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Adyghee Le salon littéraire de l'ivresse des mots
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Adyghee Le salon littéraire de l'ivresse des mots

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Nous avons aimé

Olam

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Verlaine

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27 mai 2020

Le poids de la grâce - Joseph Roth

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Quatrième de couverture :

L'oeuvre de Joseph Roth est faite d'ironie, de dérision, d'humour et d'une infinie compassion pour ses personnages. Une grande liberté d'expression alliée à une précision méticuleuse, une extrême rigueur, en font l'un des plus grand prosateurs de la langue allemande.

Il a ce goût viennois de la plaisanterie, de la pointe amère et sceptique. Mais il a aussi un côté "prophète" qui s'exprime en particulier dans "Le Poids de la grâce", et qui l'apparente parfois à Isaac B.Singer".

13 romans, 8 récits, 3 volumes d'essais et de reportages et un millier d'articles... Voilà ce qui nous reste aujourd'hui de Joseph Roth

A un enfant ui lui posa un jour la question : "Pourquoi, écris-tu toujours ?" il répondit simplement : "pour que le printemps revienne".

Editions : Biblio Le Livre Poche - ISBN : 9 782253 035565

Mon avis : ChezVolodia

Dans ce livre nous suivons le destin de Mendel Singer. Simple, pauvre et pieux. Son respect de la loi divine lui fait accueillir d'un coeur égal les bienfaits et les épreuves.

Marié avec Déborah et père de quatre enfants, Mendel est maître d'école. Le dernier né Ménouhim est lourdement handicapé. Le sort semble s'acharner sur cette famille avec le fils aîné qui s'engage dans l'armée, et le second qui s'exile en Amérique pour y faire fortune afin d'y rapatrier sa famille.

Quand Mendel quitte son shettlet de Russie pour rejoindre son fils, il est contraint d'abandonner Ménouhim non sans culpabilité et remord, mais les conditions d'immigration à Ellis Island sont intraitables. Les malheurs s'enchainent et Mendel y voit une punition de Dieu. Son fil aîné est tué à la guerre, son épouse Déborah décède et sa fille devient folle.

Désespéré et exploité par des coreligionnaires sans scrupules, il perd la foi et vit misérablement son exil, jusqu'au miracle ....

Cette histoire reflète le destin de beaucoup d'immigrants vers ce qu'il croyait la "terre promise" loin des pogroms, mais qui était en contradiction avec leurs règles de vie et les laissait souvent démuni dans l'abondance.

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6 janvier 2018

Les gardiens des livres - Mikhaïl Ossorguine

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Moscou 1919, sur les décombres d'une Russie meurtrie par la guerre civile et la révolution, on brûle les livres pour se chauffer, on les troque contre de la farine et des harengs. 

A l'instigation  de Mikhaïl Ossorguine, journaliste et romancier, une poignée d'intellectuels va pourtant fonder une librairie qui deviendra légendaire.

Gardiens des livres passés et à venir, ils recueillent patiemment les débris des bibliothèques éparpillées ou pillées, ils diffusent, sous forme de manuscrits enluminés, les livres qui continuent à s'écrire, ils aident les poètes, écrivains et philosophes à survivre tant matériellement que moralement, en leur offrant, outre des secours concrets, un refuge contre le prosaïsme d'un quotidien misérable.

Deux plaquettes manuscrites d'Aleixeï Rémizov et de Marina Tsvétaïeva illustrent la curieuse histoire de ces libraires éditeurs racontée par un bibliophile.

Editions : Interférences - ISBN  : 978 2 909589 01 5 - Broché 114 pages - Prix : 21, 30 euros.

5 février 2016

Un hiver à Paris - Jean-Philippe Blondel

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Quatrième de couverture : 

C’est l’heure des retours de vacances. Dans le courrier en souffrance, une lettre attend Victor, professeur d’anglais depuis vingt ans. Ce qu’elle contient va raviver un souvenir enfoui. 

Septembre 1984. Victor est à Paris pour sa deuxième année de prépa. Il travaille beaucoup, à peu voire pas d’amis, la compétition est de toute façon cruelle. Un jour de cours comme un autre, dans la classe d’en face on entend une insulte, une porte qui claque, quelques secondes de silence, un bruit mat, le hurlement de la bibliothécaire. Matthieu a sauté. La pression, le sentiment de transparence, la solitude ? Qu’importe. Rien ne sera plus jamais comme avant… 

Editions : POCKET – ISBN : 9 782266 261609 – Poche 188 pages – 6,20 euros. 

Mon avis : Volodia 

Dans ce livre, l’auteur nous dévoile avec lucidité, et une certaine acidité, l’intérieur de ces lycées d’excellence avec ses classes préparatoires, destinées à former l’élite de notre Société. Mais où règne une compétitivité féroce, ou les élèves sont déshumanisés, transformés en bêtes de concours, par des professeurs tyranniques, souvent méprisants et imbus d’eux-mêmes. Y cohabitent deux mondes bien distincts, celui des élèves issus de milieu modeste qui en faisant des études espère s’extraire de  leur classe sociale et fréquenter des lieux qu’ils pensaient inatteignables, et l’autre, celui des privilégiés qui font hypokhâgne parce que cela s’inscrit dans le parcours de la lignée familiale. Ceux-là au contraire des autres possèdent les codes sociaux et culturels pour se faire accepter et malgré une rivalité impitoyable, arrivent à se faire des relations, des amis. 

Victor quant à lui en est loin. Jeune provincial de 19 ans, il passe sa première année en solitaire. Transparent. Personne ne lui parle, ne serais ce que pour le saluer. Ses professeurs le jugent de la race des « tâcherons » et pensent que, peut-être, malgré le peu de places disponibles, il arrivera « éventuellement » à passer en khâgne. Ce qu’il fait à la grande surprise du meilleur élève de la classe Paul Rialto, qui semble survoler de sa supériorité intellectuelle tous les élèves, avec sa petite cour buvant ses paroles et quêtant ses avis, et qui finit par lui faire un signe de tête en guise de bonjour. 

Peu de temps après le déjeuner, Victor avait pris l’habitude de fumer une cigarette avec Mathieu élève de la classe d’en face qui lui aussi trouvait le déracinement et l’intégration en classe d’hypokhâgne difficile, d’autant qu’il s’était cru brillant et découvrait depuis la rentrée que ses capacités intellectuelles et culturelles étaient loin d’être au niveau. Ses amis lui manquaient, il se sentait seul. 

Victor pensait s’en faire un ami, il formerait un duo qui attireraient tous ceux qui dans ce monde fermé se sentaient rejetés, faisant ainsi envie aux « autres » qui les suivraient subjugués. Il souhaitait mettre à profit son anniversaire pour l’inviter au restaurant. Mais à peine cette idée s’étant formée, le drame est survenu. Matthieu après une dernière insulte envers qui ?? Clauzet professeur particulièrement odieux ? - On ne le saura jamais - une porte est claquée, et Matthieu s’est jeté par la fenêtre provoquant des remous, une onde de choc, dans l’établissement. 

Victor fut un des premiers « en bas » et comme il avait été vu avec Matthieu, son quotidien changea. Il devint intéressant. Il avait été « l’ami » de Matthieu. Tout d’un coup, il existait. On lui proposait de venir boire un verre avec les autres, on l’invitait à des soirées. Il avait bien pensé détromper ces condisciples sur son degré d’amitié avec Matthieu, mais y avait renoncé, par confort, pour ne plus être seul. 

Puis il rencontra le Patrick, le père de Matthieu qui souhaitait en apprendre plus sur son fils à travers lui, ses rencontres se firent tous les soirs, en secret, dans un café près du lycée puis à la périphérie de l’arrondissement. D’étranges liens se tissent…Les êtres se croisent, s’accrochent les uns aux autres pour ne pas sombrer, pour donner un sens à leur existence. Des amitiés se nouent et se dénouent plus par nécessité que par affinité. Certains se trouvent, d’autres s’égarent. 

J’ai bien aimé ce livre, tout en délicatesse, en sensations, en mélancolie !

 

3 août 2014

Monsieur Proust - Céleste Albaret

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Quatrième de couverture :

Céleste Albaret fut la gouvernante et la seule confidente de Marcel Proust pendant les huit dernières années de son existence, durant lesquelles il acheva l’écriture de son chef-d’œuvre – elle est d’ailleurs une des clefs du personnage de Françoise dans « La Recherche ».

Jour après jour, elle assista dans sa vie, son travail et son long martyre, ce grand malade génial qui se tua volontairement à la tâche. Après la mort de Proust en 1922, elle a longtemps refusé de livrer ses souvenirs. Puis, à quatre-vingt-deux ans, elle a décidé de rendre ce dernier devoir à celui qui lui disait « ce sont vos belles petites mains qui me fermeront les yeux »…

 

Editions : Robert Laffont – ISBN : 9 782221 141441 – Poche : 450 page – Prix : 10,90 €.

 

Mon avis : Volodia 

Céleste Albaret qui fut la femme de confiance et confidente de Marcel Proust décide par l’intermédiaire de ce livre de remettre les pendules à l’heure. Car pour en dire des choses sur Mr Marcel, on en a dit et souvent inventées. 

Témoin privilégié et discret de l’intimité de son maître, elle l’aimait sans arrière pensée, d’un amour inconditionnel.  Tyrannique, despotique, il lui arrivait d’appeler à toute heure du jour et/ou de la nuit pour qu’elle aille lui porter un pli, lui acheter tel ou tel produit chez tel fournisseur et  pas un autre, à l’heure ou bien évidemment les magasins sont fermés. Reste qu'il était d'une grande gentillesse et d'une grande bonté.

Ne supportant ni le bruit, ni la lumière, il vit (elle aussi par la même occasion) reclus dans un appartement dont les rideaux sont constamment fermés, et particulièrement dans sa chambre tapissée de liège pour insonoriser les bruits provenant du dehors, embrumée par les fumigations.  

Asthmatique véritable et non malade imaginaire comme certains ont aimé à le penser. Ne supportant pas les fleurs, le parfum, les plumes d’oreillers, et tout ce qui pouvait être nocif pour ses bronches, il vivait dans la terreur quotidienne du moindre microbe.  

On l’a dit snob, mais à la lecture de ces souvenirs on constate que s’il allait dans « le monde » c’était non seulement pour s’imprégner d’une époque qui disparaissait, mais également pour mieux observer les personnages qui l’entourait afin d’en décrire avec un sens aigu les traits de caractères, voire s’en gausser un peu. Quant à sa sensibilité exacerbée  n'est-elle pas le propre des grands écrivains ?

