence (en Russie), les quotas d'acceptation des élèves en cours supérieurs (toujours en Russie et peut être ailleurs ?), leur nom aussi, rendait toute intégration impossible.

Pour les "goys", les juifs formaient une masse  compacte, sale, indésirable, parlant un jargon incompréhensible et vivant la plupart du temps de la grande générosité du souverain en titre et de son peuple... Ils ne pouvaient être considéré comme un peuple puisque sans pays, sans patrie, n'obéissant qu'à une seule loi, celle de la torah et qu'à un seul livre le Talmud.

Par ailleurs, ils n'avaient pas non plus d'armée et que peut faire un peuple sans  armée pour le défendre sinon subir ou fuir, (errer d'un pays à l'autre), les taxes imposées par leur condition ?

Il est important de se remettre dans le contexte de l'époque et de celui qui va suivre pour comprendre le pourquoi de l'Etat d'Israël. Si à l'époque les juifs avaient eu un pays y aurait il eu autant de pogroms ? y aurait-il eu des camps d'extermination ? où tous les pays européens savaient, mais où tous ont préféré fermer les yeux et les oreilles pour ne pas voir, ni surtout entendre les plaintes d'un peuple arrivé à bout d'humiliations et de souffrances. 

1 mars 2010

Célébration hassidique - Elie Wiesel

C_l_bration_hassidiqueLe hassidisme, ce mouvement qui est né au XVIIIè siècle dans le peuple juif dispersé aux confins de l'Europe centrale et orientale, n'a constitué ni une doctrine ni une idéologie. Il a été avant tout une façon d'être, de voir, et de vivrre.

Au départ, un visionnaire solitaire : Israël Baal Shem-Tov, le Maître du bon nom. Aux juifs opprimés par des siècles de persécution, il lance un étonnant appel à la joie. Et ses disciples, le grand Maguid, Levi-Yitzhak de Berditchev, Israël de Rizhin ou Rabbi Nahman de Bratzlav, à travers un étrange réseau de communications et de successions, vont surgir ici et là, susciter les enthousiasmes, animer les communautés.

Leur histoire, leurs histoires, se sont inscrites dans les coeurs, et transmises de groupe en groupe et d'homme à homme. Et Elie Wiesel, enfant à Szeged (Hongrie), dans les toutes dernières années précédant la guerre qui allait voir anéantir ces mêmes communautés, écoutait, à la veillée du Shabbat, les vieillards parler de leurs Rabbis, et son grand-père évoquer la mémoire de ces hommes qui trouvaient Dieu non dans la pénitence mais dans la célébration.

A son tour, Elie Wiesel transmet aujourd'hui ce qu'il a reçu, aussi fidèlement que possible, mais avec ferveur, et en y prêtant sa voix et son accent. Car le Hassidisme est une flamme qui brûle toujours, pour lui et pour beaucoup.

8 mars 2018

La muse de Berlin - Michel Rachline

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Quatrième de couverture :

La vie extraordinaire d'Else Lasker-Schüler 1869 - 1945.

La génération des Expressionnistes allemands (1910-1923) fut masculine. Une seule femme parmi eux : Else Lasker-Schüler. Sans doute les Français connaissent-ils Gottfried Bennou le génial metteur en scène Max Reinhardt. Else Lasker-Schüler, elle, demeure à ce jour complètement ignorée dans notre pays. Pourtant, dans les manuels de littérature allemands, son nom figure à l'égal de Goethe et elle y est célébrée comme le plus grand poète lyrique de l'Allemagne.

Pauvre, solitaire, juive, Else Laskher-Schüler incarna la vie de bohème qui caractérise le Berlin artistique d la gande époque. Elle a mené une vie extraordinaire, de café en café, de pays en pays, à travers les ébouissants excès du génie et du charme ; car cette femme laide fut une grande amoureuse. A soixante-dix sept ans, elle séduisait encore un jeune homme...

Dans ce livre se projette sur l'écran des pages, la vie tourbillonnante de la ville expressionniste ; les nuits folles d'un Berlin où les chanteuses avaient nom Marlène Dietrich et les comédiennes Pola Néri ou Carola Neher ; où l'art universel prenait le visage de Kandinsky et de Klee ; où les écrivains se nommaient Alfred Döblin et Gottrfried Benn... Une époque vraiment magique dont les héros furent non seulement cette femme et ces hommes, mais encore une ville : Berlin.

Michel Rachline est né à Paris le 05.06.1933. Célèbre en 1972 avec le Bonheur nazi, il n'a cesé de publier depuis romans et essais, pamphlets et albums, créant ainsi une oeuvre d'esthète et d'analyse

Editions : Olivier Orban - ISBN : 9782855653518 - Broché : 223 pages

Mon avis : Volodia

Ce livre m'a beaucoup plu, car il m'a fait découvrir la vie d'une poétesse que je ne connaissais pas, dont on parle peu et dont la vie avait été en partie dévoilée lors d'une émission sur France Culture. Il m'a également fait m'intéresser à ces écrivains, artistes, au fait de leur art, adulés et qui du jour au lendemain, par le fait d'un changement de régime se retrouve mis au banc de la Société, non seulement leurs oeuvres, mais également eux, en qualité d'êtres humains

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22 février 2010

La peau - Malaparte

Malaparte"Tu aimerais, dis une petite fille à trois dollars, disais-je à jack.

