23378701_45604451914. A Nicolas Taras, qui étudiant révolutionnaire dans son Ukraine natale, s'est exilé, une voyante pédit qu'il sera d'abord un assassin, puis un saint. Mais à New York, la ville de pierre, il souffre du mal du pays. Aussi est-ce avec joie qu'il accueille la guerre et rentre chez lui pour se battre ; il a trouvé sa voie. La guerre est devenue sa patrie. Avec une belle inconscience, il brûle, il tue au mépris du danger.

1917. La Révolution. Promu Colonel, Tarabas lève un régiment pour le nouvel Etat et règne comme un roi d'acier sur la ville craintive. Mais ses hommes, ivrognes et aventuriers, ne tardent pas à perpétrer un pogrom contre les juifs, et lui-même, dans un instant d'égarement arrache la barbe de l'un d'eux, le pieux Shemariah.

Alors Tarabas veut expier. Au plus fort de l'hiver, il s'en va par les chemins, se mêle aux vagabons et parias de la société. Il connaît le froid, la faim, la maladie. Il meurt dans un monastère après avoir obtenu le pardon de Schemariah.

Ce roman repose tout à la fois sur le schéma faute-expiation, des chrétiens et le fatalisme des juifs. Mais Joseph Roth s'abstient de disserter sur ces thèmes. Dans une formidable épopée populaire, il les montre, il les fait vivre. Nous voyons Tarabas, nous le suivons, nous partageons son destin.