Alors bien sûr à la lecture de ce livre, on ne trouvera rien qui puisse porter ombrage au Dieu Marcel dont Céleste Albaret a dressé un autel à sa dévotion. Reste que ce livre, même s’il est partial, reste un témoignage de grande valeur, à mon sens, puisque qu'il est fait des souvenirs d’une personne qui a partagé l’intimité la plus grande avec l’écrivain, et qui l’a aimé d’un amour dévoué et totalement désintéressé. 

22 mai 2016

Nous irons ensemble - François-Xavier DAVID

1461139_10201711529403776_1001120385_nQuatrième de couverture :

 "Tu es venu, sans me prévenir, c'est drôle comme il m'est plus facile de t'écrire, alors que, lorsque tu es là, près de moi, je suis incapable de te parler. [...] Je n'ai jamais descendu des escaliers aussi vite, je n'ai même pas fait attention à la façon dont j'étais vêtu, alors que ma belle-soeur était au dehors; juste un caleçon court de coton blanc et un polo de la même couleur, même si octobre a déjà presque fini son parcours, il ne fait pas si froid! Et tes bras m'ont tenu chaud, tout de suite, j'étais bien."

Editions : Sté des Ecrivains : ISBN Numérique : 9782342016109 - Prix livre papier broché ; 25,95 euros, 518 pages - Prix ebook 12,99 euros.


 
Critique journalistique

Un roman épistolaire très riche, couvrant une période de l'histoire prolifique en événements historiques. Cet aspect, auquel il faut ajouter la sexualité et l'identité des deux protagonistes, donne tout son intérêt au récit. Le choix, surprenant au début, du format de la correspondance, permet ici l'expression directe des sentiments et de l'émotion, qui affleure alors de façon presque palpable à chaque page. Au final, "Nous irons ensemble" déborde d'un humanisme héroïque, et on se laisse très vite prendre par l'émouvante histoire de ces deux jeunes hommes.
 
Mon avis : Volodia

C’est avec bien du retard que je me décide à mettre mon ressenti sur ce livre qui pour cet auteur est le premier et qui en attend des retours avec anxiété.

Au premier abord, je me suis demandé si j’aurais le courage de l’ouvrir et surtout de le lire en entier compte tenu du pavé : + de 500 pages quand même, doublé de la crainte d’avoir à lire un livre, dont on ne dit rien, non qu'il soit mauvais, mais plus simplement médiocre et sans intérêt. De plus, une fois lu, je me suis posé la question de savoir comment mettre mes impressions de façon honnête. Sans me laisser influencer par ma sympathie, mon amitié (même virtuelle) vis-à-vis de l’auteur. Sans l’encenser, ni pour autant livrer son livre aux gémonies s’il ne m’a pas plus. Le peiner, le froisser, voire le blesser par un avis (et non, je le précise une critique, car qui suis-je, moi ? pour juger du travail intellectuel et imaginatif d’un auteur), marquant une éventuelle déception. Rendre compte sincèrement d’un premier travail d’écrivain pour lequel il a « planché dur ».

Comment rendre compte d’un livre sans en dévoiler, même partiellement le contenu ? Désolé mais je me sens obligé d’en passer par là. Ce roman, s’étend sur une période allant de la première guerre mondiale à un peu plus loin que la fin de la seconde guerre mondiale.

François-Xavier David nous conte en premier lieu, l’histoire de deux hommes : L’un juif d’origine allemande : Lior, l’autre français et catholique : Julien. Ils se rencontrent sur un champ de bataille pendant la 1ère guerre mondiale. Lior combattant dans l’armée française est blessé et Julien séminariste est infirmier. Un attachement se crée sans que Lior dévoile le sentiment plus profond qu’il ressent pour Julien. A la fin de la guerre nos deux héros qui ont tissé des liens d’une sympathie assez poussée restent en contact et c’est tout « naturellement » que celle-ci se transforme en amitié, puis en amour. Donc ce livre mérite d’être placé dans le rayon  sentimental « gay ».  Bien que ce ne soit pas que cela.

Dès ces premières pages j’ai un peu tiqué. En effet, s’il  est tout à fait concevable qu’un juif et un séminariste se retrouvent sur le  champs de bataille, il l’est un peu moins quant à leur amitié. En effet, compte tenu de l’époque et de l’éducation de l’un comme de l’autre (les juifs étant élevés dans la méfiance des goys et les séminaristes dans celle des juifs; N’oublions pas qu’à l’époque on enseignait que les juifs avaient tué le Christ, et donc se justifiait la notion de peuple traite et honni). De plus, au début du siècle flottait encore dans l’air des relents d’antisémitisme non seulement de principe mais dus également à l’affaire Dreyfus (1894 – 1906) même si celui-ci avait été innocenté.

Par ailleurs, il m’a été assez difficile de dissocier la façon de parler de Lior et de Julien tant leurs expressions paraissaient semblables. Dans les premières pages, c’est surtout Lior qui parle et ce qu’il dit, je l’aurais plutôt mis dans la bouche de Julien. Mais bon …L’idée de nous présenter l’histoire et ses protagonistes par des échanges de lettres, adressées aux uns et aux autres est originale et permet une lecture aérée, et plus qu’agréable du récit tout en séparant distinctement les évènements.

Au fil des pages nous faisons connaissances avec les familles respectives, et les amis de ces jeunes gens, qui là, se montrent plus que tolérantes envers une amitié qui les faisaient qualifier à l’époque et par la Société d’infâmes. Ce qui en 1929 me paraît hautement improbable surtout dans les milieux ou ils ont grandi. Déjà qu’à notre époque mariage mixte, plus homosexualité ça pose problème alors à l’époque, je n’ose l’imaginer.

Toujours est-il que c’est la vie de ces deux hommes entre les deux guerres et à travers eux, celle de leur famille qui nous est contée avec beaucoup de péripéties, d’évènements heureux mais le plus souvent malheureux (hum peut être un peu trop de mélo qui font douter, que dans une vie même très dense, une telle sucession d’évènements funestes soient possibles), mais avec beaucoup de sensibilité, de profondeur de sentiments : qu’ils soient amoureux ou simplement de tendresse, de gentillesse envers les uns comme avec les autres. De prise en compte de l’opinion et du ressenti d’autrui parfaitement évoqués, dans une écriture déliée, magnifique de simplicité, mais oh combien, riche en émotions.

Alors bien sûr il y a de petites erreurs, la rue Cambon se trouve dans le 1er arrondissement et ne fait absolument pas le prolongement de la rue du Bac qui elle, se situe dans le 7ème arrondissement de Paris. Mais l’auteur qui n’est pas Parisien est tout à fait excusable.

En 1923 il n’existait pas à Paris d’école, et encore moins de cours du soir gratuits pour les étrangers qui souhaitaient apprendre le français, surtout pour les juifs qui même si cela avait existé, arrivaient chassés de l’Est par les pogroms avec femme et enfants et dont les préoccupations premières étaient surtout trouver de quoi se loger et du travail pour se nourrir. Difficile également pour eux de posséder un magasin de tissu rue du bac qui déjà à cette époque était une rue résidentielle en plein quartier goy et catholique.

D’autres improbabilités également : En 1941, Lior écrit à sa sœur en lui racontant qu’un de ses amis est « résistant « . Allant même jusqu’à lui donner le nom du réseau. Déjà l’acheminement du courrier par la poste était aléatoire, celui-ci pouvant être ouvert par n’importe qui, autorité ou erreur de destinataire,  Il était plus que très dangereux et non recommandé de se confier ainsi. D’autant plus mentionner, le nom d’un réseau de résistance,  c’est une hérésie qui frise l’inconscience d’autant que les noms des fameux réseaux n’étaient connus que des participants et encore pas de tous, certains ne connaissaient que leur proche contact.

Pour Yaâquov le cousin de Lior, arrivé en France. Impossible de tenir un commerce pendant la guerre et même de circuler. Les juifs étrangers et d’autant plus allemand ont été internés dans des camps  d’apatrides d’abord en 1940 puis de concentration en 1941.

Par ailleurs, Jurguën tombé amoureux d’un juif allemand, engagé dans la gestapo, pour combattre le régime nazi de l’intérieur et sauver des personnes. Hum, difficile à croire, quand on sait que la quasi-totalité du peuple allemand était pour Hitler qui les avait sorti de la crise économique de 1922, en offrant du travail à ceux qui s’inscrivaient au parti, un logement et diverses aides sociales. Que les juifs étaient mis au ban de la société allemande depuis 1933 et que pour entrer dans la Gestapo qui était la police secrète allemande, il fallait déjà avoir fait ses preuves et montrer fidélité au régime.

Sur la situation des déportés au triangle rose, l’auteur s’est plus servi de ce qui se dit au niveau lgbt,  sans faire à mon sens un véritable travail de recherches personnelles. De plus lorsqu’une personne s’évadait d’un camp, après la torture utilisée pour faire avouer les complices, la mort par exécution publique s’ensuivait automatiquement. De même les grandes marches lors de la « l’évacuation des camps », personne n’était abandonné en arrière. Une balle dans la nuque réglait son compte au malheureux afin de ne pas laisser de témoin. Car l’objectif de ses marches de la mort était de ne pas laisser de trace, ne pas laisser de témoins des atrocités commises afin qu’on ne puisse rien reprocher au peuple allemand.

J’ai bien d’autres digressions  à formuler mais le but n’est pas là, rétablir des vérités dans ce livre qui se présente comme un roman est tout aussi déplacées que les incongruités qu’il soulève. Car oui, l’auteur le précise c’est un roman, même s’il n’est pas vraiment classable dans cette catégorie puisqu’on y trouve de l’amour, des rebondissements presque à suspens, des faits historiques rigoureusement exacts pour certains et d’autres qui le sont moins, de l’inceste et de la folie. Ce livre est passionnant, riche culturellement mais également dans sa vision d’autrui, d’espoir et de confiance en l’humain. La fin m’a fait penser à un film qui s’intitulait les eaux mêlées, tiré du livre de Roger Ikor… !

Ce livre est classé lgbt, mais peut être lu par tout un chacun, tellement ce livre est beau et bien écrit .il s’en dégage beaucoup de sensibilité, de délicatesse, loin de toutes allusions et descriptions scabreuses qui malheureusement alimentent la plupart des livres de cette catégorie. Je me suis plongé dans ce livre et n’ai pu relever mon nez qu’une fois achevé. Je souhaite à François Xavier une belle carrière d’écrivain, même si elle est difficile à mener.