- Shut up, Malaparte.

- Ce n'est pas cher après tout, une petite fille pour trois dollars. Un kilo de viande d'agneau coûte bien plus cher. Je suis sûr qu'à Londres ou à New York une petite fille coûte plus cher qu'ici, n'est-ce pas Jack ?

- Tu me dégoûtes, disait Jack.

- Trois dollars font à peine trois cents lires.

Combien peut peser une fillette de huit à dix ans  Vingt-cinq kilos ? Pense qu'un seul kilo d'agneau, au marché noir, coûte cinq cents lires, c'est à dire cinq dollars !

 

Mon avis : Indiangay

Malaparte décrit avec un humour féroce, toutes les horreurs vues dans les pays occupés par l'Allemagne, l'Italie puis ensuite par les Américains lors de la Libération. A quelles "bassesses" ont été réduits les peuples occupés, pour survivre, et à quelles cruautés et abominations gratuites, le plus souvent pour assurer leur domination et leur idéologie, en étaient réduits les occupants. Tous ce que l'homme a de plus abjects a été consignés dans ce livre. Tous les vices, toutes les lâchetés révêlés...C'est un très beau livre, cruel, mais beau.

A propos de l'auteur :

Curzio Malaparte est né à Prato, près de Florence en 1898. A l'âge de 16 ans, l'Italie étant encore neutre, il s'échappe du collège et traverse à pied la frontière à Vintimille, et s'engage comme volontaire dans l'armée française. Il est blessé en Champagne et décoré de la croix de guerre avec palme.  En 1933, son livre technique du coup d'état le fait condamner à 5 ans de déportation par Mussolini. En 1940 il est attaché comme correspondant de presse de l'armée italienne des Alpes. Il écrit alors le soleil est aveugle, dont Il Tempo publie en janvier et février 1941 les premières livraisons.  Mais la censure intervient et supprime la publication. En 1941, il est arrêté par les Allemands et condamné à 4  mois de résidence forcée pour les articles qu'il envoie du front russe. En 1943 après le débarquement des alliés il publie Kaputt. De 1943 à 1945 jusqu'à la fin de la guerre, il prend part aux combats pour la libération de l'Ialie.

 

16 janvier 2010

Dans la chambre obscur - R.K.NARAYAN

034Tous les romans de Narayan se déroulent dans la petite ville de Malgudi, située entre Mysore et Madras. Ils constituent une saga indienne que Graham Greene et Henri Miller n'ont pas hésité à comparer avec celle de Jefferson, Missipi, créée par Faulkner.

De cet épisode, qui est une belle histoire d'amour, surgit une admirable figure de femme, celle de Savitri, délaissée par son mari et qui un soir de révolte, quitte la maison familiale pour chercher refuge dans la chambre obscure...

Le ton de Narayan, son rythme sont sans équivalent dans la littérature occidentale. Voici un Chef d'Oeuvre.

 

En fait, cette chambre obscure est une pièce isolée dans la maison ou Savitri s'y réfugie lorsque les injustices de son époux sont trop lourdes à supporter. Lorsqu'elle quitte sa maison, alors qu'elle n'était jamais aller plus loin que le bout de sa rue, elle est prise en sympathie par un couple d'intouchables avec qui elle ne peut se lier et de qui elle ne peut rien accepter compte tenu de sa caste. Ils lui trouveront un refuge dans un temple, auprès d'un brahmane pour qui elle effectuera les plus humbles tâches et pour finir convaincu par les paroles du saint homme, elle repartira chez son époux.

Mon avis : Indiangay

Narayan décrit fort bien les sentiments que peut éprouver Savitri en raison de l'inconséquence et du despotisme de son époux. Enfermée dans la carcan éducatif que toute femme indienne reçoit, elle ne pouvait que retourner auprès de lui, car sans mari, sans enfant une femme indienne n'est rien.

9 mars 2017

La Confrérie des Chasseurs de livres -Raphaël Jerusalmy

 

La confrérie des chasseurs de livres

Quatrième de couverture :

Le roman de Raphaël Jerusalmy commence là où calent les livres d'histoire : François Villon, premier poète des temps modernes et brigand notoire, croupit dans les geôles de louis XI en attendant son execution quant il reçoit la visite d'un émissaire du roi.

Rebelle, méfiant, il passe pourtant un marché avec l'évêque de Paris, et accepte une mission secrète qui consiste d'abord à convaincre un libraire et imprimeur de Mayence de venir s'installer à Paris. Un premier pas sur un chemin escarpé qui mènera notre poète, flanqué de son fidèle acolyte coquillard maître Colin, jusqu'aux entrailles les plus fantasmatiques de la Jérusalem d'en bas, dans un vaste jeu d'alliances, de complots et de contre-complots.

Aussi joueur qu'érudit, Raphël Jérusalmy met en scène un François Villon vif et intrépide contra le toute-puissance des dogmes et des armes, pour faire triompher l'humanisme et la liberté. 

Editions : Actes Sud - ISBN : 978 2330 051186 1 - Poche : 320 pages - Prix : 8,70 €

 Mon avis : Volodia 

Dans la présentation de ce livre tout était fait pour me plaire. Le titre, la jacquette, l’époque à laquelle se déroule l’intrigue, mettant en scène une mystérieuse confrérie de chercheurs de livres  et François Villon poète et brigand dont on ne sait ce qu’il est advenu suite à son bannissement du royaume de Louis XI. Aussi me suis-je rué sur ledit livre !  

