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Adyghee Le salon littéraire de l'ivresse des mots
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Adyghee Le salon littéraire de l'ivresse des mots

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28 août 2022

La sonate à Kreutzer - Léon Tolstoï

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Quatrième de couverture :

 

Pendant un voyage en train, un homme se confie et raconte comment après plusieurs années de mariage, sa femme déçue a pris un amant. La jalousie s'est alors emparée de lui pour le conduire jusqu'au meurtre.

 

Peinture de la vie conjugare et de ses frustrations. Récit d'une descente aux enfers et  drame de la jalousie. Une nouvelle d'une rare intensité dramatique.

 

Editions : Folio bilingue (russe-français) - ISBN : 978 207 038 866 0 - Poche : 336 pages - publié en Mars 1997 - Prix 14,40 euros. 

 

 

Mon avis : ChezVolodia

 

La sonate de Kreutzer exprime une virulente condamnation à l'encontre de la fausse importance accordée à l'amour physique. Elle défend l'abstinence sexuelle (même dans le mariage) et s'oppose à la conception et aux idées sentimentalistes de la passion romantique.

 

Ces valeurs morales sont en bien des aspects étrangèrent à l'Occident d'aujourd'hui, mais le roman ne peut cependant pas être qualifié de simple digression réactionnaire. L'idée selon laquelle l'égalité entre hommes et femmes est impossible tant que la femme sera considérée comme un objet sexuel fait écho aux débats féministes actuels. Ici, Tolstoï est au sommet de son puritanisme, qui découle de sa célèbre conversion tardive au christianisme. La publication du roman en Russie fit un tel scandale qu'il frôla la censure. 

 

C'est lors d'un voyage en train que Pozdnychev raconte au narrateur comment il en est arrivé à tuer sa femme, mettant ses actions sur le compte de la philosophie sexuelle de l'époque. L'aspect le plus fascinant de ce court roman est sa représentation de la jalousie masculine obsessionnelle, d'une grand acuité psychologique.

 

Ce sont des broutilles qui scellent la conviction de Pozdnychev que sa femme entretien une liaison avec son partenaire musical. Le mur qui se dresse entre sa souffrance intérieure et sa façade composée et scrupuleusement polie, entre sa passion intime et le décorum public, finit par s'effondrer dans son déchainement meurtrier final.

 

A propos, d'abstinence sexuelle, je me permets de mettre un lien vers un post figurant sur mon blog général, pouvant intéresser mes lecteurs : 

 

Une étrange secte : Les Skoptzy - zdraztvitié (canalblog.com)

 

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27 août 2022

Le Fou du Tzar - Jaan Kross

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Quatrième de couverture :

 

Le fou du Tzar, c'est le colonel Timotheus von Bock, dit Timo, un ex-favori de l'empereur Alexandre Ier qui, pour avoir eu l'audace de lui présenter un projet de constitution pourtant conforme à leurs voeux communs, pour avoir « osé la vérité » en somme, a été condamné à passer neuf ans au secret dans la forteresse de Schlüsselburg. De retour dans sa résidence, ce baron balte va subir une surveillance policière de chaque instant, surveillance d'autant plus cruelle qu'elle est exercée par son entourage proche et sa famille même.

 

À travers le journal de l'arpenteur Jacob Mältik, beau-frère de Timo, Jaan Kross fait revivre l'Estonie de jadis et dénonce avec un art consommé la façon dont une société attachante mais fragile peut être minée par la perversité d'un système qui fausse les rapports humains.

 

De ce Fou du Tzar on a pu dire que c'était du Shakespeare en Estonie. C'est assez souligner la grandeur du livre et de son auteur.

 

 

Editions : Robert Lafont - ISBN : 2221193172 - Poche : 688 pages - Parution : 09/03/2016 - Prix :  12 euros

 

 

Mon avis : ChezVolodia

 

Le héros de ce roman est le colonel Timotheus Von Bock, aristocrate balte du XIXème siècle qui rentre des guerres napoléoniennes, débordant d'idéaux romantiques et du désir de voir naître un monde meilleur. Il refuse d'épouser celle qui lui était destinée et s'éprend de sa femme de chambre, une serve qu'il prend pour femme au grand scandale de la société.

 

En 1818, il libère tous ses serfs, puis ayant juré de toujours dire la vérité, envoie au tzar une missive où il critique son règne tyrannique. Immédiatement banni de son domaine et emprisonné pendant neuf ans, il est libéré par le Nicolas 1er, mais déclaré fou et renvoyé sur ses terres désormais désolées.

 

Le beau-frère de Bock, un paysan, écrit ce récit principalement sous la forme d'un journal qui tente de rétablir la vérité quant à la folie de Timothéus, et essaie de comprendre pourquoi ce dernier a défié l'autoritarisme d'un tzar qui fut autrefois son ami d'enfance.

 

Cela permet à l'auteur d'analyser et d'attaquer le régime soviétique dont l'emprise sur la communauté littéraire estonienne était légèrement plus relâchée qu'à proximité immédiate du pouvoir. La première moitié du XIXème siècle a été témoin d'une renaissance nationaliste dans le Etats Baltes, et la prise de conscience croissante de leurs différences culturelles et linguistiques, ainsi que la comparaison avec l'Union Soviétique des années 1970 ne sont ici jamais loin.  

 

Jaan Kross a été nommé à plusieurs reprises pour le prix Nobel de littérature et est aujourd'hui l'un des plus grands écrivains estoniens.

22 janvier 2017

Bakst des Ballets russes à la Haute Couture

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Léon Bakst est né en 1866 et décédé en 924, est l'auteur d'un oeuvre qui a révolutionné son époque, tous genres confondus : le théâtre, la danse et la mote. Il a été le principal collaborateur de Diaghilev pour les Ballets russes à Paris, Londres et Monte-Carlo.

Ce livre se veut un portrait exhaustif d'un artiste total d'origine russe devenu une figure du Tout Paris, d'un peintre qui a su former Chagall et qui a été l'ami de Picasso Matisse ou Modigliani. Avec ses créations fiévreuses, dominées par l'érotisme des corps, coçues e dialogue avec Debussy, Ravel ou encore Nijinski, il a reçu les éloges appuyées de Proust, Cocteau ou Nabokov et a continué d'inspirer les créateurs tels que Yves Saint Laurent ou Karl Lagerfels.

 

Editions : BNF - ISBN : 9 782226 321527 - Broché : 191 pages - Prix : 39 €

 

Mon avis : Indiangay

Ce livre est une référence pour tout danseur, il permet d'avoir une biographie fort complète de ce créateur de génie, ainsi que des photos des costumes réalisés pour des ballets, je pense notamment aux plus célèbres d'entre-eux tels "L'après-midi d'un Faune, Le Sacre du Printemps, la Légende de Joseph, Le Ballet de Carathis, la Belle au Bois Dormant et bien d'autres, mais également aux décors et pièces de théâtre tel le Dieu Bleu, Pherséphone, etc....

La facture de ce livre est de toute beauté. Le papier est glacé, les pages pourvues de nombreuses photos couleurs, qui illustrent et agrémentent les textes, séparés par : sa biographie dans un premier temps, puis, sa rencontre avec Diaghilev, ses débuts de créations pour les Ballets russes, ses créations théâtrales, et enfin toute l'élégance qu'il apporta à la mode, mélangeant les matières, les dessins, les couleurs, les styles en leur donnant cette somptuosité toute orientale.

Ce superbe livre a été réalisé sous le direction de Mathias Auclair, Sarah Barbedette et Stéphane Barsac en collaboration également avec l'Opéra de Paris et est un magnifique témoignage et hommage à un créateur hors pair..

6 mai 2019

Kamasutra des grenouilles - Tomi Ungerer

 

KAMASUTRA DES GRENOUILLES

Je viens de découvrir ce bestiaire érotique, très drôle au demeurant, sans texte et composé uniquement de dessins de ravissantes grenouilles dessinées à l'encre de Chine et rehaussés de touches d'encre de couleurs remarquables de réalisme et de vivacité.

L'artiste avec sa verve légendaire a décidé de représenter la grenouille dans une veine moins classique. Puisque l'animal est réputé pour ses moeurs amoureuses. Pourquoi ne pas en faire l'acteur principal d'un nouveau Kamasutra ? De part sa souplesse, le corps de notre batracien se prête admirablement aux audacieux et acrobatiques  imaginés dans le livre indien. Solitaire, en duo, à trois et même en groupe, voici les grenouilles de Tomi Ungerer qui se livrent à de joyeuses bacchanales et qui déclanchent le rire. 

"... Jeune grenouille agile, libre et entreprenante cherche partenaire (s) de jeux - sport, nature, gastronomie, acrobatie, musique et fête-, dans un esprit d'échange, d'ouverture et de plaisir partagé..."

Elles ont la peau aussi lisse qu'une émeraude, sans poils ni écailles. Leurs yeux d'une langueur lascive sont soulignés d'une bouche béante de voracité lubrique. Ce sont surtout leurs jambes, fines, nerveusement élancées, toujours prêtes à la détente, qui sont provocantes. La nature, hélas, ne les a pas assez mises en valeurs, avec des bas noirs et porte-jarretelles. Ces jambes, donc, aboutissent sur de petites fesses de nymphettes Lolita, frétillantes, frissonnantes au moindre frôlement d'un brin d'herbe, d'une libellule ou d'un courant d'air. Il est donc évident que la grenouille a été pour moi.              - Tomi  Ungerer.