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23 novembre 2017

Le bouquiniste Mendel - Stefan Zweig

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Quatrième de couverture :

Dans la Vienne du début du siècle, il n'est pas un bibliophile qui ne connaisse Jakob Mendel, catalogue vivant de l'ensemble du savoir imprimé. Monomaniaque à la mémoire prodigieuse, affreusement peu doué en affaires, il est affligé d'une boulimie bibliographique qui fait de lui un homme précieux.

Perpétuellement installé à la table d'un café du vieux Vienne dont il a fait son quartier général, il délivre ses expertises érudites à tous les amateurs ou spécialistes qui ont le bon sens de venir le consulter.

La Première Guerre mondiale va mettre sens dessus dessous l'univers de Mendel et le récipiter brutalement dans le monde des vivants, dont il n'a jamais rien appris.

 

Editions : Sillage - ISBN : 979 10 918996 04 7 - Broché : 60 pages - Prix : 6,50 euros. 

Mon avis : Volodia

Pour échapper à une averse, le narrateur se réfugie dans un café du Vieux Vienne, et là, il se souvient avoir déjà fréquenté cet endroit et y avoir fait la connaissance de Jakob Mendel.

Colporteur de son état, et Bouquiniste sans échoppe car trop pauvre pour acheter une patente, il faisait domicilier son courrier et donnait "consultation" là ou il avait pris ses quartiers, de 7h30 le matin jusque très tard le soir, au Café Gluck. Doué d'une mémoire prodigieuse, il passait ses journées attablé à une petite table carrée, près du téléphone, et il compulsait tous les livres et catalogues qui paraissaient au jour le jour. Il se faisait l'intermédiaire entre vendeurs et acquéreurs.

Cette lecture quotidienne avait fait de lui une véritable encyclopédie des ouvrages édités.  Peu doué pour les affaires, car l'argent ne tenait aucune place dans sa vie, il portait toujours la même veste élimée. Matin et soir il buvait une tasse de lait accompagné de deux petits pains et au déjeuner une légère collation apportée par le restaurant d'en face. Il ne jouait ni ne fumait. Ni les hommes, ni leurs passions ne l'intéressait.

Toutefois, cet isolement l'avait tenu éloigné des évènements extérieurs qui tourmentaient le monde.  Suite à un malentendu, où il est considéré comme espion à la solde des Russes, n'ayant jamais demandé la nationalité autrichienne, il est envoyé dans un camps d'apatrides sans ses précieux journaux, magazines et livres. Là il végètera deux ans totalement démuni tant matériellement qu'intellectuellement. Grâce à l'intervention d'un personnage haut placé qu'il a aidé autrefois, il sera libéré mais il ne subsistera rien de l'ancien Jakob Mendel. Son incarcération l'aura transformé en être apathique, sa mémoire se sera volatilisée au point qu'il ne reconnaîtra même pas ses anciens amis et qu'il oubliera peu de temps après avoir été formulé ce pourquoi on l'a sollicité.

Le Café Gluck ayant été vendu entre-temps, et transformé en endroit plus attrayant, le colporteur fait tache. Seule la dame pipi se souvient encore de lui et l'aide de temps à autres. Suite à un vol de petits pains, il est expulsé comme un malpropre du seul endroit qui le reliait encore à son passé et tombera dans une déchéance dont il ne se relèvera pas.

J'ai beaucoup aimé cette nouvelle, qui nous conte l'évolution d'un monde - ou tout va plus vite, ou on n'a plus le temps - et la disparition d'un autre, fait lui d'humanité. 

15 décembre 2015

Casque d'Or une histoire vraie - Alexandre Dupouy

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Quatrième de couverture :

L'action est conue. Elle a inspiré un classique du cinéma dont tous les français se souviennent.

Le 09 janvier 1902, un fiacre est attaqué en plein Paris. On a 'abord fantasmé sur un crime de rôdeurs, sur la violence des Apaches, ces voyous des barrières. Puis on apprend qu'il s'agit d'un combat à mort pour la possession d'une jeune prostituée ; Amélie Elie. Son surnom ? "Casquette". Pas très vendeur. On l'appellera donc "Casque d'Or": la légende est née.

La presse s'empare de l'affaire. Tous les protagonistes sont arrêtés. La justice rend un verdict à la mesure du succès médiatique. Les deux prétendants finissent au  bagne d'où ils ne reviendront pas.

De son arrestation à sa détention à Fresnes, François Leca, le souteneur victime de l'attaque du fiacre reçoit près d'une centaine de lettres, provenant d'Amélie Elie, dite Casque d'Or, de Louise, sa rivale, de sa famille, de ses amis, de son avocat Gaston Rousset, dit Gros-Bébé ou encore de Henri Frémont, journaliste, homme de letgtres, rédacteur des mémoires de Casque d'Or.

Après la découverte de cette correspondance, Alexandre Dupouy se passionne pour l'affaire qui a tant fait couler d'encre et décide d'en retracer la véritable histoire? il en résulte une enquête passionnante, minutieusement documentae, illustrée d'une iconographie d'une grande richesse, mêlant pyhotographies, croquis, coupures de presse et dessins, qui révèle la réalité d'un Paris victime d'"hausmannisation", offrant par là-même une radiographie de la société de l'époque : le rejet des classes laborieuses en prériphérie, la prostitution, les gans des Apaches, le pouvoir de la presse...

 

Editions : La manufacture de livres - ISBN : 9782358870894 - Broché 350 pages - Prix : 39 euros.

 

Mon avis : Volodia

Très belle facture pour ce livre dont les pages sont en papier glacé, le texte est présenté conjointement avec des gravures, des dessins, des photographies ce qui permet au lecteur de se faire une idée plus précise de l'histoire évoquée et de l'époque dans laquelle elle se situe, son ambiance, sans que cela ne devienne un récit fastidieux.

En plus de l'histoire elle-même, l'auteur fait des appartés pour détailler les étapes d'une arrestation, la description de la célèbre prison St Lazare qui regroupait toutes les femmes arrêtées pour prostitution et dont les surveillantes étaient des religieuses. Le déroulement du procès, la relégation, le bagne avec l'embarquement à l'Ile de Ré. 

Mais ce livre aurait été incomplet s'il ne nous avait dépeint tous les à côté d'une société bien pensante et hypocrite, et qui n'hésitait pas à s'encanailler dans les endroits que la morale réprouve, mais était la première à jeter l'opprobre sur tout ce qui pouvait troubler l'ordre établi...

21 février 2015

Ta carrière est finie - Zoé Shepard

 

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Quatrième de couverture :

Parce qu’elle refuse une opération contestable montée par sa mairie, Zoé est placardisée. Avec un humour féroce, elle décrit l’odieux processus d’isolement : dossiers retirés, connexions internet et téléphone bloqués… 

Etre au placard, c’est comme avoir la grippe porcine : vou devez le sujet de toutes les conversations, mais tous les collègues vous évident par peur de la contagion !

 

Editions : Points : ISBN : 9 782757 834022 -  Poche 283 pages - Prix : 7,20 €

 

Mon avis : Volodia

La voilà qui récidive après son premier livre « Absolument débordée » où elle dénonçait avec verve et humour les absurdités et dérives de l’administration française à l’intérieur d’une collectivité territoriale. Ce brûlot lui a d’ailleurs valu une suspension administrative de six mois pour avoir enfreint le droit de réserve que tout fonctionnaire de l’Etat se doit d’observer.

Mais rien n’arrête notre Jeanne d’Arc de la fonction publique qui de nouveau enfourche son cheval de bataille, revêtue de sa droiture pour seule arme, afin de dénoncer encore et toujours, essayer avec le peu de moyens à sa disposition (en l’occurrence les textes de lois sur les marchés publics) de combattre les aberrations et la gabegie qui sévissent au sein de la mairie où elle est affectée. 

Si son précédent livre m’avait laissé dubitatif quant à son jugement impitoyable sur l’administrations française, et son ton un peu condescendant pour décrire la mentalité de ses collègues. Il m‘avait fait sourire, un sourire un peu crispé je l‘avoue, car comment accepter cette incapacité de l’Etat français à choisir ses représentants au plus haut niveau de responsabilités ? 

Ce deuxième livre est un petit bijou du genre. Et là mon sourire s’est transformé en rire, un rire inextinguible et nerveux, quand j'ai lu ce portrait au vitriol de notre administration française, quand j’ai pensé à quoi servait nos impôts et les taxes innombrables et variées, lorsque j’ai réalisé que nos chers élus avaient des égos démesurés (ça je m’en étais aperçu) et confondaient allègrement le portefeuille des administrés avec le leur. 

Notre auteure, se sentirait-elle investie d’une mission presque divine pour aller contrer ainsi, seule (enfin presque) toute la lourdeur et l’auréole de l’administration française où il est si difficile d‘entrer et de faire sa place ? A moins que ce soit de l‘inconscience ? Toujours est-il qu’elle fait mouche, et que même si des exagérations existent, il n’en reste pas moins que les blâmes et sanctions qui lui tombent sur la tête prouvent que beaucoup desdits fonctionnaires se sont reconnus dans ces écrits. 

Maintenant, pour les esprits chagrins ces deux livres sont de véritables séismes, mettant en cause l’intégrité des fonctionnaires et leur capacité de services auprès du peuple. On peut également se demander pourquoi Aurélie Boullet de son vrai nom, continue à participer et donc à profiter de cet état de choses. Car en tant que haut fonctionnaire de catégorie A +, même placardisée, son salaire ainsi que les avantages se rapportant à son statut restent conséquents. 

Pour ses collègues qui se sont reconnus, la pilule doit être difficile à avaler, car il est bien connu que l’on ne se voit pas soi-même mais au travers du regard des autres. Toutefois, je peux comprendre que certains aient pris la mouche et soient sentis humiliés d’être ainsi jugés ? Blasphémer  ? et somme toute largement ridiculisés. 

 

Absolument débordée de Zoé Shepard :

http://adighee.canalblog.com/archives/2010/09/11/19035279.html

 

4 avril 2014

Fleur de Tonnerre - Jean Teulé

Fleur de tonnerreQuatrième de Couverture :

Ce fut une enfant adorable, une jeune fille charmante, une femme compatissante et dévouée. Elle a traversé la Bretagne de part en part, tuant avec détermination tous ceux qui croisèrent son chemin : les hommes, les femmes, les vieillards, les enfants et mêmes les nourrissons.

