couv_doblinQuatrième de couverture :

"Des champs plats passent furtivement, de petites forêts. Au bord d'un cours d'eau, sous un pont de bois, une paysanne va pieds nus, foulard blanc sur la tête. Quest-ce que cela ? Troupeaux de boeufs. De nouveau des terres cultivées. Beaucoup d'oies blanches. C'est la Pologne."

Un matin de septembre 1924, par la fenêtre du train qui l'emmène de Berlin à Varsovie, Alfred Döblin pose  pour la première fois le regard sur la campagne polonaise. Il parcourra le pays pendant deux mois, mû par le désir de comprendre cet Etat voisin, tout juste sorti des cendres de la Première Guerre Mondiale et qu'il connaît mal. Posant sur toutes choses un regard curieux, notant au fil de ses promenades les impressions qui feront la matière de ce livre, il interroge sans relâche ses interlocuteurs :

"Quelles forces, quelles puissances organisent l'Etat ? Qui gouverne, officiellement ou non ? Qui a faim, et qui est rassasié ?"

Alerté par la montée de l'antisémitisme à Berlin depuis le début des années 1920, Döblin accorde une attention toute particulière à la population juive. Le mode de vie de ce peuple ayant sa propre langue, lui-même d'origine juive.

Ce monde décrit par Döblin a cessé d'exister : la guerre et la barbarie nazie ont anéanti la culture juive polonaise et bouleversé à jamais la physionomie du pays. Le témoignage de l'écrivain, façonné par le style puissant qui fait de lui l'un des plus grands auteurs allemands du XXème siècle, retrace les contours d'un monde disparu.

Editions  : Flammarion - ISBN : 978 2 0812 4139 8 - Broché 381 pages - Prix 24 euros

Alfred Döblin (1878 - 1957), exerçant la profession de médecin à Berlin, fut un écrivain influent dans l'Allemagne de la République de Weimar : son roman Berlin Alexanderplatz, paru en 1929, lui valu une reconnaissance mondiale.

En 1933, il quitte l'Allemagne pour la France puis les Etats-Unis . En 1945, il fut l'un des premiers écrivains à rentrer d'exil. Il mourut en 1957 à Emmendingen, dans la Forêt-Noire. Ses romans , ses essais, ses textes critiques et polémiques, dans lesquels, "la question de l'humain" occupe une place centrale, sont aujourd'hui considérés comme les plus novateurs de sa génération.