20 décembre 2017

Pinjar le Squelette - Amrita Pritam

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Quatrième de couverture :

1935, l’empire des Indes britanniques se prépare aux violents évènements de la partition qui secoueront le pays en 1947. Le gujarat, province située à l’Ouest, se verra coupé en deux, entre Pakistan et Inde, musulmans et hindous.

Le squelette est le roman d’une vie réinventée par Pouro au fil de ses rencontres avec des femmes comme elle, cruellement frappées par le destin. Ces femmes, à qui Pouro apporte aide et affection ont nom Kammo, la petite travailleuse, orpheline exploitée et maltraitée par sa tante. Taro, « étoile » brillante d’intelligence, d’instruction et de révolte, unie contre son gré par ses parents à un homme déjà marié : la « Folle » famélique, violée par des villageois, qui meurt en couches et dont Pouro et Rashida adoptent le bébé : Lajo enfin, la « Pudique », épouse du frère de Pouro et sœur de son ancien fiancé hindou Ram Chand, kidnappée pendant les exodes croisées de la partition et que Pouro et Rashida parviendront à arracher à son ravisseur et à faire rejoindre sa famille en Inde. 

 

Editions : KailasH – ISBN : 2 84268 037 5 – Broché 170 pages – Prix : 12 €

 

Mon ressenti : Indiangay

Amrita Pritam met en scène l’histoire de Pouro dont le nom signifie « La Plénitude »  issue d’une riche famille indhue du Penjab Occidental est enlevée, en 1930,  à la veille de ses noces par un muslim, en représailles d’une lointaine humiliation subie par ses ancêtres et perpétrée par des usuriers indhus.

Reniée par sa famille suite de cet évènement, Pouro, privée de tout ce qui faisait la chair de son existence :  son village, sa famille, son mariage tout proche, sa religion, son nom, se résigne à son mariage forcé avec Rashida, et sa conversion à l’Islam.

Sa grossesse qui ne lui inspirait que du dégoût puis, la naissance de son enfant et la bonté de son époux, qui malgré ce qu’il a fait est amoureux d’elle font que contre toute attente, elle s’attache à lui. Se résignant à son destin et poursuivant sa destinée inattendue Pouro devenue Hamida, n’aura de cesse d’aider toutes les femmes qui croiseront son chemin et ce, jusqu’en 1947 année de la partition de l’Inde.

Ce livre dégage une grande douceur et ce malgré les évènements tragiques qui nous sont relatés. Il évoque malheureusement le destin de bien des femmes de notre pays qui sont prises et utilisées comme de vulgaires marchandises, leur docilité apparente, mais aussi leurs révoltes intériorisées font d’elles des femmes fortes qui leur permet d’accepter avec fatalité le destin qui leur a été tracé.

Indhu moi-même je dois avouer avoir été  sensible au portrait dressé de Rashida qui transgresse tous les tabous, les clivages liés à la religion,  à son environnement, pour aider son épouse à accomplir les tâches qu’elle s’est fixée.

 

 

Amrita

A propos de l'Auteur !

Amrita Pritam est née en  1919 à Gujaranwala, dans le Penjab aujourd’hui Pakistannais.

Ce roman est le premier d’Amrita Pritam qui en a écrit une trentaine et qui a obtenu en 1982 un prestigieux prix littéraire. Elle s’imposa non seulement par sa thématique hardie, mais aussi par sa singularité littéraire.

 

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27 mars 2017

Le vendeur de sari - Rupa Bajwa

9782290087084FS

Quatrième de couverture :

Orphelin depuis l'âge de 6 ans, Ramchand est un jeune vendeur de sari dévoué qui passe ses journées à rouler et dérouler des kilomètres d'étoffes à l'intention des femmes aisées d'Amritsar.

Eprouvant en secret une immense honte face à l'éducation de ces riches clientes, il fait un jour l'acquisition de deux grammaires anglaises, et se prend à rêver d'une vie meilleure. Ainsi armé, il aspire à changer l'ordre établi. Mais ces efforts, en lui ouvrant de nouveaux horizons vont le confronter à l'injustice et à la cruauté du monde. 

Editions : J'ai Lu - ISBN : 978 2 290 08708 4 - Poche 286 pages - Prix : 6,70 € 

Mon ressenti : Indiangay

L'univers de Ramchand tourne autour du magasin de saris ou il est vendeur depuis de nombreuses années et sa chambre sordide située dans un quartier populaire et populeux d'Amristar.