Elle s'appelait Hélène Jégado, et le bourreau qui lui trancha la tête le 26 février 1852 sur la place du Champs-de-Mars de Rennes ne sut jamais qu'il venait d'exécuter la plus terrifiante meurtrière de tous les temps.

Sous la plume acérée de Jean Teulé, Hélène reprend vie et accomplit son destin, funeste et fascinant.

 

Editions : Pocket - ISBN : 9 782266 244466 - Poche : 260 pages - Prix : 6,20 €

 

Mon avis : Volodia

Comme à son habitude, c'est avec une verve inimitable et un humour grinçant que Jean Teulé nous conte le parcours meurtrier  d' Hélène Jégado, dans la première moitié du 19ème siècle sous l'Empire de Napoléon.

Cette jeune nobliaude sans fortune, parlant très peu le français, placée comme servante, n'aura de cesse de parcourir la Bretagne, empoisonnant, sans que l'on sache réellement pourquoi,  les membres des familles chez qui elle exerce comme cuisinière, y compris les 2 hommes qu'elle aura et qui l'auront aimé, reprenant la route son oeuvre achevée.

Nourrie de légendes et de croyances celtiques depuis sa plus tendre enfance, elle s'identifie à l'Ankou, le voleur d'âme, qui vient avec sa grande faux et sa charrette grinçante prendre possession de la vie de ceux et celles qui croisent son chemin. Pendant les 40 ans que durera son périple elle se rendra coupable d'une soixantaine d'assassinats avant que la justice ne l'arrête. Jean Teulé à l'art de "rentrer" dans ses personnages et nous offre un procès haut en couleur.

Un petit reproche toutefois, après quelques premières pages, il n'y a plus de surprise, la suite est convenue, nous savons que, dès son arrivée dans une maison, les décès surviendront, par le biais d'une soupe aux herbes, de ragoûts et de petits gâteaux, car c'est une excellente cuisinière que notre Fleur de Tonnerre. Donc, même si j'ai apprécié ce livre, surtout en raison du ton qui y était donné, jaurais aimé être tenu en haleine tout au long du récit.

15 novembre 2017

Le Dybbuk - Shalom An-Sky

9782851813237FSL'histoire se passe au milieu du 19ème siècle dans une bourgade d'Europe de l'Est, et se situe dans le milieu des Juifs hassidiques.

Nyssen et Sender se sont liés d’une profonde amitié lors d’une rencontre de Hassidim autour d'un puissant Tsadik vivant aux frontières de la Pologne et de la Lithuanie. Ils décident de se lier durablement par un serment solennel : Si leurs épouses, enceintes au même moment devaient respectivement donner naissance à une fille et un garçon, ils marieraient entre-eux leurs enfants respectifs. Mais Nyssen meurt avant même la naissance de son fils. Quant à Sender, il oublie bientôt la promesse et souhaite marier sa fille au prospère Ménaché.

Les deux jeunes gens ayant grandi séparément ignorent tout du lien secret qui devrait les unir. Chonen, étudiant pauvre, erre sur les routes de yeshiva en yeshiva, rayonnant du feu extatique de son désir d’apprendre. Il finit par arriver dans la ville ou réside Sender qui préparait les noces de sa fille et s'assit à sa table. Mais Sender qui était devenu riche ne voulut pas reconnaître le fils de Nyssen. C’est alors que ce qui était joué se déjoue et que ce qui était dénoué se noue. Le destin va emprunter d’autres voies…

De désespoir Chonen va se plonger dans la Kabbale pour faire fléchir le cœur de Sender. Mais, incapable de maîtriser les puissances qu’il a réveillé, il subit le châtiment réservé à celui qui fait un mauvais usage des formules sacrées, et tombe foudroyé. Son âme restant captive, et condamnée à errer entre deux mondes.

Léa devra épouser le fiancé choisi par son père. Imprudemment, elle se rend au cimetière pour inviter Chonen - vers qui son regard s'était portée à la synagogue et dont elle était tombée amoureuse - à la célébration de ses noces. C’est l’occasion que le dibbouk saisit pour posséder son corps. Léa porte désormais deux âmes en elle, et le moment venu de la cérémonie nuptiale, c’est la voix de Hanan qu’on entend jaillir de sa bouche et hurler, au milieu de la consternation générale, son refus du consentement solennel.

Les tzaddikim firent maintes séances d'exorcisme afin de faire sortir le dybbuk du corps de Léa, puis, à l’issue d’une terrifiant affrontement de forces invisibles, le juge finit par triompher et obtient la séparation des deux âmes, au détriment de Léa qui décidé à suivre son bien-aimé le rejoindra "entre-deux mondes". 

 

Edtions : l'Arche - ISBN : 978 285181 2470 7 - Broché - Prix 21 euros. 

 

Mon avis : Volodia

Le Dybbuk est un drame en 3 actes, rédigé en yiddish par Shloïme Zaïve Rappoport et créée à Vilna en 1917. Il s'inspire du folklore yiddish. C'est la tragédie de l'amour impossible. avec en substance on ne doit pas promettre ce qui n'est pas encore né.

Dybbuk (ou Dibbouk) est un terme créé par les kabbalistes à partir de l’expression «dybbuk me ruach raa» qui signifie « possession par un esprit malin».

Bientôt le dybbuk commence à fonctionner de façon autonome. Renvoyant à l’esprit lui-même. Selon les croyances : il s’agit soit d’une âme damnée, qui s’insinue dans le corps d’un vivant pour expier ses péchés, soit de l’âme d’une victime de l’injustice qui entre dans le corps d’un proche pour réclamer la réparation de l’offense.

L'âme juive est exaltée dans cette pièce très représentative de la communauté hassidique mystique et superstitieuse, qui ne vivait que dans les shetlets repliée sur elle-même,  ou le tzaddik (homme saint) qui dirigeait la communauté avait tous pouvoirs.

 

19 juin 2012

Albert Nobbs - George Moore

 Quatrième de couverture :

Quel singulier destin que celui d'Albnert Nobbs ! Majordome à l'hôtel Morrison, il y est apprécié pour sa discrétion et son efficacité. Mais pour pouvoir travailler, Albert doit dissimuler un singulier secret. Sous ses vêtements masculins se cache depuis trente ans une femme travestie en homme.

NOBBSAlors qu'un ouvrier découvre l'imposture, Albert choisit pour la première fois de sa vie de réaliser un de ses rêves...

Confusion de sentiments et questionnement sur l'identité, l'histoire d'Albert Nobbs dans le Dublin de la fin du XIXème siècle se révêle d'un étonnante modernité.

 Editions : Pocket - ISBN : 978 2 266 22780 3 - Poche 93 pages - Prix 1,50 euros.

Mon avis : ChezVolodia

Il s’agit de l’histoire d’une femme, qui à la fin du XIXème siècle en Irlande (Dublin), revêt le costume de majordome depuis trente ans afin de gagner sa vie dans un hôtel.

J’ai entrepris la lecture de ce livre suite à la conséquente publicité relayée par les médias gays et lesbiens qui en faisait des gorges chaudes. Ne connaissant pas cette nouvelle, j’ai décidé de voir par moi-même ce qu’il en était.

Déjà, J’ai moyennement aimé ce livre dont l’histoire si intéressante soit elle ne fait que confirmer ce qui n’est plus à démontrer : à savoir les difficultés des femmes de cette époque à accéder à plus de liberté et à un salaire sinon équivalent, du moins décent, avec les hommes pour un travail égal. De plus, le thème du travestissement féminin pour accéder à plus de droits et de libertés à déjà été évoqué dans divers livres tels : yentl ou Barbara Streisand se travestissait en jeune homme pour intégrer une yeshiwa et acquérir le droit à l’éducation et au savoir. Dans Victor et Victoria le travestissement avait pour objet un emploi de chanteuse dans un cabaret, en pleine crise économique.. Mais il est vrai que cette nouvelle est parue en parue en 1918 et ce thème était, je le suppose pour l’époque, résolument nouveau et sulfureux.

Ce qui l’est, à mon sens, c’est qu’une fois son identité féminine malencontreusement découverte lorsque Nobbs se voit contraint par sa patronne de partager, pour une nuit, sa chambre, avec le peintre qui fait des travaux régulièrement dans l’hôtel, et qui contre toute attente, se révèle aussi être une femme qui plus est mariée à une autre femme ; C’est l’émergence de l’idée pour Albert, d’épouser lui aussi une femme, pour mettre fin à cette solitude qui l’étreint, et réaliser enfin ce rêve qui lui tient à cœur : ouvrir un commerce avec partie tabac qui serait tenue par lui et partie mercerie qui serait tenue par sa future épouse. Ses interrogations sur ce que pourrait être la vie sexuelle de deux femmes et comment y faire face sont survolées.

Albert finit par jeter son dévolu sur une servante de l’hôtel, elle-même en couple avec un homme intéressé par les revenus d’Albert et qui la pousse dans les bras du majordome, de cet homme qui ne «tente rien», ne «l’embrasse pas, comme l’aurait fait n’importe quel homme au bout de quelques sorties». Cette servante, totalement rouée, sous l‘emprise de son amant lui fera dépenser un maximun d’argent et finira par couper les ponts avec Nobbs qui ne peut rien lui apporter sexuellement, pour retourner avec son amant de qui elle aura un enfant hors mariage, et qui sera destiné à lui être retiré puisque né hors mariage.

La nouvelle s’achève sur le décès, on ne sait trop pourquoi - lassitude ? Épuisement physique - de Nobbs. Après son décès quelques remarques des personnes qui l’ont connu avant de retomber dans l’anonymat et dans l’oubli. Un majordome est une personne que l’on ne voit pas, qui n’existe pas pour toute une catégorie de la société.

Toutefois, malgré le fait du travestissement féminin et de couples de femmes, ce livre ne peut me semble-t-il être vu comme lesbien, les questionnements identitaires et la sexualité lesbienne ayant été éludées, refoulées, au profit d’une critique des rapports sociaux et de leurs imbrications. Je copie donc les éléments de ce livre notre blog littérature générale.

Ce que j’ai aimé dans ce livre c’est l’audace, pour l’auteur d’avoir écrit et fait publier une telle nouvelle en 1918, ainsi que sa vision réaliste de la société (bourgeoisie/petit peuple-homme/femme) qu’il dépeint sans concession.

