001046898Enfermé dans le ghetto de Varsovie, où il a été contraint de se réfugier avec les petits pensionnaires de l'orphelinat qu'il a fondé, Janusz Korczak entreprend en mai 1942 - quelques mois avant d'être déporté avec ses pupilles à Treblinka pour y mourir dans les chambres à gaz - la rédaction de son journal.

C'est le témoignage bouleversant d'humanité et de dignité que ce pédagogue hors pair qui a été miraculeusement conservé et que l'on peut ainsi lire. Dans l'adversité, la fièvre et l'angoisse la plus extrême, Korczak y décrit l'enfer du ghetto. Au passage, il montre quel écrivain il était, doté d'un humour cinglant et d'une plume remarquablement sensible.

Editions : Pavillons poche Robert Laffont - ISBN : 9 782221 126899 - 187 pages - Prix : 7,90 euros

 

Mon avis : Volodia

Certains pourront penser qu'il s'agit une énième fois de la Shoa  et de ses horreurs et que nos oreilles en ont été rabattues de mille et une façons. Je réponds non,  chaque témoignage est unique car il concerne une vie, une personne avec ses propres angoisses, ses propres peurs. Car si les ambitions peuvent être communes et/ou semblables, la peur, elle, est unique pour chacun et revêt différents visages.

L'intérêt de ce livre est qu'il en est peu faisant état du journal tenu par ce grand humaniste qu'était Janusz Korczak. On trouve des biographies de lui,  des livres ventant ses principes et méthodes d'éducation mais un journal écrit de sa main, c'est le premier que je lis.

Par ailleurs, malgré toute l'empathie qu'il peut avoir sur le sort réservé à son peuple, et tout son dévouement, pour les enfants qui lui sont confiés ou qu'il ramasse dans la rue, il reste lucide tant sur leurs qualités que sur leurs défauts... Il est a noter que tant que l'orphelinat exista dans le ghetto aucun enfant n'y mourrut de faim, et peu du thypus qui faisaient des ravages dans le ghetto. Janusz Korczak força les portes des plus riches - ce qui parait une gageure dans le ghetto - et exigea du Judenrat des supplément de nourriture, de chauffage et de médicaments.

Lors de l'évacuation de l'orphelinat, il faut également préciser qu'un officier allemand a proposé à Janusz Korczak, un sauf conduit qui lui aurait permis de sauver sa vie, et qu'il a refusé pour ne pas abandonner "ses enfants" dans la mort.

 

JanusczA propos de l'auteur :

Henryk Goldszmit dit Janusz Korczak (Varsovie 1878 - Tréblinka 1942) fut une figure légendaire du ghetto de Varsovie, et bien plus encore.

Médecin, éducteur, écrivain de talent, il a voué toute son existence à la cause des enfants, et il peut être considéré comme le grand précurseur de la Convention Internationale pour la protection de l'enfance. Il a créé à Varsovie deux orphelinats pilotes organisés en république d'enfants et utilisé dès le début du XXème siècle tous les médias - presse, radio - pour faire reconnaître les enfants comme sujets de droit et les  défendre en toutes circonstances.