Bien que les vicissitudes de la vie ne l'aient pas épargné  -orphelin à 6 ans, recueilli par son oncle plus soucieux de s'accaparer son héritage que de son éducation, puis chassé à 15 ans à la mort de celui-ci, par son épouse  qui ne pouvait continuer à assumer sa charge. Conscient de la chance d'avoir trouvé du travail, il se satisfait de la routine qui s'est peu à peu installée, même si une certaine lassitude le gagne.

Sa seule distraction est d'aller au cinéma, le dimanche avec ses copains qui sont également des "sari-walla" dans le même magasin. Un jour son employeur lui demande d'aller au domicile d'une des familles les plus riches de la ville pour présenter des saris  devant constituer le trousseau de mariage de la fille ainée en passe de se marier prochainement. L'occasion pour lui  de sortir enfin du quotidien, de s'évader et de "pénétrer" dans le monde des privilégiés  indiens. Stupéfait, il y découvre le paradis, la beauté  des choses.

Ce sera un déclic qui se prendra à rêver d'une vie meilleure. Afin de s'élever socialement et conscient que l'instruction en est la base (lui qui sait à peine lire), il acquiert une vieille grammaire anglaise, afin de connaître des mots et leur sens pour accéder plus facilement à la lecture. Il étudiera consencieusement et laborieusement, le soir après son travail, pour faire honneur à son père qui souhaitait l'inscrire dans une école anglophone.

Quelque temps plus tard Ramchand est dépêché par son employeur, au domicile d'un de ses collègues  absent depuis plusieurs jours sans explication. Il y découvrira un univers encore plus sordide que le sien, où règne la misère et la crasse, la violence et l'injustice..

Cette visite le marquera durablement au point qu'il finira dans un accès de folie par s'en prendre à son employeur et ses collègues de travail. Mais comme tout à une fin et parce qu'il a eur de perdre  le peu de sécurité matérielle qu'il a, il finira par faire amende honorable, allant jusqu'à s'humilier et tomber à genoux devant son employeur se faire pardonner. Il sauverera ainsi son emploi et retrouvera  l'estime de tous les sari-walla.

J'ai adoré ce livre qui dépeint fort bien les clivages sociaux de la société indienne moderne. Le grouillement des villes indiennes, le fossé qui sépare les riches commerçants d'une part et les intellectuels non fortunés de l'autre. Rina jeune fille moderne va épouser un militaire et non un riche marchand. Elle se veut être une passerelle entre ces deux mondes.

Car en Inde, quelle que soit la ville, être pauvre est considéré comme une tare. La position sociale d'une famille est sujet à bien des rivalités et la préparation d'un mariage une façon d'étaler ses richesses, idem le gaspillage  et l'inévitable gaspillage des mets qui résulte d'un buffet sont une véritable insulte à la pauvreté de la majorité.

Et puis, il faut bien le dire, la fierté des humbles  d'être invités à des festivités organisées par des notables. L'émouvante admiration des gens du peuple pour tout ce qu'il trouve beau : une carte de visite imitation en papier glacé, des maisons avec des véritables portes et fenêtres, des parcs, des jardins, des piscines avec de l'eau bleu comme sur des catalogues, le tout avec vu dégagée sans détritus et foule grouillante, vulgaire et criarde. Toute ces obséquiosités dont les pauvres font preuve avec les riches les conforte dans l'idée qu'ils leur sont supérieurs.

 

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15 août 2016

De l'Aube au crépuscule de Rabindranath Tagore

 

9782757812075

Quatrième de couverture :

"Je suis parvenu aux confins

de l'éternité où rien ne

peut se dissiper - ni l'espoir,

ni l'extase, ni la vision

d'un visage entrevu derrière les larmes"

 

Les poêmes de Rabrindranath Tagore sont autant de prières et de dialogues avec le divin. Ils célèbrent la vie, malgré les tragédies qu'elle engendre, et magnifient un monde en constant changement de couleurs, de sons et d'harmonies.

L'accessibilité de ces vers, leur portée spirituelle, situent l'oeuvre de Tagore au croisement de la poésie lyrique et des grands textes de la sagesse orientale.