Ce que j’ai moins aimé, le refoulement des questions identitaires et de la sexualité lesbienne qui pouvaient en découler et qu'il aurait été intéressant d'explorer, la fin du livre qui m'a laissé sur" ma faim".

13 novembre 2017

Sur les traces du Yiddishland - Alain Guillemoles

Yuddischland_livreQuatrième de couverture :

On l'appelait le Yiddishland. Au centre de l'Europe, à cheval sur la Pologne, la Lituanie, l'Ukraine, la Roumanie et la Hongrie, ce continent n'ayant ni centre ni vrais contours était peuplé de plus de onze millions de Juifs.

Avant la Seconde Guerre mondiade, ils formaient des minorités importantes et bien établies. Puis ce continent à disparu, comme l'Atlantide. Aujourd'hui, que reste-t-il des connumautés juives dans ces pays ? Comment y conserve-t-on le souvenir de leur présence ? Quel regard porte-t-on sur leur disparition ? Si des résidus d'antisémitisme subsistent, on ressent aussi de la nostalgie, de la curiosité et même une certaine idéalisation de ce passé.

Ce livre est le récit d'un voyage sur les route du Yiddishland d'aujourd'hui, à la recherche de ce qu'il en reste et de ceux qui tentent de le faire renaître ou, tout au moins, d'en perpétuer la mémoire.

Editions : Les Petits Matins - ISBN : 978 2 915 87982 7 - Broché 187 pages - Prix : 27 €

 

Mon avis : Volodia

Tout d'abord la couverture du livre : Celle-ci est illustrée par le mémorial aux victimes juives jetées vivantes dans le Danube. Présentation soignée et agréable, les pages sont de papier glacé, comportant de nombreuses photos actuelles prises dans les villes où s'élevaient d'importantes cours rabbiniques et ou régna en maître, le Hassidisme, le mouvement Musar, le Yiddish.

Intéressant également, le comparatif entre les vieux juifs rescapés et les populations de ces pays, qui quoi que l'on en pense aimeraient voir tous les juifs hors de leur frontière et peu importe la façon dont ils en sortent du moment qu'ils disparaissent...

J'aime et j'admire le courage ou l'inconscience de ceux qui sont restés, de ceux qui sont revenus et ceux venant de "pitchipoï" qui s'y installent pour être plus prêt de leurs rebbes et du très célèbre tzadik rabbi Nahman. En lisant ce livre, je me rappelais mon voyage en Ukraine en Janvier 2010 pour une raison particulière, qui m'a fait me recueillir au ravin de Babi Yar. J'ai parcouru avec mes ancètres les grandes cours rabbiniques de Ouman, Bratslav, Berditchev et Munkacevo ou flottaient toutes les âmes des tzadikkims disparus. Les mélodies klezmer me revenaient en mémoire et j'aurai aimé, pouvoir danser lors de Simrath Torah, vêtu d'un caftan et coiffé d'un schtreimel d'où dépasseraient les païs. Retrouver pour  un instant le monde disparu de mes ancêtres, mais c'était impossible, trop de malheurs sont encore vivaces.

De la tristesse toutefois, de voir que des lieux saints aient été transformés en lieux profanes, que les populations juive et  non juive n'ont pratiquement pas de contact et que bien que les murs des quartiers juifs et des ghettos n'existent plus en réels, ils subsistent dans les mémoires des uns et des autres. Le passé n'est pas enseveli dans les mémoires et je me rends compte que les juifs sont toujours les boucs émissaires de tous les malheurs qui s'abattent sur les pays concernés. Hum oui, le mythe du juif riche est coriace !

En fermant ce livre, j'ai fermé la porte de mon passé et repris ma route d'apikhor. Ce livre a le pouvoir de ressusciter ce qui a été et de nous le faire ressentir avec acuité. Mais n'est-ce pas l'intérêt d'un livre. Y entrer, s'y oublier pour revivre des émotions enfouies au plus profond de soi.

 

arton3892A propos de l'auteur :

Journaliste au quotitien La Croix, Alain Guillemoles est spécialiste de l'Europe Centrale et de l'Ex-URSS. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont, aux Editions Les Petits Matins : Même la neige était orange. La révolution ukrainienne et Gazprom, le nouvel empire, avec Alla Lazareva

14 avril 2016

Les dépossédés - Steve Sem-Sandberg

Les dépossédésCréé en 1940 le ghetto de la ville de Lodz, le plus grand de Pologne, survécut jusqu'en 1944 alors que les nazis avaient prévu d'en exterminer la population en moins d'un an.

Ce sursis est dû à la personnalité d'un seul homme Mordechaïm Rumkowski, Président du Conseil Juif. Convaincu que si les juifs se rendaient indispensables à l'effort de guerre allemand, ils seraient ainsi épargnés.

Rukowski transforma le ghetto en une cité ouvrière hyper-productive. Pris au piège de sa logique, il sacrifia les inadaptés, et les indésirables (malades, veillards, enfants). Il se mua ainsi, consciemment ou non, en un très efficace rouage de la machine d'extermination nazie. 

Pour  écrire ce roman, l'auteur s'est inspiré des archives du ghetto de Lodz. Y étaient collectés quantité de faits officiels mais aussi d'informations interdites cachées par les résistants (jounaux intimes, tracts, bulletins de guerre alliés, cartes militaires.

Editions : Robert Laffont pour "Pavillons" - ISBN : 9 78 2221 1160 12 - Broché - Prix : 22 euros.

 

Mon avis : Volodia

J'ai trouvé ce livre non seulement très intéressant mais également très bien documenté. Nous avons toutes les pièces nous permettant de situer et de comprendre les rouages de fonctionnement des ghettos (je dis des, car celui de Lodz fut le précurseur de ce qui allait se passer dans tous les autres).

Malgré tout, je vais me faire l'avocat du diable. En cause dans ce livre, l'attitude semble-t-il arrogante et suffisante de Chaïm Rukowski et de son extrême "servilité" vis à vis des Allemands. La tenue de discours particulièrement insupportables demandant aux parents de livrer leurs enfants, et leurs vieillards considérés comme improductifs. Ainsi que bien d'autres faits qui lui sont reprochés.

Au jour d'aujourd'hui et avec ce que nous savons eu égard à ce qui se passait dans les camps, il est facile de s'ériger en juge. Mais en 1942, si beaucoup connaissaient l'existence des camps (juifs et non juifs j'insiste, des cartes postales circulaient en Europe occupée et les soldats parlaient à leur retour chez eux), seul un petit nombre savait ce qui s'y passait réellement. Par ailleurs, même si Rukowski était tout puissant, il lui fallait l'accord du Conseil Juif pour prendre toutes ses décisions et le Judenrat avait voté avec le personnel médical du ghetto à 90 % l'abandon des enfants et des vieillards improductifs dans le but, illusoire on le sait maintenant, de sauver le plus de juifs restants.

Compte tenu de la famine, de la maladie, des brimades et des tortures journalières qui régnaient dans le ghetto, qu'est-ce qui était le plus dur pour des familles ? voir leurs proches mourir à petits feux ou une mort directe ? Aucune solution n'est acceptable, mais la seconde pourrait paraître plus supportable. On peut toujours penser que la guerre prendra fin bientôt, mais  quand le bientôt dure trop longtemps...

Il faut également ne pas oublier que toutes ces populations juives venaient de milieu très divers et que la majorité d'entre-elles qui venaient du prolétariat étaient extrémement pauvres et déjà épuisées du fait des discriminations naturelles envers les juifs (déjà en 1930)  bien avant l'anchluss, puis leur pauvreté fût pendant et après par lui en 1938 lorsqu'elles furent réduites à la misère sociale organisée (saisie de leurs outils de travail, interdiction de vendre à des non juifs quelques marchandises que ce soit, etc...) jusqu'à l'enfermement dans des ghettos où là encore, elles eurent à subir des vols, de l'exploitation etc...C'est cette population exangue que Rukowski s'est efforcée de sauver, et peu importe les moyens employés dussent-ils être insurportables et intolérables et dût-il s'avilir aux yeux des allemands comme de son peuple.

Je ne justifie pas sa mégalomanie, ni sa pédophilie avérée, ni ses autres monstrueux défauts. J'essaye de réfléchir et faire la part des choses. Il semble établi que sous la direction de Rukowski la distribution de vivres se soit faite équitablement à tous. Que des activités éducatives et culturelles se soient développées clandestinement, mais qu'également et même si cela paraît dur, les méthodes appliquées aient assurées la survie du ghetto jusqu'en 1944. 

On oublie également que le Judenrat, la police du ghetto (dont les membres étaient des juifs convertis à la chrétienté) et les chefs d'ateliers étaient eux-même en sursis et qu'à l'intérieur du ghetto chacun essayait de sauver sa peau comme il le pouvait. J'ai bien conscience que cela n'excuse pas tout, mais quand même, si un membre d'une famille avait une place dans l'administration du ghetto, il était compréhensible qu'il en fasse profiter les autres, ou des proches ou des amis. Dans ces cas là, l'homme reste un homme chacun pour soi et Dieu pour tous. Il n'y a plus de peuple élu, seulement des malheureux et des miséreux qui ne savent à qui se vouer. De plus, est-il préférable de voir les membres de sa famille agoniser par la faim, la maladie, la torture, plutôt qu'une mort que l'on savait rapide ???

 

RukomskiA  propos de l'auteur :

Steve Sem-Sandberg est né en 1958 et vit entre Stockholm et Vienne. Romancier, il est également critique littéraire pour le quotidien suédois Dagens Ny-bakker.

En 2009, il a été récompensé par le Grand Prix De Nios pour une "oeuvre littéraire remarquable, caractérisée par sa dimensiion intellectuelle, sa précision historique et sa profondeur psychologique".

 

26 mars 2012

Venge-moi ! - Patrick Cauvin

VENGE MOIQuatrième de couverture :

"Tout à commencé le soir de sa mort.

 Elle a attendu le dernier instant pour me révéler son secret et me confier une mission  : la venger.

J'ai accepté car l'on ne refuse rien à une mère mourante.

 Et j'ai plongé dans un passé efffroyable..."

Une enfance, une adolescence à huit clos dans l'ombre étouffante d'une mère rescapée de la déportation et qui ressasse inlassablement ses souvenirs : la dénonciation, la disparition de son époux...

Un suspense surprenant où Cauvin jongle brillamment avec le pire jusqu'au dénouement inattendu, inexorable.