Ma lecture a commencé sur les chapeaux de roues et s’est maintenue avec un égal intérêt jusqu’au milieu du livre, car quoi de plus intéressant que cette confrérie qui s’ingénie à rechercher, trouver et conserver des livres que l’on croyait disparu.  

Mon ardeur s’est refroidie lors de l’arrivée en terre sainte, où le récit s’est à mon sens un peu enlisé dans les sables du désert, en raison de circonvolutions, qui peuvent paraître nécessaires à l’auteur mais un peu longuettes et difficiles à suivre pour le lecteur.  A noter toutefois que l'auteur a "un passé" dans les Services Secrets, ceci expliquant sans doute cela... !

En substance, il s’agit pour François Villon de rapporter les dernières paroles du Christ,  dont le manuscrit est en la possession  de la Confrérie, qui elle, fait passer des livres frappés d’interdits en fraude dans divers pays d’Europe afin de contrecarrer voire, briser la chrétienté, car il est bien connu que les idées et les mots sont bien plus forts que les armes et les guerres. 

Dans ce livre  ou se  mêle et s'entremêle, le roi de France, le Pape, les Médicis, François Villon et Colin un "coquillard", des rabbins, des moines, des Ottomans, complots et contre complots qui se jouent en France, en Italie et en Terre Sainte, François Villon, par moment se montre quelque peu passif dans des évènements ou il devrait être partie prenante, ce qui ne correspond pas vraiment à l'idée que je m'en fais. mais bon !  

Je ne peux toutefois m’empêcher de penser par devers-moi que ce roman pourrait donner du grain à moudre aux adeptes du mythe les « protocoles des Sages de Sion » …. ! 

Raphael jerusalmy

A propos de l'auteur : 

Diplomé de l'ENS et de la Sorbonne, Raphaêl Jerusalmy a fait carrrière au sein des services de renseignements militaires israéliens avant de mener des actions humanitaires puis de devenir marchand de livres anciens à Tel-Aviv. Il est également l'auteur de Sauver Mozart, (Actes Sud 2012, prix Emmanuel-Roblès 2013) et de Denis Diderot : "Non à l'ignorance (Actes Sud Junior 2015).

 

  

 

19 février 2017

Loin des bras - Metin Arditi

loin des bras

Quatrième de couverture :

L'institut Alderson, pensionnat suisse pour gosses de riches, traverse une période difficile et pourrait changer de propriétaire. Aussi le cénacle  des professeurs vit-il des jours angoissés. Ici, chacun panse une blessure  ou dissimule un secret : un deuil, le vice du jeu, le déshonneur d'avoir été "collabo", la lâcheté déguisée en pacifisme, l'opprobe antisémite, des amours "contre nature", le sentiment d'avoir été abandonné... Dans ce refuge de solitudes et de destins brisés, la paroi des silences se fendille peu à peu, laissant à nu des êtres qui doutent autant d'aimer les autres que de s'aimer eux-même. Durant ces quelques mois de crise, relatés au fil d'une construction kaléidoscopique rythmée, chacun des personnages devra assumer ses faiblesses.

Metin Arditi est un conteur hors pair et son roman est de ceux qui captivent. Le théâtre, la danse, la littérature nourrissent un récit bondissant, aux ramifications multiples, qui pourtant jamais ne s'écarte de sa magistrale orchestration.

 

Editions : Babel - ISBN : 978 2 7427 9945 - Poche : 426 pages - Prix : 9,70 euros

 

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A propos de l'auteur :

Originaire de Turquie, Metin Arditi habite la Suisse où il préside la fondation "Les Instruments de la Paix". Il est notamment l'auteur chez Actes Sud de "La Fille des Louganis" (2007), Le Turquetto ('2011, prix Pages des Librairs, prix Culture et Bibliothèques pour tous, prix Jean Giono...) et Prince d'Orchestre (2012).

 

Mon avis : Volodia

Tout ou presque est mentionné dans la quatrième de couverture. L'intérêt de ce livre est qu'il est au contraire de bien des livres relatant la vie à l'intérieur de lycées, collèges ou pensionnats, plus centré sur la vie des professeurs, les élèves n'étant que des figurants faisant office de ciment les liant les uns aux autres pour la cohérence du récit.

Dans ce roman l'auteur met en exergue le quotidien de la directrice, madame Alderson pour conserver le niveau d'excellence de son établissement, malgré les difficultés financières dues au fil des années à la défection des élèves, et les relations ambiguës qu'elle entretient avec sa propre soeur, ravalée aux tâches subalternes, voire ingrates. Sa motivation et ses efforts, pour maintenir un semblant de cohésion entre les professeurs qu'elle sollicite régulièrement pour donner des heures de cours, ou enseigner d'autres matières que celles dans lesquelles ils sont spécialisés, sans autre rémunération, et ce par mesure d'économie. Tâches supplémentaires qu'ils acceptent étant conscients qu'ailleurs ils ne trouveraient pas leur place. Leurs vies, les relations qu'ils entretiennent entre-eux, toutes en surface, avec à l'intérieur d'eux-mêmes, le sentiment de valoir mieux que leurs confrères. Leurs angloisses qu'un passé peu glorieux pour certains, d'humiliations pour d'autres, mais plein de certitudes, ressurgissent. Leur inquiétude quant à leur devenir suite à la vente de l'Institut.... 

