04 octobre 2016

Olam - Mark Zborowsky et Elisabeth Herzog

49315751_p"Ami lecteur, la ville des petites gens où je te mène se trouve juste au centre de cette "zone bienheureuse" ou l'on a entassé les juifs les uns sur les autres, comme des harengs dans un tonneau, en leur ordonnant de croître et de prospérer... Cachée dans un coins loin, très loin, isolée du monde, cette ville est assise, telle une orpheline, rêveuse, ensorcelée, repliée sur elle-même. indifférente aux bonnes choses que les hommes se sont donnés la peine de créer et pour lesquelles ils ont trouvé des noms tels que "culture", "progrès", "civilisation". Ainsi parle, et avec humour, Chalom Aleichem, le grand écrivain.

Olam : une oeuvre exceptionnelle qui sera lue par les juifs français avec une immense nostalgie, une langue précise, sans emphase, une volonté d'être compris de tous. Le lecteur est plongé au sein d'une de ces centaines de bourgades d'Europe centrale où le peuple juif a vécu pendant cinq siècles en marge des peuples Polonais, Austro-Hongrois et Russe. Civilisation du passé ; la haine nazie l'a détruite dans l'horreur.

L'existence de ces millions de juifs était essentiellement sous le signe de la tradition biblique, l'ordre divin décidanT des moindres faits et gestes. Le peuple du shtetl, civilisation du livre et du verbe, a privilégié, quelles que fussent les circonstances, l'étude de la Torah. Femmes et travailleurs, en cette société pyramidale, hiérarchisée, acceptaient leur indigence. Ils savaient que les meilleurs de leurs fils étudiaient la parole sacrée dans l'entourage de rabbis, parfois charismatiques.

Ce livre est actuel. Tout ce que l'on voit s'affirmer dans le monde juif contemporain, ses contradictions, préexiste dans ces petits shtetl. Les cours des tsaddikim hassidiques, l'humour yiddish, perpétué par les Marx Brothers et Woody Allen ; jusqu'au Bund et au sionisme, réaction d'opposants au shtetl, partis vivre dans les villes à l'écart de ce corset religieux aux règles rigides. Le shtetl est une microcosme de la judéité ashkénaze dont on sait le rôle pionnier en Israëll avec la branche allemande.

Olam est aussi la rue juive : vivre ensemble, les fêtes, les marchés, les cris des mères, les querelles domestiques, la peur continuelle enfin du pogrom.

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26 avril 2011

La corne du bélier - Isaac Bashevis Singer

9782234050815_1_75A la suite de savants calculs, les grands maîtres de la kabbale avaient désigné l’année 1665-1666 comme devant être celle de la venue du Messie…

 

Dans les communautés juives d’Europe Centrale et surtout en Pologne qui se remettaient à peine des massacres perpétrés seize ans plus tôt par les cosaques de Chmielnicki, un immense souffle d’espoir quand, en effet, un prétendant messianique apparut? Il s’appelait Sabbataï Zevi.

 

La corne du bélier est l’histoire de l’hystérie collective qui s’empare de la petite ville de Goray, dans la province de Lublin, quand un disciple de SabbatÎ Zevi la « reprend en main ». Ceux qui l’écoutent, de plus en plus nombreux, délaissent les tâches quotidiennes. Tous les interdits sont abolis puisque les temps sont venus. Goray va connaître des journées délirantes. Que chacun vive selon son plaisir ! Mais, quand le jour tant attendu arrive, c’est la révélation que le rédempteur n’était qu’un imposteur…

 

Grouillant de vie, audacieux, truculent, La corne du bélier est un livre fascinant autant par son étrangeté que par son accent de vérité historique?

 

Ne préfigure-t-il pas, en outre, certaines des convulsions tragiques de notre univers d’aujourd’hui ? 

La corne du bélier est le premier roman d’Isaac Bashevis Singer et le seul à avoir paru en Pologne avant la guerre. Il a été écrit en 1933, publié en feuilleton dans la revue Globus de Varsovie en 1934, puis en volume en 1935, par les soins de la section yiddish du Pen Club polonais. A cette date, Isaac Bashevis Singer venait d’arriver aux Etats-Unis et il attendra 1945 pour publier son second roman : La famille Moskat, d’abord feuilleton, puis en 1950 seulement en volume

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01 mars 2010

Célébration hassidique - Elie Wiesel

C_l_bration_hassidiqueLe hassidisme, ce mouvement qui est né au XVIIIè siècle dans le peuple juif dispersé aux confins de l'Europe centrale et orientale, n'a constitué ni une doctrine ni une idéologie. Il a été avant out une façon d'être, de voir, et de vivrre.

Au départ, un visionnaire solitaire : Israël Baal Shem-Tov, le Maître du bon nom. Aux juifs opprimés par des siècles de persécution, il lance un étonnant appel à la joie. Et ses disciples, le grand Maguid, Levi-Yitzhak de Berditchev, Israël de Rizhin ou Rabbi Nahman de Bratzlav, à travers un étrange réseau de communications et de successions, vont surgir ici et là, susciter les enthousiasmes, animer les communautés.

Leur histoire, leurs histoires, se sont inscrites dans les coeurs, et transmises de groupe en groupe et d'homme à homme. Et Elie Wiesel, enfant à Szeged (Hongrie), dans les toutes dernières années précédant la guerre qui allait voir anéantir ces mêmes communautés, écoutait, à la veillée du Shabbat, les vieillards parler de leurs Rabbis, et son grand-père évoquer la mémoire de ces hommes qui trouvaient Dieu non dans la pénitence mais dans la célébration.