Editions : Albin Michel - Broché 204 pages - ISBN : 978 2 226 17710 0 - Prix : 16 euros

Mon avis : Volodia

Je m'attendais à beaucoup de choses mais certainement pas  un tel dénouement. La jalousie, l'amour, la vengeance par delà la mort d'une femme bafouée qui se servit de son fils comme d'un bras armé plus de 40 ans après et  dont la vengeance parfaite finira dans le sang pour ceux qui avaient brisé sa vie.

L'intrigue est habilement menée et le suspens est constant, quant au dénouement, il est effroyable.

4 février 2010

Le royaume des Bégums - Shaharyar M.Khan

001Comment, au coeur de l'empire des Indes britanniques, à Bhopal, quatre générations de femmes musulmanes ont-elles réussi à tenir les rêne du pouvoir pendant plus d'un siècle ? L'un de leurs descendants raconte ici l'incroyable histoire de ces quatre bégums qui, déjouant les préjugés, les intrigues de leurs cousins et les tentatives d'assassinat, régnèrent de plein droit dans l'un des plus Etats princiers Musulmans.

Dignes héritières du noble afghan qui avait fondé cet Etat en profitant du chaos de l'Emire des Grands Moghols, les deux premières bégums de Bhopal, Qudsi et sa fille Sikandar, rejetèrent le voile et prouvèrent à leurs rivaux qu'elles étaient capables e gouverner aussi bien que des hommes. Sikandar, qui chevauchait à la tête des armées pour impressionner ses ennemis, modernisa l'Etat, créa une assemblée législative et ouvrit des écoles pour filles. Tout cela ne l'empêchait pas d'aller chasser le tigre ou de jouer au polo contre les Anglais... Plus féminine, la bégum Shajehan mena d'abord joyeuse vie à la cour de Bhopal et se prit de passion pour la musique et la poésie. Puis, subjuguée par son second mari, elle lui laissa les affaires du pouvoir et reprit le voile, au grand dam de sa grand-dmère.

Cette dynastie de femmes illustres s'achève avec la bégum Sultan Jahan. Elle se forgea une image de souveraine puissante et fit de Bhopal un havre de paix à une époque où les Britanniques s'efforçaient de diviser pour régner. Elle vint en Europe où elle suscita une immense curiosité, puis abdiqua en faveur de son fils en 1926, après avoir joué un rôle de pionnière en matière d'éducation et d'émancipation des femmes musulmanes.

Shaharar M.Khan, descendant en ligne directe de la dynastie de Bhopal, a mené une longue carière de diplomate. Il a été notamment ambassadeur du Pakistan en Grande-Bretagne, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères du Pakistan, représentant du secrétaire général des Nations Unies au Rwanda, puis ambassaeur du Pakistan en France.

 

4 octobre 2016

Olam - Mark Zborowsky et Elisabeth Herzog

49315751_p"Ami lecteur, la ville des petites gens où je te mène se trouve juste au centre de cette "zone bienheureuse" ou l'on a entassé les juifs les uns sur les autres, comme des harengs dans un tonneau, en leur ordonnant de croître et de prospérer... Cachée dans un coin loin, très loin, isolée du monde, cette ville est assise, telle une orpheline, rêveuse, ensorcelée, repliée sur elle-même. indifférente aux bonnes choses que les hommes se sont donnés la peine de créer et pour lesquelles ils ont trouvé des noms tels que "culture", "progrès", "civilisation". Ainsi parle, et avec humour, Chalom Aleichem, le grand écrivain.

Olam : une oeuvre exceptionnelle qui sera lue par les juifs français avec une immense nostalgie, une langue précise, sans emphase, une volonté d'être compris de tous. Le lecteur est plongé au sein d'une de ces centaines de bourgades d'Europe centrale où le peuple juif a vécu pendant cinq siècles en marge des peuples Polonais, Austro-Hongrois et Russe. Civilisation du passé ; la haine nazie l'a détruite dans l'horreur.

L'existence de ces millions de juifs était essentiellement sous le signe de la tradition biblique, l'ordre divin décidant des moindres faits et gestes. Le peuple du shtetl, civilisation du livre et du verbe, a privilégié, quelles que fussent les circonstances, l'étude de la Torah. Femmes et travailleurs, en cette société pyramidale, hiérarchisée, acceptaient leur indigence. Ils savaient que les meilleurs de leurs fils étudiaient la parole sacrée dans l'entourage de rabbis, parfois charismatiques.

Ce livre est actuel. Tout ce que l'on voit s'affirmer dans le monde juif contemporain, ses contradictions, préexistent dans ces petits shtetsl. Les cours des tsaddikim hassidiques, l'humour yiddish, perpétué par les Marx Brothers et Woody Allen ; jusqu'au Bund et au sionisme, réaction d'opposants au shtetl, partis vivre dans les villes à l'écart de ce corset religieux aux règles rigides. Le shtetl est une microcosme de la judéité ashkénaze dont on sait le rôle pionnier en Israëll avec la branche allemande.

Olam est aussi la rue juive : vivre ensemble, les fêtes, les marchés, les cris des mères, les querelles domestiques, la peur continuelle enfin du pogrom.

16 janvier 2010

Siddhartha - Hermann Hess

70163_2785437Un jour vient où l'enseignement traditionnel donné aux brahmanes ne suffit plus qu jeune Siddhartha. Quand des ascètes samanas passent dans la ville, il les suit, se familiarise avec toutes leurs pratiques mais n'arrive pas à trouver la paix de l'âme recherchée.

Puis c'est la rencontre avec Gotama, le Bouddha. Tous en reconnaissant sa doctrine sublime, il ne peut l'accepter et commence une autre vie auprès de la belle Kamala et du marchand Kamaswani. Les richesses qu'il acquiert en font un homme neuf, matérialiste, dont le personnage finit par lui déplaire. Il s'en va à travers la forêt, au bord du fleuve. C'est là qu'il accomplit l'ultime phase du cycle de son évolution.

Dans le cadre d'une Inde recréée à merveille, écrit dans un style d'une rare maîtrise, Siddhartha, roman d'une initiation, est un des plus grands de Hermann Hesse, Prix Nobel de littérature.

Mon avis : Indiangay

En lisant ce livre j'ai eu l'impression de me retrouver chez moi, en Inde et bien que je reste profondément indhu, je ne peux m'empêcher de penser à ce qu'il adviendrait, si moi aussi, un jour, je rencontrais Gotama. Il s'en dégage un sentiment de paix, d'aboutissement d'une vie riche en expériences tant profanes que sacrées. Ce livre figure dans les classiques de la littérature et il m'est toujours agréable de le lire et le relire..

 

2 mai 2016

Héloïse, ouille ! - Jean Teulé

9782260022107

Quatrième de couverture : 

Ile de la Cité, 1118. Théologien et dialecticien acclamé, Abéléard était promis, aux dires de tous, aux honneurs de Rome. Chargé par le chanoine Fulbert de veiller à l’éducation de sa nièce, la moins candide qu’il n’y paraît Héloïse, le sae professeur prendra ses devoirs plus qu’à cœur – à corps, et à cris. Au programme : foin de grammaire ni de latin ! Rien de moins que l’amour, l’amour fol, absolu. Hors pair (e). 

 

Editions : Pocket – ISBN : 9 782266 263146 – Poche : 309 pages – Prix : 6,95 euros.

 

Mon avis : Volodia 

Hum, beaucoup de surprises en lisant ce nouveau de roman de Jean Teulé, quoi que le titre à lui seul aurait dû suffire à attiser ma curiosité et me mettre sur la voie. 

Voilà la magnifique histoire d’amour d’Abelard et Héloïse transformée sous la plume de l’auteur en roman pornographique avec  : Abelard, en vieux bouc pervers, et sa scolare Héloïse, en hypocrite et à la fois innocente rouée. 

J’ai toujours apprécié le style de l’auteur de faire revivre en racontant de façon plaisante et ludique, les grandes histoires du Moyen Age. Aussi dois-je avouer qu’en lisant ce récit j’en suis resté pantois et un peu perplexe, déçu serait un mot trop fort. Raconté et illustré au propre (le livre comporte des eaux fortes assez  licencieuses) comme au figuré de façon rabelaisienne. 

Toutefois, l’humour sauve « les meubles » et qui d’autre mieux que Jean Teulé aurait pu nous bailler ce récit avec une telle verve, transformant celui-ci en Comédia-Del-Arte.

17 janvier 2016

Yoshé le fou - Israël Joshua Singer

Yoshe_le_fouQuatrième de couverture :

L'histoire d'un amour passionné, absolu, et pourtant interdit, condamné d'avance, telle est la trame de Yoshé le fou le plus célèbre des romans d'Israël Joshua Singer, comparé par la critique des années trente à Tolstoï, Balzac et Dickens.

Il se situe à l'aube du 19ème siècle dans une communauté hassidique de Pologne. A peine âgé de 15 ans, le fragile Nahum a du épouser la fille du rabbi, la grosse et sotte Sourele. Dans cet univers clos et frénétique qu'est la cour rabbinique, il vit en marge et n'a d'autre refuge que l'étude jusqu'au jour où il croise un regard, celui de Malka, la très jeune femme de son beau-père. Aussitôt c'est l'étincelle, la flamme, la passion qui embrase tout. Mais c'est aussi la peur de l'interdit, l'angoisse, le remords - et le plus cruel des dénouements pour les amants.

Quinze ans après le drame, quel est cet homme étrange qui arrrive au village et réveille un passé que tous veulent oublier ? Yoshé le fou est-il ou n'est-il pas Nahum ? Par-delà la mort, un aussi grand amour peut-il encore vivre ?

 

Mon avis : Volodia

En lisant ce livre, je n'ai pu manquer de faire un rapprochement avec "le Dybbuk". Je n'ai eu aucun mal à reconstituer l'univers de ces cours rabbiniques d'Autriche et de Galicie que ce soit ou au XVIIIème siècle au 20ème ou au 21ème siècle, le hassidisme reste fidèle à ses principes et traditions d'autant que maintenant (et malgré leur négation d'un Etat qui ne leur a pas été donné par Dieu) ils ne sont plus mis à l'index par les juifs orthodoxe....