J'ai beaucoup aimé ce livre dans lequel Melin Arditi, met ses personnages à nus dans tout ce qu'ils ont d'humain.

5 janvier 2013

La mode en Fables - Jean de la Fontaine - Illustrée par Hippolyte Romain

3 (312x500)Hippolyte Romain, dessinateur de renom et auteur de plusieurs ouvrages a eu l'heureuse idée d'illustrer une quarantaine de fables de La Fontaine en utilisant le langage de la mode.


De nos jours l'univers de la mode et surtout ses coulisses, doublures pas toujours soyeuses de ce microcosme, ressemble à s'y méprendre à l'agitation du Grand Siècle dépeinte par La Fontaine.

Les monarques d'autrefois sont les financiers, les princes, les couturiers de renom d'aujourd'hui. Autour d'eux s'agite une cour vibrante animée de désirs, d'ambitions de besoins de reconnaissance et d'argent qui se presse et se bouscule autour de quatre rendez-vous de l'année.

En Saint Simon du pinceau , Hippolyte Romain croque et dessine ces histoires sans morale qui ressemblent tant aux fables de La Fontaine.

 

Editions : France Empire - ISBN : 978 2 7048 1074 1 - Prix 22 euros

 

Hippolyte RomainA propos de l'auteur :

Hippolyte Romain, né le 28/08/1947 à Paris, est peintre, écrivain, conteur, créateur et animateur du Petit Cirque Elégant. Ce funambule de l'art dessine son époque avec jubilation. Des défilés de mode à l'univers de la nuit, en passant par le monde des enfants et ses quinze ans d'observation sur la Chine, sa curiosité et son talent en font un personnage à part de la sphère parisienne.

Entre Daumier et Toulouse-Lautrec, il est à la fois coloriste comme Dufy et calligraphe. Son travail s'inscrit dans la grande tradition des artistes figuratifs qui racontent des histoires, "la mode en fables" étant l'exemple même de cette démarche

 

16 février 2010

Râdhâ au lotus - Tara Shankar Banerji et autres nouvelles

001L'histoire se situe dans une communaté de marginaux, les Vaishnaves du Bengale. Banerji nous conte l'histoire d'une femme qu'il admira dans sa jeunesse : morale vishnouite, marquée de tantrisme, où l'amour charnel et l'érotisme ne font qu'un avec la vie spirituelle et, comme il convient, n'ont aucun souci des conventions sociales.

Deux autres nouvelles, sont dans ce livre : La femme et le serpent femelle et le salon de musique, accompagnent ce bref roman et présentent le vrai Bengale. Celui que T.S.Banerji a illustré tout au long de quarante romans et que quelque cents nouvelles : le Bengale des paysans, des opprimés, mais qui savent brûler leur vie en quête de l'amour humain, de l'amant divin confondus.

Editions : Gallimard/unesco - Connaissances de l'Orient - ISBN : 9 782070 714773 - Pages : 172 - Prix : 35 frs

 

Mon avis : Indiangay

Où le profane rejoint le sacré. Où la beauté et la jeunesse priment sur les plus profonds sentiments du coeur...

13 février 2010

Yossik - Joseph Bulov

009__2___704x1024_Quatrième de couverture :

Une enfance dans le quartier du Vieux-Marché de Vilna (Lituanie, 1904-1920).

La mort en 1985 de Joseph Bulov, le légendaire animateur du Théâtre Juif de New Yord, laisssait dans ses papiers ce récit inédit - considéré aujourd'hui comme l'un des maître-livres de la littérature yiddish de ce siècle.

Il y évoque les heurs et malheurs de ses jeunes années - celles d'un chenapan fameusement débrouillard - dans les sombres ruelles du ghetto de Vilna (Vilnius, Lituannie). Mais alors que l'on pourrait s'attendre à un récit pleurant misère - car la vie n'était pas rose à l'ombre du "Vieux Marché" au début de ce siècle -, c'est à un feu d'artifice picaresque que nous sommes conviés.

Les amateurs d'histoires juives seront comblés; et tout autant ceux qui se plaisent à voir revivre les fastes exemplaires de la glorieuse canaillerie des bas-fonds : ce creuset d'impertinence, de poésie et de sagesse où la littérature, depuis les milles et une nuits et François Villon jusqu'à Isaac Bashevis Singer et Albert Cohen, a puisé avec générosité.

Le livre de Bulov - roman autobiographie, récit "ethnographique" sciement dévoyé - clame bien haut sa bâtardise. Qu'en dire d'autre, sinon que c'est drôle, que c'est triste (comme Charlot), et qu'on oublie de s'y ennuyer ?

Editions : Phébus - ISBN :  9782859404116 - Broché : 464 pages - Prix : 23,05 €

Mon avis : Volodia

J'ai beaucoup aimé ce livre car à travers ce récit, se reflète le passé de nombreuses familles venant de "l'Est". On y trouve également tous les événements politiques de cette époque qui sont peut être méconnus à l'Ouest.

Ces pays et ces provinces Polonaises, devenant Russes, puis Autrichiennes pour redevenir Russes, ou Polonaises. Ce peuple ballotté comme un fardeau d'un état politique à un autre mais toujours détesté et considéré comme une calamité par celui qui en hérite.