 

Editions : Points - ISBN : 9 782757 812075 - Poche : 108 pages - Prix : 6,80 €

 

Mon avis : Indiangay

La traduction de ces poêmes est telle, qu'à mon sens, elle en altère le lyrisme rythmique, le naturel méditadif et la contemplation philosophique.

 

téléchargement

A propos de l'auteur :

Rabindranath Tagore, est non seulement un des plus grands sinon le plus grand poête indien, mais également un gourou très respecté et recherché.

Né en 1861, mort en 1941, Rabindranath Tagore  publia des romans, des récits, des essais en plus de ses très nombreux poêmes. Il était aussi compositeur, dramaturge, acteur, peintre et philosophe. Le rayonnement universel de son oeuvre lui valut le Prix Nobel de littérature en 1913. 

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01 juin 2016

Le faste des Morts - Kenzaburô Ôé

9782070347391

Quatrième de couverture :

Les trois nouvelles qui composent Le faste des morts appartiennent à la première période littéraire de Kenzaburô Ôé. Il avait alors une vingtaine d’années, et était à peine plus âgé que les personnages qu’il met en scène.

Ces jeunes, et moins jeunes, antihéros, confrontés à une situation extrême, réelle ou métaphorique, subissent la violence sous ses diverses formes : la mort, la nausée, la mauvaise foi, la manipulation, la culpabilité.

Dans une morgue, une maison de redressement, une famille en décomposition, un lycée ou un groupuscule d’extrême droite, les rapports de force, l’humiliation, la fascination et la domination sexuelle et politique règnent et brouillent l’univers mental des jeunes antihéros.

Ces textes de Kenzaburô Ôé donnent à voir l’œuvre à venir, dans sa richesse, et sa cohérence. Il n’a alors que vingt-deux ans et fait preuve d’une maîtrise surprenante, associée à une véritable vision du monde.

 

Editions : Folio – ISBN : 978 2 07 034739 1 – Poche 195 pages – Prix : 7,10 €

 

Mon avis : Indiangay

Le faste des morts :

Met en scène deux jeunes étudiants, le garçon en littérature, la fille ? qui pour gagner quelque argent ont répondu à une annonce de l’université de médecine, pour un travail d’une journée, un peu particulier : Il s’agit de déplacer des cadavres destinés à la dissection, d’une cuve de formol à une autre plus récente, certains y baignant depuis plusieurs années.

Ces jeunes gens sont soumis à l’autorité du vieux gardien de la morgue qui leur apprend comment manipuler les cadavres sans trop de dommages, et qui n’hésitent pas à les rabrouer s’ils posent trop de questions et/ou se montrent maladroits. La fille enceinte devant étiqueter les morts avec de nouveaux numéros, qu’elle doit leur fixer à la cheville, et le garçon à l’aide d’une longue perche, doit les rapprocher du bord de la cuve initiale pour les transborder dans l’autre cuve.

Une fois cette corvée terminée, arrivent des employés de pompes funèbres qui leur dit que leur travail n’a servi à rien, les morts devant être incinérés. Qu’il s’agit d’une erreur du secrétariat. Survient pour les jeunes gens l’angoisse de savoir s’ils malgré cette erreur ne leur incombant pas, ils vont pouvoir être payés pour les heures effectuées ou bien s’ils vont « discuter » pour avoir gain de cause.

L’intérêt de ce récit en soi très original, est dû à la description de ces morts qui apparaissent et/ou disparaissent dans les profondeurs de la cuve, selon leur degré d’ancienneté, laissant apparaître pour les uns, leurs têtes qui s’entrechoquent, qui semblent se parler, se répondre, pour les autres certaines parties de leurs corps, paraissant douées d’une vie propre.  En lisant ce récit on s’imagine fort bien se trouver nous-même devant cette vision d’horreur avec ces miasmes flottant dans l’espace.

 

Le ramier :

L’action se déroule dans une maison de redressement. Elle met en exergue la situation des jeunes garçons qui, en raison des conditions particulièrement dures d’internement passent de victimes à bourreaux en tuant, par plaisir et pour affirmer leur domination sur les nouveaux, les plus faibles, de petits animaux.

Dans ce récit sont parfaitement évoqués, de manière assez crue – mais c’est souvent le propre des livres écrits par des japonais – toutes les caractéristiques du genre : brimades et sadismes des éducateurs, désirs sexuels assouvis par ces jeunes après d’autres jeunes plus graciles, plus faibles, soumis. Dans cet univers, seule la loi du plus fort règne et est respectée par tous !