 

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Mon avis : Volodia

Ce petit opuscule est original, délicieux, drôle, irrévérencieux à souhait. Il ne comporte aucun texte, et est composé de 16 planches y compris la page de garde et la quatrième de couverture. Les dessins sont superbes, et suffisamment explicitent tant dans les mises en situations que par la drôlerie.

Editions : Musées de la Ville de Strasbourg - ISBN : 978 2 3512 5119 5 - Broché : 6 pages - 9 €. 

26 novembre 2018

Le collège de Buchy - Jérémie Lefebvre

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Quatrième de couverture  :

Jérémie Lefebvre se saisit de la condition de souffre-douleur, lui arrache ses titres de noblesse et en dévoile l'ambiguïté acharnée, les beautés horribles, la tristesse à pleurer de rire. Avec une écriture de premier de la classe retravaillée au cutter, il pousse la problématique du harcèlement scolaire jusqu'aux frontières de la folie et livre un roman haineux, drôle, bouleversant, d'un noir incandescent. 

Editions : Lunatique - ISBN : 1090424590  - Broché 118 pages – Prix : 12 euros 

Mon avis : ChezVolodia 

Jérémie Lefebvre se remémore ses années de collège. Souvenirs douloureux, et indélébiles d’un harcèlement scolaire. 

Orphelin, élevé par sa grand-mère, fervents catholiques à la limite de la bigoterie, il s’est trouvé en butte à la bêtise et à la méchanceté d’autres collégiens issus de milieux plus populaires, plus turbulents et vindicatifs. 

Les causes de ce harcèlement, on ne peut que les supposer : issu d’un milieu bourgeois, timide, bon élève, n’ayant pas le verbe ou les poings pour le faire stopper, il s’est trouvé pris dans un engrenage dominants-dominé. Il a suffi d’un meneur, et la meute qui a suivi ont fait de ses années un cauchemar sans cesse renouvelé. 

Bien évidemment les humiliations, la violence verbale ont été exercées à l’insu des adultes, ou dans leur indifférence générale, jugeant sans doute qu’il s’agissait d’histoires d’enfants. La grand-mère  spectatrice impuissante essaie de réconforter son petit-fils en l’emmenant en pèlerinage d’où il revient sous le charme, durant plusieurs jours, du prêche entendu,  puis à terme le calvaire reprend, malgré le fait que la vieille dame se soit déplacée pour avertir le proviseur de ce qui se passe. 

Les séquelles de ce harcèlement sont toujours présentes dans le cœur de l’auteur, qui malgré ce livre assez noir, trouve une certaine forme d’humour acide dans l’expression de son ressentiment vis-à-vis de ses persécuteurs. 

Le coup de grâce viendra de son propre fils, lorsqu’il s’apercevra au cours d’un trajet en bus, que celui-ci à un comportement de harceleur envers un de ses camarades. La boucle est bouclée. 

Ce livre est la résultante d’une souffrance, qui ne s’est pas éteinte, malgré les années. De nos jours, on parle de plus en plus du harcèlement. Pourquoi maintenant ? Les violences entre élèves ont toujours existé, elles sont unes et multiples. 

Auparavant, dans un passé pas si lointain toutefois, elles étaient induites par une différence plus flagrante : Port de lunettes, obésité, handicap physique ou mental, couleur de peau, religion,  etc… A l’heure actuelle, plus insidueuses, elles se sont déplacées vers d’autres formes de différences : Milieu social, qualité de l’élève (plus le bon que le mauvais),  tenues vestimentaires, la rumeur, et plus nouveau : l’orientation sexuelle.  Le phénomène est amplifié par l’accès aux nouvelles technologies : téléphone portable, vidéo, internet qui font que le harcelé n’a aucun moyen de souffler, de trouver une relative tranquillité dans son espace privé, et qui souvent n’arrivant pas à y mettre fin, fini par se supprimer en désespoir de cause estimant que mort il sera enfin libéré. 

Le plus terrible c’est que pris individuellement, la composante de cette meute de harceleurs est qu’ils sont et/peuvent être chacun de nous. Et qu’on les retrouve souvent à l’âge adulte, et  pour diverses raisons dans notre entourage et/ou milieu professionnel…  et cela donne à réfléchir !

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24 juin 2018

Mes bibliothèques - Varlam Chalamov

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Certains aiment les livres comme on aime des personnes : Ils les rencontrent, s'en éprennent, s'en déprennent, les caressent, les rejettent, les oublient, les traquent,, les retrouvent,, les possèdent, et les perdent.

Si la vie les empêchent de les collectionner et de les enfermer dans la prison d'une bibliothèque, ils vont leur rendre visite ailleurs et parfois les enlèvent. Ils les rêvent.

Nous connaissons Chalamov l'écrivain des camps, le poête de la Kolyma. Voici Chalamov le lecteur, l'amoureux des livres, parmi les rayonnages de ses bibliothèques.

Editions : Interférences - ISBN : 9 782909 589008 - Broché : 53 pages - Prix :12 €

Mon avis : Volodia

Pour comprendre l'importance que Chalamov accordait aux livres et en l'occurrence aux bibliothèques, il faut remonter à son enfance. Né en 1907 à Vologda (ville importante et place forte au temps des Romanov).

Dans ses souvenirs Chalamov n'a eu, petit enfant, que deux livres : un de conte, un autre de l'alphabet de Tolstoï. A l'école primaire, il n'y avait pas de livres, simplement des manuels jusqu'en 1918 date de l'ouverture de la première bibliothèque ouvrière. Les ouvrages qui 'y trouvaient avaient été réquisitionnés chez des propriétaires terriens.

Il a 10 ans l'année de la Révolution. Ne pouvant faire d'études supérieures en raison de ses origines (fils de pope). Il part pour Moscou en 1923 et réussit l'examen d'entrée de la Faculté de Droit de la capitale. Afin de payer ses études, il travaille dans une tannerie.

Arrêté une première fois en 1929 pour avoir diffusé "Le Testament de Lénine" , il est envoyé en Sibérie. Libéré en 1931, il revient à moscou et travaille comme journaliste jusqu'à sa seconde arrestation lors des grandes purges de 1937, pour activités contre révolutionnaire trotskiste. Condamné à 17 ans de travaux forcés dans les mines d'or de la Kolyma.

Pendant ces années terribles d'incarcération ou les prisonniers subissaient les pires exactions tant du côté des gardiens que des prisonniers de droit commun vis à vis des prisonniers politiques. Il n'avait aucun moyen de s'évader, même par la pensée, livres, papier et crayons étant interdit. Seuls la faim et le froid l'obsédaient au point qu'il avait perdu son ancienne faculté de lire, le déshumanisant peu à peu.

Libéré en 1951, il reste encore 2 ans en relégation en Extrême Orient. C'est durant cette période, dans un village de travailleurs libres où il résida, et où il y avait un bibliothèque conséquente de deux mille titres regroupés et conservés avec soin par un vieil érudit qu'il reprit contact avec les livres, qu'il renoua avec cette passion inextinguible.

Ce livre est le récit de cette traversée du "désert". De la bêtise et de la cruauté humaine portées aux nues par un régime totalitaire.

En 1953, après la mort de Staline il est autorisé à quitter la Kolyma mais reste interdit de séjour à Moscou. Ce n'est qu'en 1956 après le XXème congrès  dénonçant le culte de Staline qu'il est réhabilité et revient à moscou. 

Il meurt en 1982 dans un asile psychiatrique.... 

7 janvier 2018

Qu'elle était belle cette utopie - Jacques Rossi

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Quatrième de couverture :

"Six heures du matin. Toutes les baraques vomissent des flots de détenus fatigués, gris, usés.  Résignés, ils se dirigent vers le portail. Là les attendent des hommes armés et des chiens., pour les escorter jusqu'aux chantiers. Tous ensemble, nous allons ajouter une nouvelle pierre au radieux édifices du Communisme.

Le XXème siècle a tenté de donner corps à l'utopie communiste.  Des dizaines de millions de personnes ont été victimes de cette expérience. Certains avaient cru en cette utopie de tout leur coeur.

Comme l'auteur de ce livre, un européen. Contrairement à tant d'autres, il a eu la chance de survivre et d'en réchapper. Il s'appelait Jacques Rossi. Il a réussi à faire paraître de son vivant deux ouvrages auxquels il a consacré ses dernières années : "Le manuel du goulag" et ces" instantanés" de la vie dans les prisons et les camps soviétiques.

Si ces  récits témoignent d'une curiosité insatiable et d'un sens de l'observation non dénué d'humour, ils illustrent aussi la leçon que Jacques Rossi a su tirer de la réalité à laquelle il a été confronté : on doit savoir garder les yeux ouverts, remettre en question les idéologies qui déterminent notre vision du monde et, s'il le faut, avoir le courage de renoncer à ses illusions.

Editions : Interférences - ISBN : 978 2 909589 34 3 - Broché : 196 pages - Prix : 15 euros.

 

Mon avis  : Volodia

Ce livre est un témoignage sur la réalité Communiste. Celui de la paranoïa de son dictateur en l’occurrence Staline, qui entraîne avec lui non seulement des civils complètement étrangers à ses délires, mais également les plus fidèles partisans du Communisme.

La marche forcée vers la collectivisation de tous les biens, qu’ils soient industriels, privés. La transformation d’intellectuels et de grands industriels en ouvriers et/ou paysans. La nationalisation de l’Asie Centrale, La famine organisée en Ukraine pour nourrir la Russie puis, la colonisation des Pays Baltes (l’Estonie, la Lituanie et de la Lettonie) en 1940.