La différence d'éducation et de raffinement entre le Juif Autrichien plus ouvert sur le monde et le juif criaillant, mendiant et crasseux du schtetl, souvent l'esprit borné et passant sa vie en bigoterie et en lamentations pour tout et rien avec un air de martyr désigné fait que l'on prend (du moins moi je prends) fait et cause pour ce jeune homme obligé par tradition et pour une alliance entre cours rabbiniques de se marier, alors qu'il n'était pas prêt, avec une fille qu'il n'a pas choisi et avec qui il est sans conteste mal assorti.

Ce livre vous fait pénétrer dans un mode clos avec ses propres lois, ses traditions, ses peurs, ses superstitions ou la méfiance ancestrale du"goï " perdure de génération en génération.

Israël Joshua Singer est né en Pologne en 1893. Fils de rabbin, il s'est tourné très tôt vers le journalisme et la littérature. Auteur d'une dizaine de romans, recueils de nouvelles et pièces de théâtre, il est devenu très tôt un des plus célèvres écrivains de langue yiddish de son époque. Il a émigré aux Etat-Unis en 1934 et est mort à New york en 1944. Il était le frère d'Isaac Bashevis Singer, Prix Nobel de littérature en 1978.   

2 juin 2011

Noureev L'insoumis - Ariane Dolfus

000824936Le 16 juin 1961,  l'Occident découvrait une nouvelle étoile étincelante : Rudolf Noureev,  jeune danseur soviétique, venait de faire défection avec fracas, à l'aéroport du Bourget. Star du jour au lendemain, Noureev allait le rester jusqu'à sa mort en 1993, devenant le plus célèbre danseur de tous les temps.

Pourquoi Rudolf Hametovitch Noureev voulait-il fuir son pays ? Comment ce jeune Tatare d'origine musulmane, issu d'une famille démunie, et arrivé d'une Sibérie coupée du monde a-t-il pu se métamorphoser en danseur planétaire, richissime et adulé, icône des médias, enfant chéri d'une jet-set mondiale et d'un public sous le charme ?

C'est ce fabuleux destin que raconte Ariane Dolfus dans ce "portrait sensible" qui n'a rien d'une biographie purement chronologique. Grâce à de très nombreux témoignages, documents et d'une multitude d'anecdotes, cet ouvrage montre l'homme extravagant et excessif qu'il fut, ainsi qu'un Noureev plus intime, entouré mais seul, théâtral et mélancolique, grand séducteur souvent éconduit, personnage arrogant mais courageux, admirable et insupportable éternel exilé dont la seule patrie était la scène mais qui ne rêvait que de revoir sa mère.

L'auteur dévoile comme Noureev l'insoumis, habité par la danse, osa braver son père défier le pouvoir soviétique et le KGB, s'imposer dans un milieu artistique qui ne l'attendait pas. Elle explique comment le danseur a su révolutionner un art désuet en rendant soudain Giselle, le Lac des Cygnes ou la Belles au bois dormant formidablement moderne?. Elle revient sur ses rôles mythiques, sur le couple de légende qu'il formait avec Margo Fonteyn, sur son passage riche et tumultueux à la tête du Ballet de l'Opéra de Paris.

Voici une biographie de référence qui atteste à quel point Noureev colla à son époque. Entre stalinisme, guerre froide, libération sexuelle et années sida, c'est un demi-siècle d'histoire que l'on revisite.

Ariane Dolfus, née en 1966, est diplomée de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris. Elle a été critique de danse et de théâtre à France-Soir de 1988 à 2006. Elle collabore à plusieurs revues de danse et fut chroniqueuse au "Fou du Roi" sur France-Inter.

Editions : Flammarion - ISBN 978 2 0806 8651 0 - Broché 531 pages - Prix : 24 euros. 

 

2 août 2018

Les portes de novembre - Chaïm Potok

001A la mort de Joseph Staline, dont le règne a plongé l'URSS dans un abîme de terreur, Volodia Slepak et son épouse Macha, enfants bien nés et bien arrivés de la société soviétique, prennent conscience du sombre avenir qui se profile dans leur pays pour le judaïsme.

Volodia a pour père Salomon Slepak, un bolchevik de la première heure, miraculeusement échapé aux hécatombes staliniennes qui ont emporté tous les artisans de la Révolution. Une tête brûlée qui a depuis longtemps abdiqué toute lucidité et toute clairvoyance au nom de l'infaillibilité du Parti.

De manifestions en jugements, d'incarcérations en exils, Volodia et Macha Slepak seront pendant 18 ans le fer de lance de la dissidence juive soviétique. Leur appartement de la rue Gorki à Moscou devient le sanctuaire du mouvent des refuzniks et de leurs légendaires figures, Anatoly Chtcharanski, Ida Nudel, Iosif Begun et d'autres encore.

Les terribles soubresauts du déclin tzariste et la descente aux enfers d'une Union Soviétique broyée par la mégalomanie sanguinaire de Staline forment la toile de fond d'une extraordinaire saga où se trament la chronique déchirante du mouvent des refuzniks et l'histoire violente et vrai de Volodia, Macha et leurs enfants.

Comment des hommes d'un rang social élevé peuvent-ils accepter de voir leur vie basculer dans la précarité, la terreur quotidienne, la captivité pour affirmer une identité qu'ils savent incompatible avec l'univers dont ils sont prisonniers ? C'est l'une des énigmes que posent se livre.

16 février 2010

Pondichéry 1674-1761 - l'échec d'un rêve d'empire

037Sous Louis XIV, quand les Français, longtemps après les puissances maritimes européennes, décident d'implanter en Inde quelques "loges" commerciales, une grande partie de la péninsule au sud de l'Himalaya constitue une vaste empire soumis à la dynastie timouride des Mogols. Sous leur règle, l'Inde se couvre d'admirables palais. Littérature, danse, musique, art de la miniature atteignent leur apogée. C'est l'époque de la plus grande extension de l'empire mogol, et sans doute le début de son déclin.

Les Français sont les premiers à s'apercevoir de cette mutation et à en tirer parti. Ou tout au moins les Français de Pondichéry, comme le gouverneur Dupleix et son second Bussy qui inventent la politique du "protectorat", imitée par les Anglais avec la forture que l'on sait, mais incomprise et non soutenue par le gouvernement français. A paris, on sera même choqué de voir Pondichéry devenir une sorte de capital de l'Inde du Sud, avec tout le déploiement de faste et de magnificence que cette situation implique à l'époque. Le gouvernement de Louis XV a ses raisons, car la France est une puissance terrienne, mais il n'a rien compris aux formidables potentialité de l'Inde. Un siècle de plus a été nécessaire pour qu'un gouvernement français songe à une vraie politique coloniale. A cause de la grandeur de ce rêve avorté, des personnalités exceptionnelles qui lui ont donné forme, du sort tragique de cette capitale ravagée par les Anglais en 1761, du climat de tolérance qu'elle a su établir et de sa longue fidélité, Pondichéry est riche de nostalgie et d'enseignements politiques.

Mon avis : Indiangay

J'ai trouvé ce livre bien fait, car il aborde tous les sujets, politique, économique, religieux, les mentalités des uns et des autres. Il ne fait pas l'apologie de la colonisation ni des rancoeurs qu'elle aurait pu laisser. Il essaie d'être juste dans sa présentation des évènements.

Par ailleurs, pour les Français de France cela donne une vision un peu plus complète de celle que l'on peut apprendre dans les livres scolaires et pour les Français de l'Inde, ça nous donne la fierté d'être français et les liens d'amitié qui nous lient à ce pays. N'ayant pas été considérés et traités en "inférieurs" comme cela s'est passé dans d'autres pays, cela explique en partie, je pense l'amour que nous avons pour la France et la langue française qui fait qu'elle continue à être parlée et transmise de génération en génération, dans nos rues et nos foyers.

2 février 2010

L'affaire Kravtchenko - Nina Berberova

41375464VZL__SL500_AA240_Quand s'ouvre le procès Kraventchenko contre les lettres françaises, le 24 janvier 1949, il apparaît tout de suite que ce procès en diffamation va tourner au procès du régime soviétique et que la question de fond qui est posée là est celle de l'exitence de camps de concentration en URSS. Les lettres françaises appellent des témoins prestigieux qui affirment sous serment qu'il n'y en a pas et qu'il ne saurait y en avoir.On n'a encore entendu parler de ni d'une journée d'Ivan Denissovitch, ni de Soljenitsyne, ni du mot "goulag". Kravtchenko, lui, a fait venir des victimes, des personnes déplacées. Et parmi ces témoins, une femme Margarete Buber-Neumann dont le témoignage produit un effet considérable.

Nina Berberova (qui passe sa dernière année en France) se trouve sur les bancs de la presse. Elle a compris ce qui se joue dans ces débats : non pas le sort de Kravchenko, auquel elle ne s'intéresse guère, mais... la vérité. Sa stupeur d'émigrée consternée par l'aveuglement des témoins de la défense, sa révolte contre le prestige usurpé d'un pouvoir criminel et, sa détermination à saisir l'occasion du procès pour contribuer, si peu que ce soit, à l'émancipation de l'opinion occidentale, lui inspirent des portraits, de petits commentaires incrustés dans le compte rendu, parfois simplement des sous-titres - mais ils sont acérés comme des fléchettes d'acier. C'est cela l'effet Berberova : la rigueur du compte rendu, l'acuité du regard, la nécessité de la justice et l'efficacité du style.

23 juillet 2022

Génération Offensée - Caroline Fourest

Génération offensée

 

Quatrième de couverture :

 

C'est l'histoire de petits lynchages ordinaires, qui finissent par envahir notre intimité, assigner nos identités, transformer notre vocabulaire et menacer nos échanges. Une peste de la sensibilité.

 

Chaque jour, un groupe, une minorité, un individu érigé en représentant d'une cause, menace, et censure parce qu'il se dit "offensé". Souvent, le procès est mené en criant a l'appropriation culturelle", ce nouveau blasphème. Au Canada, des étudiants réclament la supression d'un cours de yoga pour ne pas risquer de "s'approprier" la culture indienne, Aux Etats Unis, la chasse aux sorcières traque les menus asiatiques dans les cantines et l'enseignement des grandes oeuvres classiques, jugées choquantes et normatives. Des étudiants s'offusquent à la moindre contradiction, qu'ils considèrent comme des "micro-agressions". Au point d'exiger des safe space, où l'on apprend à fuir le débat et l'altérité. La parole même est confisquée, selon l'origine géographique ou sociale, le genre ou la couleur de peau. Une intimidation qui va jusqu'à la menace physique et au renvoi de professeurs.