 

Seventeen :

Relate l’histoire d’un jeune homme de 17ans, mal dans sa peau, qui se cherche obnubilé par son corps et se livrant à l’onanisme, qui finit après une réunion politique ou il s’était rendu pour faire la « claque », par être subjugué et par adhéré à une idéologie d’extrême droite, dans laquelle il finira par trouver sa voie.

Il semblerait que cette dernière nouvelle aurait dû être suivie d’une deuxième partie toutefois, cette histoire étant tirée de faits réels et Ôé s’étant vu menacé de mort, la rédaction due présenter des excuses et Ôé décida de ne plus jamais publier la deuxième partie de ladite histoire.

De ces trois nouvelles aucune n’a de fin caractérisée, le lecteur est libre de l’imaginer selon ce qu’elles lui inspirent ! Pour ma part, j’ai été fasciné par la description de la première nouvelle : Le faste des morts les autres histoires ayant été plus ou moins développées, et avec un égal talent, dans d’autres ouvrages. Ôé n’avait que 22 ans lorsqu’il a écrits ses nouvelles, ce qui montre une maturité, une finesse d’esprit, une sensibilité extrême, que l’on retrouve montrées dans la perméabilité des sentiments éprouvés par ses différents personnages, au gré des situations vécues. 

16 novembre 2014

L'Inde des Livres

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Ce salon est organisé par l'Association : "Les Comptoirs de l'Inde" et se déroule les 15 et 16 novembre 2014 à la Mairie du 20ème arrondissement à Paris (entrée libres)

Vous trouverez le programme avec ce lien :http://www.comptoirsinde.org/edition-2013/

une fois que vous avez cliquer dessus vous arrivez sur une page qui contient un autre lien de couleur verte cette fois. il faut cliquer surICI pour avoir le programme 2014.

Vous pourrez lors de cette manifestation, participer à des débats, admirer le travail artistique des différentes tribus de l'Inde, assister à des spectacles de musiques et de danses indiennes.

Acquérir grâce à la librairie de l'Harmattan de nombreux ouvrages sur divers aspects de l'Inde, ancienne et actuelle. Ainsi que des romans, des poésies, des livres de cuisines, de musique, de danse, des trains de luxe, ainsi que des livres historiques relatant la vie des Français dans les comptoirs qui je le rappelle étaient au nombre de cinq  : Chandernagor, Pondichéry, Mahé, Karika, et yanaon.

Divers écrivains, indiens et français seront présents pour dédicacer leurs oeuvres dont Madame Kenize Mourad marraine de ce salon. 

Connaître, si vous ne le savez déjà, le rôle tenu par les indiens appelés à combattre pour la France pendant la guerre 14-18 (entre parenthèse pour les personnes qui nous contestent le droit d'être français, à cause de notre couleur de peau et/ou de notre religion car si certains étaient et sont encore Chrétiens, beaucoup étaient et sont encore Indhus et Sikhs, Musulmans encore pour d'autres.

Il y a également à l'intérieur du salon, un petit "restaurant" ou vous pourrez goûter quelques spécialités de notre cuisine le tout pour un prix raisonnable.

 


13 octobre 2013

Certaines n'avaient jamais vu la mer - Julie Otsuka

imagesCAUNVBBSQuatrième de couverture :

Ces Japonaises ont tout abandonné au  début du XXème siècle pour épouser aux Etats-Unis, sur la foi d'un portrait, un inconnu. Celui dont elles ont tant rêvé, qui va tant les décevoir.

Choeur vibrant, leurs voix s'élèvent  pour raconter l'exil : la nuit de noces, les journées aux champs, la langue revêche, l'humiliation, les joies aussi. Puis le silence de la guerre. Et l'oubli.

 

Editions : 10/18 - ISBN : 978 2 264 060053 2 - Poche 142 pages - Prix : 6,60 euros

 

Mon avis : Indiangay

Ce livre est une véritable ode à toutes ces femmes inconnues, anonymes, à ces destins brisés par des illustions de vie meilleure.