Jacques Rossi est français d’origine. Sa mère s’est remariée avec un Polonais, et de fait il a passé sa jeunesse en Pologne. Très impliquée dans cette nouvelle Politique, il devient agent du Komintern. Suite à la répression de 1937, il se retrouve après un simulacre de procès condamné à 8 ans de travaux forcée puis, sans raison aucune, prolongé de 25 ans de goulag. Il y décrit les conditions particulièrement pénibles tant psychiquement que physiquement de ses années de détention et ce bien avant que l’Europe ne découvre les camps de concentration institués par le Régime Nazi pour anéantir les opposants, celui-ci se serait semble-t-il inspiré des goulags Stalinien pour créer ses camps d’internement.

Malgré le froid, la faim, le travail éprouvant et insoutenable par -50°, la promiscuité avec les droits communs qui font la loi, l’imbécilité criminel du système, il refuse la fatalité, de se « laisser briser ». Il observe avec et essaie de comprendre l’incompréhensible.

Je recommande particulièrement ce livre. Ce voyage intense au sein d’une utopie qui a fait mourir des millions de personnes, en éliminant son propre peuple le transformant tour à tour d’innocent en bourreau et vice versa, et qui malgré la faillite reconnue de son régime totalitaire, continue de propager ses idées par la manipulation et l’aliénation des masses

 

15 juillet 2020

L'enfance au Moyen Age -Pierre Riché - Danièle Alexandre-Bidon

 

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Pendant des décennies, l'enfant du moyen âge reste éloigné des préoccupations des historiens. On allait répétant que les sources étaient muettes à son sujet ou ne donnaient de lui que des représentations déformées. L'enfant n'aurait été rien d'autre qu'un adulte en réduction, un être en soi sans intérêt, et la civilisation médiévale serait demeurée étrangère à l'idée même d'éducation.

Pourtant, à l'étranger d'abord, puis récemment en France, l'étude de l'enfance au moyen âge a permis de reconsidérer en profondeur cette vision des choses. Première synthèse écrite en français à l'occasion d'une exposition organisée par la BNF (Bibliothèque Nationale de France) cet ouvrage voudrait cerner de la manière la plus rigoureuse, l'histoire de l'enfant occidental entre le VIIème siècle et la fin du XVème siècle.

Après avoir évoqué les débats souvent passionnés qui ont eu notamment pour thèmes la définition de l'enfance et les principes de son éducation, les auteurs présentent l'enfant médiéval dans sa famille, avant et au moment de sa naissance, entouré des soins de sa mère et de sa nourrice ; puis viennent ses années d'apprentissage à l'extérieur du cercle familial et au sein de l'école monastique ou urbaine. Suivront les travaux des champs ou à la ville et les obligations de la vie quotidienne au service d'enseignement. Sont aussi pris en compte l'enfance malheureuse et les remèdes que l'époque tenta de lui apporter, l'éducation religieuse et le rôle de l'enfant dans la liturgie.

A noter : Un petit paragraphe sur l'enfant juif, son éducation, les rapports entre enfants juifs et chrétiens.

Le texte des auteurs est accompagné et prolongé par une iconographie brillante puisée à des sources internationales.

Editions : Seuil : ISBN : 2020195054 et 978 2020 195058 - 215 pages

Mon avis : ChezVolodia  

Superbe livre, très complet tant dans ses textes que par ses illustrations, constituées de photos, de bois et d'enluminures qui nous présente une certaine vision de l'enfant au moyen âge.

Contrairement à notre époque actuelle, ou le règne est celui de l'enfant roi. Au moyen âge l'enfant appartenait à ses parents, et n'était pas considéré automatiquement comme pur et innocent, mais plutôt pareil à une cire molle que l'on peut façonner dans un sens ou dans l'autre.

Les premières impressions reçues par l'enfant étant considérées comme indélébiles et les clercs particulièrement soucieux de préserver l'innocence des enfants, ceux-ci vivant dans l'intimité de leurs parents étaient témoins de leur vie de couple.

Dans la catégorie Album beaux livres, vous trouverez quelques illustrations figurant dans ce livre

22 mai 2019

A l'origine notre père obscur - Kaoutar Harchi

 

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Quatrième de couverture :

Enfermée depuis toujours dans la "maison des femmes" - où maris, frères et pères mettent à l'isolement épouses, soeurs, et filles coupables, ou soupçonnées, d'avoir failli à loi patriarcale -, une enfant a grandi en témoin impuissant de l'aliénation de sa mère et en victime de son désamour. Le jour où elle parvient à s'échapper, la jeune fille aspire à rejoindre enfin son père dont elle a rêvé en secret sa vie durant. Mais dans la pénombre de la demeure paternelle la guette un nouveau cauchemar d'opression et de folie.

Entre cris et chuchotemets, de portes closes en périlleux silences, Kouatar Harchi écrit à l'encre de la tragédie et de la compassion la fable cruelle de qui tente de s'inventer, loin des clôture disciplinaires érigées par le groupe, un ailleurs de lumière.

Editions : Babel - ISBN : 978-2-330-06675-8 - Poche : 164 pages - Prix : 6,80 euros

Mon avis : Indiangay

J’ai beaucoup aimé ce livre ou les femmes sont tour à tour bourreaux et victimes. Victimes de médisances chuchotées d‘abord entre elles, puis propagées en rumeur par d’autres femmes prisonnières de l’ennui et de la frustration des hommes. Hommes tiraillés eux-mêmes par des désirs intenses au point d’en devenir pervers, soumis à une tradition d’un autre âge que les uns et les autres perpétuent de peur de voir leur faible pouvoir leur échapper, voir disparaître.

Dans ce livre, il est question d’une femme jeune encore, et de sa fille, née dans cette maison des femmes qui voit sa mère s’enfoncer dans la dépression puis, la folie en cherchant à comprendre pourquoi son époux, dont elle est toujours amoureuse et n'a de cesse d'espérer le retour l’a punie de cette manière, l’a recluse au milieu de ces femmes avec lesquelles elle n’a aucun point commun.

Cette enfant grandie dans la promiscuité avec les autres femmes, la maison a beau être grande, toutes les pièces, sont toujours occupées par des femmes qui préparent les repas, d’autres qui bavassent dans la salle commune, d’autres encore qui font leurs ablutions dans la salle des bains. Seul répit, la chambre sans fenêtre qu’elle partage avec sa mère et le toit terrasse où elle peut voir à l’horizon, la place du village ou s’écoule le temps et la vie.

A la mort de « la » mère, adorée, puis désaimée au fur et à mesure des années et de son désintérêt pour elle, elle ose franchir le seuil de la porte, pour aller rencontrer son père. Elle quitte une maison lourde de secrets, pour en retrouver une autre ou sévissent les mères, sœurs, belles sœurs de celui- ci. Elle rencontrera également le fils de son père, son demi-frère, non marié, âgé d’une quanrantaine d’anné, manipulateur et pervers. Et c’est par l’intermédiaire d’une servante, qu’elle comprendra la machination mise en place pour perdre sa mère, en raison d’une vengeance instituée par le fils de son mari et dont elle a été la victime inconsciente.

Cette histoire aurait pu se dérouler dans n’importe quel pays , au Magrheb, en Orient, en Asie du Sud est ou Méridionale, dans n’importe quels endroits où la séparation des sexes est très marquée, obligeant les hommes et les femmes à vivre entre eux, presque en vase clos, ou les clans sont déjà définis, et ou seuls les indéfectibles liens du couple ont lieu dans l’intimité d’une chambre close, ou la femme peut espérer être l’égale voir prendre le pouvoir sur son époux au détriment de tout et de tous.  

26 juillet 2015

L'Adieu à Berlin - Christopher Isherwood

9782246811381-X_0Quatrième de couverture :

Adieu à Berlin, d'où a été tiré le célèbre film Cabaret, est le chef-d'oeuvre de Christopher Isherwood, un des plus grands écrivains anglo-saxons du XXème siècle.

Dans le Berlin de l'entre-deux-guerres, capitale de toutes les avant-gardes et de toutes les audaces, un jeune Anglais loue une chambre chez l'envahissante et sympathique Fraülen Schroeder. Il y fait la connaissance de Sally Bowles, jeune chanteuse de cabaret convaincue qu'elle deviendra une star.

Et voici la vie de bohème, sortir tous les soirs, escroquer les riches, fréquenter une héritière et aimer un couble de garçons qui se déchire. Chronique de la fin d'un monde, des derniers jours de plaisirs et des premiers jours du nazisme. Quand l'enfer rencontre le paradis.

Editions : Les Cahiers Rouges - Grasset - ISBN : 9 782246 811381 - Poche : 280 pages - Prix : 9,50 €

 

Mon avis : Volodia

J'ai d'abord vu le film, puis lu le livre et j'ai aimé les deux.

Chronique de l'Allemagne des années 1930, univers des petites gens de toutes catégories sociales qui tentent de survivre malgré la crise économique et alors que la "peste brune" envahie peu à peu le pays.

Arrivé à Berlin en 1920, Isherwood est le témoin passif des événements de l'histoire. Il enregistre, mais ne pense pas, il témoigne simplement d'un état en déliquescence.