A son tour, Elie Wiesel transmet aujourd'hui ce qu'il a reçu, aussi fidèlement que possible, mais avec ferveur, et en y prêtant sa voix et son accent. Car le Hassidisme est une flamme qui brûle toujours, pour lui et pour beaucoup.

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03 février 2010

Les oubliés du Shtetl - Yiddishland de Y.L. Peretz

45_1_150Les oubliés du Shtetl nous emmène en terre yiddish nous faisant découvrir cette société méconnue, sans Etat et sans armée, totalement éradiquée par la terreur nazie.

Un des grands mérites de ces chroniques, extrêment vivantes, est de nous révéler que ces communautés n'étaient pas monotithiques mais traversées par des rivalités, expressions de combats d'idées dans une vitalité de parole. Nous rencontrons ainsi les descendants des "éclairantistes", fils et filles des "lumières" ou Haskala, juifs athées, s'opposant avec vigueur aux rabbins orthodoxes qui se tenaient à distance des cours hassidiques influencés par les cercles de kabbalistes et divisés eux-mêmes sur l'interprétation de la Torah. Les hassidim, malgré leur hauteur religieuse, ne s'interdisaient pas de dialoguer, voire de polémiquer avec ces "éclairantistes" anticléricaux qui prônaient souvent un athéisme intégral.

Terre Humaine, dont on sait le combat en faveur des minorités, un des levains de l'histoire, se devait de publier ces chroniques de grande valeur littéraire. Elles nous permettent de découvrir une culture de langue yiddish, imprégnée d'influences allemandes, polonaises et russses. Parallèlement, se révèle une histoire infiniment plus complexe de la Pologne et de l'Europe Centrale. De grands courants de pensées aussi essentiels, à replacer dans leur origine que la psychanalyse ou l'anthropologie en sont directiment issus. Le Bund, mouvement de socialisme ouvrier est né de ces shtetl. Ces chroniques sont des scènes vues avec des descriptions inouliables d'un humour juif légendaire.

Les oubliés du Shtetl est un lire rare, une petite encyclopédie de la société yiddish. Il participe à un devoir de mémoire, de réhabilitation et de justice.

Né en 1851 à Zamosc, en Pologne, Y.L.  Peretz est l'un des plus grands écrivains de langue yiddish. En 1890, il se livre à une enquête approfondie sur les shtetl qui sera ultérieurement interdite par le Tsar. La publication de cette chronique d'une "mission impossible" est une première en France. Il demeure l'un des principaux fondateurs de la littérature yiddish moderne.

 

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Petites étincelles de sagesse juive - Victor Malka

9782226178497"Il en est qui pensent qu'il est difficile d'arriver à être un ange. En vérité, ce qui est difficile c'est d'arriver à être un homme".

C'est par le partage de telles pensées, autant que par l'étude des textes, que se transmet la sagesse juive. Dans cette petite anthologie, Victor Malka nous fait découvrir cette littérature orale, au plein sens du terme, qui nous éclaire avec légèreté sur les grandes questions de la vie :justice, miséricorde, prière, rires et larmes, aventure spirituelle... Les pères de la tradition juive, des mapitre du Talmud aux rebbes hassidiques en passant par les philosophes espagnols se sont penchés sur ces thèmes pour proposer à leurs fidèles ces préceptes de vie. Aujourd'hui encore, dans toutes les synagogues du monde, ces paroles sont répétées et commentées au gré de l'heure et de l'humeur, comme on se transmettrait, dans la crainte et le tremblement des braises ardentes.

 

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02 février 2010

Le golem - Gustav Meyrink

Ce roexc_golemman fantastique étrange et inquiétant a pour toile de fond les vieilles légendes des juifs kabbalistes de Prague.

Le golem est une figure d'argile animée magiquement, un automate qui personnifie les automates humains que crée la société moderne, avec ses impitoyables contingences. Pas plus que le Golem, l'homme moderne ne choisit son action. Il exécute, comme malgré lui, les ordres qui lui sont donnés par la Société.

Cependant, par-dessus ces exigences, le Divin vient s'inscrire comme une réalité agissante : "la bouche de tout homme devient la bouche de Dieu, si vous croyez qu'elle est la bouche de Dieu" : vision grandiose de la condition humaines. Ce roman devient ainsi l'expression même de la conditions humaire avec ses misères et sa grandeur.

Mon avis : Volodia

Ce livre est un classique de la littérature juive, on le lit, le relit sans fin, car au travers de cette histoire, se dresse ce que tout juif attendait à cette époque, un être divin capable de les défendre contre les injustices et les exactions subient par leur communauté. Ce livre nous fait pénétrer dans le quartier juif de Prague fermé le soir et ouvert le matin à une certaine heure. Il nous fait participer à la vie (parallèle) de tout un peuple, prostituées, mauvais garçons, étudiants hassidiques, rabbi miraculeux qui doivent se "débrouiller pour survivre" dans l'attente de ...

 

Héritier de la tradition de Novalis et de E.T.A. Hoffmann, très versé dans les théorieds occultistes et ayant pratiqué les exercices du yoga, nourri par surcroit de toutes les légendes de la vieille cité de Prague, Gustav Meyring (1868-1932) était un fin connaisseur des traditions occultes, tant européennes qu'extrême-orientales.  Il a écrit de nombreux récits et romans en autres : Le visage vert, Histoires de faiseurs d'or, le Dominicain blanc, l'Ange à la Fenêtre d'occident, La nuit de Walpurgis...Le golem parut en 1918 connut aussitôt un immense succès . C'est devenu un classique de la littérature fantastique

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