L'auteure nous conte des faits qui se sont déroulés pendant une période de l'histoire, assez méconnue, je pense par certains d'entre-nous : l'immigration japonaise de la fin du 19ème au début du 20ème siècle aux Etats Unis. Pour donner plus de poids aux mots et à ces destins, elle ne choisit pas d'en écrire un, mais d'en évoquer l'ensemble, en employant un pronom personnel : nous, ce nous qui lui permet de s'inclure dans le vécu de son peuple.

Au travers ces destins de femme immigrées se dévoilent toutes les illusions et désillusions d'un voyage dont elles espéraient qu'il les mènerait vers une vie meilleure, retrouver des maris qui les avaient fait venir, et dont elles pensaient qu'ils avaient "réussi", qu'ils avaient une position social et qui leur promettaient tant de belles choses.

Hélas, la réalité fût toute autre. La désillusion commença dès l'arrivée à destination. Aucun n'avait la situation décrite. Ils n'étaient que de pauvres êtres piétinés, considérés malgré les années comme d'éternels étrangers. Ils attendaient tout de ces femmes qu'ils avaient "achetées". Elles, ces pauvres filles dont la plupart venaient de la campagne, étaient vierges et pour certaines encore enfant ont fait une croix sur leurs illusions, on tout supporté de leur époux et de la société pour ne pas être renvoyées au Japon, pour s'éviter ainsi qu'à leur famille la honte suprême d'être répudiées.

Dans ce fil de litanies, on sent le courage, la détermination de ces femmes à vouloir s'intéger dans ce pays étranger, quitte pour cela à subir et accepter toutes les humiliations de leur condition, rejet, pauvreté, racisme, servilité jusqu'au mépris de leurs propres enfants, porteurs de tous les espoirs - dont celui d'être un jour propriétaire d'une terre, signe s'intégration et synonyme de petite aisance - . Ces enfants désirés ou non, souvent nombreux et négligés dans leur enfance au profit du travail envers les propriétaires terriens. Ces enfants objets de douleurs, nés et élevés dans cette Amérique ont pris le parti de couper les ponts avec une culture qui leur est devenue étrangère et de fait ont honte de leurs parents qui n'ont pu s'adapter à la "langue barbare", et n'ont pu trouver de place où être respectés dans cette société en pleine évolution.

Mais lorsque le Japon attaque Pearl Harbor, les générations se trouveront unies dans un même destin, une même incompréhension, un même désespoir. Considérés comme ennemis, potentiellement comme des espions, des familles entières seront déportées, tous âges confondus dans des camps d'internement dont on ne sait rien, et encore moins où ils se situent.

Le récit aurait pu continuer là, mais il s'est arrêté et je suis resté sur ma faim me demandant de qu'il était advenu de ces personnes ???

 

 

10 février 2013

Le miniaturiste - Kunal Basu

Le miniaturisteQuatrième de couverture :

Bihzâd peignait en secret l'objet de son amour ; dans son antre du kitab-khana, là où des centaines d'artistes illustraient minutieusement la vie et la gloire de l'empereur Akbar, lui se consacrait à sa passion interdite. Yeux en amande, teint d'ivoire, lèvres contre lèvres sous un ciel bleu lapis bruissant d'oiseaux.

En cette fin du XVIème siècle, le très puissant Akbar règne sur l'empire d'Indoustan et Bihzâd est destiné à succéder à son père à la tête de l'atelier des artistes impériaux. La rébellion de Bihzad l'entraînera bien loin des palais ciselés de grès rose, par-delà les déserts embrasés d'Asie Centrale, aux confins de l'empire d'Akbar.

Dans un récit qui épouse toute la magie des contes orientaux, tout en abondant en détails d'une précision historique sans faille, Le miniaturiste ressuscite les couleurs éblouissantes et les ombres de la cour des empereurs moghols, à travers le regard d'un artiste qui a vu ce que personne ne devrait voir. L'invisible au sein du visible, un monde réel et imparfait caché au sein de la délicate et trompeuse harmonie des miniatures persanes.

Editions : Picquier poche - ISBN : 978 2 8097 0372 6 - pages : 391 - Prix :8,60 €

 

Mon avis : Indiangay

J'ai aimé ce livre bien qu'il relate ce qu'on retrouve souvent dans les livres indiens, les fastes de l'Inde sous la domination musulmane. Mais je ne suis pas sûr d'être impartial.

Cette histoire se passe à la fin du XVIème siècle, à l'apogée de la domination Moghole, dernier empire islamique en Hindoustan. Bihzad persan, élévé sans contrainte scolaire par son père, est destiné à prendre sa suite dans le kitab-Khana, ateliers de dessins et de miniaturistes impériaux.