C'est à petites touches qu'il nous dépeint la vie Berlinoise, avec ses pensions de famille et ses hôtels miteux. Les nuits troubles des boîtes de nuit ou s'affichent sans vergogne prostituées, lesbiennes et travestis, mais également la montée insidieuse de l'antisémitisme prélude à la mise en place d'un régime totalitaire, dont l'extrême virulence anéantira toutes vélléités de rebellion, posant sur le pays une chape de plomb.

 

30 novembre 2015

Le Maître des illusions - Donna Tartt

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Fuyant sa Californie natale, bourse en poche, Richard doit son entrée à l'universite de Hampden, dans le Vermont, à son opportunisme bien plus qu'à son talent.

Prêt à tout pour arriver haut, et vite, le voilà introduit dans la classe du professeur Julian, vouée à l'étude des Anciens, grecs et latins. Bastion de savoir et de snobisme, la petite communauté vit en vase clos, avec deux mots d'ordre : discipline et secret.

Très vite, Richard devine sous le vernis des apparences une tache indélébile, du rouge le plus sombre. Tout ici n'est que vice, secret, trahison, manipulation...

Editions : Pocket - ISBN : 9 782266 188739 - Poche : 790 pages - Prix :  8, 40 €

 

Mon avis : Volodia

Richard Papen, jeune issu d'un milieu modeste poursuit des études universitaires, à Hampden, grâce à une bourse et contre l'avis de ses parents.

Epris de culture classique et subjugué par un enseignant élitiste, qui n'accepte qu'un nombre restreint d'étudiants - venant tous de familles aisées - il arrive à force de ténacité et en s'inventant une riche famille californienne, à intégrer ce petit groupe de 5 élèves dans ce qu'il croit être un monde privilégié.

Il y a Henri, intellectuel autoditacte, qui étudit le sanskrit et le copte tout en parlant le grec classique ainsi que 7 ou 8 autres langues. Les jumeaux : Charles qui boit trop, et Camilla à l'air angélique, unis par bien autre chose qu'un amour fraternel. Françis, dandy hypocondriaque et homosexuel se trouvant bien dans son "placard". Bunny étudiant attardé, à l'allure sympathique mais trompeuse, vivant aux crochets de ses riches amis.

Aux fins de retrouver des instincts primaires tels Dionysios, ils s'adonnent à une bacchanale qui se terminera par la mort d'un homme, un innocent fermier. Bunny absent lors des faits finit, par hasard, par découvrir le pot aux roses et n'hésite pas à monnayer son silence contre des séjours tous frais payer à l'étranger et une nouvelle garde robe.

Ses allusions étant de plus en plus fréquentes et hors de contrôle, le groupe décide de le tuer en simulant une chute dans un ravin. Richard, également absent lors du premier meurtre, mais présent et passif lors du second, décide de garder le silence et d'aider ses amis.

Le livre met en exergue le caractère des uns et des autres, l'évolution des relations entre chacun des membres du groupe et joue sur la conscience du bien et du mal. Les protagonistes sont froids et distants. Ils nous font pénétrer dans le quotidien des universités américaines où l'alcool coule à flots et où les drogues sont disponibles à qui veut en prendre.

 

8 mars 2015

Lawrence d'Arabie - Olivier et Patrick Poivre d'Arvor

 

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"Tous les hommes rêvent mais pas de la même façon, ceux qui rêvent de nuit, dans les replis poussiéreux de leur esprit, s'éveillent le jour  et découvrent que leur rêve n'était que  vanité. Mais ceux qui rêvent de jour sont dangereux, car ils sont susceptibles, les yeux ouverts, de mettre en oeuvre leur rêve afin de pouvoir le réaliser. C'est ce que je fis".

Ainsi parlait Lawrence d'Arabie, incarnation d'un rêve chevaleresque qui a captivé et captive encore des générations entières. Héros pour les uns, mystificateur pour les autres, cet aventurier doté d'une énergie et d'un charisme hors du commun traversa l'histoire avec fougue et panache et finit sa vie dans un sanctuaire isolé, hanté par un désir obsessionnel d'anonymat.

Né en 1888 d'une liaison adultérine, Lawrence s'illustra dans de brillantes études à Oxford, avant de partir, pour les besoins de sa thèse de doctorat, à la découverte des forteresses croisées de l'Orient, puis d'entreprendre des fouilles  à Karkemish, en Syrie, en même temps qu'il apprenait l'arabe.

Enrolé en 1914 dans les services de renseignements de l'armée britannique en Egypte, ses premières années de guerre furent le prélude à sa participation à la grande révolte arabe contre les Ottomans, où se construisit sa légende de séduisant cavalier traversant le désert à la tête de tribus bédouines, légende amplifiée par le journaliste Lowel, puis par le magnifique de David Lean.

Entré en 1922 dans la Royal Air Force comme simple soldat, puis affecté en Inde, il put alors se consacrer à son autre passion : l'écriture. Mais traqué par les journalistes dès sa sortie de l'armée, sa mort tragique lors d'un accident de moto survenu dans des circonstances  inexpliquées fut le dernier épisode de son parcours devenu mythique.

Après avoir consacré un roman à ce personnage qui les fascine depuis toujours Olivier et Patrick Poivre d'Arvor analysent cette fois-ci  dans une biographie minutieusement documentée le destin de ce combattant-écrivain, héros attachant et ambigu à la personnalité complexe, sous l'éclairage émouvant de très belles photographies.

Edititeurs : Caroline Brianchon-Campagne & Eric Koelher - ISBN : 2 84459 141 8 - Broché 237 pages - Prix 10 euros.

 

Mon avis : Indiangay

C'est réellement un beau livre, qui m'a fait voyager en me faisant partager une page importante de l'histoire de l'Orient. Alors bien sûr, il existe de nombreuses biographies de T.E Lawrence, mais celle-ci est présentée et racontée de façon particulièrement plaisante,  appuyée par des documents historiques et illustrées de nombreuses photographies d'époque qui nous permettent de mettre un visage, sur les principaux protagonistes et de visualiser les sites sur lesquels ont eu lieu ces évènements historiques.

J'ai trouvé également fort intéressant le fait de remonter sur l'enfance et l'adolescence de cet homme hors du commun. Nous montrer de quel milieu il venait, ce qui le poussait à se dépasser continuellement. Son passé d'Archéologue et son amour passionné pour les civilisations du Proche-Orient., car bien évidemment on ne prend pas fait et cause pour un peuple et un pays sans raison.

Le film m'avait éboui par sa grandeur et j'ai retrouvé dans le livre mon admiration pour le personnage, sa force de caractère,  son courage dans sa participation à la création de la nation Arabe. D'ailleurs Lawrence ou Thomas Edward Chapman de son vrai nom, en écrira un fort beau livre : "Les Sept Piliers de la Sagesse"  

 

16 novembre 2014

L'Inde des Livres

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Ce salon est organisé par l'Association : "Les Comptoirs de l'Inde" et se déroule les 15 et 16 novembre 2014 à la Mairie du 20ème arrondissement à Paris (entrée libres)

Vous trouverez le programme avec ce lien :http://www.comptoirsinde.org/edition-2013/

une fois que vous avez cliquer dessus vous arrivez sur une page qui contient un autre lien de couleur verte cette fois. il faut cliquer surICI pour avoir le programme 2014.

Vous pourrez lors de cette manifestation, participer à des débats, admirer le travail artistique des différentes tribus de l'Inde, assister à des spectacles de musiques et de danses indiennes.

Acquérir grâce à la librairie de l'Harmattan de nombreux ouvrages sur divers aspects de l'Inde, ancienne et actuelle. Ainsi que des romans, des poésies, des livres de cuisines, de musique, de danse, des trains de luxe, ainsi que des livres historiques relatant la vie des Français dans les comptoirs qui je le rappelle étaient au nombre de cinq  : Chandernagor, Pondichéry, Mahé, Karika, et yanaon.

Divers écrivains, indiens et français seront présents pour dédicacer leurs oeuvres dont Madame Kenize Mourad marraine de ce salon. 

Connaître, si vous ne le savez déjà, le rôle tenu par les indiens appelés à combattre pour la France pendant la guerre 14-18 (entre parenthèse pour les personnes qui nous contestent le droit d'être français, à cause de notre couleur de peau et/ou de notre religion car si certains étaient et sont encore Chrétiens, beaucoup étaient et sont encore Indhus et Sikhs, Musulmans encore pour d'autres.

Il y a également à l'intérieur du salon, un petit "restaurant" ou vous pourrez goûter quelques spécialités de notre cuisine le tout pour un prix raisonnable.

 

13 octobre 2013

Certaines n'avaient jamais vu la mer - Julie Otsuka

imagesCAUNVBBSQuatrième de couverture :

Ces Japonaises ont tout abandonné au  début du XXème siècle pour épouser aux Etats-Unis, sur la foi d'un portrait, un inconnu. Celui dont elles ont tant rêvé, qui va tant les décevoir.

Choeur vibrant, leurs voix s'élèvent  pour raconter l'exil : la nuit de noces, les journées aux champs, la langue revêche, l'humiliation, les joies aussi. Puis le silence de la guerre. Et l'oubli.

 

Editions : 10/18 - ISBN : 978 2 264 060053 2 - Poche 142 pages - Prix : 6,60 euros

 

Mon avis : Indiangay

Ce livre est une véritable ode à toutes ces femmes inconnues, anonymes, à ces destins brisés par des illustions de vie meilleure.