Mais toujours la foi renaît ainsi que la faculté d'adaptation aux événements quels qu'ils soient. Par contre mon humour m'a fait défaut pour apprécier certaines situations  que le lecteur aurait du trouver drôle et/ou cocasses .

11 juin 2023

Cheveux Chéris Frivolités et Trophées sous la direction de Yves Le Fur et Louise De Courcel

Ce livre fait suite à l'Exposition organisée par le Musée du Quai Branly à Paris de septembre 2012 à juillet 2013

 

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L'exposition :

 

Teintés, frisés, lissés, peignés, tressés ou encore détachés, il existe mille et une façons d'arranger les cheveux, d'aménager sa coiffure, de métamorphoser l'architecture d'un crâne. Objet d'attention millénaire, la mise en scène des cheveux est le reflet d'une époque, d'une culture ou d'un statut. Les cheveux et leurs ornements sont un des marqueurs extérieurs de la personnalité et constituent une forme de coquetterie commune à de nombreux peuples.

 

Yves Le Fur, initiateur de ce projet et commissaire de l'exposition, propose à travers la présentation de plus de deux cent quatre-vingts pièces une lecture poétique et singulière de ce sujet universel. Docteur en Histoire de l'art et conservateur général du Patrimoine, il porte un regard scientifique enrichi par son remarquable sens de l'esthétisme et sa grand sensibilité artistique.                                                                                                                 

Description du livre :

 

Au croisement de l'anthropologie, de l'histoire de l'art ancien et contemporain, de la mode et des mœurs, l'exposition propose diverses mises en scène et mises en œuvre sur le thème universel des cheveux.


Abordant l'idée que chacun donne de sa personnalité par la coiffure, elle se présente tout d'abord sous l'angle de la frivolité, des compétitions entre blonds/blondes, rousses et bruns, lisses et crépus...

 

Comparant les coquetteries des Papous des Hautes Terres de Nouvelle-Guinée ou des belles citadines africaines ou des "Merveilleuses" du Directoire, l'exposition avance vers l'idée du matériau humain à modeler, à sculpter, support à la fois de savoir-faire, de la relativité de la beauté, mais aussi objet de perte (par l'âge ou la violence), symbole du temps qui passe et de la mort.

 

Par leur usage nostalgique, les cheveux sont des supports de mémoire. Restes humains, reliques, ils conservent un peu de l'aura et de l'énergie de leur propriétaire. Une large partie de l'exposition est consacrée à ces mana (pouvoir sacré des ancêtres) qui ont donné naissance, dans le monde, à de multiples objets dits "magiques" ou pour le moins dotés de pouvoirs que l'on s'approprie. La question du reste et du trophée est ainsi posée et plus largement du statut de certains "objets" campés aux frontières de l'horripilant et de l'insoutenable, interrogeant nos catégories à partir d'une expérience universelle. 

 

Editions : Actes Sud pour le Musée du Quai Branly -  ISBN : 2330009925 - EAN : 9 782330 009922 - Relié : 320 pages

 

(vous pouvez obtenir ce livre neuf pour 10 euros chez Cultura et Amazon)

 

 

ChezVolodia :

 

En complément de ce livre je mets, ci-dessous, un lien sur un article que mon compagnon à écrit  sur la symbolique des cheveux en Inde :

 

http://indiangay7.canalblog.com/archives/2010/12/08/19822292.htm

 

 Vous pouvez retrouver quelques photos de ce livres dans la catégorie beaux livres de ce blog. 

26 avril 2015

Nous, les chats - Claude Habib

 

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Quatrième de couverture :

Ce livre est l'autobiographie d'un chat.  C'est aussi un passeport pour entrer dans l'âme féline, au risque de perdre quelques illusions. Il ne faut pas croire que tous les chats nous aiment. Ce n'est pas le cas.

L'animal qui parle est furieux. Persuadé qu'il va mourir, il est fâché contre le monde. C'est un effet de sa nature : le propre de l'espèce est la félicité, felix felis. Le malheur d'un chat est une injustice, et le malheur crie vengeance.

Sa vie repasse en accéléré. Il a connu des hauts et des bas. Il se reporte à sa jeunesse, au bonheur de sentir, à la vie dans les bois. Et toujours la rancune se mêle au souvenir des joies, la rage à la réflexion.

L'obsession de ce chat, c'est l'homme : souvent son ennemi, parfois sa dupe, jamais son maître. A cet usurpateur, il pose des questions de fond :

. Qui doit dominer, de l'homme ou du chat ?

. Au nom de quoi subir les lois des hommes ?

. Qui est le domestique de qui ?

On dit du chien qu'il est le meilleur ami de l'homme. Le héros de Claude Habib lui abandonne ce privilège sans façon.

 

Editions : de Falllois/Paris - ISBN : 978 2 87706 887 1 - Broché 124 pages - Prix : 15€

 

Mon avis : Indiangay

Dans ce livre, l'auteure fait parler un chat. Un chat qui ne sera pas spectateur  ou faire valoir de la vie de ses maîtres, mais un chat qui va nous parler de lui, de sa naissance, sa famille, ses rencontres, ses amours. Sa haine des hommes justifiée par la méfiance et la peur. Son dégoût pour la servilité des chiens et son mépris pour les chats "semi-apprivoisés" (entendez par là ceux qui ont partagé la vie des humains, les chats des villes).