 

La France croyait résister à cette injonction, mais là aussi, des groupes tentent d'interdire des expositions ou des pièces de théâtre... souvent antiracistes ! La police de la culture vire à la police de la pensée.

 

Ce livre propose une voie authentiquement féministe et antiraciste, universaliste, qui permet de distinguer le pillage de l'hommage, tout en continuant à pense et à se parler.

 

Editions : Grasset - ISBN : 9 782246 820185 - Broché : 157 pages - Parution : mars 2020 - Prix : 17 €

 

 

Mon avis : ChezVolodia 

 

L'auteure nous fait part de son avis sur une pratique délétère qui sévit depuis maintenant plusieurs années, consistant à faire d’anciennes victimes, de véritables bourreaux de la pensée, et en analyse les causes et les effets.

 

Que vous alliez sur des réseaux sociaux, que vous participiez à un forum de discussion quel que soit le sujet, vous ne pouvez émettre un avis, et encore moins une opinion sans que vous soyez contredit, sans même un débat, avec véhémence pour ne pas dire agressivité par de petits dictateurs improvisés de la culture et de la pensée.

 

Vos propos, et ce peut importe le sujet évoqué, sont disséqués et parfois même détournés. Il se trouve toujours une bande de harpies pour vous prouver par A plus B, du plus haut de leur intellectualité, que lesdits propos sont innapropriés, racistes, homophobes, transphobes, grossophobes, et autres mots encore se terminant par phobe ou phobie, alors que vous ne faisiez que parler à batons rompus, répondre à une interrogation et/ou que vous énonciez des généralités, voire, oh, péché suprême, dévoiliez des vérités qui ne plaisent pas aux principaux intéressés pour X raisons.

 

Pas de discussions, ni de débats, de confrontations d’idées avec ces gendarmes de la parole. Vous êtes l’ennemi, celui envers qui on vocifère des anathèmes, et profère des oukases, sans que l’on prenne la peine d’écouter, et/ou, de lire jusqu’au bout le cheminement de votre pensée, le raisonnement ayant conduit à cette forme de paroles et/ou d‘avis. Si encore, vous aviez été irrespectueux, grossier et « mal embouché » cela se comprendrait, mais non il suffit d’un rien pour mettre le feu aux poudres !

 

Avant d’être intégré dans un groupe, peu importe ce et ceux qu’ils représentent, vous devez montrer « mains propres » et être jauger, puis juger avant d’y être accepté ou rejeté sans autre forme de procès.

 

De fait, Beaucoup de personnes et non des moindres qu’elles viennent du monde politique, littéraire, artistique n’osent plus émettre le moindre avis, ni la moindre opinion tranchée ou non, par peur de se faire blackbouler si ce n’est lyncher en place publique par des groupes dit minoritaires, sortis d’on ne sait ou, mais avec le pouvoir de drainer des foules de personnes influençables cherchant à se rendre intéressantes en faisant le buzz, de petits esprits (il faut bien l’avouer) agissant en meute. Et ça, c’est insupportable !

 

La liberté des uns s’arrêtent là ou commence celle des autres. Et oh combien cettre phrase se révèle exacte dans ce cas.

 

La plupart du temps, ces « défenseurs » de la parole et/ou dictateurs de la pensée, écrite ou orale du reste, proviennent de populations minoritaires, et souvent racisées (nouveau mot à la mode pour parler de leur couleur de peau essentiellement). Mot qui à mon sens est pire, car les races ont été définies, non pour les discriminer mais pour identifier et différencier les populations peuplant notre monde. Le pseudo problème du mot race vient des personnes « noires » qui voient encore là un racisme colonial. Ce qui est  inepte, à mon sens. Il s’agissait juste de répertorier les peuples ayant certaines caractéristiques pysiques et les recenser sur la carte du monde. Ce que Les hommes ont fait par la suite de ces études et l’interprétation qu’ils y ont donnée est délétère. et ne peut être considérée comme une référence.

 

Pour évoluer et éviter les amalgames, il suffit d’étudier les civilisations et non se contenter d’abonder dans le sens de celui qui crie le plus fort, de survoler quelques manuels écrits lors des colonisations - je dis bien des colonisations, car tous les peuples ont subi la colonisation, y compris l’esclavage qui existe depuis l‘antiquité pour différents motifs : prise de guerre, dettes, pouvoyeur de femmes dans les harems, de main-d’œuvre et cela quelque soit la couleur de la peau - pour percevoir la stupidité de ces attitudes négatives. Avant de crier au racisme au moindre bobo à l’égo, il serait utile d’approfondir ses connaissances intellectuelles un minimun.

 

Et la soi-disant appropriation culturelle, on en parle, car là on nage en plein délire. Ces groupuscules ont-ils au moins consulté un dictionnaire pour avoir la réelle signifiation de ce terme ? donc avant de galvauder ce terme, de dire n’importe quoi, n’importe comment, à n’importe qui, s’il vous plait ouvrez le dictionnaire. Mon compagnon a écrit un post à ce sujet, je vous mets le lien ci-dessous :

 

http://indiangay7.canalblog.com/archives/2020/09/22/38548225.html

 

Si je me penche sur la communauté LGBT c’est une catastrophe. Il suffit d’une grande gueule pour mener les troupes tambours battants. Au moindre avis discordant, les mots en « obe, obie » fusent pire qu’un feu d’artifice.

 

Telle personne hétéro ou gay rejette un trans sur un site de rencontre, en boite et/ou dans son lit ou je ne sais ailleurs : elle est transphobe. Ben non ! Et tout est sujet à polémiques, une personne se dit victime d’homophobie, sans savoir si c’est vrai, le pourquoi du comment, on monte aux créneaux.

 

Alors attention, que l’on soit bien d’accord, je ne dis absolument pas que le racisme, l’homophobie, la grossophobie, la transphobie et autres n’existent pas. Je dis simplement qu’on ne doit pas crier au comportement ou au propos haineux parce que l’orgueil a été blessé. Rassurez-vous, on en meurt pas. Il faut différencier, les propos maladroits par méconnaissance, ou parce que la personne s‘exprime mal, des propos blessants et/ou humiliants.

 

Refus d’embauche : patron raciste, homophobe, grossophobe (je l’avais oublié celui-là). Hum, peut être. Mais peut être aussi faut-il chercher les causes ailleurs : compétences insuffisantes, présentation avec vestiaire ne correspondant pas au poste à pourvoir, profusion de tatouages y compris sur le visage, accent trop prononcé, attitude inadéquate, CV trafiqué, élocution difficile, etc, etc….

 

D’accord, les tatouages ne devraient pas influencer les recruteurs, et ne devraient interférer en rien dans les compétences. Mais certains métiers en lien avec une clientèle sont plus conservateurs que d’autres et peuvent être discriminants. L’employeur n’est pas un philanthrope même si cela ne le dérange pas, lui, des tatouages omniprésents partout peuvent incommoder la clientèle, et il ne va pas la perdre pour que vous, soyez en harmonie avec vous-même. Certains pays sont plus tolérants que d’autres. C’est la dure loi du marché, si vous devez gagner votre vive !

 

Tout ce qui est évoqué ci-dessus peut être sujets à critiques, et pour éviter de froisser certaines susceptibilités, pour éviter d’être vilipendé, on pratique le entre-soi, qu’il soit identitaire, culturel, religieux, politique. Au lieu de nous mélanger, de mixer nos cultures, nos idées et ainsi lutter contre ce qui est réellement important dans notre société, nous pratiquons ce que moi j’appelle le repli identitaire peu différent d’un certain parti politique, il fut un temps. Sauf qu’à présent, ce repli et cette ségrégation sont faites, volontairement, par des personnes qui furent en leur temps discriminées pour non intégration culturelle et religieuse dans le pays d’accueil dans lequel elles résidaient.

 

A force de crier au racisme, à l’homophobie et tous les noms en obes ou ies, pour la moindre contrariété, on finit par passer outre ses motifs récurrents (imaginés ou avérés) et importants. La position victimaire en vogue depuis quelques années fait que certains se croient autorisés à renier l’histoire d’un pays, de peuples, pour la continuer et/ou la réécrire à leur manière en devenant à leur tour des bourreaux.

 

Il va s’en dire que je ne peux que vous recommander ce livre qui retrace le fil de cette position victimaire et ses dégâts au sein de notre société. 

 

27 août 2022

Le cas du sergent Grisha - Arnold Zweig

LE CAS DU SERGENT GRISHA

 

Résumé :

 

Il convient de préciser qu'il s'agit d'une histoire vraie racontée dans un premier temps sous forme de drame en 1921, puis transformée en roman en 1926.

 

L'action se déroule en Allemagne sur le front de l'Est, face aux Russes pendant la Première Guerre mondiale. Elle coimmence en mars 1917 pour se terminer en novembre de la même année. 

 

Dans un camp de prisonniers russes se trouve le sergent Grisha Popotkine.

 

Editions : Albin Michel - Broché. publication en 1930. De nos jours plus réédité, mais reste un d'occasion sur Amazon au prix de 25 euros.

 

 

Mon avis : ChezVolodia

 

Ce livre est une étude complexe des forces sociales qui engendrent la guerre. Son protagoniste Grisha est un soldat russe capturé à la fin de la Première Guerre mondiale par les Allemands et emprisonné. Désireux de rejoindre sa femme et l'enfant qu'il n'a jamais connu, Grisha s'échappe dans l'espoir de rejoindre la Russie.

 

Pour masquer son identité, il revêt un uniforme allemand qu'il a découvert abandonné dans la forêt. Rattrapé, il est pris pour l'homme dont il a endossé les habits. Grisha apprend que ce soldat est un déserteur et en tant que tel condamné à mort. Il ne semble pas pouvoir échapper au sort d'un autre. Même si Grisha s'évère finalement capable de prouver son identité et son innocence, il s'aperçoit que les soldats qui ont bien compris sa situation ont si peur de désobéir aux ordres qu'ils sont prêts à l'exécuter. 

 

La futilité de sa condamnation en vient à représenter les inombrables innocents, hommes et femmes tués pendant la guerre, au combat ou ailleurs, par des soldats qui se contentaient de suivre les ordres. Ces derniers ne sont jugés ni bons ni mauvais par Grisha, mais se trouvent sous le joug d'une chaine de supérieurs, chacun doté de ses propres motifs.

 

Arnold Zweig réussit à analiser ce système complexe de façon presque scientifique et à en tirer une vision tragique de la moralité et de la nature humaine.

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Adyghee Le salon littéraire de l'ivresse des mots
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