L'auteure nous conte des faits qui se sont déroulés pendant une période de l'histoire, assez méconnue, je pense par certains d'entre-nous : l'immigration japonaise de la fin du 19ème au début du 20ème siècle aux Etats Unis. Pour donner plus de poids aux mots et à ces destins, elle ne choisit pas d'en écrire un, mais d'en évoquer l'ensemble, en employant un pronom personnel : nous, ce nous qui lui permet de s'inclure dans le vécu de son peuple.

Au travers ces destins de femme immigrées se dévoilent toutes les illusions et désillusions d'un voyage dont elles espéraient qu'il les mènerait vers une vie meilleure, retrouver des maris qui les avaient fait venir, et dont elles pensaient qu'ils avaient "réussi", qu'ils avaient une position social et qui leur promettaient tant de belles choses.

Hélas, la réalité fût toute autre. La désillusion commença dès l'arrivée à destination. Aucun n'avait la situation décrite. Ils n'étaient que de pauvres êtres piétinés, considérés malgré les années comme d'éternels étrangers. Ils attendaient tout de ces femmes qu'ils avaient "achetées". Elles, ces pauvres filles dont la plupart venaient de la campagne, étaient vierges et pour certaines encore enfant ont fait une croix sur leurs illusions, on tout supporté de leur époux et de la société pour ne pas être renvoyées au Japon, pour s'éviter ainsi qu'à leur famille la honte suprême d'être répudiées.

Dans ce fil de litanies, on sent le courage, la détermination de ces femmes à vouloir s'intégrer dans ce pays étranger, quitte pour cela à subir et accepter toutes les humiliations de leur condition, rejet, pauvreté, racisme, servilité jusqu'au mépris de leurs propres enfants, porteurs de tous les espoirs - dont celui d'être un jour propriétaire d'une terre, signe s'intégration et synonyme de petite aisance - . Ces enfants désirés ou non, souvent nombreux et négligés dans leur enfance au profit du travail envers les propriétaires terriens. Ces enfants objets de douleurs, nés et élevés dans cette Amérique ont pris le parti de couper les ponts avec une culture qui leur est devenue étrangère et de fait ont honte de leurs parents qui n'ont pu s'adapter à la "langue barbare", et n'ont pu trouver de place où être respectés dans cette société en pleine évolution.

Mais lorsque le Japon attaque Pearl Harbor, les générations se trouveront unies dans un même destin, une même incompréhension, un même désespoir. Considérés comme ennemis, potentiellement comme des espions, des familles entières seront déportées, tous âges confondus dans des camps d'internement dont on ne sait rien, et encore moins où ils se situent.

Le récit aurait pu continuer là, mais il s'est arrêté et je suis resté sur ma faim me demandant ce qu'il était advenu de ces personnes ???

 

 

27 mars 2017

Le vendeur de sari - Rupa Bajwa

9782290087084FS

Quatrième de couverture :

Orphelin depuis l'âge de 6 ans, Ramchand est un jeune vendeur de sari dévoué qui passe ses journées à rouler et dérouler des kilomètres d'étoffes à l'intention des femmes aisées d'Amritsar.

Eprouvant en secret une immense honte face à l'éducation de ces riches clientes, il fait un jour l'acquisition de deux grammaires anglaises, et se prend à rêver d'une vie meilleure. Ainsi armé, il aspire à changer l'ordre établi. Mais ces efforts, en lui ouvrant de nouveaux horizons vont le confronter à l'injustice et à la cruauté du monde. 

Editions : J'ai Lu - ISBN : 978 2 290 08708 4 - Poche 286 pages - Prix : 6,70 € 

Mon ressenti : Indiangay

L'univers de Ramchand tourne autour du magasin de saris ou il est vendeur depuis de nombreuses années et sa chambre sordide située dans un quartier populaire et populeux d'Amristar.

Bien que les vicissitudes de la vie ne l'aient pas épargné  orphelin à 6 ans, recueilli par son oncle plus soucieux de s'accaparer son héritage que de son éducation, puis chassé à 15 ans à la mort de celui-ci, par son épouse  qui ne pouvait continuer à assumer sa charge. Conscient de la chance d'avoir trouvé du travail, il se satisfait de la routine qui s'est peu à peu installée, même si une certaine lassitude le gagne.

Sa seule distraction est d'aller au cinéma, le dimanche avec ses copains qui sont également des "sari-walla" dans le même magasin. Un jour son employeur lui demande d'aller au domicile d'une des familles les plus riches de la ville pour présenter des saris  devant constituer le trousseau de mariage de la fille ainée en passe de se marier prochainement. L'occasion pour lui  de sortir enfin du quotidien, de s'évader et de "pénétrer" dans le monde des privilégiés  indiens. Stupéfait, il y découvre le paradis, la beauté  des choses.

Ce sera un déclic et il se prendra à rêver d'une vie meilleure. Afin de s'élever socialement et conscient que l'instruction en est la base (lui qui sait à peine lire), il acquiert une vieille grammaire anglaise, afin de connaître des mots et leur sens pour accéder plus facilement à la lecture. Il étudiera consencieusement et laborieusement, le soir après son travail, pour faire honneur à son père qui souhaitait l'inscrire dans une école anglophone.

Quelque temps plus tard Ramchand est dépêché par son employeur, au domicile d'un de ses collègues  absent depuis plusieurs jours sans explication. Il y découvrira un univers encore plus sordide que le sien, où règne la misère et la crasse, la violence et l'injustice..

Cette visite le marquera durablement au point qu'il finira dans un accès de folie par s'en prendre à son employeur et ses collègues de travail. Mais comme tout à une fin et parce qu'il a peur de perdre  le peu de sécurité matérielle qu'il a, il finira par faire amende honorable, allant jusqu'à s'humilier et tomber à genoux devant son employeur se faire pardonner. Il sauverera ainsi son emploi et retrouvera  l'estime de tous les sari-walla.

J'ai adoré ce livre qui dépeint fort bien les clivages sociaux de la société indienne moderne. Le grouillement des villes indiennes, le fossé qui sépare les riches commerçants d'une part et les intellectuels non fortunés de l'autre. Rina jeune fille moderne va épouser un militaire et non un riche marchand. Elle se veut être une passerelle entre ces deux mondes.

Car en Inde, quelle que soit la ville, être pauvre est considéré comme une tare. La position sociale d'une famille est sujet à bien des rivalités et la préparation d'un mariage une façon d'étaler ses richesses, et l'inévitable gaspillage des mets qui résulte d'un buffet sont une véritable insulte à la pauvreté de la majorité.

Et puis, il faut bien le dire, la fierté des humbles  d'être invités à des festivités organisées par des notables. L'émouvante admiration des gens du peuple pour tout ce qu'il trouve beau : une carte de visite imitation en papier glacé, des maisons avec des véritables portes et fenêtres, des parcs, des jardins, des piscines avec de l'eau bleu comme sur des catalogues, le tout avec vu dégagée sans détritus et foule grouillante, vulgaire et criarde. Toute ces obséquiosités dont les pauvres font preuve avec les riches les conforte dans l'idée qu'ils leur sont supérieurs.

 

9 octobre 2013

Le petit monde de la rue Krochmalna - Isaac Bashevis Singer

cvt_Le-petit-monde-de-la-rue-Krochmalna_2010Quatrième de couverture :

"Ce soir-là, il plut et le cocher dut remonter la capote du droshky. Marx pris Tsirele dans ses bras et l'embrasse. Il la sentait trembler contre lui comme un petit oiseau. Le souffle court, elle le repoussa, le visage cramoisi. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas éprouvé un tel désir pour une femme, un désir clair et violent, comme dans sa jeunesse..."

C'est précisément pour retrouver sa jeunesse que Max Barabander, un ancien truand qui a fait fortune en Argentine, revient rue Krochmalna. Entre Tsirelé, la fille du rabbbin, Reyzl Kork, l'entremetteuse, Basha, la petite servante, Theresa la sorciere. Il hésite... Les ménagères, les étudiantes, les tailleurs, les boulangers, les voleurs, les enfants, le rabbin, tout le petit monde de la Varsovie juive d'autrefois revit ici à nouveau;

"ces hommes, ces femmes à l'existence banale, presque médiocre parfois, mais soudain illuminée du dedans par toutes les magies de l'esprit'. (Jean d'Ormesson).

 

Editions : Folio - ISBN : 978 2 07 038733 5 - Poche : 266 pages - Prix : 7,70 euros

 

Mon avis : Volodia

Isaac Bashevis Singer met un scène un homme, Max Barabander, qui n’est ni méchant, ni totalement incroyant. Né dans le quartier juif de Varsovie, il a fait fortune en Argentine par des moyens douteux. A la mort de son fils, et afin de se reconstruire son médecin lui recommande de voyager.

Ce qu’il fait, et, après avoir traversé divers pays dont l’Angleterre, la France, l’Autriche. Il revient en Pologne avec le but précis de se recueillir sur la tombe de ses parents qu’il a «oublié» depuis plus de 20 ans.

Ne parlant pas le Polonais (comme la plupart des juifs de l’époque) Il échoue dans le quartier juif de Varsovie, plus précisément là ou il été élevé et a fait ses premiers pas de « voyou » dans  la rue, miséreuse Krochmalna. Dans ce microcosme ou tout le monde se connaît, et peu enclin à la morale, Max Barabender entreprend de séduire simultanément : la fille du rabbin, la femme du chef de la pègre locale, Thérésa la «sorcière», et une jeune servante qu’il compte initier à la prostitution en Argentine.

Bien conscient de l’immoralité de ses actes et certain qu’en retour  il ne pourra échapper au châtiment divin, Max Barabander, ne peut s’empêcher de se mettre dans des situations impossibles, se précipitant, ainsi que ceux qu’il côtoie  dans l’abîme….