Ne sachant ni lire, ni écrire, Bihzad a consacré toute son intelligence, sa dextérité à son art. Entré dans les ateliers impériaux, entourés de philosophes, de savants, de musiciens et choisi par l'empereur pour illustrer sa biographie, Bizhad ne peut se résoudre comme le veut la règle à ne peindre qu'un monde idéal sans commune mesure avec la réalité. Bizhad ne peut reproduire la réalité sans ses "ombres" qui peu à peu finiront par l'engloutir.

Un jour, au cours d'une chasse impériale alors qu'il était perché sur un arbre, il aperçoit l'empereur Akbar et en tombe amoureux. Il passe alors ses nuits à peindre l'objet le représentant en situation d'amant.

Objet de Jalousie de l'Afghan Adili surnommé le Perroquet, alors qu'ils sont rivaux pour la succession au kitab-khan, il verra ses dessins secrets, qu'ils croyaient perdus (en réalité volés), et son amour coupable pour l'empereur révéler.

Condamné à l'exil il fuit aux confins de l'empire, dans le désert où se croisent marchands et guerriers de pays frontaliers. Réfugié dans un caravansérail, il entre à la cour de Hadji Uzbek dont il épouse la fille. Il y découvre l'horreur et la cruauté et renonce à son art et tombe dans le désespoir et la misère pour renaître à la vue, à la vie et à la création.

Le miniaturiste nous explique l'organisation et le fonctionnement des ateliers d'artistes au service de l'Empereus, les rivalités intestines, les distrations et la vie des courtisans, les arts et la guerre, les oppositions religieuses entre indhus, muslims, soufis, chrétiens. C'est également une réflexion sur la création artistique.

 

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16 janvier 2013

Un nom pour un autre - Jhumpa Lahiri

25331558_5787258A la naissance de leur fils Ashoke et Ashima attendent une lettre de la grand-mère qui doit, c’est la coutume en Inde, choisir son prénom. Mais la lettre ne semble jamais arriver jusqu’à Cambridge dans le Massachussets).

Contraint d’improviser, Ashoke choisit d’appeler son fils Gogol, auteur qu'il affectionne par supertition ayant miraculeusement survécu à un accident alors qu'il le lisait. Grandissant comme un jeune américain (Il joue au base ball et fréquente des jeunes filles américaine), et fier de ses parents, Gogol refusera longtemps qu’on l’appelle par le prénom Bengali dont il a finalement été doté : Nikhil, au risque de se couper de ses racines. Mais à la mort de son père quelque chose se romps en lui révélant cette identité qu’il avait nié.

Les Deux syllabes oubliées Nikhil résonnent alors avec une profonde familiarité.

Editions : 10/18 - ISBN : 978 226 404 4785 - Prix : 8,80 euros.

Mon avis : Indiangay

Le problème des deux cultures. Celle du pays d'accueil pour les parents déracinés, mais plein d'espoir en l'avenir et celle d'origine rejetée par Nikhil qui arrive en Inde dans un pays et une famille avec laquelle il ne partage qu'un nom.

L'histoire de sa réconciliation avec ce nom est aussi l'histoire de l'intégration d'une famille aux Etats Unis.

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11 novembre 2012

Dans la ville d'or et d'argent - Kenizé Mourad

9782253161745Quatrième de couverture :

1856, la Compagnie des anglaises des Indes orientales décide de s'emparer d'Awadh, un Etat indépendant et prospère du nord de l'Inde, et d'exiler son souverain.

La population se soulève. A sa tête, Hazrat  Mahal, la quatrième épouse du roi, épaulée par le Rajh Jai Lal et des Cipayes, soldats indiens de l'armée britannique, ralliés à sa cause.

Lucknow, la capitale du royaume, appelée "la ville d'or et d'argent", est le foyer de cette première guerre nationale. Peu à peu l'embrasement se généralise. Deux ans durant, Hazrat Mahal sera l'âme de cette révolte.

Vaste fresque historique sur fond de passion amoureuse entre la bégum et l'intrépide Jai Lal, dans la ville d'or et d'argent relate le destin d'une femme héroïque et méconnue, qui, la première, traça la voie de la libération des Indes.