Lui est un chat sauvage, un chat qui vit en forêt, à la périphérie d'une zone industrielle portuaire. Elevé par une mère aimante, attentionnée et pleine de sagesse. Entre un frère fourbe et une soeur espiègle, pleine de fantaisie et fofolle qui sera enlevée la nuit, au sortir du trou, par un "pigeon avec des ailes gigantesques".

Ce chat qui pense qu'il va mourir, nous conte sa vie, nous confie ses pensées même les plus secrètes, tout en nous assénant quelques vérités au passage, non pas dans un langage élégant, car c'est un chat fruste, mais plutôt dans le ton d'un cookney.

J'ai beaucoup aimé ce livre qui devrait ravir les inconditionnels amoureux des chats. Alors bien sûr, il y a des passages fort tristes, car la vie d'un chat sauvage est loin d'être un long fleuve tranquille. Il n'empêche que c'est un livre délicieux. Un livre qui dégage beaucoup d'émotions de chat ou humaines ?

 

 

CLAUDE HABIB

A propos de l'auteur :

Claude Habib est née en 1956, agrégée de lettres modernes, docteur es lettres, elle est professeur à l'Université de la Sorbonne nouvelle, département littérature et linguistique françaises et latines. Maître de conférence à l'Université de Lille III. Elle est également membre du comité de rédaction de la revue Esprit.

Elle a publié Le consentement amoureux; Rousseau, les femmes et la cité, Rousseau aux Charmettes et le goût de la vie commune.

Elle est aussi l'auteure de deux romans : Préfère l'Impair, Un sauveur.

9 novembre 2011

Zebunissa - Annie Krieger-Krynicki

ZebunissaQuatrième de couverture :

Née au coeur des Indes en 1638, la princesse Zebunissa fut une contemporaine de Louis XIV. Fille d'un souverain, le Grand Moghol Aurang Zeb, elle grandit dans un faste qui éblouissait les visiteurs étrangers. Dans cette cour moghole raffinée et cruelle, elle devint célèbre par sa beauté et son érudition. Protectrice des poètes et des soufis, poète, elle-même, Zebunissa dépassa ses rivaux par l'originalité de son inspiration sensuelle et ardente. Toute sa vie elle chercha l'absolu de l'amour physique et mystique, avec obstination, passion et violence.

Mêlée aux intrigues pour la conquête du pouvoir, entraînée par son frère préféré, l'ambitieux Akbar, dans une conspiration désastreuse contre leur père, devenu despotique et intolérant à l'égard des Hindous, elle fut enfermée dans l'îlot-forteresse de Salimgarth. Par une étrange fatalité, sa prison n'était séparée que par un bras de la rivière Yamuna du palais de Delhi dont son amant infidèle était devenu le gouverneur. Dans l'attente exaspérée de sa délivrance, le coeur en pièces dans sa poitrine, elle lança vers lui les cris d'amour les plus passionnés et les plus désespérés de la littérture.

Sous le nom de plume de Makhfi ("la cachée"), elle devint aussi célèbre que Louise Labbée ou Marceline Desbordes-Valmore en France. Ses vers, qui chantent le désir inlassable, le plaisir, l'amour trompeur, les roses ensanglantées et la fatalité, flottent aujourd'hui sur les lèvres des femmes de l'Inde et du Pakistan.

Editions : Mercure de France - ISBN : 2 7152 1617 3 - Broché 343 pages - Prix : 125 frs

Mon avis : Indiangay

J'ai beaucoup aimé ce livre qui faire revivre sous nos yeux les fastes des plus grandes Cours Mogholes qui étaient alors à leur apogée telles celles de Lahore, Lucknow. Fin stratège, Aurang Zeb a su pacifier les états et régions qu'il occupait en faisant des alliances avec les mâhârajas régnants. Prenant pour lui-même, et donnant pour épouses à ses fils des princesses indhues.

Les indhus était à cette époque trop occupés à se faire la guerre entre-eux de régions à régions pour mettre en place une politique commune qui aurait pu repousser ces envahisseurs venus d'afghanistan.

Cette histoire romanesque qui se déroule à la cour du grand moghol, en plus de nous faire participer aux destins des Nawabs et à celui de Zébunissa, nous montre qu'en plus d'être de grands guerriers et pour certains des mystiques, ils s'attachaient aussi à être des mécènes pour les arts et les lettres, sans compter leur don pour l'architecture (canaux d'irrigation, le Taj Mahal, Fatepur Sikri, etc).

A l'intérieur de cet ouvrage  figurent des  cartes qui permettent de voir comment se décomposait le pays à cette époque : les royaumes, les sultânats. Sont mentionnés les zones de guerre, les territoires conquis. Par ailleurs, une généalogie des Grands Moghols est représentée ce qui est me semble-t-il indispensable pour les situer dans la bonne époque.

Nous voyageons dans le temps, de façon ludique car ce livre à le mérite de n'être pas seulement une leçon d'histoire ce qui aurait pu vite devenir fastidieux. J'en ai trouvé l'écriture agréable.

13 juillet 2012

Le Quai Ouistreham - Florence Aubenas

 

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En 2009, Florence Aubenas part pour Caen et s’inscrit au chômage, avec un bac pour tout bagage et sans révéler qu’elle est journaliste.

A Pôle-Emploi, on lui propose de saisir sa chance : devenir agent de propreté dans des entreprises. Le quai de Ouistreham est le récit saisissant de cette plongée dans le monde de la précarité. Un monde où on ne trouve plus d’emploi, mais des «heures».