L’intérêt de ce livre n'en est pas tant l'histoire, qui à mon sens, n'est pas une des meilleures écrites par cet auteur, mais le fait qu’il fait revivre ce qu’on appelait le yiddisland avant la Shoah, un monde ou bien que vivant côte à côte les goys et les juifs appartenaient à deux mondes bien différents.

Un état dans l’état existait. Des Polonais détestant les juifs au motif qu’ils avaient «crucifié» le Christ. Les juifs ne parlant que le yiddish, avec leurs propres lois, leurs tzaddikkim (guides), leurs rabbins miraculeux,  et se méfiant des «gentils» prompts à organiser des pogroms.

Deux mondes s’affrontaient : le traditionnel avec des vieux craignant dieu et suivant ses préceptes à la lettre. Une jeunesse que tentait la modernité, lui faisant abandonner les traditions. Mais pour tous la pauvreté engendrant la misère avec leurs cortèges de maux, de désordre et de corruption. Tous ayant pour ennemi commun : le policier qu’il fallait soudoyer pour simplement subsister.

 

Digression :

Je ne partage pas l'avis de Monsieur d'Ormesson lorsqu'il qualifie la vie de ces habitants de "presque banale", médiocre parfois. Qui connait la vie des juifs de Pologne surtout à la fin du 19ème, début du 20ème siècle ne peut se permettre de la qualifier de banale. 

La rue Krochmalna comme la rue Nalewski étaient des rues miséreuses parmi les rues les plus pauvres du quartier juif. On y habitait et y travaillait dans les caves. Les enfants marchaient pieds nus et le pain lorsqu'il y en avait était ramolli à la fontaine. Ces deux rues furent englobées dans le ghetto et furent un point stratégique lors de son insurrection.

29 avril 2013

Interdit - Karine Tuil

9782253133377-TQuatrième de couverture :

"Je m'appelle Saül Weissmann, mais ne vous fiez pas à mon nom qui n'est pas juif en dépit des apparences. J'ai été, pendant soixante-dix ans, un imposteur pour les autres et pour moi-même".

Ainsi commence la confession du narrateur, un vieux survivant d'auschwitz qui apprend de la bouche d'un rabbin qu'il n'est pas juif selon la Loi de Moïse. Rejeté par les siens, Saül Weissmann se retrouve en proie à une véritable crise identitaire qui va faire surgir son double isssu de la négation de sa judéité.

S'engage alors un dialogue difficile entre ce juif et ce non juif qui cohabitent en lui : quelle identité Weissmann doit-il revendiquer ?

 

Editions : Le Livre de Poche - ISBN : 978 2 253 13337 7 - 140 pages - prix : 5,60 euros.


Mon avis : Volodia

Tout commence lorsque Saül Wissermann à l’idée saugrenue de vouloir se marier à 70 ans, avec Simone 40 ans, rencontrée 3 mois auparavant lors d’une sortie organisée par les randonneurs juifs de France. Simone, vieille fille aussi vilaine physiquement que le pêché et juive très pieuse, veut une cérémonie religieuse. En foi de quoi, le couple se rend chez le rabbin en vue d’organiser le mariage.

 Là les complications commencent. Le rabbin, blanc bec de 25 ans, sûr de lui et fier de ses cinq ans d’études pour l’obtention de son rabbinat, s’ingénie avec insistance, à leur demander l’acte de mariage religieux de leurs parents respectifs, attestant de leur judaïté. Ce que Simone, prévoyante lui remet sans problème, alors que Saül n’a aucun papiers. Ceux-ci ayant disparus ainsi que toute sa famille dans les crématoires d’Auschwitz. De fait, Il ne peut fournir ni document, ni les quatre témoins nécessaires pour justifier de sa judéité. Le mariage ne peut avoir lieu.

S’ensuit une situation kafkaïenne, ou Le rabbin s’entête, et malgré les explications de Saül sur sa circoncision, sa déportation, sa récitation par cœur du Kaddish, il lui affirme qu’il n’est pas juif ! En effet, selon la loi religieuse, c’est par la mère que se transmet la religion. Ne pouvant le prouver, il est considéré comme non juif pour la loi religieuse, alors que pour la loi civile européenne et israélienne il est considéré comme juif. Suite à cette révélation, Simone refuse de l’épouser civilement et le rejette, de même que son père du domicile duquel il se fait jeter manu militari.

Désemparé, en pleine crise identitaire, Saül Wissermann se débat avec sa double personnalité. Le juif et le non juif, qui s’épient et se querellent l’un et l’autre sans cesse….

Je ne vous en dis pas plus hormis que ce livre est un petit bijou. L’auteure manie la théorie de l’absurde et l’humour citronné avec brio. On s’amuse beaucoup à sa lecture.

 

7 mai 2014

Gloire des Princes - Louanges des Dieux - Cité de la Musique

Gloire des princes

Quatrième de couverture :

A partir du XIIIème siècle, l'Inde du Nord fut le théâtre  d'une histoire mouvementée faite de conquêtes successives, dont elle sut s'enrichir en préservant ses valeurs originelles. La musique jouée à la cour du Sultanat de Delhi était alors essentiellement arabo-persane, importée par des musiciens étrangers. 

Avec l'expansion de légémonie musulmane sur une partie de la péninsule, la culture dominante s'adapta aux diverses identités régionales, et progressivement émergea aux cours des siècles suivants une expression musicale issue de la rencontre des mondes indiens et persan.

Durant la période Moghole, les arts en général et la musique en particulier connurent un épanouissement et un raffinement exceptionnels. Ce livre "Gloire des Princes et Louange des Dieux" est  consacré au riche patrimoine musical de l'Hindoustan depuis le XIVème siècle jusqu'au début du XXème siècle. Les instruments de musique, manuscrits,  peintures et dessins qui le composent révèlent le dynamisme et la créativité sans cesse renouvelés d'une remarquable tradition artistique.

Beaucoup de ces instruments n'ont encore jamais été exposés et leur association ici, avec quelques uns des chefs-d'oeuvre de la peinture indienne constitue un évènement, dont témoigne cet ouvrage.

 

Diffusé par : Le Seuil pour le compte des Musées Nationaux - Cité de la Musique - ISBN : 9 782711 846689 - Broché : 239 pages - Prix : 22 euros.

 

Mon avis : Indiangay

Ce livre est une petit merveille, il permet de connaître et de visualiser des instruments anciens dont nous faisons encore usage de nos jours, accompagnés de textes explicatifs agrémentés pour certains de photos, de peintures et de miniatures où lesdits instruments sont utilisés.

Le livre en lui-même est de facture soignée, tout en papier glacier, agrémenté de nombreuses planches en couleur. Chaque période de l'histoire faisant l'objet d'une explication et d'un "intercalaire" spécifique permettant une lecture fluide et fort agréable.

 

10 avril 2013

On ne tue pas les gens - Alain Defossé

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"Je n'ai pas vu une seule chemise bleue, pas une voiture bleue, par un seul uniforme. Personne ne m'a interrogé, ni le lendemain, ni après, ni depuis. Pourtant j'étais au bar ce soir-là. J'ai passé la soirée au bar ce soir-là. Ce soir-là, j'ai été le dernier à quitter le bar et les protagonistes de l'affaire, vivants et morts. Je me suis tu. Cela fait dix ans que je me tais".

"Ce soir-là", Alain Defossé est le témoin d'une soirée qui se conclura par un meurtre. Tout à la fois récit intime, autoportrait impudique et enquête au suspense angoissant, on ne tue pas les gens est un livre puissantn habité par l'urgence à raconter enfin cette inquiétante nuit de juillet 1999.

Editions : Flammarion - ISBN : 9 782981 255852 - Broché 143 pages - Prix  15 euros

 

Mon avis : Indiangay

J'ai beaucoup aimé ce livre dans lequel Alain Defossé nous relate un crime survenu 10 ans auparavant - par rapport à l'époque ou il écrit ce livre - Un crime dont il n'a pas vraiement été le témoin, puisque celui-ci s'est produit alors qu'il venait de sortir du bar.

Cependant,  l'auteur, présent sur les lieux durant toute la soirée met en exergue les éléments qui ont pu y conduire. Au fil de son récit, on sent l'atmosphère s'alourdir, peser comme une menace. Alain Defossé ne sait d'ailleurs pas au juste pourquoi, 10 ans après, il nous raconte ce fait divers : ".... le désir d'écrire, de témoigner, le désir tout court..." et peut être aussi remettre les faits dans son contexte et dénoncer "l'arrangement" qui est fait de ce crime par une célèbre émission de télévision ainsi que les contres-vérités assénées par les médias ?

Bien que ce ne soit que le second livre que je lis de cet auteur, je trouve qu'Alain Defossé excelle dans l'art dans se remémorer des impressions, des émotions, des sentiments. La description qu'il fait de la petite ville de province et de ses habitants, ainsi que des protagonistes de l'histoire, ou se sont déroulés les faits, et ou il a choisi de poser ses valises en quête de "tranquillité, de silence"  est empreinte d'une vérité qu'il a su déceler et oser écrire.

J'apprécie également sa façon de présenter son récit : les circonstances ayant menées à ce drame sont écrites en italique, tandis que les souvenirs parfois intimes de l'auteur sur sa vie, son entourage, son portrait de la ville, sont imprimés "normalement". De plus, il n'hésite pas à aligner les mots, les adjectifs, à faire des redites de certaines phrases afin d'en souligner l'importance et/ou l'intensité.