 

Editions : Le  livre de poche - ISBN : 978 2 253 16174 5 - Poche 493 pages - Prix : 7,60 euros

Mon avis : Indiangay

Ce livre explique fort bien comment une Société privée, comme l'était la Compagnie Anglaise des Indes est arrivée, à déposséder les souverains régnants de leurs pouvoirs et surtout de leur richessesse sous des motifs fallacieux, résultant pour la plupart d'un choc culturel et religieux. Et comment, sous couvert d'apporter plus de justice au peuple, plus humanité on en est arrivé à l'humilier, à le spolier jusqu'à lui dénier le droit de s'autogérer

Kenizé mouradA propos de l'auteure :

Née à Paris en 1940, Kenizé Mourad est la fille d’une princesse ottomane, elle-même petite-fille du sultan Mourad V, et d’un rajah indien. Grand reporter au Nouvel Observateur dès 1970, elle a couvert la révolution iranienne, la guerre du Liban et a effectué de nombreux séjours en Inde et au Pakistan. En 1983, elle abandonne le journalisme pour se consacrer à l’écriture. Dans deux
romans célèbres, De la part de la princesse morte et Les jardins de Badalpour, elle raconte l’histoire de sa famille. Après un long silence, elle renoue avec la veine de ses best-sellers.

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07 août 2012

Taj - Timari N.Murari

Taj-Timeri-n-MurariQuatrième de couverture :

Taj Mahal. Un fabuleux mausolée de marbre blanc bâti pour l'amour d'une femme. Il fut construit en Inde, au XVIIème siècle par l'empereur Shah Jahan pour recevoir le corps de son épouse bien-aimée. Pendant vingt-deux ans, vingt mille hommes travaillèrent jour et nuit pour satisfaire le désir impérial. Ainsi se dressa pour l'éternité le Taj Mahal, orné d'or, d'argent et de pierres précieuses incrutées dans le marbre.

Voici restitué sous nos yeux la vie à la cour des Grands Moghols, celle des fêtes fastueuses, des harems et des jardins, celle de l'impossible et parfait amour qui unit la belle Arjumand à Shah Jahan et su vaincre tous les obstacles. Voici aussi l'incroyable épopée de la construction de ce monument, tout aussi prodigieuse que l'amour qui l'a fait naître. Elle fait revivre les luttes de pouvoir, les conflits religieux, l'opulence des palais ainsi que le fidèle dévouement de ces artisans qui ont tissé l'histoire de la pure beauté du Taj Mahal.

Editions : Picquier poche - ISBN : 9 782877 309455 -  602 pages - Prix : 9,50 euros

Mon avis : Indiangay

Taj c’est avant tout l’histoire de la construction d’un monument national devenu l’emblême que ce soit pour les musulmans et/pour les indhus d’une histoire d’amour éternelle.

Edifié sur les rives de la Yamuna, entouré d’immenses jardins et de plusieurs petites mosquées dont celle des femmes qui est un ravissement pour les yeux, inscrusté de pierres précieuses et semi-précieuses et destiné à durer la nuit des temps, ce mausolée a nécessité 22 longues années de travail et l’emploie de milliers d’ouvriers.

Le coût de sa construction mais surtout le fait qu’il souhaitait en bâtir un second pour lui-même en face de celui de son épouse bien-aimée, a précipité la chute de Shah Jahan.

Ce que j’ai aimé dans ce livre c’est que tous les protagonistes ont existé (hormis, Murthi l’acharya, un batisseur de temple dont la tâche est de sculpter les Dieux, et sa famille qui sont des personnes fictifs)  et donc on peut lui reconnaître une certaine valeur historique. De plus, l’auteur s’est effacé pour laissé ses personnages nous raconter leur propre histoire et leur rôle dans les évènements.

Ce que j’ai moins aimé et ai trouvé un peu "lourd", ce sont ces descriptions  fort longues et détaillées (trop) des richesses matérielles employées magnifier ce monument et nous faire revivre les heures glorieuses de la cour Moghole.

Il reste cependant que c’est un roman épique, avec une histoire d’amour, de pouvoir, de conquêtes, de drames familiaux, de décadence. Plein de couleurs, d’odeurs et de saveur qui nous est livré par l’auteur et qui ne peut, à mon avis, qu’inciter le lecteur à visiter l’Inde ou du moins en savoir plus si ce n‘est déjà fait.

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