Editions : Points - ISBN : 9 782757 824443 - poche 238 pages - Prix : 6,50 €

 

Mon avis : Indiangay

J’ai bien aimé ce livre qui décrit la vie et donne la parole aux «invisibles» mais indispensables personnes de services de nettoyage. Celles et ceux qui n’existent pas, qu’on ne regarde pas, à qui surtout on ne parle pas, sauf si les confettis ou les agrafes sont mal ramassés, et/ou si le papier toilette vient à manquer dans le dérouleur.

Celles et ceux qu’on m’éprise sous prétexte qu’elles ou ils n’auraient pas fait d’études, qu’elles ou ils sont étrangers et donc doivent donc se montrer bien contents et reconnaissants d’échanger la misère de leur pays contre la précarité d’un pays d’accueil et, ou quoi qu’elles ou ils fassent elles/ils ne seront jamais considérés ou acceptés à part égale avec la population plus chanceuse dans la vie professionnelle.

 

Mon avis : Volodia

Ce livre est intéressant, comme l’a dit Indiangay, car il met en évidence toute une couche de la société peu considérée, corvéable à merci, mal payée mais indispensable à notre confort et ce, à tous les niveaux de la Société.

Alors, évidemment on peut toujours accuser l’auteure de vouloir faire un «scoop» avec un sujet sensible quand du jour au lendemain elle peut reprendre sa notoriété et son mode de vie privilégiée, à des lieux de ceux et de celles dont elle veut se faire le porte parole, mais les situations qu'elle décrit dans son livre sont réelles et elle le fait sans misérabilisme.

Aussi, et quoi que l’on puisse en penser, elle a eu le mérite de s’y intéresser, de prendre parti et nous faire prendre conscience de ce qui se passe dans un pays ou l’on a fait une institution de "la liberté, l'égalité et la fraternité". Après avoir lu son livre. Tout ce que j’espère c’est que nous apprendrons tous à regarder ces personnes non avec pitié, ni comme des meubles, des machines, mais tout simplement comme des être humains, qui ont leur dignité et qui effectuent un travail indispensable, pénible et ingrat pour notre bien être et notre satisfaction à tous.

 

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A propos de l’auteur :

Florence Aubenas est journaliste. Elle a d’abord été grand reporter pour Libération, puis pour Le Nouvel Observateur. Elle est l’auteur de nombreux essais et enquêtes, dont la Méprise disponible au Points.

  

14 juillet 2011

Contes hassidiques

Quatrième de couverture :

9782715232105"Chez nous, dans la région de Kiev, il n'est pas de maison dans violons ! Vous voulez savoir combien il y a d'hommes dans une famille ? Regardez les murs et comptez les violons qui y sont accrochés ; tant de violons, tant d'hommes ! Tous jouent, le grand-père, le père, le fils... Il est regrettable pourtant que chaque génération joue ses propres airs sans s'inquiéter des autres... Or, si une mélodie vit, elle peut aussi mourir. Autrefois jeune et pleine d'entrain, peu à peu elle s'affaiblit, ses forces l'ont quittée, elle n'est plus... Puis soudain elle ressuscite..."

Et voici donc un des plus beaux et des plus célèbres contes de Peretz, l'histoire de la mélodie composée pour un mariage par un pauvre violoniste et qui au fil du temps, se métamorphose, passe les frontières survole les campagnes, les villes en aidant à mieux vivre tous ceux qui l'entendent

Voici l'histoire de ce coquin de Mendel qui rend visite à ce vieux  grigou de Rez Ooza et sait très habilemnet  lui soutirer une dot pour sa fille

Voici le chaleureux Rabbi de Biala qui refuse les prescriprtions  trop sévères de la religion pour faire chanter et danser ses hassidim - le hassidim prônant qu'on prie d'abord avec son corps. Voici donc ces merveilleux contes hauts en couleur, plein d'émotions et d'humour enfin réédités.

Editions : bibliothèque étrangère MERCURE DE FRANCE - Broché 171 page - ISBN : 9782725 232205 - Prix : 17,50 euros

 

 Mon avis : Volodia

Il peut être particulièrement ardu pour des personnes ne relevant pas de notre culture de comprendre et de nous suivre à l'intérieur de chaque shettle ,(villages juifs d'Europe de l'Est vivant en vase clos et en complète autarcie, non par choix mais bien souvent par obligation) ou toute la vie de chacun est rythmée par la Torah, le Talmud et/ou  chaque geste et acte de la vie sont dictés  par la religion Dans chacune des nouvelles de ce livre,  qui peuvent être comprises de plusieurs façons,  la meilleure reste celle qui nous rapproche de Dieu.

Je me souviens qu'enfant j'avais demandé à mon arrière grand-père pourquoi notre peuple jouait essentiellement du violon. Il m'a répondu "... En cas de progrom c'est ce qu'il y a de plus facile à emporter, et une des seules richesses qui nous soit laissée..."