Bref, il ne me reste plus qu'à continuer à aller à la découverte des oeuvres de cet auteur.

 

10 février 2013

Le miniaturiste - Kunal Basu

Le miniaturisteQuatrième de couverture :

Bihzâd peignait en secret l'objet de son amour ; dans son antre du kitab-khana, là où des centaines d'artistes illustraient minutieusement la vie et la gloire de l'empereur Akbar, lui se consacrait à sa passion interdite. Yeux en amande, teint d'ivoire, lèvres contre lèvres sous un ciel bleu lapis bruissant d'oiseaux.

En cette fin du XVIème siècle, le très puissant Akbar règne sur l'empire d'Indoustan et Bihzâd est destiné à succéder à son père à la tête de l'atelier des artistes impériaux. La rébellion de Bihzad l'entraînera bien loin des palais ciselés de grès rose, par-delà les déserts embrasés d'Asie Centrale, aux confins de l'empire d'Akbar.

Dans un récit qui épouse toute la magie des contes orientaux, tout en abondant en détails d'une précision historique sans faille, Le miniaturiste ressuscite les couleurs éblouissantes et les ombres de la cour des empereurs moghols, à travers le regard d'un artiste qui a vu ce que personne ne devrait voir. L'invisible au sein du visible, un monde réel et imparfait caché au sein de la délicate et trompeuse harmonie des miniatures persanes.

Editions : Picquier poche - ISBN : 978 2 8097 0372 6 - pages : 391 - Prix :8,60 €

 

Mon avis : Indiangay

J'ai aimé ce livre bien qu'il relate ce qu'on retrouve souvent dans les livres indiens, les fastes de l'Inde sous la domination musulmane. Mais je ne suis pas sûr d'être impartial.

Cette histoire se passe à la fin du XVIème siècle, à l'apogée de la domination Moghole, dernier empire islamique en Hindoustan. Bihzad persan, élévé sans contrainte scolaire par son père, est destiné à prendre sa suite dans le kitab-Khana, ateliers de dessins et de miniaturistes impériaux.

Ne sachant ni lire, ni écrire, Bihzad a consacré toute son intelligence, sa dextérité à son art. Entré dans les ateliers impériaux, entourés de philosophes, de savants, de musiciens et choisi par l'empereur pour illustrer sa biographie, Bizhad ne peut se résoudre comme le veut la règle à ne peindre qu'un monde idéal sans commune mesure avec la réalité. Bizhad ne peut reproduire la réalité sans ses "ombres" qui peu à peu finiront par l'engloutir.

Un jour, au cours d'une chasse impériale alors qu'il était perché sur un arbre, il aperçoit l'empereur Akbar et en tombe amoureux. Il passe alors ses nuits à peindre l'objet le représentant en situation d'amant.

Objet de Jalousie de l'Afghan Adili surnommé le Perroquet, alors qu'ils sont rivaux pour la succession au kitab-khan, il verra ses dessins secrets, qu'ils croyaient perdus (en réalité volés), et son amour coupable pour l'empereur révéler.

Condamné à l'exil il fuit aux confins de l'empire, dans le désert où se croisent marchands et guerriers de pays frontaliers. Réfugié dans un caravansérail, il entre à la cour de Hadji Uzbek dont il épouse la fille. Il y découvre l'horreur et la cruauté, renonce à son art, tombe dans le désespoir et la misère pour renaître à la vue, à la vie et à la création.

Le miniaturiste nous explique l'organisation et le fonctionnement des ateliers d'artistes au service de l'Empereur, les rivalités intestines, les distractions et la vie des courtisans, les arts et la guerre, les oppositions religieuses entre indhus, muslims, soufis, chrétiens. C'est également une réflexion sur la création artistique.

 

7 novembre 2013

Gustav Klimt - Vers un renouvellement de la modernité

Klimt

Bien que très apprécié du grand public, Gustav Klimt reste un peintre mystérieux, fascinant, sans doute parce qu'il incarne mieux que personne l'esprit fin de siècle qui fit la grandeur de Vienne.

Portraits de femmes symboliques, allégories luxuriantes, recherche grahique et sophistication de la ligne, des couleurs, son oeuvre foisonne. Si l'érotisme et la séduction l'ont souvent mené du côté du scandale, il reste l'emblème d'un raffinement suprême et s'impose comme l'un des grands pionniers de l'art moderne.

A travers de nombreux croquis, dessins et tableaux, cette étude donne à voir la genèse des chefs-d'oeuvres de Klimt, ses influences et ses magnifiques audaces.

 

Editions : Lamartinière - ISBN : 9 782732  427829 - Broché : 238 pages, notes comprises - Prix 44,97 euros.

 

Mon avis : Volodia

Comme tous les livres édités par la Martinière,  celui-ci est d'une très bonne facture, la présentation en est soignée, les pages sont cousues et non collées ce qui permet de nombreuses consultations sans risquer de se retrouver avec des pages "volantes".

De nombreuses photos noir et blanc (artiste dans son atelier, modèles, architecture) et illustrations couleurs (tableaux) émaillent le texte, page après page ce qui est très plaisant et peut éviter une certaine lassitude pour des sujets sur lesquels nous serions moins réceptifs.

Une biographie de l'auteur, nous permet de connaître le milieu familial et intellectuel dans lequel il a évolué, ainsi que les influences subies par divers mouvements artistiques, et la représentation de l'art en Autriche et surtout à Vienne, à une époque en pleine mutation car partout dans les pays européens, l'évolution est en marche, que ce soit dans la politique, l'industrialisation, l'architecture, etc...

Ce livre ne se contente pas de nous présenter les oeuvres de Klimt, et de nous les expliquer plus finement que ce que nos yeux pourraient y voir, mais également pourquoi elles ont été réalisées et dans quel contexte. De quelle façon elles ont été perçues par les critiques et le public.

11 juillet 2018

Le juif errant est arrivé - Albert Londres

le-juif-errant-est-arrive-albert-londres-9782869598874Au détour d'un séjour en Angleterre, cet infatigable reporter rencontrera un rabbin orthodoxe  parti faire l'aumône dans  la communauté juive de Londres. Cela l'intrigue tant qu'il décide de le suivre et de partir sur les traces de cette communauté disséminée à travers le monde.

De Whitechapel à la  Russie subcarpatique, de Transylvanie à la Bessarabie, de Varsovie à Lodz en passant par Tel Aviv et Jérusalem, il les rencontrera tous. Il partagera leurs souffrances, leurs espoirs.  Il racontera les différences qu'il y a entre toutes ces communautés, laîques et religieux. les "assimilés" pour qui être juif n'est qu'un simple religion et qui se revendiquent du pays dans lequel ils vivent. Si en occident cela ne pose pas encore de problème, en Europe Centrale et Orientale il en va tout autrement. La "Question Juive" relève de la philosophie politique.

Albert Londres prend très vite conscience que la situation des juifs est très différente selon les pays où ils se trouvent : Angleterre,  Tchécoslovaquie,  Pologne, Russie et/ou Palestine. Pour mieux comprendre leur condition en 1929, il expliquera le passé et l'origine de cette marginalité : " l'église leur interdisant toute participation à la vie des Etats, en les reléguant dans l'impie ommerce de l'or, avait sans le prévoir, préparé les maîtres des Etats..." . Mais à servir les grands on irrite le peuple. Ce mépris du  populaire fit bientôt place à la haine".

Ils se sont protégés en se cloîtrant dans des quartiers. On les y a enfermés. On a appelé cela ghetto. Ces endroits les ont préservés de la contagion européenne depuis le 16ème siècle. Ils y vivent avec leurs rêves, leurs espoirs,  leurs doutes, et surtout leurs peurs. Ces juifs dont la grande peur au XXème siècle est le pogrom.

A côté de  de cette perception d'esclavage et d'humiliations permanentes, Albert Londres rencontrera les pionniers de Palestine. Ces juifs ont décidé de vivre en affranchis, et de retourner sur la terre de leurs ancêtres pour y vivre libres. Qu'on ait appelé Foyer National et non Etat Juif l'installation des juifs en Palestine cela ne change rien au fait. Ils débarquaient non comme mendiants, mais comme citoyens . Ils ne demandaient plus l'hospitalité, ils prenaient possession d'un sol. Ils n'y seraient plus des gens tolérés, mais des égaux.

On sent en lisant ces articles se profiler la catastrophe. On ne perçoit pas encore d'où cela viendra. Cette situation ne pouvait durer ainsi éternellement. Tout aussi grave, les heures entre juifs et Arabes, dans une Palestine sou mandat britannique et déjà objet de tous les convoitises partisanes qui ne sont que l'introduction à un conflit encore présent dans cette région du monde. Au sujet d'un éventuel Etat Juif en Palestine, Albert Londres n'y croyait pas à son époque. Pour lui "ce projet n'est qu'un rêve, ensuite ce rêve est une chimère".

Ce livre peut être téléchargé gratuitement au format pdf ou epub sur la librairie électronique du Québec.

 

Mon avis : ChezVolodia

J'ai littéralement dévoré ce livre, en l'écrivant Albert Londres ne pouvait savoir ce que celui-ci aurait de prophétique. A la lecture de son récit, on assiste à la résurgence d'un monde abandonné, disparu en Europe Centrale et Orientale, entre les vagues successives de pogroms programmés par : le Tsar, organisés par : les églises Orthodoxes, Catholiques, les Etats : comme la Ruthénie Subcarpatique, spontanés : comme la Pologne et bien d'autres encore.

Le juif désigné comme bouc émissaire de tous les maux, "n'oublions pas qu'ils ont crucifié le christ", qu'ils sont cupides et avares (avec comme seul métier autorisé celui de l'or, difficile de faire autrement). la possession de terres leur est interdite. Ils sont soumis au bon vouloir des rois, princes et seigneurs régnants. Tout en se devant de leur prêter de l'argent qu'on évitait de rembourser en préparant un pogrom.

Ces juifs vivant en vase clos très pieux au demeurant, voyant d'un mauvais oeil ces juifs fiers de l'être, libérés, qui relevaient la tête, venant dans leurs shetlets venant recruter des pionniers pour la terre promise (qui selon les hassids ne pouvaient leur être donnée que par Dieu).  Malgré la joie d'un retour sur la terre leur ancêtres, la peur de l'inconnu, malgré la menace des pogroms, était souvent la plus forte, d'autant que leurs rabbins prononçaient des anathèmes envers tous ces apikorsim.

Cette différence entre pieux et intégrés, Orient et Occident, Ashkénazim et Séfardim existe toujours de nos jours et pose de grands problèmes en Israêl. Avec le recul et en lisant ce livre on comprend un tout petit mieux pourquoi la suite est arrivée. Il ne faut pas oublier qu'à l'époque les fellahs vendaient eux-mêmes leur terre aux juifs à un prix prohibitif et que le grand Muffti de Jérusalem, bien avant de serrer la main de Hitler, n'a pas hésité à monter les fellahs et tous les autres Arabes en organisant des pogroms envers les hassids, qui eux ne portaient pas, ne portent toujours pas et ne porteront jamais les armes.

 

7 août 2012

Taj - Timari N.Murari

Taj-Timeri-n-MurariQuatrième de couverture :

Taj Mahal. Un fabuleux mausolée de marbre blanc bâti pour l'amour d'une femme. Il fut construit en Inde, au XVIIème siècle par l'empereur Shah Jahan pour recevoir le corps de son épouse bien-aimée. Pendant vingt-deux ans, vingt mille hommes travaillèrent jour et nuit pour satisfaire le désir impérial. Ainsi se dressa pour l'éternité le Taj Mahal, orné d'or, d'argent et de pierres précieuses incrutées dans le marbre.

Voici restitué sous nos yeux la vie à la cour des Grands Moghols, celle des fêtes fastueuses, des harems et des jardins, celle de l'impossible et parfait amour qui unit la belle Arjumand à Shah Jahan et su vaincre tous les obstacles. Voici aussi l'incroyable épopée de la construction de ce monument, tout aussi prodigieuse que l'amour qui l'a fait naître. Elle fait revivre les luttes de pouvoir, les conflits religieux, l'opulence des palais ainsi que le fidèle dévouement de ces artisans qui ont tissé l'histoire de la pure beauté du Taj Mahal.

Editions : Picquier poche - ISBN : 9 782877 309455 -  602 pages - Prix : 9,50 euros

Mon avis : Indiangay

Taj c’est avant tout l’histoire de la construction d’un monument national devenu l’emblème que ce soit pour les musulmans et/pour les indhus d’une histoire d’amour éternelle.

Edifié sur les rives de la Yamuna, entouré d’immenses jardins et de plusieurs petites mosquées dont celle des femmes qui est un ravissement pour les yeux, inscrusté de pierres précieuses et semi-précieuses et destiné à durer la nuit des temps, ce mausolée a nécessité 22 longues années de travail et l’emploie de milliers d’ouvriers.

Le coût de sa construction mais surtout le fait qu’il souhaitait en bâtir un second pour lui-même en face de celui de son épouse bien-aimée, a précipité la chute de Shah Jahan.

Ce que j’ai aimé dans ce livre c’est que tous les protagonistes ont existé (hormis, Murthi l’acharya, un batisseur de temple dont la tâche est de sculpter les Dieux, et sa famille qui sont des personnes fictifs)  et donc on peut lui reconnaître une certaine valeur historique. De plus, l’auteur s’est effacé pour laissé ses personnages nous raconter leur propre histoire et leur rôle dans les évènements.

Ce que j’ai moins aimé et ai trouvé un peu "lourd", ce sont ces descriptions  fort longues et détaillées (trop) des richesses matérielles employées pour magnifier ce monument et nous faire revivre les heures glorieuses de la cour Moghole.

Il reste cependant que c’est un roman épique, avec une histoire d’amour, de pouvoir, de conquêtes, de drames familiaux, de décadence. Plein de couleurs, d’odeurs et de saveur qui nous est livré par l’auteur et qui ne peut, à mon avis, qu’inciter le lecteur à visiter l’Inde ou du moins en savoir plus si ce n‘est déjà fait.

21 août 2011

Apocalypse bébé - Virginie Despentes

18951

Quatrième de couverture :

 

Valentine disparue... Qui la cherche vraiment ? Entre satire sociale, polar contemporain et romance lesbienne, le nouveau roman de Virginie Despentes est un road-book qui promène le lecteur entre Paris et Barcelone, sur les traces de tous ceux qui ont connu valentine, l'adolescente égarée...

Les différents personnages se croisent sans forcément se rencontrer, et finissent par composer, sur un ton tendre et puissant, le portrait d'une époque.

 

Editions : Grasset - ISBN 9 782246 771715 - broché 343 pages - Prix : 19 euros

 

Mon avis :



De Paris à Barcelone, une enquête, sur les traces d'une gosse de riches en quête de sens. Incompatible duo de limiers, Lucie et la Hyène : la première, détective officielle, salariée d'une agence de surveillance, est aussi peu dégourdie que démotivée, prompte à émettre à l'égard de toute déviance (ou perçue comme telle) un jugement à l'emporte-pièce. La seconde, débrouillarde expérimentée, experte en bas-fonds en plein accord avec ses choix de vie comme de sexualité, jouera presque à contre-coeur le rôle du sergent-instructeur. L'ingénue et la professionnelle.

 

Au moyen d'une plume parfois brutale, Virginie Despentes nous plante un récit qu'on qualifierait un peu vite de road-movie, si sa structure narrative comme certaines des scènes présentées n'étaient pas susceptibles de dérouter comme d'emporter l'adhésion. Hormis le père de la gamine, un écrivain du cénacle, tous les personnages sont féminins, et incarnent les différentes facettes de la femme contemporaine – libérée, entretenue, starlette, religieuse.

 

Chacune d'entre elles nous est présentée au moyen d'un chapitre dédié, précédant ou suivant de peu son entrée en scène. On croise des trajectoires, traverse tous les milieux sociaux, découvre une foule d'incidents de parcours ayant distribué entre les personnages les rôles qu'ils tiendront dans la structure du conte, puisque c'est de cela qu'il s'agit : héros, adversaire, auxiliaire ou mandateur...

  

18 novembre 2016

La compagnie des Tripolitaines - Kamal Ben Hameda

la_compagnie_des_tripolitainesQuatrième de couverture :

A Tripoli, dans les années soixante, on fête la circoncision du narrateur. Pourtant le jeune garçon ne peut se résoudre à quitter le royaume régi par sa mère et ses amies, Fella la « mangeuse d’hommes », Nafissa qui fume et qui boit, Jamila la sensuelle… Toute tripolitaines d’origine arabe, berbère, africaine, italienne, juive.

De ses errances d’une femme à l’autre, dans une société où l’on ne mâche pas ses mots et où le regard porté sur les hommes est sans concession, le petit mâle en devenir forge sa sensibilité. C’est un monde débridé et puritain, une Lybie hors temps qui s’exprime dans cette ronde de portraits de femmes.

Au-delà des contraintes de la bienséance, comme dans l’intimité d’un gynécée, explosent leurs bravades et leurs malices, leurs vengeances et parfois leurs révoltes.

Editions : Elyzad - ISBN : 978 9973 58 034 7 - Pages :109 - Prix : 14,90 euros

 

Critiques de Marina Da Sylva, le Monde  Diplomatique :

Kamal Ben Hameda revient de loin. D’un monde clos et ourlé d’interdits. Où la première ligne de barbelés est celle qui sépare le monde des hommes et celui des femmes.

 

Mon avis : Indiangay

A travers ce livre, j’ai pu constater combien l’Orient musulman et juif peut être proche du monde indhu. J’y ai retrouvé  parfaitement décrits tous les privilèges dévolus comme naturel aux hommes et les obligations et contraintes réservées aux femmes, dont je dois l‘avouer je n‘ai pris conscience qu‘à mon installation en Europe tellement ces traditions sont ancrées en nous.

Je me suis revu petit garçon élevé par des femmes (mère, aya, grand-mère) toujours dans les bras (et dans les jambes) des unes et des autres, enfant roi puisque mâle, fils unique et doublé du titre d’héritier, paré de toutes les vertus avérées, pressenties et/ou imaginées.

L’auteur est non seulement fin observateur, mais fin rapporteur. Rien ne lui échappe et c’est avec émotion que j’ai renoué avec ce monde, qui se veut clos et hermétique à la gente masculine. Ce monde de femmes qui se racontent, inaccessible, secret, et qui a toujours fasciné l‘Occident.

Ce livre est plein de confidences, de femmes mais également de souvenirs, de sentiments et d'émotions d'un petit garçon qui découvre le monde qui l'entoure. 

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Adyghee Le salon littéraire de l'ivresse des mots
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