 

i_3_8PeretzA propos de l'auteur , (source wiképédia) :

Isaac Leib Peretz (né le 18 mai 1852 à Zamosc, mort le 3 avril 1915 à Varsovie, connu également en tant que Leybush Peretz יצחק־לייבוש פרץ et Izaak Lejb Perec (en polonais) mais surtout sous le nom de I.L. Peretz, était un écrivain et dramaturge de langue yiddish. Selon Payson R. Stevens, Charles M. Levine et Sol Steinmetz, il fait partie des trois auteurs classiques de la littérature yiddish, aux côtés de Cholem Aleichem et de Mendele Moich Sforim.  Il joua, selon Sol Liptzin, un rôle pionnier dans l'émergence d'une littérature yiddish, donnant ses lettres de noblesse à une langue jusqu'alors décriée comme un vulgaire jargon, mais dont l'essor devait être confirmé par Cholem Aleichem. "Peretz suscita chez son électorat un profond désir d'émancipation, un désir de résistance..."

Il voyait le monde comme un ensemble de nations différentes, chacune ayant son identité propre, et il s'opposait à une culture universelle. Toujours selon Liptzin : "Chaque peuple était à ses yeux un peuple élu ; son rôle en tant qu'auteur juif était d'exprimer [...] des idéaux juifs ... bâtis sur une tradition et une histoire juives".

Contrairement aux autres Maskilim, il tenait en grande estime les Juifs Hassidiques pour leur mode de vie, tout en admettant que des concessions à la faiblesse humaine étaient nécessaires. Ses nouvelles "If Not Higher", "The Treasure", ou "Beside the Dying" symbolisent l'importance de privilégier les devoirs du coeur plutôt que les devoirs du corps.

15 octobre 2011

Mordre au travers - Virginie Despentes

Mordre_au_travers"Nue devant la glace elle regardait ce gros corps, cette montagne de graisse. Il ne ressemblait à rien. Même pas une femme, rien qu'un gros sac.

A mi-voix elle se répètait : "Salle grosse truie, putain de sale grosse truie, grosse vache." Les yeux pleins de larmes, parce qu'il s'agissait bien d'elle".

Evocations tranchantes d'un quotidien noir, de drames intimes ou de rêves inquiétants... Ces nouvelles disent violemment la femme dans son désir ou refus du désir, dans ses colères, ses hontes inavouées, ses excès d'amour, ou sa folie meurtrière...La femme blessée, humiliée ou bien vengeresse et autodestructrice.

Le femme humaine... Trop humaine ?

Editions : Librio - ISBN : 9 782290 011546 - Broché 123 pages - Prix : 2 euros

Mon avis : Volodia

J'aime la façon d'écrire de cette auteure. Son style est insicif, lapidaire. Sa plume est trempée dans l'acide. Pour elle un chat est un chat et elle ne s'embarrasse pas de métaphores et/ou de circonvolutions pour décrire des situation, des sentiments, des ressentis. A savourer ! 

14 août 2011

O Verlaine - Jean Teulé

VerlaineQuatrième de couverture :

Alcoolique, amant frénétique et désordonné, bigame maltraité par ses deux compagnes, Paul Verlaine oscilla jusqu'au tombeau entre l'ignoble et le sublime. C'est à la toute fin de sa vie, au moment de la pire déchéance morale et matérielle, au moment où les gloires de l'époque l'acccablaient de leur mépris, qu'une soudaine vague de sympathie naquit en sa faveur parmi les étudiants et la jeunesse du Quartier Latin. En quelques semaines, il devint leur idole.

Fol amoureux de ce personnage magnifique et terrifiant, Jean Teulé a choisi de raconter cette période extravagante à travers le regard du jeune Henri-Albert Cornuty - un adolescent de Béziers qui monta à pied à Paris dans le seul but de rencontrer Verlaine...

Editions : Pocket (poche) - ISBN 9 782266 157308 - Prix : 7 euros -338 pages 

Critique littériaire de Pierre Drachline - Le Monde des Livres :

"Jean Teulé signe avec O Verlaine ! son plus beau roman d'amour".

 Mon avis : Volodia

Ne vous attendez pas en lisant ce livre à trouver une biographie telle qu'elle serait écrite par un historien.

Jean Teulé nous fait rencontrer Verlaine à travers les yeux d'un jeune garçon fraichement débarqué de sa province, dont les premières oeuvres lui ont été offertes par son oncle, anarchiste. Nous y voyons à travers ses yeux, un homme perclus de maux divers et arrivé au dernier stade de la déchéance se partageant entre ses deux maîtressses qui lui font les poches pour récupérer, les quelques sous que lui envoyent ses admirateurs pour animer des conférences, mais, surtout ses poèmes qu'elles s'empressent de vendre pour l'une, assumer le quotidien, pour l'autre donner à son souteneur, le poursuivant jusque sur son lit d'hôpital. 

La plupart de ses amis sont morts, ses autres connaissances ont trouvé le succès et ne voit plus qu'en lui qu'un homme fini se noyant dans l'absinthe et la débauche. Lui même reconnait avoir brûlé sa vie par les deux bouts et accepte avec fatalisme les dégâts causés par ses excès. 

Ce livre est avant tout une reconstitution fidèle de l'atmosphère de Paris au 19ème siècle, noir, sombre pour qui n'a pas la chance d'être bien nés. Un Paris bruyant, avec ses fumées, sa puanteur, ses ouvriers, ses putains au langage "fleuri".

Jean Teulé nous livre une biographie romancée de ce qu'a pu être la vie du poête quelques mois avant sa mort. Ce livre comporte Quelques croquis de Jean Teulé et quelques poèmes y sont mis en avant. Difficile de ne pas être touché par ce portrait de verlaine et de reposer ce livre avant de l'avoir lu en totalité.

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